Le langage ou la langue de nos jeunes?!

 Par Jeafari Ahmed  (?)  [msg envoyés : 326le 13-05-12 à 13:21  Lu :1576 fois
     
  
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Face à la montée d’un langage dénaturé, que pouvons-nous faire ? Nos jeunes communiquent entre eux dans un code qui échappe à la langue. L’autre jour, avec mes troncs communs, très faibles, et avec qui je recours souvent à l’arabe, j’ai déclenché une discussion sur le théâtre. Et puis, oui, par ci, oui, par là, des réponses (un mot ou deux) en arabe, je me suis dit « yallah, peut-être cela les intéresse, et c’est la langue qui fait obstacle, alors arabisons pour de bon ». Et bien, je vous jure qu’il n’ont pas su construire une seule phrase, juste, correcte, normale, cohérente, grammaticale, sémantique…Je me suis aperçu qu’ Ils ne savent plus parler , même en arabe dialectale : il n’y a que des ellipses, des raccourcis, des onomatopées et pas de logique : Dik L3aïba, trane, dak stoune, lahbal, wa3ra…des mots qui me font rougir, par leur vulgaire, et puis quand ils arrivent à former une idée il n’ y a aucune logique : ceci… parce que …cela : comme ça ! ( une blague qu’un collègue m’a racontée à propos de cela : un père demande à son fils s’il a bien fait sa prière, et l’autre de répondre, oui, sauf que j’ai oublié « dik l3aïba dial Sbaà ». Il voulait dire « Y sabbeh »( rire))
Alors, là, j’ai réalisé la profondeur du gouffre (pléonasme ?) : comment apprendre une langue étrangère, si on ne sait même pas utiliser la langue maternelle ? Et comment comprendre si on n’arrive pas, ou plus à établir de relations logiques entre les idées qu’on émet soi-même ?...
Et ce qui me fâche vraiment, c’est quand ils me demandent quelque chose, et au lieu de dire « s’il vous plaît », ils disent « allah y hafdak », et c’est la même formule pour « merci », et imaginez comment ça devient vulgaire dans la bouche d’une fille !

  



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 Réponse N°1 21260

achnou a3chiri
  Par   Adi Lachgar  (CSle 13-05-12 à 16:13



شفتك تسييفتي آجم، حنا تنحتارموكوم وأنتوما تتزربو علينا. وراه هدي هيا لعياقة. أنتوما اسحابكوم حنا ماباغين نقراو وحنا ما مابغيناش نفرشو القضية. الى باغين الحساب راكوم خاسرين آلعشير. هانتا كاع جيتي تورينا داكشي لمسرح والتيكست ديسكرتيف ولا نرافيك ولاخر آركوفانتميت، ولايني راه فات الفوت آخويا. حنا أولاد ديما رجاء، ديما وداد، وفوت عليك حومتي، راه ماتقد على ملتي. أما الى ماعجباتكوم هضرتنا، سدو ودنيكوم وخويو السيكتور. وبعدا اللي زوينة فيكوم هيا كاع ما بغيتو تعيقو. الناس لفوق غسلو يديهم علينا وعليكم وشادين فينا وفيكوم. لاحوها ليكوم سخونة، دبرو معانا، قريونا أولا كاع لا، نجحونا ولا سقطونا، ما طالعة ما طالعة... نهار تعيقو خانتافقو واحد العام، نقلبوها نشاط فالأقسام، وفلخر تعطيونا كاملين عشرين آلعشران.





 Réponse N°2 21265

Nta Khatèr à sidi Adi
  Par   Jeafari Ahmed  (CSle 13-05-12 à 16:41



Tkayss 3fak a3la laoudinate, awallah hatta jrahtini!

Merci pour tadoui9a: je vous donne du miel et vous me donnez flifla!

d'ailleurs c'est la première fois sur le forum, que je commence à écrire l'arabe en français, et je ne sais pas: que veut dire vraiment : 7 et le 9;;;j'ai compris le 3: â; mais je n'ose pas demander à mon fils ni à ma femme, moi qui perds un temps fou à écrire un sms, correctement avec virgules, accents, ..., et pendant ce temps 2, 3 messages arrivent avant que je n'aie envoyé le premier! (rire)





 Réponse N°3 21266

ajoute-moi
  Par   Adi Lachgar  (CSle 13-05-12 à 16:50



Rassure-toi: moi-même, je n'arrive pas -et je n'ai pas envie- de suivre le mouvement de coupe. Il y a un plaisir à dire ou à écrire les mots, tous les mots, dans leur intégralité et leur intégrité. J'ai juste voulu faire parler un de ces "3chiri" que tu décris si bien. Bien sûr, ce n'est une plaisanterie qu'à moitié. Il y a beaucoup de vrai dans ce que dit mon chmkar politisé.





 Réponse N°4 21268

Des maladies à soigner...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 13-05-12 à 17:16



C'est vrai, l'utilisation d'un jargon où la rue et parfois même la maison et les établissements scolaires nourrissent est un fait! Maintenant, quel est notre rôle à nous, éducateurs, pour faire prendre conscience à notre jeunesse qu'il y'a d'autres façons d'exprimer les mêmes idées, avec un niveau de langage soutenu.

