Le mal existe et pourtant il n'a pas d'être ( correction concour hec )

 Par Somoué Zineb  (?)  [msg envoyés : 3le 15-09-10 à 21:09  Lu :2447 fois
     
  
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le mal :
Toujours la même polysémie (La misère, la perversion, la souffrance etc…)
exister :
Emprunté au latin " exsistere " : sortir de ; " se manifester, se montrer " ; devenu synonyme d' a "voir une réalité " mais justement la formule du sujet conteste que le mal ait la réalité d'une chose " res, rei ".
le mal se manifesterait sans avoir de réalité factuelle assignable dans un être ( ou dans l'Etre)
ne pas avoir d'être :
Etre sans réalité, sans substance et par là-même sans fondement, sans nécessité intrinsèque.
Le sujet propose de réfléchir sur une affirmation ; il conduit donc à s'interroger sur la validité de son contenu en recherchant les arguments qui justifient cette conclusion ou les a priori ( les principes d'intellection de la réalité, les choix idéologiques…) qui s'expriment dans ce jugement
Il paraît aussi opportun de s'interroger sur les conséquences de cette interprétation particulière du mal dans le monde. Penser que " le mal existe, malgré tout, alors qu'il n'a point d'être assignable " cela conduit à quoi ( pratiquement, et idéologiquement) ?
Ebauche de plan-problématique
S'il est pertinent de parler du mal alors qu'il n'a pas de substance ou de nécessité en soi, -puisqu'il n'aurait pas d' " être " - où est le mal ?
Le mal ne serait -il qu'un effet de perspective, (une illusion, dont on comprend les " mécanismes " mais sans réalité substantielle... ) CF les théodicées
à moins que le mal ne soit jamais assignable dans un être mais ne surgisse que dans des contacts, des rencontres, des mises en relation inadéquates ( douloureuses, destructrices) CF Spinoza et Nietzsche (Pour Spinoza comme pour Nietzsche, Il n'y a pas de Mal en soi mais, bien sûr, il y a un sens à parler de ce qui est mauvais pour chacun des vivants que nous sommes.)
Dire " Le mal existe et pourtant il n'a pas d'être " c'est refuser de substantiver le mal sans pour autant renoncer à dénoncer tout ce qui ne va pas dans le monde.
Le contrepoint, (la nuance ou rectification ) autour de laquelle s'articule la formule est essentielle.Ce contrepoint peut être compris avec les grilles de lectures des théodicées classiques, mais également dans une perspective athée. D'où la fécondité de la formule… Ce qui est sans doute une façon de montrer qu'en ce qui concerne la dénonciation du mal, l'opposition croyants/ incroyants est secondaire et finalement inessentielle.
Il y a ceux ( croyants ou non ) qui éprouvent le besoin de diaboliser, de stigmatiser Et ceux ( croyants ou non ) qui sont incapables de ce genre de simplifications, alors même qu'ils souffrent ou assistent impuissants et désolés au pourrissement des situations et aux déflagrations délirantes de brutalités et de bêtises.
Un auteur qui pouvait aussi servir : Rousseau
Pour Rousseau l'homme est bon par nature ce sont les sottes institutions ( les inégalités structurelles et leurs cohortes de vexations et de frustrations ) qui le corrompent : le mal politique existe mais seul le mode de relation entre les hommes est mauvais ; c'est pour cela qu'il faut le réformer. D'où les différents projets politiques de constitution, qui particularisent l'esprit Du contrat social : Considérations sur le Gouvernement de Pologne ; Projet de constitution pour la Corse.
Précision
Il fallait sans doute sentir que la formule faisait écho à tout le corpus des théodicées :
Dans une conception selon laquelle le monde est le fruit d'une création divine, la présence du mal dans le monde pose le problème de la responsabilité de Dieu " auteur moral du monde ".
D'où la volonté des apologistes de disculper Dieu en " niant " la réalité du mal dans le monde ( le mal n'est rien en lui-même, il n'a pas d'être propre, il n'est dû qu'à la particularité de notre point de vue, mais si nous étions capables de saisir les grands équilibres, nous serions subjugués par la perfection totale de l'univers dans laquelle le négatif n'apparaît ponctuellement que pour mieux accentuer par contraste la beauté de l'ensemble)
Toute l'évolution de la pensée religieuse après les désastres du XXme siècle et particulièrement, toute la pensée de Paul Ricoeur, consiste à sortir du piège de cette interprétation de Dieu et du monde qui déréalise l'expérience de la souffrance en même temps que le mythe de la chute diabolise la nature humaine, (et pour les nouveaux croyants c'est aussi de cette culpabilisation de la chair qu'il faut sortir !)
Dire " Le mal existe et pourtant il n'a pas d'être " c'est refuser de substantiver le mal : il faut donc rechercher les traductions effectives de cette substantivation du mal ici dénoncée. Dire " Le mal existe et pourtant il n'a pas d'être " c'est refuser de prendre à la lettre les allégories archaïques - Lucifer, Satan, " la Bête "- ainsi que les avatars politiques de cette même angoisse qui " diabolisent l'ennemi " (intérieur ou extérieur " pour mieux détourner le regard des véritables maux ; c'est affirmer aussi que le mal n'est pas localisable, assignable dans une origine particulière, que ce soit une nature ( corrompue), une tendance ( la concupiscence), un chromosome surnuméraire (XYY, celui du " criminel né " !)
( Remarquons que 1'une des fonctions des théodicées étaient justement de rendre compte de l'expérience du mal dans le monde, certes en disculpant Dieu, mais aussi en " désubstantivant " le mal, ce qui coupait court à toute dérive de type manichéiste)
De sortes que l'analyse du sujet pouvait conduire à remarquer que des conceptions très différentes pouvaient se retrouver dans le contrepoint qui est au cœur de la formule.

  



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