Le dernier jour d'un condamné evaluation ch 5

 Par ziani mohammed  (Prof)  [msg envoyés : 73le 30-05-10 à 22:31  Lu :2454 fois
     
  
 accueil

À peine arrivé, des mains de fer s'emparèrent de moi. On multiplia les précautions ; point de couteau, point de fourchette pour mes repas, la camisole de force, une espèce de sac de toile à voilure, emprisonna mes bras ; on répondait de ma vie. Je m'étais pourvu en cassation. On pouvait avoir pour six ou sept semaines cette affaire onéreuse, et il importait de me conserver sain et sauf à la place de Grève.
Les premiers jours on me traita avec une douceur qui m'était horrible. Les égards d'un guichetier sentent l'échafaud. Par bonheur, au bout de peu de jours, l'habitude reprit le dessus ; ils me confondirent avec les autres prisonniers dans une commune brutalité, et n'eurent plus de ces distinctions inaccoutumées de politesse qui me remettaient sans cesse le bourreau sous les yeux. Ce ne fut pas la seule amélioration. Ma jeunesse, ma docilité, les soins de l'aumônier de la prison, et surtout quelques mots en latin que j'adressai au concierge, qui ne les comprit pas, m'ouvrirent la promenade une fois par semaine avec les autres détenus, et firent disparaître la camisole où j'étais paralysé. Après bien des hésitations, on m'a aussi donné de l'encre, du papier, des plumes,
et une lampe de nuit.
Tous les dimanches, après la messe, on me lâche dans le préau, à l'heure de la récréation. Là, je cause avec les détenus : il le faut bien. Ils sont bonnes gens, les misérables. Ils me content leurs tours, ce serait à faire horreur, mais je sais qu'ils se vantent. Ils m'apprennent à parler argot, à rouscailler bigorne, comme ils disent. C'est toute une langue entée sur la langue générale comme une espèce d'excroissance hideuse, comme une verrue. Quelquefois une énergie singulière, un pittoresque effrayant : il y a du raisiné sur le trimar (du sang sur le chemin), épouser la veuve (être pendu), comme si la corde du gibet était veuve de tous les pendus. La tête d'un voleur a deux noms : la sorbonne, quand elle médite, raisonne et conseille le crime ; la tronche, quand le bourreau la coupe... la cône (la mort), la placarde (la place des exécutions).On dirait des crapauds et des araignées. Quand on entend parler cette langue, cela fait l'effet de quelque chose de sale et de poudreux, d'une liasse de haillons que l'on secouerait devant vous.
I-COMPRÉHENSION DE L'ÉCRIT
1-Rédigez une brève biographie de l’auteur.
2-Où se passe la scène ? Qui désigne le narrateur par des mains de fer ?
3-Pourquoi multiplia-t-on les précautions à l’égard du personnage narrateur ?4-répondez par vraie ou fausse aux affirmations suivantes et justifiez votre réponse
a-La camisole est une chemise en soie d’été.
b- Son pourvoi de cassation aura lieu dans six semaines .
c- Le latin lui permet de bénéficier de quelque faveur.
d-Le condamné décrit l’argot d’une manière péjorative.
5-Quel est le niveau de langue des mots soulignés ?
a- je cause avec les détenus .
b-: il y a du raisiné sur le trimar.
6-Relevez du passage une comparaison et une métaphore.
7-Transposez au discours indirect « , Je cause avec les détenus cette semaine. »déclara le comdamné
8-Nominalisez l’énoncé suivant : « On multiplia les précautions ».

  



InfoIdentification nécessaire
Identification bloquée par
adblock plus
   Identifiant :
   Passe :
   Inscription
Connexion avec Facebook
                   Mot de passe oublié


confidentialite Google +