Lecture : le réveil avec la pensée du supplice (chapitre i) - le dernier jour d'un condamné

 Par ELHOUSSAINI Lahoussine  (Prof)  [msg envoyés : 68le 18-03-12 à 15:10  Lu :7191 fois
     
  
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Lycée Abdelkrim Al Khattabi Agadir

Secondaire qualifiantAnnée scolaire:2011/2012Professeur: Lahoussine EL HOUSSAINI

el.houssaini[at]yahoo.fr

Module III- Le roman à thèse: Victor Hugo,Le dernier jour d'un condamné, 1829

Etude de texte:

Extrait n°1: Le réveil avec la pensée du supplice (Chapitre I)

Objectifs:- Etudier la structure interne du texte

  • Etudier quelques procédés de reprise: l'anaphore lexicale et grammaticale au service de la persuasion.

  • Etudier les sentiments en rapport avec le registre pathétique.

  • Etudier la fonction de temps de la description: le présent et l'imparfait.

Lecture et construction du sens

Entrées

Indices

Interprétation

Observation du début et fin de l'extrait et comparaison avec le titre

Condamné à mort!
Condamné à mort!
Anaphore traduisant la pensée obsessionnelle du condamné à mort à l'approche de son exécution.

Elle explique le titre de l'oeuvre «Le dernier jour d'un condamné»

Niveau stylistique et grammatical

« Voilà cinq semaines…j'étais libre»
Eléments de reprise de l'expression «condamné à mort»:
- Anaphores lexicales: Cette pensée
- Anaphores grammaticales:
elle; sa (présence); son (poids)
Effet recherché par la reprise: Insistance sur l'angoisse obsessionnelle du condamné

Structure interne du texte

Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée

Autrefois ≠ maintenant
Le condamné est privé de deux formes de liberté: la liberté du corps et celle de l'esprit. Mais plus d'insistance sur la douleur psychologique (l'esprit) que sur la douleur physique.
Structure antithétique du texte: passé=liberté de l'esprit ≠ présent = emprisonnement de l'esprit

Le système des temps

J'habite; il me semble; je suis; est; je n'ai; elle est; je veux; elle se glisse; se mêle; om m'adresse; se colle; m'obsède; épie; reparaît
J'étais; avait; était; il s'amusait; c'étaient; c'était; je pouvais; je voulais; j'étais

Valeur assertive et descriptive

Valeur

descriptive

Le présent traduit la vérité d'une réalité présente du condamné: emprisonnement de l'esprit et torture psychologique.

L'imparfait, temps du passé, renvoie à la liberté perdue

Sentiments du narrateur

Registre pathétique ◄

Solitude

Horreur

Impuissance

Obsession

-seul

-une horrible, une sanglante, une implacable idée!
-…elle est toujours là, cette pensée infernale
- comme un spectre de plomb…chassant toute distraction…
- me secouant de ses deux mains

-glacé
- courbé sous son poids
-je suis captif
-mon corps est aux fers…
-mon esprit est en prison…
- condamné à mort! (3fois)
- je plus qu'une pensée, qu'une conviction, qu'une certitude: condamné à mort!
- m'obsède –
se mêle …à toutes les paroles
- m'épie…reparaît dans mes rêves
Fonction du texte =incipit:il répond aux questions:Où?
Quand?
Quoi?
Qui?
Bicêtre
Autrefois;
Voilà cinq semaines et maintenant
Souvenirs de jeunesse, puis condamnation et enfin souffrance psychologique
«Je»; «me»;«mon»… sentiments modalité du présent…
Espace
Temps: avant le crime, avant la condamnation;
Après la condamnation
Action
Point de vue interne traduisant la subjectivité

Synthèse:

  • Le texte remplit la fonction d'incipit car il présente le personnage, l'espace, le temps et l'action.

  • Les sentiments de solitude, d'impuissance, d'horreur et d'obsession donnent au texte une tonalité pathétique.

  • La tonalité pathétique et le lexique de sentiments ont fonction d'arguments psychologiques s'adressant à la sensibilité du lecteur pour le rallier à la thèse de V. Hugo: la peine de mort est une horreur humaine, donc il faut l'abolir car elle ne correspond pas aux valeurs humaines.

  • Tel est l'humanisme de Victor Hugo: la défense du droit à la vie.

Prolongement

Techniques d'expression et de communication: Les figures de style

Objectifs:Etudier les figures de style les plus fréquentes chez V. Hugo

Etudier leur effet stylistique et leur force persuasive

Figure de style

Enoncés

Effet

L'anaphore

La répétition

La répétition
Condamné à mort!
Condamné à mort!
Condamné à mort!
Toujours seul…, toujours glacé…toujours courbé…

Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son idée
Insistance
L'idée de la mort est une obsession = supplice
Insistance
Rythme ternaire de la phrase
L'idée de la mort a une cadence
Insistance sur l'absence de répit lors de la persécution psychologique effectuée par l'idée de la mort.
Insistance
Insistance sur la richesse de l'esprit au moment de sa liberté

Le parallèle

Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée

Insistance
Parallèle entre la souffrance physique et la souffrance morale (psychologique)

Accumulation

Gradation

Mise en valeur

Une horrible, une sanglante, une implacable idée!