Ce que j'aurai proposé à mes élèves: une série d'expressions couramment utilisées par eux et leurs équivalents, avec une langue correcte.

C'est incompréhensif: on essaie d'utiliser les meilleurs des styles, les plus élaborées des expressions, avec les plus grands écrivains: on n'aboutit à rien! Sinon à des manifestations qui indiquent vraiment qu'il y' a un sérieux problème!

Il y' a deux semaines, j'ai discuté le problème de la triche avec les élèves de mon établissement: ils ont été convaincus, dans une très grande mesure, de la nécessité d'éviter la triche qu'ils ont fini par qualifier de "maladie"... Je pense que la sensibilisation et la prise de conscience restent parmi les antidotes contre certaines dérives manifestées par nos chères(rs) élèves...





 Réponse N°5 21269

Vous avez raison mes amis!
  Par   Jeafari Ahmed  (CSle 13-05-12 à 17:38



Mais le problème, c'est toute la société qui commence à s'y mettre. Et le plus grand responsable, c'est la télé§ J'ai honte , quand parfois ,en zappant je tombe sur les chaînes nationales! que je ne regarde plus depuis longtemps, au risque de ne plus savoir ce qui se passe chez nous, et c'est justement ce qui se passe! la dépravation et le vulgaire au menu chaque soir, et regardés et appréciés en famille?!!!

comment peut-on changer des enfants qui se nourrissent en famille de cette pitance!





 Réponse N°6 21271

Naïda
  Par   LOUMATINE Abderrahim  (Profle 13-05-12 à 18:57



Salam:

Comment voulez-vous que nos jeunes apprennent à communiquer même en arabe? Les moments de discussion dans une famille c'est normalement lorsque tout le monde revient à la maison après une journée de travail. les moments des repas n'en parlons pas:Tout le monde regarde la télé(elle est là où on s'assoit normalement

Le soir: Le père passe au café; la maman prépare le repas , les enfants regardent leurs dessins animés-silence-. Puis c'est le rôle de la maman de regarder le téléfeuilleton? les enfants taisez-vous!!! Le père qui revient, c'est son tour de regarder les infos: Taisez-vous tout le monde!!!

Quelle veine tout le monde va regarder un match!spectacle collectif! Des cris, des onomatopées, des crachats, des insultes et j'en oublie.

Une petite anecdote: après les résultats du premier semestre(il y a 2 ans je crois) un élève qui a eu une très mauvaise note car il était toujours absent me dit: "ma 3kaltich 3lia" Je lui réponds:"3kalt 3lik" je n'ai compris ce qu'il voulait dire qu'après que les élèves se sont mis à rire.

"naïda" dans quelle situation est employé ce mot M. Adi? (Vou êtes expert)

M. Ahmed,3 c'est â, et 36?





 Réponse N°7 21275

parole d'expert
  Par   Adi Lachgar  (CSle 13-05-12 à 21:13



Merci Si Abderrahim. Je vais essayer de vous expliquer les tenants et les aboutisants de la Naïda attitude.

نايضة عبارة كثر استعمالها في السنوات الأخيرة حيث رافق انتشارها بروز بعض الفنون الغنائية والرقصية الشبابية الجديدة. وهي ليست//..غريبة عن اللغة العربية اد أنها اسم الفاعل المؤنت والممغرب من فعل ناض ينوض نوضا فهو نائض أي قائم.
ومن معاني فعل ناض الكثيرة تململ وتحرك لدلك استعملت كلمة نايضة صفة للحفلات الشعبية الراقصة. أما العبارة المغربية الأصيلة فهي "قربالة نايضة" التي تدل على قوة الضجيج والحركة. وهناك عبارات قريبة لها نفس الدلالة كأن تقول "الحايحة" أو "الروينة" أو "الروبالة" 






 Réponse N°8 21276

Parole de souris
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 13-05-12 à 22:29



Bonsoir collègues.

Le problème évoqué par M. Jeafari est général. Je ne sais pas s'il faut parler de culture des jeunes ou d'acculturation. Mais en tout cas, qu'on le veuille ou non, ce langage s'impose grâce notamment aux nouveaux styles musicaux.

M. Adi, notre expert, une toute petite remarque: certains emprunts sont extraordinaires. Par exemple "kerbala naïda" fait référence à la bataille de Kerbala en Irak. La commémoration de cette bataille se fait le jour de l'Achoura qui est jour de deuil pour les Chiites.





 Réponse N°9 21278

Droles d' alphabet
  Par   Warda Zhor  (CSle 13-05-12 à 23:29



Je me suis trouvée cette semaine ds une situation embarrassante;quand je suis entrée en classe,j'ai trouvé de nouveaux graffitis sur les murs et alors j'ai demandé à l'une de mes élèves de me les lire .La pauvre a rougi et a refusé de le faire.Dès que j'ai été chez moi ,je suis allée découvrir le nouvel alphabet de nos jeunes et j'ai compris le refus de mon élève.





