Les oppositions fondatrices!

 Par Jeafari Ahmed  (?)  [msg envoyés : 326le 12-04-12 à 13:04  Lu :1146 fois
     
  
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à Messiers Omari, et Harfi,
De notre discussions passionnante et passionnée me restent quelues bribes que je couche ici, presque en vrac!
Depuis la nuit des temps, l’homme cherche à définir sa situation dans cet univers .Cet univers structuré entre l’infiniment grand et l’infiniment petit est fondé sur le principe de l’opposition. Tout un système où les oppositions maintiennent l’équilibre permanent, d’une parfaite horloge.
L’homme, ce petit être faible, et sans ressources naturelles, mais doté d’une intelligence supérieure, a su devenir le plus grand des prédateurs, et ainsi à se multiplier et surpeupler la terre. Cependant la hantise de l’éternel le ronge, et la question de la Mort reste sans réponse ; aussi cette préoccupation devient- elle le fondement même de sa vie. La Mort et la Vie tissent leurs liens dans le quotidien des gens.
Ce quotidien est décomposé en deux moments : le Jour et la Nuit. Le jour c’est le réveil, l’activité, la vie. La nuit c’est le repos, l’immobilité, la mort. Le jour a toujours été assimilé à la vie. Dieu a crée la lumière qui est la source de la vie « Et la lumière fut ». Ne dit-on pas « il a donné jour à… »Ou encore « les auteurs de mes jours… », Pour signifier donner la vie ? « Un enfant qui voit le jour », même pendant la nuit, commence la vie et ce sera sa date de naissance. Et à chaque moment de sa vie, quand on veut calculer son âge, on dira le nombre de jours qu’il a vécus sans citer les nuits.
Quand un couple s’unit, il donne la vie, il enfante. Cet enfant, commence la vie, mais aussi, il commence irrémédiablement la Mort, du fait même, que sa vie ne sera qu’un compte à rebours, vers la fin. Ne dit- on pas que le cri que le nouveau-né lance, est déjà un refus face à la Mort? Une douleur, d’être arraché à l’infini, du ventre maternel, pour être jeté sur les rails qui mènent vers la fin. Vers l’arrivée .quand il y a départ, il y a forcément arrivée !
Maintenant, si on s’intéresse à une journée ordinaire, de tout un vivant,(qu’on peut nommer aussi, mortel )on verra qu’elle est structurée d’une façon à être utilisée au maximum, sans en perdre une miette, car elle serait la parfaite représentation de toute une vie : il y a un commencement qui est le réveil, comme une naissance, puis il y a une jeunesse vers le midi, puis l’après- midi, on commence à se fatiguer, et le soir c’est la vieillesse et les signes avant-coureurs du sommeil , de la Mort. Aussi, Quand on prend les agendas qu’une personne peut utiliser pour programmer sa journée, on trouve les horaires qui commencent de (7h30) 8 heures jusqu’à 19 h avec à chaque heure, la demie, pour préciser les différents moments de la journée. Mais au delà, il y a la Nuit ; cette dernière n’est pas décomposée, elle est prise en un seul bloc. Elle est faite d’une seule traite. Elle appartient au monde de l’au-delà. Elle équivaut à la mort. On y plonge, et il faudrait parfois, un réveil pour s’y soustraire.
Les habitations de l’homme sont construites de façon à recevoir la lumière du jour, à y accueillir la Vie. Et le soir, on ferme tout : les fenêtres et les yeux, on éteint aussi les lumières artificielles (cette autre invention à laquelle l’homme a eu recours pour prolonger la Vie), et on sombre, dans les ténèbres, le sommeil. La nuit, l’homme, est contraint au repos, au sommeil. Il voudrait rester éveillé, il fait tout pour le rester. La technologie, le progrès, la médecine, essaient de remédier à la léthargie, qui engourdit la personne. Mais tôt ou tard, il finit par succomber au repos. Et à fermer les yeux, pour être mortel. . Et si toutefois, Il se réveille pendant la nuit, il allume la lumière, et la vie, peut renaître, ainsi que l’animation, bravant ainsi, l’arrêt du temps, la syncope nocturne. Cependant, beaucoup de fois, il perd le sommeil, et il passe alors des nuits blanches, qui lui font regretter la douceur de la mort.
De tout temps, l’homme cherchant à accéder à l’éternel essaie, de s’accrocher à la vie par tous les moyens. Ses journées deviennent de plus en plus longues, par tous les moyens dont il dispose : veillée, distractions, fêtes, réceptions, développements des cités, la vie nocturne, l’électricité ou autres énergies aidant, les mégalopoles restent éveillées 24h /24.
Nos vieillards, détestent affreusement la nuit. Elle est synonyme de la Mort. Leur sommeil n’est qu’un petit engourdissement : ils ne dorment que d’un seul œil, ils ont peur de ne plus se réveiller et c’est pourquoi ils bougent tout le temps, se lèvent plusieurs fois, préfèrent faire leurs ablutions, et aussi quelques prière pour plus de piété, mais surtout pour rester éveillés, rester vivants.
Le savoir de l’homme est une lumière. Éduquer un enfant c’est l’arracher aux ténèbres de l’ignorance. La vie de l’enfant est basée sur ces deux principes : l’école c'est-à-dire l’apprentissage de la lumière ; et l’analphabétisme qui est la nuit noire de l’ignorance.
Un enfant éduqué est vivant, plein de lumière, un enfant analphabète est mort, enseveli dans les ténèbres de l’ignorance. Et la lumière engendre la lumière et la vie tandis que l’ignorance engendre les ténèbres et la mort. L’enfant éduqué vivra le jour, et se reposera la nuit. Un criminel vivra la nuit et se cachera le jour.
La vie de l’homme est régie par la dualité Nuit et Jour, Ombre et Lumière, Chaleur et Froid, Vie et Mort.La vie a commencé par la lumière : le soleil, source de vie, de lumière et de chaleur, il est vivant, il prodigue la vie à la terre, et peut- être à d’autres planètes.
La terre passe par des phases de nuits et de jours, et aussi par des saisons. Mais c’est l’impact de la lumière et de la chaleur, qui conditionne la vie aussi bien dans les jours que dans les saisons. La vie concerne la faune et la flore ; et l’homme au centre de tout cela ne peut échapper à cette opposition du Jour et de la Nuit, de la Vie et de la Mort. Et de fait qu’il est le plus doué, il la vit 365 jours par an. Et tel l’éphémère, à la recherche de la vérité, il est attiré par la lumière du soleil, il lève les yeux, mais il est aveuglé. Cependant le sage contemple la nuit et y voit des étoiles, ou souvent, ferme les yeux et dans la paix profonde et noire, il décèle une lueur qui éclaire son gouffre. Cette lueur de la foi peut s’embraser et lui montrer que le vrai sens de la vie est dans la Mort. ; Et que cette dernière doit être conçue comme un commencement et non une fin. : Le commencement de l’éternel !