Je n'ai qu'une pensée, qu'une conviction, qu'une certitude…

Quoique je fasse,elleest toujours là,cettepensée infernale.
Insistance
Insistance sur l'horreur de l'idée de la mort.

Insistance
Insistance sur l'irrévocabilité de la peine de mort
Insistance
L'accent est mis sur l'idée de la mort.

L'allégorie

Cette pensée…seuleet jalousechassantme secouant des ses deux mains…se mêle…se colle…épie
Poursuivi par elle etme disant:
-Ah! Ce n'est qu'un rêve!
Animation
- La mort (idée abstraite) est représentée sous une forme concrète pour que le lecteur puisse mieux se représenter son horreur. Le but est didactique.
- La mort (idée abstraite) est représentée sous une forme animée. Le lecteur peut la voir ( ou du moins mieux se la représenter)

Les allitérations

Voilàcinqsemaines que j'habite aveccette pensée, toujoursseul avec elle, toujours glacé desa présence, toujours courbésousson poids.

La répétition des sonorités en «s» pour créer une harmonie imitative qui est celle du bruit de la mort qui ressemble à un sifflement qui matraque le condamné.

Synthèse:

Les figures de styles les plus chères à Victor Hugo sont les figures d'insistance notamment l'anaphore et la gradation, et les figures d'animation en particulier l'allégorie à travers laquelle, l'écrivain transfigure le réel.

Ces figures de styles fonctionnent comme des arguments psychologiques visant à démonter l'horreur de la peine capitale pour persuader le lecteur de l'utilité de l'abolir.


  



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  Tous les messages de ELHOUSSAINI Lahoussine


 Réponse N°1 18677

Merci
  Par   Benaddy Med  (Profle 18-03-12 à 18:29



Merci infiniment, je vais exploiter votre travail lors de l'étude de l'incipit de Le dernier jour d'un condamné de V.Hugo.





 Réponse N°2 18996

Réponse à Mr Benaddy Med
  Par   ELHOUSSAINI Lahoussine  (Profle 26-03-12 à 20:55



Je vous remercie pour le msg. On peut toujours échanger les idées.





 Réponse N°3 19039

Bon travail
  Par   berbara abderrezak  (Profle 27-03-12 à 23:15

Salut cher collègue,

travail très intéressant méritant une attention et un respect particuliers.

bonne continuation.





 Réponse N°4 19047

Remerciements
  Par   benharoune nadia  (Profle 28-03-12 à 10:44



Je vous félécite cher collègue pour ce travail louable. Merci pour l'échange.





 Réponse N°5 19048

figure
  Par   brahim el harfi  (Profle 28-03-12 à 11:20



bonjour

un grand merci pour notre collègue

quelques remarques amicales à propos d'une figure" Une horrible, une sanglante, une implacable idée!

il s'agit plutôt d'une accumulation

implacable: qui ne peut être apaisé

sanglante: le sang est déjà répandu

Quoi que je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale, comme un spectre de plomb" ce n'est pas une gradation. de la comparaison "comme un spectre de plomb"on glisse vers l'allégorie

Bien Cordialement





 Réponse N°6 19130

Réaction
  Par   ELHOUSSAINI Lahoussine  (Profle 30-03-12 à 01:04



Je vous remercie chers collègues pour l'intérêt que vous avez porté à mon explication de texte. Effectivement, comme l'a remarqué Mr Atmane el Mostafa, une erreur s'est glissée involontairement dans l'interprétation de "Quoique je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale".Il s'agit non pas de gradation, mais plutôt d'une mise en valeur.

Quant à la question de savoir s'il s'agit d'une gradation ou plutôt d'une accumulation dans "Une horrible, une sanglante, une implacable idée!" cela dépend du sens des 3 adjectifs qualificatifs: s'ils sont considérés comme étant presque synonymes, il s'agit d'une accumulation, et si, au contraire,leur sens est croissant, il s'agit d'une gradation. J'attends votre réponse, chers collègues.Je désire trancher.

Merci une autre fois.





 Réponse N°7 19141

re
  Par   brahim el harfi  (Profle 30-03-12 à 12:19

bonjour cher collègue ELHOUSSAINI

merci beaucoup pour vous travaux, qui sont d'une qualité remarquable.

en effet, la guillotine a déjà tranché, en répandant le sang " sanglante" la suite "une implacable idée"

ne peut en aucun cas, contenir une intensité plus que le fait de couler le sang: la mort

Cordialement




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