Laarbi le diabolique

 Par Boulahnine Khalid  (?)  [msg envoyés : 52le 29-09-10 à 20:37  Lu :2914 fois
     
  
 accueil

Laarbi le diabolique
Le père de laarbi vient de se remarier après avoir divorcé d’avec sa deuxième femme. Il est apparemment, cette fois-ci, satisfait du choix et espère ne plus revivre ce calvaire des deux expériences précédentes. De toute façon, il est tout content d’avoir, pour une fois, pris sa destinée en main et avoir tout seul cherché et trouvé sa jeune nouvelle épouse.
Mais son fils, lui, ne sait plus à quoi s’en tenir. Il commence à détester l’école, la maison et tout…Sa belle-mère (trop jeune pour être femme de foyer responsable) a beau se montrer aimable avec lui, il ne la supporte pas. Il ne supporte pas non plus sa mère, une femme qui ne peut dominer sa colère et est constamment imprévisible. Ainsi, un jour, fâchée contre son fils, elle l’a giflé tellement fort qu’elle l’a rendu louche d’un œil. Et depuis, chaque fois que laarbi se voit dans une glace, il se rappelle l’acte ignoble de sa mère et souhaite la poursuivre en justice pour avoir déformé l’œuvre divine. « Gâcher ce qu’on n’a pas su donner est un crime qu’on ne peut pardonner », dit-il, tout bas. Hélas, il ne peut parvenir à ses fins; on ne peut porter plainte contre ses parents, non plus ses maitres d’école. Ces deux garants de l’ordre social s’appuient dans leur intervention auprès des enfants sur le fameux dicton : « toi, tu égorges et moi, j’arrache la peau ».
En réalité, même s’il paraît si court, ce dicton proféré, essentiellement, par les parents à l’intention des enseignants pour les inciter à bien dresser et épanouir la société, a été et est encore déterminant dans le processus enseignement/apprentissage. Oui, en effet, cette sagesse des parents exploitée à merveille par les maitres de l’univers scolaire a marqué plus d’une génération au sein de notre société au point de laisser encore ses traces aujourd’hui.
Nombreux sont les gens qui non seulement craignent de parler, mais aussi de penser. Leur soumission totale aux ordres du père et des responsables du secteur éducatif à l’école les prépare à une obéissance aveugle aux principes servants de règles que certains hauts responsables ont fabriqués pour la sauvegarde de « la nation ».
C’est pour cette raison que les moments agréables de la journée de Laarbi, sont ceux passés en compagnie de ses amis, loin et de l’école et de sa famille. Avec les membres de sa petite bande, il se sent, enfin, libre et gai. Comme ils ne sont encore que des gamins, ils s’attaquent, surtout, aux filles. Ils leur prennent tout ce qu’elles ont de précieux. Puis, ils les relâchent. Mais parfois, par manque d’occasions, la bande se trouve à cours d’argent. On charge alors les nouvelles recrues de voler leurs parents pour dépanner le groupe.
A présent, c’est le tour de Laarbi. Puisqu’il est le plus jeune et vient d’intégrer la bande, il doit faire preuve de loyauté et de fidélité à l’égard de ceux qui l’ont accueilli à bras ouverts quand tout l’univers lui a tourné le dos. Voler les siens, c’est gagner l’estime des membres de la bande sans exception. De toute façon, il n’a plus rien à perdre : sa mère n’est plus à la maison et son père, très content de son nouveau bijou (sa deuxième femme qui déborde de fraîcheur et de volupté) ne soucie guère de lui. Ils doivent tous payer pour ce qu’ils lui ont fait ; surtout son père ! Ce dernier, au lieu de se montrer gentil, compréhensif et lui venir en aide, l’accable d’injures et de coups. Cet homme n’est pas digne d’être père, pense Laarbi. Il guette toujours l’occasion pour se ruer sur son fils et lui asséner des coups presque mortels. Il regrette de l’avoir mis au monde. Laarbi qui sait tout cela ne l’aime plus. Certes, il le craint encore, mais ne l’aime plus. Renoncer à l’école est, d’ailleurs, une manière de se venger de lui. Bien sûr, vous pensez qu’il a tort d’agir ainsi et qu’il est le seul perdant ! Mais quand on a la malchance de vivre une si grande peine, est-on en mesure de distinguer le noir du blanc ? Sa belle mère, il la trouve plus tendre que sa mère ! Il la déteste pourtant et éprouve l’envie de l’égorger sans pitié car, tout simplement, il n’a pas appris à aimer chez lui ! L’amour, c’est tout une éducation. C’est un long parcours d’apprentissage. Et pour le comprendre, il faut l’éprouver et le vivre, d’abord, auprès des siens. Hélas, quand on mène une vie où les parents se désengagent de leurs responsabilités ; une vie où les notions de paternité et maternité se trouvent du coup dépourvues du sens commun et figuré, on n’a plus rien à espérer, rien à gagner, même pas la vie !
Pourquoi Laarbi n’est plus ce visage angélique qui débordait d’innocence et de sympathie ? Est-il né criminel ? Portait-il les gènes du crime avant de venir au monde? Cela ne peut-être vrai!
Effectivement, laarbi a des parents, mais qui ne sont jamais là où il faut ! Laarbi n’a retenu d’eux qu’insouciance et irresponsabilité ! Le père qui en a assez des histoires de son fils décide de le placer dans un orphelinat. Cette expérience ne sera pas sans conséquences puisque l’habileté des doigts de Laarbi va faire ses preuves.
Désormais ses victimes appartiennent aux deux sexes. On l’arrête à deux reprises et c’est son père qui intervient auprès des gens qui le connaissent pour le libérer, non pas parce qu’il l’aime, mais parce qu’il porte son nom et qu’il risque de le salir par transitivité.
La vie de Laarbi est gâchée et il ne sait plus à quel saint se vouer.
je vais vous poster la suite du récit le plus vite possible