  



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 Réponse N°1 19772

la vie et la mort
  Par   LOUMATINE Abderrahim  (Profle 12-04-12 à 13:55

Bonjour,

La vie et la mort sont les deux faces de la même pièce. La naissance se fait dans la douleur , c'est pourquoi le nouveau né pleure , la mort se fait aussi dans la douleur. Mais que soit l'une ou l'autre ,elles sont à la fois commencement et fin d'un stade de vie. Ce que nous appelons "vie" est une métamorphose, c'est la fin du spermatozoïde qui se transforme jusqu'à arriver au dernier stade de phoétus et sortir au monde et évolue vers une autre métamorphose

et ce sera la vie après la mort, dernière étape de notre évolution, c'est l'au-dela pour nous, c'est la réincarnation c'est le nirvana pour d'autres ... La mort est la seule réalité à propos de laquelle tout le monde est d'accord. La vie, chacun la voit à sa manière ; après la vie chacun le conçoit selon ses convictions. Mais la mort: elle est là, et "l'horloge au salon, qui nous attend"

Je crois aussi que vous avez un peu oublié une autre opposition (l'art japonnais) "le vide et le plein" cela m'étonne que vous n'y avez pas pensé. C'est l'attachement à l'autre , à la vie.




 Réponse N°2 19774

à bon combleur salut!
  Par   Jeafari Ahmed  (CSle 12-04-12 à 14:13



cher collègue et ami, à toi de combler ce vide qui tels les trous du gruyère, occupe l'espace et laisse à la suggestion la saveur, le ton, l'arôme, et la nuance du plein !





 Réponse N°3 19776

Touché
  Par   LOUMATINE Abderrahim  (Profle 12-04-12 à 14:37



Cher collègue , puisque vous parlez d'oppositions"fondatrices", je suis sérieux, Toute fondation s'appuit sur cette complémentarité du plein et du vide. Le jour, n'est-il pas le plein? la nuit n'est-ce pas le vide? "L'être et le néant"? La vie et la mort?





 Réponse N°4 19778

une réflexion très profonde
  Par   brahim el harfi  (Profle 12-04-12 à 14:55



bonjour cher ami et collègue c Ahmed

un grand merci pour cette réflexion philosophique sur la dualité jour-nuit. je demande ta permission pour participer humblement à cette réflexion

Dans la littérature du 17 siècle, on associe le plus souvent le jour à la pureté. Racine disait "et le JOUR n'est pas plus pur que le fond de mon cœur" Phèdre. Au 19 Siècle, le grand Balzac utilise l'expression "beau comme le jour" dans son roman "La Vendetta" seulement, ici la beauté ou la (pureté)est source de malheur pour le couple Luigi et Ginevra. Mallarmé, dans son poème "le Cygne" qualifie le bel oiseau, qui symbolise le poète, de " le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui" le Cygne /poète ne peut faire face au glacier dur/ la foule.

