Lecture méthodique:le portait de vautrin


Elmzouri mostafa  (Autre) [150 msg envoyés ]
Publié le :2013-01-11 15:01:01   Lu :6513 fois
Rubrique :Projets, lectures et évaluations  
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A Mme Fatiha Bachiri
A Mme Warda Zhor
Extrait proposé : le portrait de Vautrin in le Père Goriot ; Balzac.
Texte :
Entre ces deux personnages et les autres, Vautrin, l'homme de quarante ans, à favoris peints, servait de transition. Il était un de ces gens dont le peuple dit: Voilà un fameux gaillard! Il avait les épaules larges, le buste bien développé, les muscles apparents, des mains épaisses, carrées et fortement marquées aux phalanges par des bouquets de poils touffus et d'un roux ardent. Sa figure, rayée par des rides prématurées, offrait des signes de dureté que démentaient ses manières souples et liantes. Sa voix de basse-taille, en harmonie avec sa grosse gaieté, ne déplaisait point. Il était obligeant et rieur. Si quelque serrure allait mal, il l'avait bientôt démontée, rafistolée, huilée, limée, remontée, en disant: Ca me connaît. Il connaissait tout d'ailleurs, les vaisseaux, la mer, la France, l'étranger, les affaires, les hommes, les événements les lois, les hôtels et les prisons. Si quelqu'un se plaignait par trop, il lui offrait aussitôt ses services. Il avait prêté plusieurs fois de l'argent à madame Vauquer et à quelques pensionnaires; mais ses obligés seraient morts plutôt que de ne pas le lui rendre, tant, malgré son air bonhomme, il imprimait de crainte par un certain regard profond et plein de résolution. A la manière dont il lançait un jet de salive, il annonçait un sang-froid imperturbable qui ne devait pas le faire reculer devant un crime pour sortir d'une position équivoque.
Il s’agit d’une séance de 2 heures qui s’inscrit dans une séquence didactique autour du portrait.
• Objectif : étudier le portrait réaliste.
• Pré-acquis : portait morale ; portrait physique ; portrait dynamique.
• Notions: réalisme; anticipation lexique.
1-mise en situation:
Il s’agit du début du roman de Balzac le Père Goriot ; C’est la phase de la présentation des personnages du roman. Le narrateur vient de présenter une jeune fille triste, Victorine Taillefer, et un jeune homme ambitieux, Eugène de Rastignac. La présentation de Vautrin détient un intérêt particulier dans ce début du roman.
2-Lecture à haute voix.
3-Axe de lecture : comment ce portrait réaliste sert-il l’ambiguïté du personnage ?
4-mouvements du texte :
• description physique : gros plan sur une partie du corps.
• compte rendu d’un comportement ambigu.
5- plan:
• Description physique : mise en valeur de la force.
• Compte-rendu d’un comportement : une profonde ambiguïté.
6- Explication:
- L’âge du personnage (40 ans) dénote la force, c’est la force de l’âge confortée par l’expression « fameux gaillard ». C’est une puissance à admirer mais aussi à craindre, en témoigne l’antéposition de l’adjectif « fameux »
Le réalisme physique se traduit par une succession d’adjectifs : « larges, développées,
épaisses, carrées, touffues… »
Cette abondance va au-delàs du simple effet de vigueur vers une certaine bestialité : le gros plan sur les phalanges en est la traduction ; les poils sont touffus et leur couleur est rose ; une énigme doit en surgir.
La « figure rayée », « les rides prématurées » contrastent avec la vigueur du reste de la description : ils sont le signe de l’expérience et du passé glorieux.
Le contraste se trouve d’autant plus grand que l’expression « manières souples et liantes »
témoigne d’une agilité peu commune à la vigueur.
La focalisation externe signifie que le narrateur prend à témoin le peuple pour le consolider dans sa description réaliste du personnage. Cependant la métaphore musicale « sa voix de basse taille » sème le doute et annonce l’ambiguïté latente du personnage.
-Le choix de l’exemple de la « serrure » est pour le moins surprenant pour un homme décrit de la sorte. Cependant, la serrure n’est-elle pas le symbole de l’ouverture de l’accès. Vautrin sonde l’inconnu ; pour cela inversons l’expression « ça me connait », nous obtiendrons « je connais ça », ce pronom démonstratif n’est-il pas le résumé du monde.
La précipitation des adjectifs « démontée, rafistolée, huilée » ne traduit pas seulement
la connaissance mais également la rapidité et l’efficacité du savoir. C’est un savoir qui s’entend au-delàs d’une mécanique pour atteindre la psychologie humaine. Regardons la place du substantif « les hommes » au milieu d’une énumération globalisante.
La phrase hypothétique « si quelqu’un… », En plus de l’hyperbole qu’elle contient traduisent une ambiguïté qui souligne à la fois bienveillance et méchanceté.
Notons que la répétition sémantique contenue dans « sang froid », « imperturbable » stabilise le personnage dans sa résolution mais nous mettent en face d’un mot « crime » qui constitue pour le lecteur un imprévu. Néanmoins l’équivoque, l’ambiguïté et le secret sont tenues en laisse jusqu’à la chute de l’extrait sur le mot « équivoque ».
On aura retenu que la description réaliste anticipe une action : la mise en valeur de la force et de l’ambiguïté du personnage en feront un acteur principale de l’action à venir.
(PS : pour Mme Nadia Mimouni : toute ressemblance avec d’autre analyse n’est que pure coïncidence!)

