Le ticket… des souvenirs

 Par ouhti soumeya  (Prof)  [msg envoyés : 44le 29-09-10 à 13:47  Lu :1187 fois
     
  
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Le ticket… des souvenirs
J’étais entrain de lire dans un livre, et soudain un bout de papier est tombé par terre. Ce n’était que le ticket d'un aller simple de l’autocar Béni Mellal-Taroudant. Le ticket, tout jaune à cause de la longue durée qu'il a passé emprisonné entre les pages, suffit, à lui seul, à me bouleverser, à faire remonter à la surface les souvenirs vécus à la région de Taroudant.
A chaque rentrée scolaire, 100 000 instituteurs rejoignent leurs postes en milieu rural. Isolés, vivant dans la précarité de nombreuses années, mal payés, ils manquent de moyens pour exercer leur mission.
À l’école de Tagandout, où j ai eu ma première affectation, le plus dur pour moi était “l’isolement” physique, social et intellectuel, renforcé par la barrière de la langue, surtout que je ne parle pas bien l’amazigh, dans sa variante soussie.
L’histoire de faire les deux heures de marche jusqu’à l’école, la nature qui, bien qu’ingrate, est d’une beauté à couper le souffle, avec ses dégradés de vert virant au mordoré. Les coups de fil à la famille, c’est le plaisir tant attendu le dimanche, jour de souk à Aoulouz, quand la plupart des profs et moi, après avoir fait quelques provisions, se relaient autour de la cabine téléphonique (quand elle fonctionne) !!!
Un jour je me disais “Si je me marie, ça devrait apaiser mes souffrances”. Je me suis, en effet, mariée pendant les vacances de l’été; ainsi ai-je pu remplir l’imprimé du rapprochement de conjoint, mais hélas! Je n’avais pas le droit car je devrais passer quatre ans d'affilée dans la région de Taroudant.
J'étais déjà enceinte. Après mon congé de maternité, quand ma fille avait trois mois et demi, j’ai dû l’emmener là. Elle était toujours enrhumée… Pendant mes heures de cours, je la laisse aux femmes du douar, mais je ne suis pas tranquille, parfois, elles ne font pas très attention. “Combien de temps cela va-t-il durer ?”
J’ai passé les quatre ans avec patience. Après, j’avais le droit et la chance pour rejoindre mon mari, ma petite fille et moi. Maintenant, Dieu merci! J’enseigne aux environs de Kesbat Tadla et grâce à cette nouvelle affectation j’ai eu la chance de poursuivre mes études à la faculté.
“Les enfants sont adorables et ont une vraie soif d’apprendre. Si on renonce, qui va leur enseigner!!!
Tous ses souvenirs, avec leur douceur et leur amertume, grâce à un ticket.

  



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