Le systeme educatif marocain pendant le protectorat.

 Par slassi hassan  (Prof)  [msg envoyés : 22le 19-06-10 à 22:56  Lu :5326 fois
     
  
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L’ENSEIGNEMENT MIS EN PLACE PAR LYAUTEY
L'enseignement français au Maroc est en réalité présent depuis la seconde moitié du XIXe siècle, période durant laquelle il relevait des congrégations religieuses. C'est avec l'avènement du Protectorat en 1912 qu'est créé un système d'enseignement français public et laïc. Sous la responsabilité du Résident général Lyautey a été mis en place au Maroc par Gaston Loth un Service de l'enseignement, qui s'inspirait d'ailleurs du modèle pratiqué précédemment par le même fonctionnaire dans la Régence de Tunis. De 1688 élèves dès 1912, ce système d'enseignement vit ses effectifs s'élever à 15 096, dix ans plus tard. Entre-temps, le Service de l'enseignement avait été transformé en 1915 en Direction de l'Instruction Publique par Gaston Loth.
Il faut souligner que dès les premières années du Protectorat, une poignée de jeunes notables marocains était scolarisée dans ses écoles. Dès la fin de la Première guerre mondiale, toutes les villes marocaines étaient dotées d'une ou plusieurs écoles primaires, tandis que vers 1919 était créé à Rabat le Lycée Gouraud, premier établissement secondaire français au Maroc.
Au départ, cet appareil scolaire visait à "franciser les Européens "du Maroc, à travers l'école primaire, mais aussi à garder les postes de direction pour les "vrais Français", grâce au Lycée. Quant aux Marocains, il faut rappeler que le Traité de Fès avait prévu que le Protectorat engage des "réformes scolaires "pour les musulmans. Lyautey se forgea une conception très précise de sa mission puisqu'il entendait associer "l'élite marocaine à la rénovation du Maghzen". L'école était dans cette perspective essentielle pour réaliser son projet politique. À partir de 1920, il élabora avec le nouveau Directeur de l'enseignement arrivant de Madagascar, Georges Hardy, un système d'enseignement pour les musulmans, afin de "donner à l'élite les moyens de sa réforme". Estimant que la rénovation des écoles musulmanes traditionnelles était chose trop complexe, il décida de créer de nouveaux établissements pour les enfants de l'élite marocaine.
De là sortirent les écoles de fils de notables et les deux grands collèges musulmans de Fès et Rabat, Moulay Idris et Moulay Youssef (créés dès 1916). S'il s'agissait, selon les termes de G. Hardy, de forger "une élite trait d'union entre la masse indigène et les Français", il ne s'agissait en aucun cas de permettre à ces jeunes élites de s'engager dans la voie du baccalauréat, qui risquait de les conduire à des études supérieures en Métropole, et par-delà, à une situation de concurrence avec les hauts fonctionnaires et cadres français du Protectorat. Si bien que les deux collèges musulmans (qui seraient quatre en 1939, dont le collège berbère d'Azrou) ne préparaient ni au certificat d'études ni au baccalauréat, mais au certificat d'études musulmanes (premier cycle) et au diplôme d'études musulmanes (second cycle). Pourtant, lorsque la première promotion des diplômés sortit en 1921-22 (ils n'étaient d'ailleurs que quelques unités), se posa immédiatement le problème de leur devenir et de leur affectation. Lyautey en affecta quelques-uns à son service, puis il essaya de les intégrer à l'Institut des Hautes Études Musulmanes de Rabat (IHEM)…
Mais ces jeunes élites avaient le sentiment d'avoir été conduites dans une voie secondaire, enfermées dans des études musulmanes et linguistiques (notamment arabes) qui ne permettaient pas de jonction avec l'Université française. Le verrou du baccalauréat interdisait toute passerelle. Si bien que certaines familles tentèrent dès le départ d'inscrire leurs enfants dans les écoles et lycées français (20 élèves en 1920, 18 en 1928), mais le Protectorat freinait des quatre fers. Il y eut alors la tentative de constituer des écoles libres dispensant un enseignement bilingue (10 écoles et 1500 élèves dès 1935), mais le manque d'enseignants était criant. Si bien que ce furent les collégiens et une poignée de jeunes bacheliers et étudiants étant passés à travers les mailles du filet qui organisèrent la conquête de l'enseignement français.

  



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