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La traduction peut-elle être une solution?n Par Esdiri Fethi (Prof) [msg envoyés : 257] le 06-12-11 à 01:29 Lu :370 fois |
Historiquement, la traduction a toujours été un moyen d'ouverture sur l'autre, sur sa culture, une tentative d'interpréter un communiqué extérieur à la langue indigène et donc un outil pour dépasser tout blocage scientifique, linguistique et socioculturel. Cependant, malgré le hiatus croissant entre la langue maternelle et les autres langues et notamment celles enseignées par obligation et non par choix comme le français, aucun intérêt n'est accordé à la traduction en tant que moyen pour combler une incompréhension persistante et une difficulté grandiose à comprendre les termes qui paraissent les plus simples. Quand il rédige, l'élève réfléchit en arabe et donc construit un texte virtuel en langue maternelle qu'il va essayer de traduire par la suite en cherchant à trouver les équivalents en français des termes arabes qu'il a dans l'esprit. Il pourrait donc être utile d'intégrer une telle activité dans notre processus d'enseignement dans la mesure où elle est capable de faire une sorte de pont linguistique pour d'abord comprendre puis maîtriser les langues étrangères car elle crée chez l'élève une sorte de réservoir verbal auquel il peut recourir en cas d'incompréhension.
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| Autres messages de Esdiri Fethi | |
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Réponse N°1 15501 traduction n'est pas arabisation Par marocagreg (Admin) le 06-12-11 à 06:55 M. Esdiri ne parle pas d'arabisation, mais de traduction. La traduction se pratique déjà dans nos écoles, mais de manière peu intensive et aussi dans nos télés. Dans la télé par exemple, au lieu de traduire les chefs-d’œuvre, on traduit les séries fleuves de la plus mauvaise qualité des Mexicains (et dernièrement des séries plus proches de nous, celles des Turcs), ce qui fait que beaucoup de gens croient que l'arabe (de mauvaise qualité d'ailleurs) utilisé dans ces séries, c'est du mexicain.
La traduction est importante non seulement pour l'apprentissage d'une langue, mais pour la civilisation tout entière. On ne peut se développer si on ne traduit pas les savoirs, si on ne les assimile pas dans nos langues officielles et maternelles.
Chez nous, malheureusement, l'arabisation a pris une connotation négative comme si l'arabe était devenue une insulte, mais cela ne tient en aucun cas à la langue elle-même , mais aux politiques boiteuses qui ont été adoptées par une certaine classe dirigeante après l'indépendance...
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Réponse N°2 15511 Re Par Esdiri Fethi (Prof) le 06-12-11 à 20:52 Merci M. Mohamed pour la précision. C'est exactement par quoi j'ai voulu répondre à l'article de "atmane elmostafa". Je voudrais juste ajouter que l'enseignement en français des matières comme les sciences expérimentales, les sciences physiques et techniques, l'histoire et la géographie n'avait qu'un seul sens pour moi celui de l'enseignement conditionné d'une langue étrangère, une sorte de chantage: vous devez maîtriser le français car une grande partie des matières en dépendent. Il est vrai que les références dont l'élève aura besoin pour approfondir ses études dans l'un des domaines cités sont généralement en français et en anglais, mais n'oublions pas également que c'est par la traduction que sont arrivées ces sciences aux occidentaux et c'est des arabes en grande partie qu'elles venaient. Il n y a aucune raison à mes yeux d'enseigner l'histoire ou la géographie ou autres matières en français pour des élèves arabes. On cherche à mettre les choses dans leurs places selon le principe de ni trop ni trop peu, la loi du juste milieu et on veut avoir des élèves fortement marqués par une culture et une identité arabes inébranlables mais qui ne sont pas recroquevillés et d'esprits étroits allant jusqu'à refuser d'apprendre la langue des autres car ils ne pensent pas comme nous ou il nous ont colonisé un jour. C'est là qu'intervient la traduction comme une fenêtre canalisant cette ouverture et traçant un mi chemin entre le renferment et la fusion dans l'autre. On veut des élèves polyglottes, d'un esprit comparatif, critique et synthétique qui, loin de chercher un exemple ailleurs, le recherchent en puisant dans les périodes les plus brillantes de l'histoire de leurs ancêtres, des élèves fiers d'être ce qu'ils sont: les pieds enfoncés dans les origines et les membres caressant l'infini.
En ce qui concerne le recours à la traduction pour remédier aux faiblesses en langue française, je parle en se basant sur une petite expérience en classe consistant à donner aux élèves l'équivalent en arabe de quelques mots clés en français au compte gouttes. Je récolte ces mots dans les travaux écrits de mes élèves qui l'utilisent aussitôt découverts. Il y a chez la plupart d'eux une aridité au niveau du vocabulaire et une avidité d'en savoir plus: "on comprend mais on ne trouve pas les mots pour s'exprimer", disent-ils. C'est ainsi que j'ai découvert que la traduction au sein de la discipline du français ou dans le cadre d'une activité indépendante mais guidée par le professeur du français, pour assurer la continuité, peut être d'un grand apport. Enfin, c'est ce que je pense et ce n'est q'un point de vue parmi d'autres.
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Réponse N°3 15512 la traduction est importante Par jamila azhari (Etudiant(e)) le 06-12-11 à 21:46
j'ai des classes en tronc commun qui sont nulles en français. Les élèves ne comprennent rien. Quand je leur parle en français c'est comme si je parle en chinois, alors j'étais obligée de leur traduire le sens des mots en arabe pour que j'assure qu'ils comprennent la leçon. Sinon, ils vont resté toujours dans leur niveau détériorisé, ils ne vont jamais avancés.
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Réponse N°4 15705 c'est décevant Par kamal bannani (Etudiant(e)) le 21-12-11 à 13:51
je crois que le système d’enseignement marocaine est un peu retardé par rapport aux autres systèmes avoisinants par l'implantation des programmes étrange par rapport a notre culture marocaine et aussi a nos traditions ethnographiques.
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