Par ailleurs, il est vrai que les Lumières étaient censées dissiper les ténèbres de l'injustice et de l'ignorance. Cependant, la nuit était, est toujours une source d'inspiration pour les poètes, et les intellectuels. la nuit est le rendez vous des voleurs, des amoureux et des pieux. les voleurs s'attaquent à autrui, les amoureux se cachent des regards d'autrui, les pieux rencontrent leur Dieu. Ces derniers invoquent leurs Bienfaiteurs, celui qui leur a "donné jour". En plus, pour ces fidèles, l'alternance des JOURS ET des NUITS est un signe pour la gloire de Dieu. Certes, la nuit est synonyme de mort, mais aussi est-elle le moment idéal pour la méditation, la contemplation et la sérénité.

Hugo avait raison quand il vivait son deuil de dire "et le jour pour moi sera comme la nuit" cela sous-entend que ce grand poète, ne reste pas indifférent face à la beauté de ce spectacle, l'alternance des jours et des nuits. Or, le monde aujourd'hui, ne fait pas la différence entre ces deux signes "la vie/ JOUR et la mort/NUIT".

Dans la nuit, l’être humain a l'occasion de visiter le royaume des morts, par le biais du rêve. Dans ce royaume, les paramètre spatio-temporels sont annulés. le plus long rêvé dure sept secondes. Poursuivi par un gros chien, ou devenir roi, l'homme ressent la même chose comme s'il était dans la réalité, parfois on se réveille la sueur au front, le cœur qui bat, alors que votre corps est dans sa place, cela rappelle la vie après la mort, et où la priorité est accordée à l’âme, souffle divin

je conclus avec ces versets

« Qui (Dieu) a bien conçu tout ce qu'Il a créé. Et à l'origine Il a créé l'homme à partir de l'argile (7), puis Il généra sa descendance d'une goutte d'eau vile [le sperme] (8); puis Il lui donna sa forme parfaite et lui insuffla de Son Esprit. Et Il vous a donné l'ouïe, les yeux et le coeur. Comme vous êtes peu reconnaissants! (9)» (sourate la Prosternation)





 Réponse N°5 19781

Du côté de la foi!
  Par   Jeafari Ahmed  (CSle 12-04-12 à 16:12



Effectivement si Brahim, ta réflexion est fondée sur des arguments solides ( ou exemples concrets) ) aussi métaphysique qu'elle soit , et surtout, si on s'associe à M. Loumatine, pour donner plus de poids à ces réflexions et à juste titre, puisque lui, il se fonde sur la physique , nous allons bientôt rejoindre la conception pascalienne du temps et de l'espace, et du vide intersidéral, et peut être, que M. Omari, nous en dira quelque chose à sa manière!





 Réponse N°6 19783

Pascal
  Par   brahim el harfi  (Profle 12-04-12 à 18:04



rebonjour cher ami

oui on attend son intervention sur le vide physique et métaphysique chez Pascal, qui a découvert la machine arithmétique à l'age de dix neuf ans, et qui évoque la misère de l'homme sans Dieu.

Cordialement





 Réponse N°7 19827

Philosopher c'est apprendre à mourir
  Par   OMARI Abdellatif  (Profle 13-04-12 à 18:20



Au temps où l’on était incrédule, on était encore trop jeune, on lisait Sartre, Marx et Nietzsche. En ce temps-là, nos ennemis mortels c’étaient le temps, l’espace et la mort, et on éprouvait dans notre intérieur un vide immense, mais on ignorait que c’était plutôt un gouffre, on était alors que doute et incertitude et rien n’était si insupportable pour nous que d’être dans un plein repos, et que sans passions, sans affaire et sans divertissement, on sentait alors notre néant, notre abandon, notre insuffisance, notre dépendance, notre impuissance, notre vide , et cependant, en tout état , on se sentait malheureux et misérable et nos désirs, à chaque fois, nous figuraient que l’état vraiment heureux c’était de joindre à l’état où l’on était les plaisirs de l’état où l’on n’était pas ; et quand nous arriverions à ces plaisirs, nous ne serions pas heureux pour cela, parce que nous aurions d’autres désirs conformes à ce nouvel état. Et du fond de notre âme sortait l’ennui, la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir. De là venait que le jeu, la conversation des femmes, le bruit, le remuement étaient si recherchés ; de là venait que la prison était un supplice si horrible ; de là venait que le plaisir de la solitude était une chose incompréhensible. Mais ce qu’on ignorait aussi, c’est qu’on était que déguisement, mensonge, hypocrisie, orgueil, concupiscences, inconstance, présomption et surtout vanité. La vanité était si ancrée dans notre cœur qu’on se vantait et voulait avoir ses admirateurs. Or, le jour où l’on était devenu conscient de ces misères, le jour où l’on avait compris que toutes nos pensées n’étaient occupées qu’au passé et à l’avenir et qu’on ne pensait jamais au présent qui devait être notre principale fin, ce jour là, on avait compris qu’on ne vivait jamais mais on espérait uniquement de vivre ; et qu’en disposant toujours à être heureux, il était inévitable qu’on ne le fût jamais. Ce jour là, ce fut comme une nouvelle naissance. Et si Pascal a illuminé l’abîme de notre ignorance terrible et Montaigne nous a appris que philosopher c’est apprendre à mourir, Épictète et Diogène nous ont enseignés l’art de vivre. Et ce sont ces hommes là qui nous avaient convertis bientôt à l’Islam.

Très cordialement





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