Le prof de français

 Par abdeslam slimani  (Prof)  [msg envoyés : 365le 25-03-12 à 21:36  Lu :1025 fois
     
  
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Le prof de français enseigne toutes choses, c'est à dire RIEN, grâce à ses 5 h30 hebdomadaires. Vous savez encore de quoi vous êtes profs, vous ? (A lire d'une seule traite, sans respirer, en accélérant, d'une voix de fausset jusqu'à une voix de stentor)
STULTITIA LOQUITUR
"Le professeur se proposera une diversification des axes de sa réflexion pour mener à bien une fructueuse multiplication des angles d'approche culturels visant à donner à tous, par le biais de connaissances fondamentales nécessaires à la construction de l'identité individuelle et sociale de l'élève et visant à former sa personnalité pour lui permettre de devenir un citoyen conscient autonome et responsable et ce dans un strict respect des finalités que traduisent les objectifs fondamentaux de l'enseignement des lettres dans le cadre d'une redéfinition des pratiques discursives élaborées conjointement à une prise en compte de la situation d'énonciation qui permette d'identifier le degré d'implication du locuteur, pour être à même de contribuer à la poursuite de l'acquisition et du perfectionnement d'une méthode de travail personnelle unissant l'étude des formes de discours à une approche décloisonnée qui fédère les pratiques de lecture, d'écriture et les pratiques orales dans le cadre d'une séquence d'enseignement dont la mise en oeuvre synthétique, sous forme de tableau, combinera les différents aspects de textes ou de supports incluant des références importantes pour la constitution d'une culture commune parallèlement à l'initiation aux ressources documentaires, audio-visuelles et notamment multimédia en relation avec le programme d'histoire, pour amener les élèves à accepter et à comprendre le point de vue d'autrui tout en mettant en place une structure de remédiation efficace qui cherche à valoriser les réalisations orales aussi bien qu'écrites sans s'attacher excessivement aux graphies incorrectes, à la structuration lexicale ou à la signification du texte support qui aura été proposé en lecture cursive, furtive ou analytique (la réflexion analytique sur la pratique orale s'engagera avec profit dès le deuxième trimestre, au rythme d'une consolidation des acquis antérieurs tenant compte des compétences exigibles dans une perspective élargie : on veillera à harmoniser les approches) sans perdre de vue que la lecture doit permettre aux élèves d'accéder au plaisir du texte.(lire *) La progression d'ensemble est laissée à l'appréciation du professeur en fonction de son projet. Pour les thèmes de séquence on pourra puiser notamment dans la liste suivante : la cantatrice chauve, le cinéma italien, la peinture impressionniste les médecines parallèles, la satire, les coptes, les émotions, l'audit social, la civilisation américaine, l'éthnopsychiatrie, le jazz, l'histoire du train, les déchets nucléaires, l'administration fiscale, Lyssenko et le lyssenkisme, le Tiers-monde, le néoplatonisme, le sonnet, l'I.V.G, les logiciels de traduction, les Caraïbes, le vaudeville, Newton et la relativité, l'art grec, la presse féminine, le droit de l'immigration, la chiropraxie, l'économie du sport, les arts premiers, la sociologie rurale, le doping, le marché obligataire français, la contrefaçon, l'alchimie, le loisir, les revenus des agriculteurs, Hong Kong, l'orthodontie, les techniques du cinéma, la civilisation européenne, le traitement des eaux, le pape, les félins, le langage du corps, la dialectique, la révolution française, histoire de l'armée française, le S.I.D.A, l'histoire littéraire, Victor Hugo, la peinture italienne, la sémiologie publicitaire, Dieu, la littérature symbolistes, la protection sociale, la banque mondiale, le théâtre au 20ème siècle, l'académie française, l'armée de l'air, Napoléon, gestion comptable et financière, la poésie, la protection