Le théâtre de l'absurde

 Par elbazzaoui amine  (?)  [msg envoyés : 5le 23-08-12 à 15:13  Lu :5290 fois
     
  
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Les années 1950 voient apparaitre ce que l’on appelle généralement le « théâtre de l’absurde », terme utilisé pour la première fois par l’écrivain et critique Martin Esslin en 1962 pour classer les œuvres de la plus importante génération d’auteurs dramatique de la seconde moitié du XXème siècle.
Becket, Ionesco, Adamov, Genet, Arrabal et Pinter sont les chefs de fil des auteurs dramatique qui ont marqué une rupture totale avec les concepts traditionnels du théâtre occidental.
En réalité, le théâtre de l’absurde ne fut ni école, ni mouvement littéraire. D’ailleurs, plusieurs dramaturges ont été classés sous cette même bannière, même s’ils refusent d’appartenir à ce titre : « ce sont les critiques qui ont établi une connivence entre ces auteurs qui étaient totalement seuls, une convergence qui n’existait pas », affirme le metteur en scène Roger Blin. Ils étaient extrêmement individualistes. En effet, chacun des écrivains en question exprime sa propre vision du monde où il se considère comme un solitaire, retranché et isolé. Ce qu’ils ont en commun, cependant, ce sont des « questions analogues [qui] ont, de la même façon, amené chacun des romanciers du « nouveau roman » jusqu’à ces carrefours où ils ont soudain perçu après coup leur (relative) ressemblance », de plus, qu’ils n’appartiennent pas à la société bourgeoise française ; ont choisi de briser les canons classique du théâtre, à savoir l’unité d’action, de lieu et de temps ; et aussi, le choix de la langue française comme moyen d’expression, même s’ils sont issus, pour la plupart, de cultures, langues et pays différents : (Ionesco : Roumain, Beckett : Irlandais, Adamov : Russo-arménien..).
Ses caractères analogues ne sont que le fruit d’un vécu commun, à savoir : le « sentiment de l’anxiété métaphysique face à l’absurdité de la condition humaine…», l’héritage du refus et la colère des existentialistes (Sartre et Camus) et, surtout, le malaise, l’angoisse et la peur qui caractérisèrent l’Europe au lendemain de la seconde guerre mondiale font la base de leurs travaux.
Les dramaturges du théâtre de l’absurde montrent des êtres qui errent sans repère, toujours à la recherche d’un refuge introuvable, des antihéros aux prises avec leurs misères métaphysiques, prisonniers de forces invisibles dans un univers hostile. Par des processus de distanciation et de dépersonnalisation, ses pièces démontrent les structures de la conscience, de la logique et du langage.
Le théâtre de l’absurde est considéré donc comme le reflet le plus représentatif de l’époque. Celle-ci est « l’époque où après avoir connu la débâcle, l’Occupation, et la mort de l’humanisme traditionnel, après avoir essuyé, comme tant d’autres « enfants de l’absurde » les éclaboussures des philosophes camusienne et sartrienne. Beckett, Ionesco et Adamov se sentent envahis par le sentiment tragique de la vie, ils réagissent alors par la dérision.» Sur le mode dérisoire et tragique, ce théâtre interroge le non-sens et l’insécurité de la condition humaine se trouvant dans un univers absurde qui n’a qu’une issue : la mort, sa propre destinée.
Les pièces de Beckett, Ionesco, Genet et Adamov ont la spécificité de se servir des dialogues contenants du bavardage dépourvu de sens. Les personnages sont réduits au rang de pantins, ils trouvent des difficultés à communiquer ou communiquent plus que par des (néologismes, répétitions, ressassement et approximations lexicales et onomatopées…). La Cantatrice chauve de Ionesco illustre bien nos propos :
«Mme Martin
Bazar, Balzac, Bazaine !
M. Martin
Bizarre, beaux-arts, baisers !
M. Smith
A, e, i, o, u, a, e, i, o, u, a, e, i, o, u, i !
Mme Martin
B, c, d, f, g, l, m, n, p, r, s, t, v, w, x, z !
M. Martin
De l’ail à l’eau, du lait à l’ail !
Mme Smith, imitant le train.
Teuff, teuff, teuff, teuff, teuff, teuff, teuff, teuff, teuff, teuff, teuff ! »
Ces pièces ne racontent donc rien. Il n'y a pas d'histoire à proprement parler, pas d’intrigue, ni début ni fin. Certains diront qu'elles n'ont pas de sens, et que c'est justement pour cette raison qu'on les qualifie d'absurdes.
Ce qui est étonnant, pourtant, c’est que ces pièces ont eu un énorme succès. Leurs atouts, c’est d’avoir élaboré un nouveau langage dramatique, adoptant souvent de la dérision, de la révolte et le traitement des thèmes considérés comme les plus proches des soucis quotidiens du public. La déconstruction de la cohérence dramatique traditionnelle invite le spectateur à chercher le sens ailleurs que dans le fait exposé : « c’est une nouvelle forme de symbolisme qui naît ainsi, un symbolisme qui fait du spectateur non pas un regardant passif mais un participant indispensable à l’élaboration du drame représentée.»
C’est ainsi que l’on qualifie « absurde » ce théâtre qui s’épanouit après la seconde guerre mondiale.
Issus des travaux de ses prédécesseurs : Apollinaire, Jarry, des expériences des surréalistes et des dadaïstes, Artaud « Le Théâtre et son double », et de Brecht « Ecrits sur le théâtre», le théâtre de l’absurde a souvent le souci de créer ses propres caractéristiques :
Le refus de la psychologie : traitement de «l’absurdité et de l’insécurité de la condition humaine», héritage  des existentialistes, mais fort caricaturée chez les auteurs du théâtre de l’absurde.
L’homme est imprévisible : les auteurs montrent des êtres ébahis d’exister, envahis de néant, déconcentrant et déconcentrés.
Le ton oscille entre colère, révolte et dérision : la philosophie du Nouveau. C’est un théâtre qui repose sur une vision pessimiste de l’homme, sur la fascination de l’absurde. La révolte des dramaturges se reflète dans leur manière de tourner en dérision ce monde incohérent.
L’acte d’accusation : les auteurs dénoncent les tricheries morales et intellectuelles, l’hypocrisie des mœurs, la société bourgeoise. Raison pour laquelle, les auteurs ont tendance à la satire sociale.
La tentation symbolique : « le Théâtre de l’Absurde est analogue à un poème symboliste ou imagée…» Le sens est évacué au profit d’une situation exagérée et symbolique, d’où le recours à des marginaux.
Divers jeux de langage : les dialogues se composent des répétitions de sonorités, de termes, de formules, inversions, permutations de lettres ou de syllabes, invention des termes, rapprochement au moyens de sonorités identiques. A travers ce nouveau langage les avant-gardistes expriment leurs refus de la langue traditionnelle des classiques jugée trop pompeuse.

  



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 Réponse N°1 26715

Merci,
  Par   Jaafari Ahmed  (Profle 23-08-12 à 16:37



Bon travail!





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