Le point où nous en sommes!

 Par Jeafari Ahmed  (?)  [msg envoyés : 326le 07-05-12 à 12:05  Lu :855 fois
     
  
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Bonjour, cher collègue!
Pour changer un peu de discussion,nous faisons de la "méta-discussion!"
L'analyse conversationnelle ,au delà de l'analyse du discours permet de rendre compte des échanges qu'il peut y avoir dans une discussion, ou disons simplement dans une conversation, avec tous les enjeux que cela suppose! le forum est à ce juste titre un espace d'échange, qui derrière le support de l'écrit, s'inscrit par la force des choses dans la conversation, et mine de rien, il y a toute une structure, et des enjeux, qui sous-tendent cette conversation.Je vous propose un compte rendu de lecture d'un article qui éclaire dans une large mesure les choses!
Bonne lecture!
Compte rendu de lecture de l’article :
« L’analyse conversationnelle des forums de discussion : questionnements méthodologiques »,
Michel Marcoccia
Le forum de discussion comme conversation
« Un forum de discussion est un dispositif de communication médiatisée par ordinateur asynchrone, permettant à des internautes d’échanger des messages au sujet d’un thème particulier »
Le dispositif proposé permet une discussion à la fois sur le même thème et une chronologie selon les messages, c'est-à-dire que les messages sont postés sur une thématique précise mais pas forcément en même temps. Les messages peuvent être lus par d’autres utilisateurs connectés au forum ce qui peut créer de nouveaux fils de discussions « qui correspondent plus ou moins à l’équivalent numérique des séquences dans l’organisation structurale d’une conversation en face-à-face ».
«Les forums de discussion peuvent être définis comme des dispositifs hybrides de communication interpersonnelle de masse » Car à la fois il y a un échange interpersonnel entre A---B et une communication de masse entre A---B,C,G,K….
Les forums de discussion sont considérés comme des polylogues médiatisés par ordinateur vu le nombre de participants, mais : est ce que les échanges qui ont lieu sur les forums de discussion constituent une conversation ?
Si l’on considère l’unité du site et l’unité thématique comme deux paramètres définitoires d’une conversation il s’agit bien d’une conversation.
a. Mais dans un forum de discussion il n’y a pas qu’une seule thématique car les discussions en ligne sont souvent « désorganisées et confuses » vu le développement progressif de plusieurs fils de discussions et de conversations parallèles petit à petit, ce qui éloigne de la thématique initiale du premier message, ce que l’auteur a appelé une « décomposition thématique » Ex : le cas des forums de discussion politiques.
Ceci est dû à la difficulté de suivre et de lire ce qui a été déjà dit dans tous les messages précédents, et aux effets de l’asynchronie, car l’attente et le retard d’une réponse à un message suscite un changement du fils de communication espérant plus de succès.
b. Si on considère que le site est un espace de communication partagé il faut forcément prendre en considération la métaphore d’un espace partagé et un espace graphique, c'est-à-dire qu’il faut accepter métaphoriquement que cet espace d’échange est un espace de communication partagé - une plate forme d’échanges – renforcé par sa représentation graphique.
Ceci dit les discussions sur les forums restent difficiles à considérer comme des conversations dans la mesure où :
1. Il n’y a pas de groupe de participants définit : car de nombreux partenaires qui entrent et sortent dans la discussion.
2. Il n’y a pas de cadre de temps unifié : parce que les questions/réponses peuvent prendre beaucoup de temps après l’intervention initiale, ce qui «ne détermine que très faiblement l’organisation séquentielle des échanges ».
3. « l’archivage des données, permet de définir les forums de discussion comme des conversations persistantes ou des « documents numériques dynamiques », des archives en train de se constituer ».
Donc : « Pour qu’on ait affaire à une seule et même interaction, il faut et il suffit qu’on ait un groupe de participants modifiable mais sans rupture, qui dans un cadre spatio-temporel modifiable mais sans rupture, parlent d’un objet modifiable mais sans rupture » Kerbrat-Orecchioni.
D’autre part les forums de discussions permettent des conversations discontinues, ce qui donne « un état de parole ouvert », une « conversation chroniquement en cours » (Goffman, 1987 : 144). Alors on peut alors définir les forums de discussion comme des polylogues discontinus médiatisés par ordinateur, qui, comme tout polylogue, sont des conversations qui favorisent la fragmentation, l’émergence et la bifurcation de sous-groupes conversationnels (Parker, 1984 : 48). En d’autres termes, les forums de discussion sont des dispositifs qui permettent l’émergence de conversations focalisées dans un espace d’interaction faiblement focalisée (de Fornel, 1989 : 33).
4. Le cadre participatif d’un forum de discussion
L’analyse conversationnelle d’un forum de discussion représente d’autres problèmes d’ordre méthodologique à part la description de la structuration des échanges tels :
4.1. Description globale des rôles participatifs :
Selon Goffman : toute personne se trouvant dans l’espace de l’interaction est considérée comme participante, resta alors à caractériser le type de ces personnes selon le mode d’engagement dans l’interaction.