Cet article est apprécié par : Fatih brahim - Idoubiya rachid - Jaafari ahmed - Fatiha kerzazi  - 



 Réponse N°1 21520

Incipit 1 ou comment construire du sens...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 2012-05-18 22:59:51



Nb- Dans chaque lecture méthodique, je vais donner une règle à suivre lors de la pratique de cette méthodologie!

Règle 1 Il s'agit de faire un choix et de ne jamais parler de tout! Etre pertinent, voilà de quoi il s'agit!

Etude de la première phase d'une lecture méthodique: observation et identification:

Nb- Je vais commencer par l'étude de la "première" page de toutes les oeuvres au programme. Question de indiquer la façon d'aborder méthodiquement ce qu'on nomme communément: incipit...

Chapitre 1

Texte 1

« Condamné à mort ! »

Bicêtre.

Condamné à mort !

Voilà cinq semaines que j’habite avec cette pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids !

Autrefois, car il me semble qu’il y a plutôt des années que des semaines, j’étais un homme comme un autre homme. Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son idée. Mon esprit, jeune et riche, était plein de fantaisies. Il s’amusait à me les dérouler les unes après les autres, sans ordre et sans fin, brodant d’inépuisables arabesques cette rude et mince étoffe de la vie. C’étaient de jeunes filles, de splendides chapes d’évêque, des batailles gagnées, des théâtres pleins de bruits et de lumières, et puis encore des jeunes filles et de sombres promenades la nuit sous les larges bras des marronniers. C’était toujours fête dans mon imagination. Je pouvais penser à ce que je voulais, j’étais libre.

Maintenant je suis captif. Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée ! Je n’ai plus qu’une pensée, qu’une conviction, qu’une certitude : condamné à mort !

Quoi que je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale, comme un spectre de plomb à mes côtés, seule et jalouse, chassant toute distraction, face à face avec moi misérable, et me secouant de ses deux mains de glace quand je veux détourner la tête ou fermer les yeux. Elle se glisse sous toutes les formes où mon esprit voudrait la fuir, se mêle comme un refrain horrible à toutes les paroles qu’on m’adresse, se colle avec moi aux grilles hideuses de mon cachot ; m’obsède éveillé, épie mon sommeil convulsif, et reparaît dans mes rêves sous la forme d’un coteau.

Je viens de m’éveiller en sursaut, poursuivi par elle et me disant : -Ah ! Ce n’est qu’un rêve !-Hé bien ! Avant même que mes yeux lourds aient eu le temps de s’entre’ ouvrir assez pour voir cette pensée écrite dans l’horrible réalité qui m’entoure, sur la dalle mouillée et suante de ma cellule, dans les rayons pâles de ma lampe de nuit, dans la trame grossières de la toile de mes vêtements, sur la sombre figure du soldat de garde dont la giberne reluit à travers la grille du cachot, il me semble que déjà une voix a murmuré à mon oreille :- Condamné à mort !

