Le voyage dans léon l’africain ; amin maalouf

 Par hani abdeljalil  (Etudiant(e))  [msg envoyés : 74le 14-12-14 à 13:48  Lu :886 fois
     
  
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Travail fait par : Mustapha EL kissia

 Lecture au fil d’un livre.
Le voyage dans Léon l’Africain ; Amin Maalouf


 Evoquer le voyage au 16 ème siècle était une chose apte à ravir les esprits et à suspendre leur haleine. Ainsi le temps d’écouter un récit de voyage ou les périples d’un voyageur était un moment propice pour tout un chacun afin d’élargir son horizon de connaissances et à s’ouvrir sur d’autres contrées jusqu’au là sombrées dans l’anonymat.
La thématique du voyage dans l’œuvre d’Amin Maalouf, Léon l’Africain, occupe une place centrale dans le récit. En effet, le voyage instruit, transforme et il est toujours une source intarissable qui incite le voyageur à se lancer constamment dans de nouvelles aventures en quête d’un sens qui se présenterait au cours d’une rencontre inattendue ou lors d’une mission hasardeuse. Hassan Al-Wazzan, personnage hyponyme de l’œuvre dont le nom est totalement changé représente ce pouvoir qu’ont les voyages à transformer les gens. Ce personnage est voué, par le destin, à l’itinérance voire même à l’errance mais en l’accompagnant tout au long de son récit de vie nous découvrons que le voyage, nécessité vitale et existentielle, loin de séparer les gens, redonne au voyageur une identité élargie en mesure d’englober un sens universel et humaniste.
Nous verrons que le voyage de Hassan Al-Wazzan commence étant encore enfant avec l’exil de sa famille suite à la chute de Grenade ; une fois adulte c’est lui-même qui sera tenté par cet ailleurs inconnu. Finalement, les longues années de déplacements, l’ont décidé de se fixer à Tunis, car il est enrichi par son parcours de vie. 


I/ De l'exil : 


La famille de Hassan El-Wazzan, ainsi que tous les musulmans, était obligée de quitter Grenade, dernier abri après la dégénérescence politique et militaire de ceux qui gouvernaient dans cette partie d'Europe durant des siècles. Boabdil étant le dernier souverain, cède Grenade aux mains des nouveaux envahisseurs guidés par Ferdinand, le roi chrétien. Et quoique cette addition de la ville soit faite suivant un accord qui laisserait aux musulmans le choix de rester chez eux ou de s'exiler dans un délai de trois ans. L'exil apparaît comme ultime décision et tout autre choix peut s'avérer regrettable.
Lors de l'exil de la famille de Hassan, celui-ci était encore enfant dont la mnêmê n'avait pas encore les mécanismes nécessaires pour retenir cet événement décisif. Ce sont donc les siens sa mère, son père et son oncle appelé tout au long de l'histoire par khâli, qui s'occuperont de lui transmettre ce souvenir on ne peut plus amer.
Certains musulmans ont pris la décision de demeurer chez eux vu l'âge qui les empêche de commencer une vie ailleurs c'est le cas de Saad, le vieux jardinier frappé de cécité et qui s'apparente à un arbre en disant '' one ne replante pas un vieil arbre hors de son sol .'' D'autres, hésitent encore de s'exiler car ils ont des biens et des richesses qu'ils ont accumulé durant de longues années et ils ne sont pas prêts à sacrifier aisément mais les temps ont changé et Grenade occupée par les ''roum'' n'est plus Grenade musulmane et tôt ou tard, partir sera inéluctable.
Ironie de l'histoire et marque du despotisme religieux des nouveaux occupants, ils ont obligé les musulmans qui sont restés à Grenade à se convertir au christianisme, ensuite ''Tous les convertis sont soupçonnés de judaïser ''. Les inquisiteurs poursuivaient donc les musulmans pour leur faire subir les affres d'un mauvais choix. Grenade n'est plus musulmane, c'est une réalité qu'il faut accepter selon Astaghfirullah: '' Une partie perdue, c'est comme la dépouille d'un proche; enterrez-la avec respect et croyez en la vie éternelle.''
L'exil de Hassan Al-Wazzan s'est fait à Fès, c'est une volonté divine à laquelle il faudra consentir '' Dieu n'a pas voulu que mon destin s'écrive tout entier en un seul livre.'' C’est alors que débute une autre vie dans un autre espace enchanteur, du coup l’exil perd son sens de châtiment. C’est également à partir de ce lieu que vont commencer d’autres aventures. L’exil, voyage forcé, cède donc la place à l’aventure qui émane d’un choix délibéré et qui s’ouvre sur l’inconnu. 

 II/ De l’exil à l’aventure : 


