Lecture rhétorique de l'incipit:le dernier jour

 Par brahim el harfi  (Prof)  [msg envoyés : 234le 17-04-10 à 14:48  Lu :2986 fois
     
  
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« Condamné à mort ! »
Bicêtre
Condamné à mort !
Voilà cinq semaines que j’habite avec cette pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids !
Autrefois, car il me semble qu’il y a plutôt des années que des semaines, j’étais un homme comme un autre homme. Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son idée. Mon esprit, jeune et riche, était plein de fantaisies. Il s’amusait à me les dérouler les unes après les autres, sans ordre et sans fin, brodant d’inépuisables arabesques cette rude et mince étoffe de la vie. C’étaient de jeunes filles, de splendides chapes d’évêque, des batailles gagnées, des théâtres pleins de bruits et de lumières, et puis encore des jeunes filles et de sombres promenades la nuit sous les larges bras des marronniers. C’était toujours fête dans mon imagination. Je pouvais penser à ce que je voulais, j’étais libre.
Maintenant je suis captif. Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée ! Je n’ai plus qu’une pensée, qu’une conviction, qu’une certitude : condamné à mort !
Le tragique
Le condamné espère t-il échappé à la mort?
Non la sentence est sans appel condamné à mort,
"Voici cinq semaine que j'habite avec cette pensée……poids"
Peut-on habiter avec une pensée?
Cette personnification transforme la pensée en une créature qui ¨plonge le condamné dans la solitude"seul","glacé" lui fait peur et présage la mort (le corps glacé de l'agonisant )
Et "courbé" rappelle la posture du condamné lors de son exécution
"Je n’ai plus qu’une pensée, qu’une conviction, qu’une certitude : condamné à mort !
Le terme pensée a-t-il le même degré d'intensité que conviction? et conviction a-t-elle le même degré de force que certitude?
Comment appelle –t-on cette figure de style qui fait succéder les mots d'intensité croissante ou décroissante?
Cette gradation souligne la situation tragique du condamné: condamné à mort !
La mort est la seule pensée qui l'obsède, elle devient une vérité imminente
Le pathétique
Le pathétique naît de l'opposition entre le passé"autrefois" et le présent sinistre du condamné "maintenant"
L'énumération (Juxtaposition de différents éléments caractéristiques, circonstances ou parties d’un ensemble).
. C’étaient de jeunes filles,
de splendides chapes d’évêque,
des batailles gagnées,
des théâtres pleins de bruits et de lumières,
et puis encore des jeunes filles et
de sombres promenades la nuit sous les larges bras des marronniers.
cette figure énumère les différentes activités effectuées par le condamné:
de splendides chapes d’évêque renvoient au dimanche jour de messe et de rencontre
des batailles gagnées, la conquête des cœurs des filles
des théâtres pleins de bruit et de lumière: métonymie l'effet "bruit" pour la cause les gens :spectacle et lumière contrairement à l'obscurité de la prison
des promenades nocturnes dans des jardins "bras des marronniers" personnification
Le pluriel révèle la fécondité des idées et des activités par opposition à la seule pensée qui obnubile son esprit.
"Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée".
Parallélisme qui met au même diapason la souffrance du corps et la torture de l'esprit
Qui souffre plus le corps ou l'esprit?

  



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