  



Vous aimez cet article ?
Partagez-le sur
   les représentants du peuple
  Demi-dieu, demi-homme!
  Tous les messages de Boulahnine Khalid


 Réponse N°1 6546

Un projet...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 29-09-10 à 21:35



Salut M.Boulahnine Khalid,

Je suis intéressé par la qualité de votre écriture...C'est du talent et rien d'autre.

Vous avez M.Boulahnine Khalid, un style qui va sûrement plaire aux chers adhérents.

NB- Je pense déjà à un projet autour des productions littéraires dans le site:

- Pourquoi ne pas organiser un concours dans le site? Il y' a des qualités d'écrivains talentueux dans le site. Peut-être un concours dans ce sens ne pourra qu'être bénéfique pour la création littéraire des adhérents! Peut-être qu'il y'aura d'autres participants et d'autres talents en herbe...

Qu'est-ce que vous pensez de tout cela M.marocagreg? Et madame kerzazi Fatiha, M.Mustapha, et les autres amis fidèles du site?

NB- C'est la volonté générale des adhérents qui fera aboutir ce projet...

Cordialement.




 Réponse N°2 6548

oui
  Par   marocagreg  (Adminle 29-09-10 à 22:32

c'est une idée que j'avais déjà en tête, mais je pensais surtout à un concours de nouvelles pour élèves. Donc c'est un projet à suivre.




 Réponse N°3 6550

réponse
  Par   Boulahnine Khalid  (CSle 29-09-10 à 23:10

Merci cher Rachid. votre discours ne peut que m'encourager à continuer dans cette voie. Je vous ferai part du reste de mon travail dans les prochains jours.

Votre proposition est très intéressante et je trouve qu'une telle initiative nous sera d'une grande utilité car on découvrira sûrement d'autres talents, on lira d'autres récits et c'est une occasion pour nous de nous partager nos visions du monde.

Encore une autre fois merci et à plus...