 Réponse N°10 21281

et de fête chez nous!
  Par   Adi Lachgar  (CSle 14-05-12 à 09:02



Merci Hayat pour cette information capitale.





 Réponse N°11 21282

M. expert
  Par   LOUMATINE Abderrahim  (Profle 14-05-12 à 09:27



Sabah saïd

Vraiment, vous devriez "produire" un dictionnaire du langage des jeunes adressé aux vieux ,avec tous les détails que vous avez donnés!

Merci je comprends mieux





 Réponse N°12 21306

Extrait du rapport du CES: intégration des jeunes par la culture
  Par   Adi Lachgar  (CSle 14-05-12 à 19:43



e)« Naïda », ou les prémices d’une contre-culture de la jeunesse

Pendant longtemps, les pouvoirs publics marocains ne se sont pas préoc-cupés de la question de l’éducation artistique des jeunes, et n’ont pas proposé de stratégie dans ce domaine. Ils n’ont pas mesuré, sauf à de très rares excep-tions, l’intérêt que pouvait présenter l’étude des oeuvres et des courants artis-tiques, pour le développement chez les jeunes de leur propre vision du monde. Plus que les autres disciplines, l’éducation artistique permet de développer une sensibilité personnelle, grâce au contact répété avec les oeuvres d’art (par exemple, dans le cadre de visites aux musées, salles de spectacle, cinémas), et éventuellement grâce à la pratique d’activités artistiques.

Le désintérêt pour ces questions a été total jusqu’à l’année 2003, qui constitue un tournant décisif dans le développement de la vision que le Maroc se fait de sa jeunesse. En effet, Casablanca a été le théâtre de deux événe-ments majeurs qui ont révélé, chacun à sa manière et à des degrés divers, une culture de la jeunesse en rupture avec l’ordre établi. Le premier, est l’arrestation et le jugement de quatorze jeunes amateurs de musique rock, ac-cusés d’être des « adeptes de Satan. » La mobilisation des jeunes, de certains médias et artistes qui s’en est suivie a réussi à faire libérer les jeunes gens, mais l’incident a soulevé le débat à propos des goûts et tendances musicales in-fluencés par des courants internationaux ou « occidentaux » chez une tranche de la jeunesse marocaine en milieu urbain.

Le 16 mai de la même année, quatorze jeunes issus de quartiers défavo-risés de Casablanca commettent une série d’attaques suicides dans des en-droits minutieusement choisis, qui font près de quarante victimes.

Ces deux événements, en particulier les attentats-suicides, ont causé un grand choc au sein de la société marocaine. Mais ils ont également attiré l’attention des acteurs politiques et sociaux sur les mutations profondes subies par la société, les incitants à réfléchir à nouveau aux thématiques des valeurs et de la culture des jeunes. En effet, les deux événements faisaient apparaître, avec grand fracas, les tensions psychologiques, intellectuelles et émotionnelles, vécues par la jeunesse marocaine scolarisée, urbaine ou périurbaine, confron-tée à de grandes difficultés dans son processus d’intégration sociale : tensions entre une logique de rupture, et une logique de conciliation et de synthèse.

Privilégier la logique de conciliation et de synthèse impliquait l’élaboration et l’encouragement d’approches éducatives reposant sur les pra-tiques de la jeunesse dans les domaines artistique et culturel. Le succès rem-porté par L’Boulevard – et aussi par les autres festivals pour les jeunes qui ont vu le jour à sa suite –, de même que le partenariat établi entre le conseil de la ville et l’association qui organise cette manifestation, peuvent constituer des expériences pilotes qui tracent un chemin pour l’encadrement et l’organisation de l’action culturelle locale à destination de la jeunesse.

Dans le cadre de l’évolution politique globale que connaît le Maroc, no-tamment l’institutionnalisation et la démocratisation de la vie politique, la restructuration de l’Etat dans le sens d’une régionalisation avancée, les acteurs politiques et sociaux (partis politiques, centrales syndicales, organisations de la société civile, etc.) doivent reconnaître que l’art et la culture ne peuvent assu-mer leur rôle dans l’inclusion des jeunes, qu’à condition d’une refonte totale de la politique culturelle. Les élites locales sont appelées à prendre conscience de ce fait, en s’appropriant un certain nombre de leviers institutionnels et cultu-rels, qui leur permettront d’engager des actions pour encourager les jeunes à cultiver leurs dons, leurs compétences et leurs centres d’intérêt artistiques et culturels.





 Réponse N°13 21312

Oui...mais
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 14-05-12 à 20:23



Il ne fait pas de doute que l'éducation artistique est importante.

Je reconnais que beaucoup de jeunes sont talentueux mais ces spectacles de boulevard sont le plus souvent d'une médiocrité incroyable. Il suffit d'avoir une coupe "bizzaroîde" des "fringues" de dandy pour se prendre pour un artiste.

Quand cela est diffusé à la télévision, personnellement, je me dis " c'est quoi ces extra-terrestres".

Le pire c'est que cela influence nos petits.

Oui pour l'éducation artistique, mais il faut qu'elle se fasse dans un cadre où on peut parler d'art.





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