Le dernier jour : Évaluation

 Par azougagh hamza  (?)  [msg envoyés : 4le 09-05-10 à 15:46  Lu :1818 fois
     
  
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Chapitre XXVI (26)
*Questions :
Il est dix heures.
Ô ma pauvre petite fille ! Encore six heures, et je serai mort ! Je serai quelque chose d’immonde qui traînera sur la table froide des amphithéâtres ; une tête qu’on moulera d’un côté, un tronc qu’on disséquera de l’autre ; puis de ce qui restera, on en mettra plein une bière, et le tout ira à Clamart.
Voilà ce qu’ils vont faire de ton père, ces hommes dont aucun ne me hait, qui tous me plaignent et tous pourraient me sauver. Ils vont me tuer. Comprends-tu cela, Marie ? Me tuer de sang-froid, en cérémonie, pour le bien de la chose ! Ah ! grand Dieu !
Pauvre petite ! Ton père qui t’aimait tant, ton père qui baisait ton petit cou blanc et parfumé, qui passait la main sans cesse dans les boucles de tes cheveux comme sur de la soie, qui prenait ton joli visage rond dans sa main, qui te faisait sauter sur ses genoux, et le soir joignait tes deux petites mains pour prier Dieu !
Qui est-ce qui te fera tout cela maintenant ? Qui est-ce qui t’aimera ? Tous les enfants de ton âge auront des pères, excepté toi. Comment te déshabitueras-tu, mon enfant, du Jour de l’An, des étrennes, des beaux joujoux, des bonbons et des baisers ? – Comment te déshabitueras-tu, malheureuse orpheline, de boire et de manger ?
Oh ! si ces jurés l’avaient vue, au moins, ma jolie petite Marie ! ils auraient compris qu’il ne faut pas tuer le père d’un enfant de trois ans.
Et quand elle sera grande, si elle va jusque-là, que deviendra-t-elle ? Son père sera un des souvenirs du peuple de Paris. Elle rougira de moi et de mon nom ; elle sera méprisée, repoussée, vile à cause de moi, de moi qui l’aime de toutes les tendresses de mon cœur. Ô ma petite Marie bien-aimée ! Est-il bien vrai que tu auras honte et horreur de moi ?
Misérable ! Quel crime j’ai commis, et quel crime je fais commettre à la société !
Oh ! Est-il bien vrai que je vais mourir avant la fin du jour ? Est-il bien vrai que c’est moi ? Ce bruit sourd de cris que j’entends au-dehors, ce flot de peuple joyeux qui déjà se hâte sur les quais, ces gendarmes qui s’apprêtent dans leurs casernes, ce prêtre en robe noire, cet autre homme aux mains rouges, c’est pour moi ! c’est moi qui vais mourir ! Moi, le même qui est ici, qui vit, qui se meut, qui respire, qui est assis à cette table, laquelle ressemble à une autre table, et pourrait aussi bien être ailleurs ; moi, enfin, ce moi que je touche et que je sens, et dont le vêtement fait les plis que voilà !
1) Situez le passage dans l’œuvre. (2 pts)
2) a) Qui est le narrateur dans ce texte? (1 pt)
b) Justifiez votre réponse en relevant un élément du texte. (1 Pt)
3) Quel indice montre que ce texte s’apparente à un journal intime ? (2 pts)
4) a) Comment le narrateur se décrit- il au début du texte ? (2 pts)
b) Quel effet cherche- il à produire sur le lecteur par cette description? (2 pts)
5) Comment le narrateur évoque-t- il son passé? (2 pts)
6) Relevez dans le texte :
a. Deux mots ou expressions appartenant au champ lexical de l’amour. (1 pt)
b. Deux mots ou expressions appartenant au champ lexical de la mort. (1 pt)
7) A qui le narrateur s’adresse-t-il dans ce texte ? Pourquoi? (2 pts)
8) Le texte a :
a. Une visée argumentative.
b. Une visée informative.
c. Une visée descriptive.
Recopiez la bonne réponse. Justifiez- la. (2 pts)
9) Identifiez la figure de style dans l’énoncé suivant : (2 pt)
« …elle sera méprisée, repoussée, vile à cause de moi,… »
Nom : Prénom : Classe : Note : /20

  



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