 Réponse N°4 6552

remarque
  Par   marocagreg  (Adminle 29-09-10 à 23:24

-pour la traduction du dicton marocain au lieu de "arracher la peau" il vaut mieux utiliser le verbe "dépouiller" qui signifie "enlever la peau de qqn, surtout d'un animal"

- Il y aussi quelques structures lourdes à retravailler :

exemples :

> responsables du secteur éducatif à l’école (lourd et pléonasme)

> les maitres de l’univers scolaire (même chose)

quelques fois vous oubliez l'histoire et vous vous lancez dans analyse sociologique (3ème et 4ème paragraphes) : vous interprétez à la place de votre lecteur. Il est nécessaire de laisser des espaces vides qu'un lecteur averti doit remplir. Na pas mâcher à sa place.

Enfin, je vois que le naturalisme est toujours vivant puisque le naturalisme n'est en gros que la description des métamorphoses que le milieu et l'hérédité génèrent chez un individu.

bonne continuation




 Réponse N°5 6558

réponse3
  Par   Boulahnine Khalid  (CSle 30-09-10 à 00:23

joli commentaire cher Omar. comme vous l'avez deviné, le texte est en premier lieu une dénonciation de la conduite des parents dont l'insouciance, l'égoïsme et l'autoritarisme sont à l'origine des malheurs de l'humanité. mais, il peut-être lu également comme une invitation du lecteur à changer d'attitude vis-à-vis de ceux qui n'ont pas eu la chance d'être éduqués comme nous. personne n'a choisi ses parents et personne ne peut nier le rôle déterminant des parents dans l'éducation. certes, ils ne sont pas les seuls actants et c'est pour cette raison que j'ai essayé d'attirer l'intention du lecteur sur le comportement de certains éducateurs qui aspirent au changement alors que leur tyrannie ne fait qu'aggraver la situation en faisant de l'école l'appareil idéologique par excellence de l'état...




 Réponse N°6 6561

Bonne idée!
  Par   Samira Yassine  (CSle 30-09-10 à 00:41

Oui M Idoubiya, je suis tout à fait d'accord, je partage aussi l'idée de M marocagreg sur le sujet. Un projet de nouvelles pour les élèves et un autre pour les collègues seraient les bienvenus.

Bonne continuation à tout le monde; mes félicitations pour M Boulahnin pour son récit.

On attend plus de nouvelles de la part de tout le monde, en particulier ceux qui ont le don de produire de beaux récits.





 Réponse N°7 6567

réponse à l'intention de marocagreg
  Par   Boulahnine Khalid  (CSle 30-09-10 à 02:30

les maitres de l'univers scolaire ne sont pas forcément ceux qui travaillent en classe. Ce sont surtout ces grands responsables qui font tout leur possible pour que la situation soit "ainsi"aujourd'hui . Malgré nos emportements, on ne fait que les soutenir (voir la reproduction de Pierre Bourdieu).

les responsables du secteur éducatif à L'ECOLE ne se conduisent pas de la même manière que ceux qui exercent au collège ou au lycée. je voulais dire surtout que ce sont ces pauvres petits innocents(les écoliers) qui subissent les caprices des éducateurs en classe. Ainsi, je vois que le mot pléonasme est un peu déplacé. le mot "école" par ailleurs peut avoir comme acception: établissement scolaire où se rendent LES ENFANTS pour s'instuire.

Pour ce qui est des commentaires, vous avez raison de le noter, mais permettez-moi de vous dire que ce ne sont là que les fruits des quelques lectures dont je me suis inspiré qui volontairement marient narration et analyse sans se soucier de la réaction du lecteur. Lequel a pourtant son mot à dire et que l'on doit respecter.

A plus...




 Réponse N°8 6568

re
  Par   marocagreg  (Adminle 30-09-10 à 10:24

on attend la suite du récit !




 Réponse N°9 6572

Commentaire...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 30-09-10 à 14:51

Salut M.Boulahnine Khalid,

Je partage votre point de vue au niveau des commentaires fructueux introduits dans votre récit. Marier discours et récit ne pourra qu'à enrichir votre nouvelle qui se veut réaliste, voir engagée car elle traîte un phénomène de société.

D'ailleurs, personnellement je suis pour l'évolution des règles d'écriture romanesque. En effet, les règles évoluent et le talent reste! Le travail d'écriture doit jouer sur le nouveau: pourquoi ne pas écrire pour argumenter comme le font MM.elomari mustapha et Boulahnine Khalid: des textes sociologiques qui traitent des phénomènes qui touchent de plus près le lecteur par leur gravité...