1- Lectures préliminaires/lectures observation:

- L'entrée par l'énonciation: utilisation de la règle des cinq questions (Qui parle ? A qui ? Où ? De quoi ? Dans quel but ?)

- L'entrée par le registre: quel ton se dégage à travers cette introduction: incipit.

Nb- C'est tout!

Remarque:



Introduction:
La structure du texte est en rouge: Lisez de suite ce qui est en rouge dans le texte...



Développement
:




1- Les indices de l'énonciation:


Les indicateurs de lieu est en vert: Où?

Les indicateurs de temps est en bleu: Quand?

Les indicateurs de la présence du narrateur-personnage est en jaune: Qui?


Les indices de l’obsession du narrateur: quoi?

2- Les indices de la tonalité est en orange:




- Conclusion:
effet de sens et visée: 
( Interprétations faites essentiellement par les élèves à l'aide de l'enseignant) 

Nb- Tout le travail de repérage se fera en utilisant des couleurs: des marqueurs pour les élèves...

 Observation et identification: Lors de cette séance, l'élève a acquis les compétences de l'observation des différents indices relatifs à l'énonciation... De plus, il a pu identifier la structure du texte également... C'est une deuxième compétence... La troisième compétence relève déjà de l'interprétation: le registre pathétique...


Fin de la séance... 





 Réponse N°2 21533

Incipit 2 ou comment construire du sens...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 2012-05-18 23:58:17



Règle 2
Il s'agit de mobiliser des acquis antérieurs pour développer/construire d'autres!



Etude de la première phase d'une lecture méthodique: observation et identification: ( suite )




Thunder-ten-tronckh.



ll y avait en Westphalie, dans le château de monsieur le baron de Thunder-ten-tronckh, un jeune homme à qui la nature avait donné les mœurs les plus douces. Sa physionomie annonçait son âme. Il avait le jugement assez droit, avec l’esprit le plus simple ; c’est, je crois, pour cette raison qu’on le nommait Candide. Les anciens domestiques de la maison soupçonnaient qu’il était le fils de la sœur de monsieur le baron, et d’un bon et honnête gentilhomme du voisinage, que cette demoiselle ne voulut jamais épouser, parce qu’il n’avait pu prouver que soixante et onze quartiers, et que le reste de son arbre généalogique avait été perdu par l’injure du temps.



Monsieur le baron
était un des plus puissants seigneurs de la Westphalie, car son château avait une porte et des fenêtres. Sa grande sale même était ornée d’une tapisserie. Tous les chiens de ses basses-cours composaient une meute dans le besoin ; ses palefreniers étaient ses piqueurs ; le vicaire du village était son grand aumônier. Ils l’appelaient tous Monseigneur, et ils riaient quand il faisait des contes.

Madame la baronne
, qui pesait environ trois cent cinquante livres, s’attirait par là une très grande considération, et faisait les honneurs de la maison avec une dignité qui la rendait encore plus respectueuse. Sa fille Cunégonde, âgée de dix-sept ans, était haute en couleur, fraîche, grasse, appétissante. Le fils du baron paraissait en tout digne de son père. Le précepteur Pangloss était l’oracle de la maison, et le petit Candide écoutait ses leçons avec toute la bonne foi de son âge et de son caractère.



Pangloss
enseignait la métaphysico-théologo-cosmolo-nigologie. Il prouvait admirablement qu’il n’y a point d’effet sans cause, et que, dans ce meilleur des mondes possibles, le château de monseigneur le baron était le plus beau des châteaux, et madame la meilleure des baronnes possibles.

« Il est démonté, disait-il, que les choses ne peuvent pas être autrement : car tout étant fait pour une fin, tout est nécessairement pour la meilleure fin, Remarquez bien que les nez ont été faits pour porter des lunettes : aussi avons-nous des lunettes. Les jambes sont visiblement instituées pour être chaussées, et nous avons des chausses. Les pierres ont été formées pour être taillées et pour en faire des châteaux : aussi monseigneur a un très beau château : le plus grand baron de la province doit être le mieux logé ; et les cochons étant faits pour être mangés, nous mangeons du porc toute l’année. Par conséquent, ceux qui ont avancé que tout est bien ont dit une sottise : il fallait dire que tout est au mieux. »


Voltaire, Candide, Ch 1


1- Lectures préliminaires/lectures observation:




- L'entrée par le portrait caricaturé: ( il faut avoir déjà étudié avec ses élèves des notions autour du portrait..




