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L' Étude ethnographique dans la boîte à merveilles
Par   Idoubiya Rachid (Prof)  [msg envoyés : 881le 23-09-09 à 13:40   Lu :10882 fois
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Étude ethnographique.

La boîte à merveilles offre une grande place à la dimension ethnographique. L’écriture est marquée par le souci de dévoiler sous les yeux du lecteur étranger les traditions et les coutumes de la ville de Fès. La valeur ethnographique de l’œuvre se concrétise à travers la description des lieux, des personnages, des fêtes et des pratiques religieuses :

1- Les croyances populaires (religion et superstition)

« Autant pour se distraire que pour attendrir les saints de la ville sur notre sort, ma mère décida de m’emmener chaque semaine prier sous le coupole d’un saint. Notre ville foisonne de tombes qui abritent les restes de chouffas, de chefs de confréries, de pieux législateurs auxquels la foi populaire reconnaît des pouvoirs. Chaque santon a son jour de visite particulier : le lundi pour Sidi Ahmed ben Yahïa, le mardi pour Sidi Ali Diab, le mercredi pour Sidi Ali Boughaleb, etc...Tout cela je le savais, tout le monde le savait. Nous trouvions, simple, naturel, harmonieux, parfaitement sage ce que nos ancêtres avaient établi. Personne ne se serait avisé d’en rire. » CH.10.

« Nous habitions Dar Chouaffa, la maison de la voyante…Des quartiers les plus éloignés, des femmes de toutes les conditions venaient la consulter. Elle était voyante et quelque peu sorcière. Adepte de la confrérie de Gnaouas (gens de Guinée) elle s’offrait, une fois par mois une séance de musique et de danse nègre. Des nuages de benjoin emplissaient la maison et les crotales et les guimbris nous empêchaient de dormir toute la nuit. » CH.1.

« Quand ma mère parlait de « l’œil des envieux », elle pensait sûrement à ces richesses. Les voisines moins fortunées nous jalousaient un peu… » CH.2.

2- La vie conjugale (l’image du père et de la mère)

« Moi j’aimais mon père. Je la trouvais très beau. La peau blanche légèrement dorée, la barbe noire, les lèvres rouge corail, les yeux profonds et sereins, tout en lui me plaisait. Mon père, il est vrai parlait peu et priait beaucoup, mais ma mère parlait trop et ne priait pas assez. Elle était certes plus amusante, plus gaie. Ses yeux mobiles reflétaient une âme d’enfant. Malgré son teint d’ivoire, sa bouche généreuse, son nez court et bien fait, elle ne se piquait d’aucune coquetterie. Elle s’ingéniait à paraître plus vielle que son âge. A vingt-deux ans, elle se comportait comme une matrone mûrie par l’expérience. » CH.4.

« Le père dans une famille comme la nôtre, représente une protection occulte. Point n’est besoin qu’il soit riche, son prestige moral donne force, équilibre, assurance et respectabilité.

Mon père venait seulement le soir à la maison, mais il semblait que toute la journée se passait en préparatifs pour le recevoir(…)

Pour ma mère et pour moi, mon père représentait la force, l’aventure, la sécurité et la paix. » CH.9.

3- le voisinage (solidarité, proximité et fête).

« Des cris des hurlements déchirèrent l’atmosphère. La tempête de pleurs et de vociférations s’intensifia. Le bruit venait de la maison voisine… des questions fusent de partout :

- Qui est mort ? - Qui est mort ?

Des groupes de femmes s’étaient formés au-dessus des murs qui surplombaient notre terrasse et celle de la maison d’où partaient les cris de désespoir. Elles jacassaient, expliquaient, gesticulaient, tendaient le cou pour entendre de nouveaux hurlements(…) Elles étaient une vingtaine qui manifestaient bruyamment leur douleur. Par terre, il ‘y avait des matelas et des nattes. D’autres pleureuses arrivaient, s’annonçaient dès l’entrée par des cris stridents(…) Une jeune femme étrangère à la maison restait enveloppée dans son haïk. Elle répétait sue tous les tons : O ma mère ! O ma mère ! O ma mère je t’aimais plus que tout au monde ! » CH.5.