D'autant plus que la création littéraire ne pourra jamais intéresser que si elle touche la sensibilité du lecteur...

Je pense qu'un concours autour de la nouvelle ne pourra que stimuler les plumes de nos écrivains en herbe dans le site!

Cordialement.





 Réponse N°10 6574

dire et dire
  Par   marocagreg  (Adminle 30-09-10 à 15:53

Oui, la littérature doit traiter les questions de société, mais, à mon avis, elle doit le faire de manière discrète et littéraire. regarder par exemple dans certaines pièces de théâtre marocaines: à un moment donné, l'acteur oublie la pièce et commence une critique d'un phénomène social : le charme de la pièce est brisé aussi. Il faut établir une distinction claire entre l'oeuvre littéraire et artistique qui fonctionne par allusion et par suggestion et un article de journal satirique qui va directement au but.

l'oeuvre artistique (notamment littéraire) amène le lecteur à découvrir par lui même le message qui n'est jamais donné d'une manière brute : le non dit et l'implicite y sont beaucoup plus appréciables que le dit, l'énonciation y est plus importante que l'énoncé. c'est dans cette découverte par soi-même du message que se situe le plaisir du texte et c'est aussi ce qui distingue le discours ordinaire du discours littéraire.

Donc, à mon avis, M. Boulahnine, vous devez encore travailler cet aspect de votre écriture. Cette critique ne vise pas à amoindrir votre style mais à vous pousser à faire mieux.




 Réponse N°11 6580

le non dit
  Par   Boulahnine Khalid  (CSle 30-09-10 à 18:57

Bonjour cher marocagreg

Je voulais en fait garder le silence et laisser le soin de lire le message au lecteur, mais vos commentaires ne peuvent me laisser indifférents. Je pense, personnellement, que les messages qui nous semblent parfois faciles à déchiffrer regorgent de symboles. Et ces symboles ne sont pas toujours faciles à saisir. Ainsi, par exemple, le nom "laarbi", dérivé du mot "arabe", même s'il renvoie parfois à une fausse identité, notamment dans les pays du Maghreb, reflète l'histoire de tous les descendants d'Ismaël (qui nous entourent) avec leur père ; j'entends par l'expression "père" les chefs des nations arabes. Aussi, les conflits entre père et fils symbolisent-ils les mésententes entre les chefs des nations et leur troupeau (voir le concept "père" dans l'œuvre freudienne "Moïse et le monothéisme"). L'exemple du père de laarbi souligne dans mon récit l'irresponsabilité des responsables et nous invitent par le fait même à méditer sur les conséquences de leur comportement. La mère de laarbi n'est autre que sa terre natale (Déméter chez les grecs). Laquelle manifeste une attitude hostile et choquante vis-à-vis de sa progéniture. La belle-mère devient, du coup ces" territoires d'accueil" qui ne veulent plus à présent s'occuper des troupeaux des autres. Le comportement odieux de la mère frôle le reniement et souligne ainsi l'absurdité de la situation. Quel citoyen se demande le texte peut-on donner avec une conduite pareille...

Je me contente de ses petites remarques car on n'a pas encore lu la suite.

Cordialement





 Réponse N°12 6586

Salut M. Elomari
  Par   Boulahnine Khalid  (CSle 01-10-10 à 01:06

Je viens de relire votre commentaire. Votre sensbilité cette fois-ci s'illustre par la profondeur de votre regard. Vos paroles tout en soulignant votre écoeurement montrent également votre bonté. vous avez raisons de le noter: la paternité est une lourde responsabilité.

l'échange de vision ne peut-être que fructueux pour nous tous.

j'ai beaucoup apprécié votre attitude face au sémantisme de mon nom de famille.

gardons le contact!




 Réponse N°13 6591

Laarbi le diabolique(le texte integral)
  Par   Boulahnine Khalid  (CSle 01-10-10 à 02:33

Laarbi le diabolique (suite)

Ainsi, dès qu’on lui propose d’aller chercher dans l’armoire de ses parents ce qu’il y a de précieux et de l’emporter au chef du groupe, il accepte de le faire, sans hésitation.

