Langage sms dites-vous?

 Par Idoubiya Rachid  (Prof)  [msg envoyés : 1316le 08-01-11 à 16:26  Lu :2249 fois
     
  
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Présentation:
bien qu'il est très répondu dans les messages écrits par nos élèves, bien que je l'ai toujours déconseillé à mes apprenants, il s'avère que le langage SMS est un moyen parmi d'autres, à même de donner à l'élève une facilité d'expression!
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Le langage SMS n’est pas l’ennemi des écrits scolaires
Résumé :
Une série d’études montre que les élèves qui savent utiliser le « langage SMS » ont aussi des bons résultats aux tests qui mesurent les compétences langagières traditionnellement visées par l’enseignement scolaire (orthographe, etc.). C’est la connaissance des « codes » SMS qui est liée à de bonnes performances, et non pas la fréquence d’envoi des messages. Les recommandations pour les enseignants sont, entre autres, de connaître les codes utilisés par leurs élèves et de s’en servir pour faire un rapprochement avec l’écrit normatif.
L’usage des téléphones mobiles et du service de messages « SMS » par les élèves est un sujet de préoccupation pour tous les parents et enseignants. Le « langage SMS », plein de raccourcis et de graphies non conventionnelles, est soupçonné d’avoir des conséquences nuisibles pour l’apprentissage de l’écrit. Qu’en est-il réellement ? Les élèves « SMistes » font-ils plus de fautes dans leurs rédactions scolaires ? Utilisent-ils le langage informel de manière inadéquate ? Ont-ils plus de mal à apprendre le code écrit ? Autant de questions pour lesquelles très peu de réponses objectives ont été apportées jusqu’ici.
Le rapport d’une étude financée en 2008-2009 par l’agence Becta en fournit une. En comparant les aptitudes d’élèves « SMistes » avec des « non-SMistes », il montre que l’usage du SMS à l’école primaire n’a pas d’effet négatif sur l’acquisition de différentes compétences clés, telles que la production de rimes, la lecture de mots et de phrases. Au contraire, le contact des élèves avec le texte écrit, via les messages SMS, semble avoir un impact plutôt positif sur leurs compétences en lecture.
Exemples de langage SMS
Langage courant Langage SMS
Salut, comment ça va ?
Slt, komensava ?
Veux-tu aller au cinéma demain ?
Vtu alé o 6néma 2m1 ?
Qu’est-ce que le professeur a dit ?
Keske le prof a di ?
A lundi, je suis pressé.
Al1di, j suis preC
Il y a du travail pour demain
I a du taf pr dm1
Pratique du SMS = pratique de l’écrit
Les chercheurs de l’université de Coventry (Royaume-Uni) responsables de l’étude ont comparé deux groupes d’élèves de 9-10 ans avant et après l’introduction de téléphones mobiles dans leurs classes. Vingt-neuf élèves sélectionnés aléatoirement ont reçu, en prêt, des téléphones mobiles pour faire du SMS chaque vendredi, pendant 10 semaines. Ils pouvaient utiliser les téléphones à leur guise pendant le week-end et devaient les rendre le lundi aux chercheurs, qui enregistraient les messages échangés avec l’accord des parents et enseignants. Trente autres élèves ont bénéficié du même prêt seulement après les 10 semaines de l’étude, afin de permettre la comparaison des résultats des deux groupes (avec et sans téléphone mobile). Chaque semaine, les acquis des élèves étaient mesurés avec des tests spécifiques.
Les élèves du groupe « SMiste » ont fait des progrès similaires, parfois supérieurs, à ceux du groupe contrôle sur toutes les mesures faites par les chercheurs. En particulier, ils ont démontré une capacité accrue :
à produire des interversions de lettres et de syllabes ;
à générer des rimes ;
à générer des mots reliés sémantiquement.
De plus, on a constaté une corrélation positive entre le nombre de messages envoyés et reçus et les progrès en lecture et en orthographe. Selon les chercheurs, ces résultats s’expliquent par le contact des élèves avec l’écrit, un contact encouragé par la pratique du SMS.
Cette recherche s’inscrit dans une série d’études menées par la même équipe de chercheurs depuis quelques années. Trois de leurs études précédentes aident à mieux comprendre les facteurs qui font du SMS une pratique plutôt intéressante pour les élèves.
Ce n’est pas la fréquence des messages qui compte
Dans la première étude (65 élèves de 11-12 ans), ils ont demandé aux élèves d’indiquer leur fréquence d’utilisation du SMS et de « traduire » des petits textes en langage SMS. Parallèlement, différentes compétences langagières ont été mesurées. Les élèves utilisant une plus grande proportion de « SMismes » (ex. : a2m1) dans leurs traductions avaient aussi les meilleurs scores en raisonnement verbal (selon la définition du Cognitive Abilities Test). Cependant, ce n’est pas la fréquence d’utilisation du SMS qui a fait la différence entre élèves. En fait, le groupe des usagers les plus assidus (3 et + messages/jour) n’a pas utilisé plus de « SMismes » dans ses traductions que les autres groupes, ce qui veut dire que la connaissance du langage SMS ne provient pas simplement de l’envoi fréquent de messages.
Utilisateurs du langage SMS : bons en orthographe
La deuxième étude (35 élèves de 10-11 ans) a cherché à éclairer cette apparente contradiction. Une tâche similaire de traduction a été demandée aux élèves et d’autres mesures de compétences langagières ont été utilisées. Les « SMismes » produits par les élèves ont été catégorisés par type. Les plus fréquents d’entre eux étaient les réductions phonologiques (ex. : poa pour « poids ») et les rébus (ex. : @+).
