Le redoublement : problème ou solution ?

 Par meddiki said  (?)  [msg envoyés : 7le 31-08-11 à 23:04  Lu :2232 fois
     
  
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Le redoublement : Problème ou solution ?

Par : Said MEDDIKI Abdelali Ait Brik


Par redoublement, on entend une année passée par l'élève dans la même classe, à refaire les mêmes études que l'année précédente, autrement dit, c'est le fait pour un élève de rester dans la même classe. Il est le second élément qui intervient dans la déperdition.


L'analyse selon le genre montre que les garçons sont plus exposés au redoublement que les filles. Ainsi, on enregistre par cycle d'enseignement les pourcentages de redoublants suivants :
  • 11% des filles contre 16% des garçons au primaire.
  • 12% de collégiennes contre 18% de collégiens .
  • 15% de lycéennes contre 20% de lycéens.

L'approche par milieu du phénomène du redoublement montre que les pourcentages des redoublants en milieu rural sont légèrement supérieurs aux pourcentages enregistrés en milieu urbain sans toutefois que l'écart ne soit significatif pour affirmer que les élèves en milieu rural sont plus exposés au redoublement que ne le sont les élèves en milieu urbain.

Le redoublement est pédagogiquement efficace :

Dans les pays en voie de développement (du tiers-monde), les redoublements fréquents réduisent considérablement l'accès à l'école d'autres enfants en âges d'être scolarisés. En raison de la faible capacité des écoles, le système d'enseignement limite le pourcentage des élèves qui passeront dans la classe supérieure en fonction des places disponibles. Certains responsables scolaires considèrent que le redoublement est une solution, non pas un problème en raison que :

« Les enseignants font redoubler tel ou tel élève parce qu'ils constatent des lacunes dans les apprentissages fondamentaux chez ces élèves en pensant que ce redoublement sera fécond que l'élève pourra se rattraper » (. Francine , l'échec scolaire, Que suis-je ?, PUF, Paris, p 23.)

Autrement dit, le redoublement apparaît comme un phénomène positif puisqu'il permet un meilleur apprentissage et un meilleur rendement.

Ainsi, « une étude effectuée au Burundi sur un échantillon de près de 1800 élèves de la 6éme année du primaire a permis de conclure que les redoublants avaient un meilleur niveau que les autres, et qu'ils avaient mis à profit le temps supplémentaire que leur était imparti pour améliorer leur apprentissage » (Massinou A., Le redoublement scolaire dans l'enseignement primaire, UNESCO, BIE, 1996, p 13)

Le redoublement est pédagogiquement inefficace

Cependant, d'autres pensent que l'efficacité pédagogique du redoublement sur l'apprentissage est assez faible, et que par conséquent, au lieu d'être un investissement opportun, il apparaît plutôt comme une dépense inutile. En effet, au Maroc en 2005-2006 les redoublants représentent 13% des effectifs du primaire, 16% de ceux du secondaire collégial et 18% de l'ensemble des lycéens, soit respectivement 492000 écoliers, 160000 collégiens et 110000 lycéens.

En plus, les taux élevés de redoublement ont une autre incidence, à savoir l'accroissement notable du pourcentage des élèves plus âgés que la norme dans l'année dans laquelle ils sont inscrits, et cette situation est fréquente dans les écoles du milieu rural de nombreux pays.

A titre d'exemple, le Danemark et le Royaume-Uni ont pris la décision de ne pas faire redoubler de classe à l'école primaire.

On peut parler à ce propos d'inefficacité du système, puisque des enfants admis dans un cycle ne réussissent pas à atteindre le niveau requis. Chaque pays fixe à sa manière une série de seuils que l'élève doit franchir pour passer dans la classe supérieure.

L'école détermine la réussite ou l'échec de l'élève d'après le travail fourni pendant l'année scolaire ou d'après les résultats obtenus à un examen en fin d'année. Les élèves qui ne réussissent pas, soit redoublent leur année, soit quand ils ont dépassé l'âge réglementaire, se trouvent éliminés par le système, soit à la suite de l'échec, ils décident d'abandonner leurs études. Quand l'enfant redouble sa classe, il perd une année, à refaire ce qu'il a déjà fait et par la même, à s'ennuyer. Les inconvénients du redoublement résultent d'une répétition superflue des efforts d'enseignement et par conséquent, une perte de temps pour les élèves qui se sentent moins motivés pour apprendre.

Il est à souligner que le redoublement est un abandon retardé. Cette relation entre redoublement et abandon a été mise en évidence par une étude menée en 1996/1997 au Sénégal, l'étude qui avait porté sur un échantillon de 1740 élèves a pu dégager deux conclusions majeures :

  • Les élèves qui redoublent la première année du primaire de l'année scolaire 1995/1996, courent un risque plus grand d'abandonner leurs études.

  • C'est la décision de redoublement qui détermine les abandons des élèves.



  



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