Trois jours après, profitant de l’absence de son père, Laarbi s’introduit dans la maison à l’insu de sa belle-mère qui se trouve dans la salle de bain. Il se rend à la chambre à coucher, ouvre le tiroir où git tout le trésor de celle-ci, en emplit les poches. Puis, avant de sortir, il aperçoit le carnet de chèques de son père sur la coiffeuse. Je vous laisse deviner le sort de ce bijou précieux tombé entre les mains d’un gamin avant qu’il ne soit confié à son nouveau tuteur. Nous entendons le chef de l’ASVA*. Quinze jours plus tard, on convoque le père au commissariat et on l’arrête pour avoir donné onze chèques sans provision. La somme totale, que doit verser le père, est estimée à cent quatre-vingt-dix mille dirhams. Pour sortir de ce sale pétrin, il vend ses deux jolies boutiques, situées en plein centre-ville.

Fou de rage, le père cherche son fils partout, mais en vain.

Un jour pourtant, on lui apprend que son fils est devenu marchand ambulant, et le vendredi, il expose, régulièrement, toute sa marchandise devant le grand portail noir de l’école « Almoustaqbal »*.

En effet, depuis trois mois, Laarbi n’a plus donné aucun signe de vie. Et maintenant, le père vient d’apprendre que son fils est en vie. De même, il pratique le commerce comme lui. Ce genre de nouvelles doit normalement soulager les parents qui s’inquiètent pour leurs enfants, mais à coup sûr, pas le père de Laarbi. Les trois mois d’absence de son fils n’ont pu apaiser sa colère. Il ne peut oublier ni ses deux boutiques perdues, ni son arrestation humiliante ; il éprouve même une envie folle d’égorger sa progéniture. Pourtant, il n’a qu’un seul enfant. Se débarrasser de lui, c’est en quelque sorte, se préparer à s’éteindre à jamais. Un père averti aurait remis en question ses rapports avec son fils et aurait compris que lui aussi a une grande part de responsabilité. Le père de Laarbi quant à lui, se prend pour le tuteur idéal et fait de son fils l’unique responsable de ses actes. Il sait compter, dit-il. Donc, il distingue le mal du bien ! Cette « largesse d’esprit » du père sous-entend que tous les despotes du monde ne savent pas compter ! Peut-être !...

Le vendredi après avoir fait sa prière à la mosquée « Arrahma *», le père se dirige vers l’école « Al moustaqbal* ». L’ayant aperçu, l’un des membres de la bande alerte Laarbi qui aussitôt prend ses jambes à son coup. Comme il est rapide, dit-on. Mais son père court plus vite que lui. Sans doute, la rage et le sentiment d’être arnaqué par son fils l’ont dopé davantage. laarbi, sentant la menace toute proche de lui, commence à siffler. Et toute la bande se met à la poursuite du père. On se rue sur lui et on l’accable de coups et d’injures… laarbi ne participe pas à la fête. Il préfère jouer le rôle du spectateur. Cela fait longtemps qu’il attend ce moment. Mais à présent, il est supporter de son père. Certes, il ne peut rien faire ! Quelle galère ! Les coups retentissent. Et les cheveux de Laarbi s’hérissent ! Il n’en peut plus ! Il se jette sur les membres de sa bande et se met à frapper dans tous les sens en criant « Non!». On ne peut comprendre ce qui lui arrive. Mais vite, les coups de poing changent de direction. Et le petit visage angélique de Laarbi devient la cible des cogneurs. Le flux et reflux des coups le plongent dans un océan de sang.

Le père se réveille deux jours plus tard. Il est à l’hôpital « Moulay Chérif» entouré de sa femme, ses trois tantes et son fils. Ce dernier a la tête bandée et la main gauche plâtrée. Le père qui se souvient bien de la conduite brave de son fils sur le « ring » veut pour la première fois de sa vie le serrer contre lui et l’embrasser. Il ouvre la bouche pour l’appeler. Mais laarbi qui se sent coupable et responsable de l’état de santé affreux de son père, part en courant et en pleurant. Il ne peut effacer de son esprit cette image du père en train d’encaisser des coups de poing et de pied à cause de lui. Il ne voit plus rien à part cette image, même pas la route qu’il est en train de traverser quand, tout à coup, une voiture conduite par un jeune homme de dix-huit ans sans permis et sans assurance le heurte et le plonge dans l’inertie totale.