« Toutes les femmes entourèrent Rahma la malheureuse. Elle réussit enfin à les renseigner : Zineb avait disparu, perdue dans la foule. En vain, sa mère avait essayé de la trouver dans les petites rues latérales, Zineb s’était volatilisée, le sol l’avait engloutie et il n’en restait la moindre trace.

La nouvelle de cette disparition se propagea instantanément dans le quartier. Des femmes inconnues traversèrent les terrasses pour venir prendre part à la douleur de Rahma et l’exhorter à la patience. Tout le monde se mettait à pleurer bruyamment. Chacune des assistantes gémissait, se lamentait, se rappelait les moments pénibles de sa vie, s’attendrissait sur son propre sort. » CH.3.

« Les femmes de la maison s’achetèrent toutes des tambourins, des bendirs et des tambours de basque…Me mère fit l’acquisition d’un ces tambours ou bendirs. Elle l’essaya. Des coups graves et des coups secs combinés avec art parlèrent un dialecte rude…Encore deux jours avant la Achoura, la grande journée où, de chaque terrasse l’après midi, s’élèveront rythme et chansons.

Maintenant, chacune de nos voisines faisait des gammes, jouait pour elle-même un air de danse, accompagné de fioritures, et de mots murmurés à mi-voix… » CH.7.




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Réponse N°1 5329
mohamed_20
Par   mohamed latrache  (Profle 27-06-10 à 02:55




Production écrite

Sujet : Dans la préface de son roman, V. Hugo dit : « En le tuant(le condamné à mort), vous décapitez toute sa famille… » Etes-vous de l’avis de Victor Hugo ?

Au premier abord on est tenté de penser que lorsqu’on condamne un criminel à mort, on lui fait payer, à lui seul, l’acte criminel qu’il a commis, qu’on se venge de lui seul. Est-il vrai que le criminel sera le seul individu à payer les frais de son acte ?N’y aura-t-il pas d’autres victimes qui subiront, elles aussi, injustement, les conséquences horribles de cette exécution ? Certes, le criminel est une personne qui a porté un préjudice irréparable, non seulement à la personne qu’il a tuée, mais aussi à sa famille et à la société. Ainsi, il semble juste de le punir de mort pour lui faire payer son acte. Mais, en réalité, en lui ôtant la vie, on ne sanctionne pas seulement le coupable. On punit, avec lui, sa famille qui, elle, est innocente. En effet, le lendemain de l’exécution, la femme du condamné sera une femme veuve. Sans mari, elle aura à supporter toute seule les lourdes charges du foyer. Elle devra se débrouiller seule pour subvenir aux besoins matériels et éducationnels des enfants, tâche quasiment impossible dans l’absence du chef de famille. En outre, elle sera privée toute sa vie de l’amour naturel du mari, ce qui fera son malheur et accroîtra sa souffrance. Les enfants pâtiront, eux aussi, du triste sort dans lequel la condamnation de leur père les a confinés. Ils vivront dans la privation matérielle et morale.Qui subviendra à leurs besoins ? Qui leur donnera cette affection paternelle, ce sentiment de protection et de sécurité que, seul, assure le père ?

En plus, toute la famille souffrira à cause de l’image sociale vile et hideuse que le destin tragique du condamné a laissée aux siens. Enfants de criminel décapité, presque des criminels, presque des ennemis de la société.Voilà l’image sociale dont hériteront les enfants du condamné à mort. Quel sera l’avenir de ces enfants criminels-innocents dans la soicété cruelle ?

Bref, pour marcher, un foyer doit tenir sur ses deux pieds, sinon, il serait bancale et boîteux et n’avancerait pas. Et le père en est le pied fort.

Ainsi, on ne devrait pas penser seulement à satisfaire le sentiment de vengeance chez la société quand il s’agit de juger un criminel, sinon, on reviendrait à la loi primitive du talion « œil pour œil, dent pour dent. » Il faut penser surtout aux conséquences désastreuses qu’entrainera sa condamnation chez sa famille. En effet, « en le tuant (le condamné), vous décapitez toute sa famille », comme a dit, justement, Victor Hugo, dans la préface de son roman : « Le Dernier jour d’un condamné. »


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