- L'entrée par les faux rapports logiques: ( Les élèves doivent déjà reconnaître les liens logiques et leurs rapports...)


Nb- C'est tout! 




Remarque: Plan
.


Introduction:
La structure du texte est en rouge: Lisez de suite ce qui est en rouge dans le texte...


Développement:


1-
Les indices annonçant le portrait caricaturé en violet.


2- Les indices annonçant les faux rapports logiques en couleu
turquoise.

Conclusion:
effet de sens et visée:( Interprétations faites essentiellement par les élèves à l'aide de l'enseignant) 





 Réponse N°3 21564

Incipit 3 ou comment construire du sens...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 2012-05-19 11:55:55



Règle 3 
Il s'agit de bien lire le texte afin de mobiliser les outils d'analyse les plus appropriés: les hypothèses de lecture viennent après les repérages d'observation, pas avant...

Etude de la première phase d'une lecture méthodique: observation et identification: ( suite )




Un enfant seule





« Le soir, quand tous dorment, les riches dans leurs chaudes couvertures, les pauvres sur les marches des boutiques ou sous les porches des palais, moi, je ne dors pas. Je songe à ma solitude et j’en sens tout le poids. Ma solitude ne date pas d’hier.


Je vois au fond d’une impasse que le soleil ne visite jamais, un garçon de six ans, dresser un piège pour attraper un moineau mais le moineau ne vient jamais. Il désire tant ce petit moineau ! Il ne le mangera pas, il ne le martyrisera pas. Il veut en faire son compagnon…J’avais peut-être six ans. Ma mémoire était une cire fraîche et le moindre événement s’y gravait en images ineffaçables. Il me reste cet album pour égayer ma solitude, pour me prouver à moi-même que je ne suis pas encore mort.



A six ans
j’étais seul, peut-être malheureux, mais je n’avais aucun point de repère qui me permît d’appeler mon existence : solitude ou malheur ».




Ch.1




1- Lectures préliminaires/lectures observation:


- L'entrée par l’énonciation ou les marques de la présence de l’auteur dans le texte.



- L'entrée par le problème de la vérité ou le pacte autobiographique
.

Nb- C'est tout!



Introduction
: La structure du texte est en rouge: Lisez de suite ce qui est en rouge dans le texte...



Développement:


1- Les indices annonçant l’énonciation ou les marques de la présence de l’auteur dans le texte (qui?) sont en couleur rouge? bleue: pour le temps ( quand?); verte: pour le lieu ( où?) et jaune pour le thème ( quoi?)

2- Les indices annonçant le pacte autobiographique sont en couleur turquoise.

 Conclusion: effet de sens et visée: ( Interprétations faites essentiellement par les élèves à l'aide de l'enseignant)









 Réponse N°4 21566

Incipit 4 ou comment construire du sens...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 2012-05-19 12:29:34




Règle 4
la lecture méthodique permet à l'élève/(l'enseignant) de développer sa capacité de concentrer son attention sur l'ensemble du texte et sur ses particularités: cela par des relevés systématiques qui sont la base de l'observation...



Etude de la première phase d'une lecture méthodique: observation et identification: ( suite )




Les infortunes d’un pensionnaire nommé Goriot.