Notes :

*ASVA : association spécialisée dans le vol et les agressions.

*ALMOUSTAQBAL: l’avenir

*ARRAHMA : la clémence





 Réponse N°14 6600

Comme il est rapide, dit-on. Mais son père court plus vite que lui.
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 01-10-10 à 13:40

Salut M.Boulahnine Khalid,

Je suis enchanté par votre façon d'aborder un sujet grave avec un langage d'humour et d'ironie!

Votre style tragie-comique ne peut que stimuler les réactions des lecteurs et les amuser!

J'ai bien ri à certains moments et à d'autres je me suis posé pas mal de questions!

Continue dans la même voix: c'est intéressant!




 Réponse N°15 6614

réponse à l'intention de M.Rachid Idoubiya
  Par   Boulahnine Khalid  (CSle 01-10-10 à 16:55

Bonjour cher Rachid. Je suis moi aussi tout content de vous voir agir de cette manière en lisant mon récit. je tiendrai compte de vos commentaires et vos suggestions. Et je tacherai de ne pas vous décevoir.

Gardons le contact




 Réponse N°16 6621

" laarbi ne participe pas à la fête. Il préfère jouer le rôle du spectateur..."
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 01-10-10 à 21:25



Le plaisir est partagé cher Khalid et je suis heureux qu'il y'ait des membres actifs dans le site qui donnent sans compter.

Pour les commentaires, je vous promets de réagir à chaque écriture venant de vous, et de M.elomari mustapha...Vu que ce que vous écrivez me pousse à rire d'un côté, à réfléchir de l'autre et à imaginer de plus!

Le plaisir du texte est partagé cher Khalid...

Cordialement.




 Réponse N°17 6634

questions
  Par   marocagreg  (Adminle 01-10-10 à 23:29

je vais poser une question absurde, parce qu'on ne demande pas à un auteur la raison de ses choix : pourquoi, M. Boulahnine, vous avez tué El Arabi de cette façon par un autre délinquant qui ira 10 ans en prison. Est-ce pour punir votre héros alors qu'il vient de se réconcilier avec le père ou est-ce tout simplement pour forcer la fin ou autre chose ?




 Réponse N°18 6636

Question pertinente!
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 01-10-10 à 23:39



En effet, cette chute m'a vraiment provoquée! On passe du happy end vers le tragique! La tragédie - la haine du père - ne pourra-t-elle aboutir que tragique?

C'est à M.Boulahnine Khalid de nous répondre...




 Réponse N°19 6643

réponse
  Par   Boulahnine Khalid  (CSle 02-10-10 à 04:07

Désolé pour ce retard. J'ai aujourd-hui changé de logement. Ainsi, je n'ai pas eu le temps de lire votre question à temps. Pour ce qui est de la mort de laarbi, elle est symbolique. Elle reflète en réalité la mort des "nations" arabes à cause du comportement absurde de leur responsable(leur père). La réconciliation à mon avis ne doit pas avoir lieu tant qu'il y a pas de volonté de la part des gouverneurs de reconnaître leur tort et de changer de conduite. La fin tragique du récit par ailleurs symbolise la disparition des sentiments de regret et de culpabilité de notre monde. la mort du jeune laarbi est également une mort de la candeur et de la bonté .




 Réponse N°20 6645

question
  Par   bougrine nabil  (CSle 02-10-10 à 10:55

bonjour,

devons-nous comprendre que notre nation est diabolique?




 Réponse N°21 6646

re
  Par   marocagreg  (Adminle 02-10-10 à 11:03

Laarbi l'endiablé serait plus convenable comme titre, car diabolique signifie qu'il est de nature diabolique alors que l'endiablé signifierait qu'il est de nature bon, mais possédé par le diable d'où la nécessité d'un exorcisme.

qui est plus à plaindre dans la chute : Laarbi écrasé ou le jeune délinquant qui l'a écrasé ?




