Le talmud (ketoubot, 84a): « une justice inspirée par la pitié porte préjudice aux victimes.»

 Par ZINEDDINE Mohamed  (Prof)  [msg envoyés : 34le 29-01-12 à 17:57  Lu :1550 fois
     
  
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Sujet 3 :
Dans le Talmud (Ketoubot, 84a), on peut lire : « Une justice inspirée par la pitié porte préjudice aux victimes.»
Discutez cette opinion à la lumière de sur votre lecture des Choéphores et des Euménides d’Eschyle et de vos connaissances relatives au thème de l’année.
Plan détaillé :
I-Une justice animée par la compassion à l’égard du coupable génère injustice et chaos.
1-La compassion envers le coupable lèse la victime, qui a l’impression que la société est insensible à sa peine. Cela pourrait inciter à la vengeance individuelle, ce qui entraînerait le chaos.
2-La compassion pourrait être prise pour du laxisme et inciterait ainsi le coupable à la récidive.
II-Mais l’insensibilité risque de faire primer la logique vindicative.
1-En se montrant insensible, on ne vaut pas plus que le coupable puisque tous les deux on ne compatit pas avec notre prochain.
2-En laissant s’exprimer notre rancune, on fait prévaloir une logique vindicative et inhumaine, celle de la loi du Talion.
III-En fait, la justice et la compassion sont deux vertus humaines indissociables pour l’éducation d’un bon citoyen.
1-Une justice compatissante se veut corrective et privilégie la réinsertion sur l’exclusion.
2-Un jugement compatissant fait prévaloir la logique de la deuxième chance et rend ainsi le coupable redevable à la société.
Introduction :
La compassion est un sentiment charitable qui distingue l’homme de l’animal. Il permet de partager la peine de son prochain et d’œuvrer ainsi à son bonheur. Ce sentiment semble incompatible avec l’intransigeance qui doit répondre à tout acte délictueux : la justice se doit de donner l’exemple en faisant preuve d’une extrême sévérité. C’est ce que semble appuyer le Talmud, où on peut lire : « Une justice inspirée par la pitié porte préjudice aux victimes.» Le texte sacré hébraïque semble considérer la compassion comme un obstacle à la réalisation d’une justice équitable, une justice ayant pour vocation de rendre à chacun ce qui lui revient de droit. Mais l’intransigeance envers le coupable risque quand même de fausser la justice et de la rendre inhumaine.
On peut alors s’interroger jusqu’à quel point la pitié à l’égard du coupable peut fourvoyer la justice. En s’appuyant sur les œuvres d’Eschyle et nos connaissances relatives au thème de l’année, on démontrera que, si une justice animée par la pitié risque d’engendrer injustice et chaos, il n’en demeure pas moins vrai que l’insensibilité ferait primer la logique vindicative. D’où l’intérêt de considérer ces deux vertus humaines comme indissociables pour la formation d’un bon citoyen.
Conclusion :
Au terme de ce parcours, on peut affirmer avec davantage de certitude que la relation entre justice et compassion est complexe. Certes, un juge compatissant à l’égard du coupable pourrait léser la victime, mais faire preuve d’une sévérité inhumaine es t indigne de la justice des hommes. C’est pour cela qu’il faut concevoir la relation entre ces deux vertus dans le sens de la complémentarité pour former un citoyen à la fois juste et charitable. Reste à savoir s’il est possible concrètement de préciser où finit la compassion et où commence le laxisme, où le juge charitable cède la place au magistrat impressionnable et injuste?

  



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