" Monsieur Goriot était un homme frugal, chez qui la parcimonie nécessaire aux gens qui font eux-mêmes leur fortune était dégénérée en habitude. La soupe, le bouilli, un plat de légumes, avaient été, devaient toujours être son dîner de prédilection. Il fut donc bien difficile à madame Vauquer de tourmenter son pensionnaire, de qui elle ne pouvait en rien froisser les goûts. Désespérée de rencontrer un homme inattaquable, elle se mit à le déconsidérer, et fit ainsi partager son aversion pour Goriot par ses pensionnaires, qui, par amusement, servirent ses vengeances. Vers la fin de la première année, la veuve en était venue à un tel degré de méfiance, qu’elle se demande pourquoi ce négociant, riche de sept à huit mille livres de rente, qui possédait une argenterie superbe et des bijoux aussi beaux que ceux d’une fille entretenue, demeurait chez elle, en lui payant une pension si modique relativement à sa fortune. Pendant la plus grande partie de cette première année, Goriot avait souvent dîné dehors une ou deux fois par semaine ; puis, insensiblement, il en était arrivé à ne plus dîner dans la ville que deux fois par mois. Les petites parties fines de sieur Goriot convenait trop bien aux intérêts de madame Vauquer pour qu’elle ne fût pas mécontente de l’exactitude progressive avec la quelle son pensionnaire prenait ses repas chez elle. Ces changements furent attribués autant à une lente diminution de fortune qu’au désir de contrarier son hôtesse. Une des plus détestables habitudes de ses esprits lilliputiens est de supposer leurs petitesses chez les autres. Malheureusement, à la fin de la deuxième année, monsieur Goriot justifia les bavardages dont il était l’objet, en demandant à madame Vauquer de passer en second étage, et de réduire sa pension à neufs cents francs. Il eut besoin d’une si stricte économie qu’il ne fit plus de feu chez lui l’hiver. La veuve Vauquer voulut être payée d’avance ; à quoi consentit monsieur Goriot, que dès lors elle nomma le père Goriot. Ce fut à qui devinerait les causes de cette décadence. Exploration difficile ! Comme l’avait dit la fausse comtesse, le père Goriot était un sournois, un taciturne. Suivant la logique des gens à têtes vides, tous indiscrets parce qu’ils n’ont que des riens à dire, ceux qui ne parlent pas de leurs affaires en doivent faire des mauvaises. Ce négociant si distingué devint donc un fripon, ce galantin fut un vieux drôle. Tantôt, selon Vautrin, qui vint vers cette époque habiter la Maison-Vauquer, le père Goriot était un homme qui allait à la Bourse et qui, suivant une expression assez énergique de la langue financière, carottait sur les rentes après s’est être ruiné. Tantôt c’était un de ces petits joueurs qui vont hasarder et gagner tous les soirs dix francs au jeu. Tantôt on en faisait un espion attaché à la haute police."



Honoré de Balzac, Le père Goriot, partie 1
.

- Lectures préliminaires/lectures observation:

- L'entrée par les techniques de la narration : - temps du récit en rouge: passé simple; indicateurs de lieu en vert; de temps en jaune et description en couleur bleue.

- L'entrée par les champs lexicaux: en couleur violets: la pauvreté + en couleur orange: l'aversion. 

Nb- C'est tout! 

Remarque: Plan.



Introduction



Développement
:



1-  
Les techniques de la narration:


- Les temps du récit au passé: passé simple/ imparfait.


- Les indicateurs de lieu:  

- Les indicateurs de temps:

2- Rôle et place des  champs lexicaux: 
- pauvreté: 
- aversion:


Conclusion: effet de sens et visée: ( Interprétations faites essentiellement par les élèves à l'aide de l'enseignant) 





 Réponse N°5 21599

Incipit 5 ou comment construire du sens...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 2012-05-19 22:26:36



Règle 5  Il n'est pas question de confiner l'élève dans les détails: le texte à étudier doit contenir une ou deux unité de sens...Pas de remplissage! 


Etude de la première phase d'une lecture méthodique: observation et identification: ( suite ) 


Scène II

MAÎTRE D'ARMES, MAÎTRE DE MUSIQUE, MAÎTRE A DANSER, MONSIEUR JOURDAIN, 


DEUX LAQUAIS

MAÎTRE D'ARMES, après lui avoir mis le fleuret à la main. Allons, monsieur, la révérence. votre corps droit. Un peu penché sur la cuisse gauche. Les jambes point tant écartées. vos pieds sur une même ligne. votre poignet à l'opposite de votre hanche. La pointe de votre épée vis-à-vis de votre épaule. Le bras pas tout à fait si étendu. La main gauche à la hauteur de l'oeil. L'épaule gauche plus quartée. La tête droite. Le regard assuré. Avancez. Le corps ferme. Touchez-moi l'épée de quarte, et achevez de même. Une, deux. Remettez-vous. Redoublez de pied ferme. Un saut en arrière. Quand vous portez la botte, monsieur, il faut que l'épée parte la première, et que le corps soit bien effacé. Une, deux. Allons, touchez-moi l'épée de tierce, et achevez de même. Avancez. Le corps ferme. Avancez. Partez de là. Une, deux. Remettez-vous. Redoublez. Un saut en arrière. En garde, monsieur, en garde. Le Maître d'armes lui pousse deux ou trois bottes, en lui disant : "En garde";


MONSIEUR JOURDAIN. Euh ?