 Réponse N°22 6647

autre question
  Par   bougrine nabil  (CSle 02-10-10 à 11:15

vous avez raison pour le titre.

d'après Mr Khalid,l'histoire est pleine de symboles :laarbi/nation père/responsable

je voulais savoir que symbolise le jeune conducteur sans permis et sans assurance?




 Réponse N°23 6648

re
  Par   marocagreg  (Adminle 02-10-10 à 11:36

ça ne peut être qu'un autre Laarbi qui a volé la voiture à son père pour s'amuser et qui a fini, comme cela arrive souvent, par détruire sa vie.




 Réponse N°24 6650

rires!!!
  Par   bougrine nabil  (CSle 02-10-10 à 11:49

vous m'avez fait rire Mr Marocagreg.

bien répondu.rien à dire.




 Réponse N°25 6651

e jeunle conducteur sans permis et sans assurance...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 02-10-10 à 12:37



A mon avis, le jeune conducteur sans permis et sans assurance, symbolise le refus du code de la route qui vient d'entrer en vigueur le 1er octobre ...

En effet, ne représente-t-il pas le diable en personne? Ne contient-il pas des lois qui n'ont pas de foi?

L'esprit de loi est à considérer avant la loi! Une amende de 700 dhs dans un pays où les SIMG ne dépasse pas 2500 dhs par mois est-elle NORMALE?

NB- Ce qui est risible dans tout cela, c'est la négociation du prix à payer entre les agents véreux ( condamnables par la loi ) et les chauffards-criminels qui se donnent un plaisir sadique à enfreindre toutes les règles!

Voilà mon interprétation du texte!

NB- La critique moderne du texte me donne ce droit!





 Réponse N°26 6652

re
  Par   marocagreg  (Adminle 02-10-10 à 12:38

mais ce n'était pas pour faire rire ... je connais le directeur d'une école qui a laissé les clefs de sa voiture au salon. son fils (adolescent) a pris les clefs de la Laguna et baff, il a écrasé un homme et ceci en pleine période d'examens de fin d'année. Imaginez alors l'état de toute sa famille, l'adolescent jeté en prison et privé d'examens, le père brisé et mis devant sa responsabilité civile et morale, l'état détérioré de toute la famille, un vrai drame. Donc, pour ceux qui ont des véhicules et surtout des adolescent, gare à vous, ne tentez pas le diable en laissant un adolescent ou même un enfant seul avec les clefs.

je me rappelle lorsque j'étais encore au début de mon adolescence (12 ou 13 ans) j'ai voyagé avec mon oncle. Il s'est arrêté dans une bourgade pour demander quelque chose à qqn. il m'a laissé tout seul dans la voiture sans prendre la précaution d'arrêter le moteur. j'étais assis devant siège passager (voiture utilitaire). j'ai profité de son absence et de mon siège passager j'ai passé le troisième sans savoir ce que je faisais vraiment et j'ai lâché l'embrayage. Heureusement que le frein à main était engagé et solide. la voiture a fait un soubresaut violent puis elle a calé. Je me rend compte maintenant que j'étais sur le point de commettre une tragédie et que je lui ai échappé belle grâce à Dieu. Il ne faut pas faire confiance à des adolescents et enfants qui agissent par imitation et qui n'ont pas encore toutes les facultés pour juger le risque qu'ils encourent dans de telles situations.




 Réponse N°27 6653

voilà pourquoi!
  Par   bougrine nabil  (CSle 02-10-10 à 12:55

je sais que ça n'a rien de risible!

avec un contenu pareil, rire est une pure indifférence à laquelle je ne m'autorise pas.

ce qui m'a fait rire ou plutôt sourire c'est que je me suis rendu compte que notre société est pleine à craquer de Laarbi.




InfoIdentification nécessaire
Identification bloquée par
adblock plus
   Identifiant :
   Passe :
   Inscription
Connexion avec Facebook
                   Mot de passe oublié


confidentialite Google +