On peut distinguer alors :
• Les producteurs de messages : identifiables.
• Les lurkers : qui se contentent de lire les messages sans laisser de traces.
• Les Animateurs : groupe restreint qui participent beaucoup, répondent bcp à d’autres messages, modèrent la discussion, rappellent la Nétiquette et les règles, bref jouer les experts.
Donc il y a trois types de participants : lecteur silencieux/participant occasionnel/animateur
4.2. Format de production :
Dans les forums de discussion : le format de production d’un message est toujours complexe car il y a une hiérarchisation de l’instance de production des messages, à la fois technique, sociale et humaine.
« Les composantes de cette instance correspondent à diverses modalités de production de message : participation (Participant), transmission (Transmission), motivation (Motive), mise en forme (Form)».Ce qui permet de dire qu’on peut distinguer trois niveaux dans cette instance de production :
L’origine physique du message (l’adresse de l’ordinateur), l’auteur (celui qui rédige le message) et l’énonciateur (qui est responsable de la production du message).
On retrouve donc la tripartition de Goffman si on considère un artefacte comme émetteur : animateur (la « machine parlante », qui est ici technique), auteur (celui qui produit les énoncés), responsable (l’énonciateur).
Plusieurs configurations peuvent être identifiées :
1. Configuration normale : l’auteur est à la fois énonciateur à qui correspondent une adresse et un nom, identifié aussi par une signature. Parfois on ne trouve pas de signature mais l’identification se fait par l’origine physique (l’ordinateur).
2. Configurations complexes : A peut envoyer un message en son nom à partir de l’adresse de B donc « l’origine physique du message ne renvoie pas au même émetteur que Auteur/Énonciateur »
Parfois : L’auteur occupe le rôle de porte-parole, c’est à dire que « l’origine physique du message correspond à l’adresse de l’auteur mais ne correspond pas à l’énonciateur » donc il y a un risque de « ne pas permettre un échange sûr avec l’auteur du message ».
4.3. Format de réception
Puisque dans les forums de discussion ceux qui se contentent de lire sont considérés comme des participants, il s’agit donc d’un groupe de discussion virtuel qui suscite que l’intervention initiative ne permet pas de sélectionner un destinataire.
Donc soit le message est « lancé à la cantonade » soit le destinataire est explicitement visé par le message et Il y a sélection d’un destinataire direct, identifiable, car il y a une explicitation de l’intervention à laquelle on répond .
Ceci dit il y a toujours un risque de réagir à une autre énonciation, et la réponse peut être lue par tous.
Selon Goffman il y a deux catégories de destinataires :
1. Les participants ratifiés, dont les destinataires directs (adressed) et les destinataires indirects (unaddressed).
2. Les « bystanders », c’est-à-dire les participants occasionnels « non ratifiés », parmi lesquels on trouve les « overhearers » (ceux qui surprennent la conversation mais qui sont perçus par les autres) et les « eaversdroppers » (ceux qui écoutent aux portes).
Le problème qui se pose pour l’analyse conversationnelle est qu’on ne peut pas distinguer un participant ratifié d’un bystander, car le message que A produit peut être lu par B qui soit répond (ratifié) soit ne répond pas (non ratifié), et plus A n’est pas sûr que B peut lire son message qu’il lui a destiné, ni qui est B.
CONCLUSION
Les spécificités des forums de discussion ont de nombreuses répercussions sur l’organisation des discussions et du cadre participatif.
Un forum de discussion est un ensemble de conversations qui suivies donnent naissance à des séquences assez courtes.
Il y a un certain nombre de problèmes comme les messages mal placés, et beaucoup n’arrivent pas à suivre la conversation.
• Les rôles participatifs sont : simple lecteur, auteur occasionnel, animateur.
• Le format de production (animateur, auteur, responsable).
• le format de réception des messages: destinataire direct, destinataire secondaire/privilégié, témoin.
Plusieurs questions restent alors soulevées en plus de la grande question : Est-ce que les forums de discussions sont des conversations ? À partir de quels critères peut-on considérer que l’on observe un ensemble de séquences formant une seule conversation ou plusieurs conversations ? Un ensemble d’échanges tronqués constitue-t-il une conversation ? à partir de quelle durée considère-t-on que le gap entre deux messages est trop long et qu’en fait l’échange est achevé ? Comment doit-on analyser le mauvais placement des messages ? Comment l’analyste peut-il gérer le fait que les participants semblent faire des erreurs dans la manière dont ils positionnent leurs messages ? Doit-on considérer que l’analyste en sait plus que les participants ? Peut-on analyser le cadre participatif d’une interaction avec des catégories discrètes alors que le phénomène est continu ?
Enfin, le dispositif technologique des forums de discussion oblige à l’explicitation de la structuration et de l’adressage. Pourtant, l’interaction ne se réduit pas à cette explicitation. La dynamique de l’interaction semble résister à sa formalisation.

  



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