Les élèves ayant utilisé le plus de « SMismes » basés sur la phonologie ont obtenu les meilleurs scores d’orthographe. Aussi, une corrélation positive a été trouvée entre l’usage des abréviations dans les messages et les performances verbales des élèves dans les tests. Autrement dit, les deux choses semblent aller de pair : la maîtrise du langage SMS et la maîtrise de l’orthographe et d’autres compétences verbales. Mais comment savoir si c’est la première qui entraîne la seconde ou vice-versa ? Une troisième étude apporte une réponse à cette question.
La connaissance des codes SMS : un facteur clé
Dans la troisième étude (88 élèves de 8-11 ans), au lieu de demander une « traduction », les chercheurs ont donné aux élèves des scénarios, à partir desquels les élèves devaient créer un message SMS à envoyer à un interlocuteur. Cela permettait d’avoir une production plus « spontanée » des messages. En utilisant une technique d’analyse statistique spécifique, les chercheurs ont trouvé que l’usage des « SMismes » dans les messages expliquait à lui seul des différences de performance des élèves. En particulier, les élèves utilisant intensément des homophones (ex. : paC pour « passer ») avaient de meilleures performances dans la lecture de mots, indépendamment d’autres facteurs. En revanche, les chercheurs n’ont pas trouvé de corrélation significative entre l’usage de « SMismes » et les performances d’orthographe dans cette étude.
En résumé, cette série d’études auprès d’élèves d’école primaire montre que la connaissance et l’usage du langage SMS établissent une corrélation positive avec différentes compétences langagières visées par l’enseignement scolaire (conscience phonologique, lecture de mots, orthographe…). Pour maîtriser le langage SMS, il ne suffit pas d’envoyer quantité de messages (bien que cela puisse encourager le contact de l’élève avec l’écrit), il faut démontrer que l’on sait « jouer » avec le langage et utiliser un code partagé par d’autres utilisateurs, qui se rapproche sur certains aspects du code que l’on apprend à l’école.
Ces résultats sont similaires à ceux obtenus en France, par une équipe de l’université de Poitiers, qui a étudié le langage utilisé dans les courriers électroniques de collégiens (voir références). Olga Volckaert et son équipe ont montré que ce n’est pas parce que l’on utilise beaucoup de déviations orthographiques dans les messages que l’on est moins compétent sur l’écrit normatif. Le langage du courrier électronique est un « registre » à part, que certains élèves maîtrisent bien et n’utilisent que dans le contexte informel des échanges numériques.
Spontanément, beaucoup d’élèves s’engagent dans la voie du « jeu de langage », car le SMS est aussi une façon ludique de communiquer. La plupart des jeunes font bien la différence entre le SMS et une rédaction scolaire. Mais tous n’ont pas la même expérience du langage SMS et certainement n’en tirent pas les mêmes bénéfices.
Dyslexie et autres aspects de la pratique du SMS
Il reste encore beaucoup à faire pour éclairer les relations entre le SMS et les compétences langagières des élèves. Un domaine qui pourra voir surgir de nombreux travaux est celui des études sur la dyslexie. Le travail d’un groupe de linguistes français, publié en 2008, montre que le caractère informel et moins contraignant du SMS peut faciliter l’appropriation du code écrit par les jeunes dyslexiques. Il établi un rapport « décomplexé » à l’écrit, selon les chercheurs. Seulement, ce résultat positif est à nuancer avec le fait que le SMS est cantonné à un cadre précis (interlocuteur familier, thématiques simples, etc.) et pourrait ne représenter qu’une pratique minoritaire face à la grande variété de registres possibles du langage écrit. D’autres travaux viendront compléter ces observations préliminaires.
Analyse d’un corpus francophone
Un projet de grande ampleur sur l’analyse des messages SMS a vu le jour en Europe dans les années 2004-2005. Des chercheurs francophones ont réuni un grand nombre de messages à travers un appel à participation (« Faites don de vos SMS à la science ») et ont analysé le contenu des messages pour décortiquer le profil de ce nouveau langage. Entre autres constats, il en ressort qu’il n’existe pas un langage unique (le langage SMS varie en fonction du profil des utilisateurs) et que ce langage n’est pas totalement nouveau, mais qu’il puise ses racines dans l’argot utilisé par les jeunes. L’analyse complète a été publiée sous forme d’ouvrage en 2007 (voir références).
Recommandations
Les enseignants peuvent explorer le langage SMS de différentes manières :
connaître les codes utilisés par les élèves et ne pas rejeter systématiquement leurs écrits « contaminés » par le langage SMS ;
se servir de ces codes à des moments précis pour faire un rapprochement/une comparaison avec les codes de l’écrit normatif ;
encourager les élèves à réfléchir sur le langage écrit (jeux sur l’écriture phonologique du SMS, etc.) ;
ne pas faire de « cours » sur le langage SMS, les études montrant que les élèves perçoivent l’utilisation des messages SMS comme « personnelle » et qu’ils valorisent le côté décontracté et informel de ces messages.
par Mônica Macedo-Rouet
date de publication : 15/03/2010
Site ressource: http://flelycee.megabyet.net/le-langage-sms-n%E2%80%99est-pas-l%E2%80%99ennemi-des-ecrits-scolaires

  




 Réponse N°1 7908

Etudes?
  Par   abdeslam slimani  (Profle 08-01-11 à 17:05

A savoir si ces études n'ont pas été financées par des fabricants de portables ou des opérateurs télécom? Car ces jeunes constituent une énorme mine d'or!




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