MAÎTRE DE MUSIQUE. Vous faites des merveilles.


MAÎTRE D'ARMES. Je vous l'ai déjà dit, tout le Secret des armes ne consiste qu'en deux choses, à donner, et à ne point recevoir; et comme je vous fis voir l'autre jour par raison démonstrative, il est impossible que vous receviez, si vous savez détourner l'épée de votre ennemi de la ligne de votre corps : ce qui ne dépend seulement que d'un petit mouvement du poignet ou en dedans, ou en dehors.


MONSIEUR JOURDAIN. De cette façon donc, un homme, sans avoir du coeur, est sûr de tuer son homme, et de n'être point tué ?


MAÎTRE D'ARMES. Sans doute. N'en êtes-vous pas la démonstration ?


MONSIEUR JOURDAIN. Oui.


MAÎTRE D'ARMES. Et c'est en quoi l'on voit de quelle considération, nous autres, nous devons être dans un état, et combien la science des armes l'emporte hautement sur toutes les autres sciences inutiles, comme la danse, la musique, la...


MAÎTRE A DANSER. Tout beau, monsieur le tireur d'armes : ne parlez de la danse qu'avec respect.


MAÎTRE DE MUSIQUE. Apprenez, je vous prie, à mieux traiter l'excellence de la musique.



Démarche: Qu'est-ce que je cherche à enseigner à partir de ce texte? Mais avant cela pourquoi je l'ai choisi? 


A- Identification: 


- La qualité du texte: Ce texte est un support qui favorise un peu plus l'étude du caractère du personnage principal: Monsieur Jourdain. Va-t-il rester aussi fidèle à sa nature: l’incarnation de la bêtise et de  l'ignorance?


- La fidélité au Ton: Quelle comédie va-t-elle jaillir de cet extrait?


- Qu'est-ce qui donne à ce texte sa littérarité?


 




 Réponse N°6 21619

Incipit 6 ou comment construire du sens..
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 2012-05-20 12:04:48



Règle 6 L'entrée par le genre et par le registre peut servir à la construction du SENS.


Le texte 1


 LE PROLOGUE

   Voilà. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'antigone. Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout à l'heure, qu'elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon, son oncle, qui est le roi. Elle pense qu'elle va mourirqu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout… Et, depuis que ce rideau s'est levé, elle sent qu'elle s'éloigne à une vitesse vertigineuse de sa sœur Ismène, qui bavarde et rit avec un jeune homme, de nous tous qui sommes la bien tranquille à la regarder, de nous qui n'avons pas à mourir ce soir.
    Le jeune homme avec qui parle la blonde, la belle, l'heureuse Ismène, c'est Hémon, le fils de créon. Il est le fiancé d'antigone. Tout le portait vers Ismène : son goût de la danse et de jeux, son goût du bonheur et de la réussite, sa sensualité aussi car Ismène est bien plus belle qu'Antigone, et puis un soir, un soir de bal ou il n'avait dansé qu'avec Ismène, un soir ou Ismène avait été éblouissante dans sa nouvelle robe, il a été trouvé Antigone qui rêve dans un coin, comme en ce moment, ses bras entourant ses genoux, et il lui a demandé d'être sa femme.

