Le bon de réduction

 Par Adi Lachgar  (?)  [msg envoyés : 341le 28-06-12 à 09:39  Lu :929 fois
     
  
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  Tout le monde connaît l’histoire de cet idiot qui, pour retrouver une pièce de 5DH qu’il venait de perdre, mit le feu à un billet de 100DH. Tout le monde est d’accord que c’est là le type même de l’idiot.
  Cependant, le comportement de cet idiot n’a rien d’anecdotique, ni de rare. Nous sommes tous capables de commettre cette bêtise. C’est le syndrome du « bon de réduction. » Quand vous achetez un produit parce qu’il est en solde ou que parce que vous avez un bon de réduction, vous brûlez un billet pour une pièce. En vérité, quand on achète un produit dont on n’a pas immédiatement besoin, on obéit à une « logique » reptilienne comparable à celle de notre idiot. L’argent que vous mettez à acheter ce produit est perdu pour vous et vous ne pouvez le constater que lorsque l’occasion d’acheter un produit nécessaire se présente. Exemple : une marque vous propose d’acheter deux packs d’un produit X pour le prix d’un seul (12,99DH au lieu de 23,99DH). C’est une bonne, une excellente affaire, a priori. Ce que vous ne notez pas, c’est que la date de péremption du produit est très proche. Alors, soit vous utiliserez le produit sans réel besoin, soit vous n’utiliserez qu’un pack. Quel que soit votre usage de ce produit, il ne peut être libre. Vous aurez ainsi perdu le prix du produit et, si vous avez pris conscience de l’arnaque entre temps, votre humeur.
  Dans les grandes surfaces, ce sentiment de s’être fait arnaquer est très commun. Le prix est toujours un peu plus élevé que ce qu’on attendait, ce qui est paradoxal puisque les produits de première nécessité y sont moins chers que dans les commerces de proximité. Cela s’explique par le fait que nous succombons beaucoup trop facilement à la tentation du produit « en promotion », « à prix réduit », « en solde »… Les gens qui conçoivent ces techniques de vente hyperagessives s’adressent à notre cerveau reptilien. Ils arrivent à nous faire oublier que la réduction est faite pour vendre le produit, donc au profit du vendeur, non du consommateur. On croit faire une bonne affaire quand on ne fait que gonfler le chiffre d’affaire d’une firme qui a les moyens de solder, de brader, de liquider un stock qui peut lui coûter cher s’il n’est pas acheté par de gentils petits crocodiles appâtés par l’économie de quelques sous.
  Il y a moyen, toutefois, de profiter des « bonnes affaires » sans se faire avoir. La règle est simple: c’est de ne jamais acheter que ce dont on a vraiment besoin, envie et, surtout, ce qu’on préfère. Une femme dont le mari consomme beaucoup de café d’une certaine marque croit faire une bonne affaire en achetant un kilo de café d’une autre marque le prix d’1/4de kilo de sa marque habituelle. A la première gorgée, le mari recrache le breuvage et abreuve sa femme de tous les noms d’oiseaux. Il met le café soldé à la poubelle et descend acheter sa marque habituelle dans le hanout du coin, deux plus cher que dans le supermarché. La femme, en excellente économe, croit faire une bonne affaire en réduisant le coût du café, mais elle ne retient que la variable prix, au prix (et au mépris) d’autres facteurs qui peuvent être beaucoup plus importants que le prix. Un homme croit faire une bonne affaire en achetant, pour sa chère épouse, des dessous affriolants chinois à moitié prix par rapport aux marques connues. Les dessous donnent des démangeaisons horribles à la pauvre épouse et la douloureuse des urgences apprend au mari radin qu’ « à moitié prix, moitié produit. » (j’ai essayé d’être juste mais je me rend compte que la femme est la victime dans les deux cas !)

  



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 Réponse N°1 24414

Bonjour M. Adi
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 28-06-12 à 12:18



Pourquoi vous nous privez du plaisir de consommer vos productions? Nous les acceptons sans marchandage ni bon de réduction. N'avons-nous pas besoin de nourrir notre esprit?

Cordialement.





 Réponse N°2 24417

Bonjour
  Par   LOUMATINE Abderrahim  (Profle 28-06-12 à 14:21



Content de vous lire M.Adi

Ce bon ; il fallait l'appeler le bon de "séduction".Quand on est séduit, on devient esclave de notre "achatomania"





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