Nourri par tant de récits faisant l’apologie de Grenade, Hassan cherche sans cesse à découvrir d’autres lieux. Ainsi, en compagnie de Haroun le furet, il déambule dans la ville de Fès. Un autre jour, son père l’emmène avec sa sœur Mariam à un voyage qui relirait entre Fès et Meknès, voyage au cours duquel ils seront terrorisés par un lion qui rôdait pendant la nuit autour de la maison où ils faisaient escale. Le lion source de frayeur et de terreur, se mue en sujet d’apologie et d’admiration de la part de Léon l’Africain : ‘‘ Le lion le plus courageux de tous, je le dis sans déplaisir, puisque c’est le nom de ce fauve que j’allais porter huit années durant en Italie’’.
Depuis son enfance, Hassan se révèle être un féru de découvertes, il essaie une première fois d’accompagner son oncle ambassadeur, mais son père l’empêche vu son âge encore précoce. Mais quelques années plus tard, son père acquiesce à sa décision de traverser le désert en caravane, toujours avec son oncle, en direction de Tombouctou. Ce voyage lui fera découvrir l’Afrique et toute sa splendeur cachant tant de mystères, mais aussi les aléas de la fortune.
Hassan découvre avec fascination l’hospitalité des africains, c’est en se dirigeant vers Tombouctou qu’il recevra comme cadeau une esclave nommée Hiba, femme qui le charmera et lui fera oublier les difficultés de la traversée du désert. Le désert est somme toutes plein de mystères, les pilleurs qui guettent toute occasion afin de semer la terreur parmi les voyageurs, s’ajoute à cela les intempéries en mesure de tout anéantir dans un revers de situation qui révèle l’impuissance de l’être humain devant la nature. Lors du retour de Tombouctou, l’oncle de Hassan cède l’âme suite à une fièvre face à laquelle, il n’a pas pu résister.
Après avoir passé un peu de à Fès, Hassan entame un autre voyage au Caire où il sera de rendez-vous avec l’épidémie de la peste. Le hasard le guidera vers un Copte quittant sa maison du Caire qu’il met à sa disposition. Hassan profitera de cette largesse afin de découvrir le pays des pyramides à la compagnie d’une Cirassienne avec laquelle il se mariera et aura une fille.
Après le Caire, Hassan passe à Constantinople en tant qu’ambassadeur de Barberousse, un rebelle qui se bat contre les européens en lançant des assauts contre eux. En chargeant Hassan de cette mission, il cherche à prouver son allégeance au Grand Turc.
Comme les voiles ne mènent pas toujours à destination voulue, le destin veut que Hassan soit enlevé et emmener à Rome lors de son retour de la Mecque. Il est donc réduit à un esclave chez le pape, mais cette situation sera vite tournée en un merveilleux voyage, le plus beau selon Hassan. En effet, il sera baptisé Léon l’africain par le pape qui le chargera d’enseigner l’arabe, lui-même il élargira ses connaissances sur le christianisme.
Le voyage à Rome sera une étape cruciale dans le parcours de Hassan car il lui permettra de découvrir les divers arts connus dans cette ville ainsi que l’architecture.
Ayant passé plusieurs années à Rome , Léon l’africain est contraint de revenir parmi les siens. 


 III/ De l’aventure à soi : 


Hassan avait entrepris ses nombreux voyages avec la bénédiction de sa mère qui lui avait dit que bien des hommes découvrent le monde en cherchant à faire fortune, quant à lui c’est en cherchant à connaître le monde qu’il trébucherait sur un trésor. En effet, Hassan a parcouru le monde tout en prenant goût à la vie qui, selon lui, mérite d’être vécue. Le cumul des rencontres lui a permis également à connaître les gens, les bons et les mauvais, mais le plus important est d’accepter leurs différences.
Le personnage hyponyme de l’œuvre d’Amin Maalouf s’érige en un être universel qui s’adapte à toutes les situations et à tous les esprits. Pour lui, tout endroit qui l’accueille est une sorte de livre où une partie de sa vie va se transcrire en lettres d’amour et de découvertes.
De grenade à Fès, Tombouctou, Caire, Constantinople, Rome et Tunis, Hassan a toujours voulu jouer le rôle du messager de paix, un conciliateur. Malheureusement, les hommes entrent constamment dans des conflits auxquels les intercessions d’un seul individu ne peuvent rien. Hassan représente cet esprit ouvert qui adopte la différence au point de se dissoudre dans la culture de l’autre. Il ne montre aucune réticence vis-à-vis de l’autre. Lors de son séjour à Rome, il épouse Maddalena qui lui donnera son premier fils prénommé Giuseppe, c’est-à-dire Youssef. Ce mariage à lui seul révèle que Hassan ne se crée pas de limites par rapport aux autres.
Rome, endroit étranger contribue donc au bonheur de Léon l’africain qui affirme : ‘‘ Et que Rome m’avait fait goûté à deux vrais bonheurs : celui d’une cité antique qui renaît, ivre de beauté ; celui d’un fils qui dormait sur les genoux de la femme que j’aimais.’’
Léon l’africain apprend de ses multiples pérégrinations à œuvrer sur soi. Après son retour de Rome, il a décidé de s’installer parmi les siens à Tunis. Désormais, il se suffit à soi, il est en mesure de s’abreuver de ses riches connaissances apprises de ses longs voyages avant de conclure sur un conseil adressé à son fils : ‘‘Lorsque l’esprit des hommes te paraîtra étroit, dis-toi que la terre de Dieu est vaste, et vastes Ses mains et Son cœur. N’hésite jamais à t’éloigner, au-delà de toutes les frontières, de toutes les patries, de toutes les Croyances. 


 Conclusion : 


Au terme de ce cheminement, nous pouvons affirmer que Hassan Al-Wazzan ( Léon l’africain), est un humaniste dans son époque, c’est un être qui s’est mis au-dessus de toutes les entraves religieuses, de tous les préjugés.
Comme il a toujours été bien accueilli lors des voyages, lui-même n’a pas hésité à accepter toutes les croyances, toutes les cultures et rien ne lui est désormais étranger. Sa curiosité et son envie de connaître l’ont mené à accomplir les plus beaux voyages à savoir les centres des plus belles civilisations de son époque : Tombouctou représentant le merveilleux africain, Constantinople ou le faste Ottoman avant de conclure, en apothéose, ses périples dans la ville des arts et de la culture qui est Rome.
Au retour à Tunis, Hassan ne ressent plus d’envie de voyager car même la force lui manque mais il est devenu une référence en léguant aux générations qui lui succèdent un trésor, son livre consacré à l’Afrique, Description de l’Afrique.

  



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