Le culte de dionysos dans le rite gnaoui

 Par Boulahnine Khalid  (?)  [msg envoyés : 52le 31-03-10 à 21:00  Lu :3322 fois
     
  
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Le culte de Dionysos dans le rite gnaoui
Par Khalid Boulahnine
Dans la culture musulmane, Dionysos est maudit .Et tous ses disciples subissent le même sort.L’interdiction du vin s’est faite d’une manière progressive : au début Dieu a recommandé aux musulmans d’éviter la prière en état d’ivresse.Mais par la suite, Dieu a été catégorique en condamnant la boisson « c’est une conduite satanique » et a, par le fait même, ordonné de l’éviter.
Depuis, les croyants musulmans jouent au bras de fer avec l’alcool. Mais au fil du temps, il s’avère que Dionysos est de taille. Il tient le coup et est toujours là pour tenir le pari.
Nombreux sont ceux qui trouvent refuge dans les liqueurs. Dionysos parvient à leur faire oublier les moments de peine qu’ils ont vécus, même d’une façon provisoire .Il leur procure une joie inégalable bien qu’elle ne soit que de courte durée .Il se manifeste pour vaincre la timidité chez certains et donner un peu tonus à ceux qui en manquent. Et pendant son absence, d’autres stupéfiants prennent la relève. Leurs exploits miraculeux peuvent toutefois tourner mal ; surtout quand on manque de respect à Némésis : bon nombre de crimes sont dus à l’alcool. Ou plutôt à l’excès de l’alcool. De là l’interdiction de sa consommation dans les milieux musulmans.
Chez gnaoua cependant, on a l’impression que ces stupéfiants font partie du rituel des lilas. Ils deviennent toutefois assujettis puisqu’ils perdent le contrôle de la situation et concourent à la glorification de Dieu. Du sujet donc, ils passent à l’objet et se trouvent bien manipulés par les rythmes gnaoui pour accomplir un rite de dévotion comme on n’en a jamais vu. Ils sont du coup convertis sans s’en rendre compte à l’amour de Dieu comme en témoignent l’exemple du vin. Cette divinité dont on a longuement vanté ci-dessus les pouvoirs devient, tout d’un coup, sans pouvoir devant le rythme magique de Gnaoua dans les «Lilas».
Ailleurs, le vin éloigne de Dieu, ici au contraire, il rapproche l’homme du Tout puissant : Le chant gnaoui est en grande partie un hymne à Dieu et une quête de sa bénédiction et sa clémence. Aussi, peut-on penser que dans les lilas, la communion entre l’homme et Dieu est assurée par la présence dionysiaque ou d’autres stupéfiants.
Dieu cependant a interdit aux musulmans l’alcool, nous en avons déjà évoqué les causes.
Les gnaouis néanmoins s’enivrent non pas pour oublier Dieu, mais pour s’approcher de lui et l’interpeller comme le soulignent leurs chants.
Ceci nous amène à penser que la présence de Dieu s’accentue chez gnaoua avec le concours de Dionysos. C’est une aberration pensent certains ou une mauvaise lecture du texte, disent d’autres.
Mais force est de reconnaître qu’il s’agit là, d’une particularité si attachante où le sacré tend la main au profane pour se ravitailler. Profanes ainsi, dans cette dimension gnaouique est vidée de sa charge lexicale. L’ambiance est plus mystique que jamais. Et quelle que soit son appartenance, personne ne peut douter de la foi de gnaoua où, l’alliance « sacré/ profane » parvient à promouvoir le sacré.
Kboulahnine@live.fr

  



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