sociale, l'art roman, les nombres premiers, l'épopée, la drôle de guerre, le référendum, l'action française, les présocratiques, Baudelaire, le service après vente, le judaïsme moderne, l'armée du salut, la mésothérapie, Saint Augustin, le quatrième âge, le concubinage, le travail des enfants, la guerre froide, Socrate, la dépression de l'adolescent, l'énonciation, la Renaissance, les gares, le roman dans l'entre deux guerres, les fluides, la gastronomie, la neurologie fiscale, le handicap, la faim dans le monde, les esquimaux, la police des frontières, le loup, les contes, la folie, la bibliothèque du congrès, le burlesque, l'acupuncture, les cervidés, les nouvelles de Maupassant, les lois, la reproduction des mollusques, la séparation des pouvoir, l'ironie, le savon, Nerval, le rap, les traditions orientales, le management stratégique, Freud, la phénoménologie, les chambres des métiers, les techniques de vente, l'Islam contemporain, la guitare, l'empire Ottoman, la communication, l'opus Dei, les autoroutes, la bande dessinée, le tourisme à Paris, les maisons d'écrivains, Yalta, Les prud'hommes, Voltaire, les agrumes, la pomme de terre, la pragmatique sexuelle, la vache folle, les changements climatiques, le Parnasse, la bête du Gévaudan, la salade composée, le silence des agneaux, les boyaux, le truc en bas qui sent le moisi, la poupée turque, l'organisme , le délirium très mince, les grottes, la vizirette, golapuiotrerioputrz, le général massu, le mastiff, le chanvre, panzani, etc... * note sur le premier paragraphe : "Ventosa isthaec et enormis loquacitas..." Inutile, de faire l'analyse logique de ce dégueulis verbal de ce pastiche sans queue ni tête qui aurait rebuté maistre Janotus de Bragmardo : c'est une sorte de mauvais collage surréaliste qu'on pourrait imaginer avoir été produit au kilomètre (ou à l'hectolitre) par un méchant logiciel de l'administration de l'Education Nationale à qui on aurait fait ingurgiter la choucroute verbale avariée des pseudo-sciences de l'éducation, arrosée de cette bière sans alcool, brevetée par les autorités sanitaires et les services techniques du ministère, cette pisse de chat bureaucratique, cette jactance mortifère et inane où flottent des trucs blêmes et bouffis, que les croque-morts des humanités, les greffiers du vide, épandent sur toutes choses : on aura reconnu, tant sur la forme que sur le contenu, la phraséologie à la fois fadasse, fastidieuse et invinciblement répugnante des programmes et des instructions officiels, ce brouet visqueux concocté par des apparatchiks incompétents gavés aux farines didactiques. Une minute de lecture de cette prose, et le haut-le-coeur est garanti. Pitié, messieurs les commis aux saintes-écritures, chefs de bureau zélés aux ordres du politique, gardez pour vous cette gélatine industrielle même si elle est scrupuleusement conforme au cahier des charges, serrez dans les bocaux des officines ministérielles vos verbigérations fermentées dans le galimatias idéologique. Nous avons pris acte de votre incontinence et de vos impotences. Vous ne savez pas écrire le français, soit. Vous n'avez rien à dire, d'accord. Vous n'avez pas pensé à penser, bon. Mais de grâce n'ayez pas la nullité bavarde et emphatique. Il est des scolastiques aux effets de pouvoir pervers, qui ne méritent pas seulement qu'on en rie, mais encore qu'on les combatte avec force. Elles contreviennent à nos idéaux. Mais je voulais principalement signifier, avec la liste hétéroclite de thèmes de séquence, à quel point l'objet même du cours de français devient contingent. Un capharnaüm à la Bouvard et Pécuchet... Le contraire de l'esprit des lumières et de l'encyclopédisme de bon aloi : le kitsch, le brouillage des cartes, la salade niçoise, étant entendu que les élèves ne peuvent plus ingérer que de la bouillie à la petite cuiller. La soupe à la grimace, quoi !
Antoine Desjardins. Mai 2001.

  



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