Le texte 2


LE CHŒUR  

     C’est propre, la tragédie. C’est reposant, c’est sûr… Dans le drame, avec ces traîtres, avec ces méchants acharnés, cette innocence persécutée, ces vengeurs, ces terre-neuve, ces lueurs d’espoir, cela devient épouvantable de mourir, comme un accident. On aurait peut-être pu se sauver, le bon jeune homme aurait peut-être pu arriver à temps avec les gendarmes. Dans la tragédie on est tranquille. D’abord, on est entre soi. On est tous innocents en somme! Ce n’est pas parce qu’il y en au un qui tue et l’autre qui est tué. C’est une question de distribution. Et puis, surtout c’est reposant, la tragédie, parce qu’on sait qu’il n’y a plus d’espoir, la sale espoir; qu’on est pris, qu’on est enfin pris comme un rat, avec tout le ciel sur son dos, et qu’on n’a plus qu’à crier, _ à gueuler à pleine voix ce qu’on avait à dire, qu’on n’avait jamais dit et qu’on ne savait peut-être même pas encore. Et pour rien; pour se le dire à soi, pour l’apprendre, soi. Dans le drame, on se débat parce qu’on espère en sortir. C’est ignoble, c’est utilitaire. Là, c’est gratuit. C’est pour les rois. Et il n’y a plus rien à tenter, enfin!  

- Lectures préliminaires/lectures observation:


- L'entrée par le registre:


- L'entrée par rôle et fonction du choeur: 


Nb- C'est tout! 


Remarque: Plan


Introduction


Développement:


1- Le registre:


- Le tragique: (c'est l'irréversible!) 


- Les personnages: (les rapports)


2- Rôle et place du choeur: 


- Explication/comparaison: ( tragédie/drame)


- Le genre du langage: (niveau de langue)


Conclusion: effet de sens et visée: ( Interprétations faites essentiellement par les élèves à l'aide de l'enseignant)
 




 Réponse N°7 21890

Incipit 7 ou comment construire du sens..
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 2012-05-25 10:53:53



Règle 7 On trouve toujours quelque choses à dire lorsqu'on pose les questions les plus simples: Où? Quand? Qui? Comment?...

Etude de la première phase d'une lecture méthodique: observation et identification: ( suite )

" Qu’y a-t-il de plus fascinant et de plus inquiétant que des ruines récentes qui furent des demeures qu'on avait connues au temps où la vallée vivait au rythme des saisons du labeur des hommes qui ne négligeaient pas la moindre parcelle de terre pour assurer leur subsistance?

Ces maisons de pierre sèche, bâties sur le flanc du roc à quelques mètres seulement au-dessus de la vallée, ne sont plus qu'un triste amas de décombres, domaine incontesté des reptiles, des arachnides, des rongeurs et des myriapodes. Le hérisson y trouve ses proies mais il n'y gîte pas. Il y vient seulement chasser la nuit quand un clair de lune blafard fait surgir çà et là des formes furtives qu'on confondrait assurément avec les anciens habitants des lieux disparus depuis longtemps, peut-être au moment même où de nouveaux édifices poussaient dans la vallée: villas somptueuses, palais et complexes ultramodernes copies conformes des bâtiments riches et ostentatoires des grandes mégapoles du Nord. Une de ces ruines dresse des pans de murs difformes par-dessus un buisson touffus de ronces et de nopals et quelques amandiers vieux et squelettiques. Elle avait été la demeure d'un couple âgé sans descendance qui n'attirait guère l'attention car il vivait en silence, presque en secret au milieu des familles nombreuses et bruyantes. L’homme avait longtemps sillonné le Nord et même une partie de l’Europe, disait-on, à la recherche d’une hypothétique fortune qu’il n’avait pas trouvée. Un sobriquet lui était resté de cette longue absence, Bouchaïb, car il avait dû travailler à Mazagan. De la femme, on savait peu de choses sinon qu’elle venait d’un village lointain, d’une autre montagne sans doute." Mohammed Kaïr –Eddine, Il était une fois un vieux couple heureux...

- Lectures préliminaires/lectures observation:

- L'entrée par la description des lieux:

- L'entrée par la présentation des personnages:

Nb- C'est tout!

Remarque: Plan

Introduction:

Développement:

1- Les lieux :

-

-

2- Les personnages:

-

-

Conclusion: effet de sens et visée: ( Interprétations faites essentiellement par les élèves à l'aide de l'enseignant)





 Réponse N°8 32585

remerciments
  Par   moumou nasser  (CSle 2013-10-20 12:09:33



ce corpus aura permis de donner une vue d'ensemble de l'approche textuelle, cependant, la démarche de la lecture méthodique préconisée par les orientations pédagogiques reste ambiguë puisque non unifiée





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