La succession (la part de la femme dans l'héritage, en islam)

 Par Jaafari Ahmed  (Prof)  [msg envoyés : 943le 06-09-12 à 11:30  Lu :16416 fois
     
  
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La succession (La part de la femme dans l'héritage, en Islam)

JAAFARI Ahmed!

Introduction:

De manière générale les femmes ont droit à la moitié de ce qui est destiné aux hommes. Par exemple, si la personne décédée laisse des enfants garçons et filles, la part des garçons sera le double de celle des filles. De plus une fille unique héritera de la moitié seulement de l'héritage - l'autre moitié sera répartie également aux autres membres de la famille, les ayant-droits: oncles, tantes et cousin(e)s - alors qu'un fils unique héritera de la totalité.

Cette répartition différente est justifiée du point de vue de la Charia, par le fait que les hommes ont généralement la responsabilité d'une famille à charge et non les femmes. Un cas particulier montre que ce n'est pas toujours la règle: le kalalah, où un mort ne laisse aucun héritier - parents ou enfants - avant et après lui. Dans ce cas aucune discrimination entre hommes et femmes ne sera alors faite et l'héritage sera donc également distribué aux autres membres de sa famille (cousins, oncles tantes etc. ayant-droit, bien sûr)

La question que nous voulons soulever dans cette communication est la suivante: Dans quelle mesure la femme se sent-elle lésée par la répartition des parts de l'héritage?

Développement:

Ledroit des successions en islamest réglementé de façon précise par lefikh(la science dudroit musulman), qui s'appuie sur plusieurs passages du Coran. (Sourate An nissa)1:

«…11.Voici ce que Dieu vous enjoint au sujet de vos enfants : au fils, une part équivalente à celle de deux filles. S'il n'y a que des filles, même plus de deux, à elles alors deux tiers de ce que le défunt laisse. Et s'il n'y en a qu'une, à elle alors la moitié. Quant aux père et mère du défunt, à chacun d'eux le sixième de ce qu'il laisse, s'il a un enfant. S'il n'a pas d'enfant et que ses père et mère héritent de lui, à sa mère alors le tiers. Mais s'il a des frères, à la mère alors le sixième, après exécution du testament qu'il aurait fait ou paiement d'une dette. De vos ascendants ou descendants, vous ne savez pas qui est plus près de vous en utilité. Ceci est un ordre obligatoire de la part de Dieu, car Dieu est, certes, Omniscient et Sage.
12.Et à vous la moitié de ce laissent vos épouses, si elles n'ont pas d'enfants. Si elles ont un enfant, alors à vous le quart de ce qu'elles laissent, après exécution du testament qu'elles auraient fait ou paiement d'une dette. Et à elles un quart de ce que vous laissez, si vous n'avez pas d'enfant. Mais si vous avez un enfant, à elles alors le huitième de ce que vous laissez après exécution du testament que vous auriez fait ou paiement d'une dette. Et si un homme, ou une femme, meurt sans héritier direct, cependant qu'il laisse un frère ou une soeur, à chacun de ceux-ci alors, un sixième. S'ils sont plus de deux, tous alors participeront au tiers, après exécution du testament ou paiement d'une dette, sans préjudice à quiconque. (Telle est l') Injonction de Dieu ! Et Dieu est Omniscient et Indulgent…

4.14.1... لِلذَّكَرِلُ حَظِّ الأُنثَيَيْنِ ...


Cependant, quand on parle d'héritage, La majorité des gens ne pense qu'à cette première phrase du 11ème verset de sourate Annissa, et souvent aussi par ignorance, ils croient que l'héritage se résume à donner à la fille la moitié de ce que reçoit le garçon. Et par delà, ils ont acquis des idées préconçues, erronées, sur l'héritage de la femme en général, la considérant défavorisée, Mais la réalité est toute autre, et les lois qui régissent l'héritage beaucoup plus complexes, et scrupuleusement détaillées.

Nous nous ne prétendons pas, ici citer les cas d'héritage possibles, et encore moins les éclaircir, ceci étant du ressort des Ulémas les plus érudits. Ce qui nous intéresse ici est le fait que la femme, dans tous ses états, fille, mère, soeur, épouse, grand-mère (paternelle ou maternelle), tante, cousine, nièce, petite-fille, demi-soeur (maternelle) paternelle- seule la maternelle est considérée demi-soeur, en islam-, dans tous ces cas, la femme peut hériter. Et ce qui peut être surprenant, est le fait que la femme n'hérite pas toujours moins que l'homme: parfois, ils ont des parts égales, et parfois, elle héritera plus que l'homme.

En effet, dans les différents cas de figures où la femme hérite, on peut avoir les équations suivantes:

1. dans seulement 4 cas la femme hérite la moitié de ce qu'hérite l'homme.

2. Dans plus de 8 cas, la femme hérite la même part que l'homme.

3. Dans plus de 10 cas, la femme hérite plus que l'homme.

4. Dans plusieurs autres cas, la femme seule hérite.


De ce qui vient d'être énoncé, on peut dire que la femme est favorisée dans plusieurs cas, et pour étayer ceci, nous allons présenter des exemples d'égalité entre les sexes, et de supériorité de la femme, laissant le choix aux intéressés de compléter la recherche, s'ils veulent vérifier les autres cas de figures:

Ainsi, nous avons:


  1. L'égalité:


  1. le défunt n'a laissé qu'une fille et un père: la fille hérite 1/2 et le père le reste 1/2.

  2. Le défunt n'a laissé qu'un frère et une fille: la fille hérite ½ et son oncle le reste 1/2.

  3. Le défunt est dans le cas de Kalalah: la demi -soeur et le demi -frère hérite chacun le 1/6.

  4. Le défunt a laissé un garçon (même s'il a laissé des filles) ses parents héritent 1/6 chacun.

  5. La défunte a laissé un mari et une soeur: ils héritent à parts égales.



  1. La supériorité de la femme:


  1. Le défunt a laissé une fille et ses parents: la fille hérite 1/2 et les parents 1/2.

  2. Si le défunt est dans le cas de Kalalah2: sa soeur hérite la moitié et les oncles et autres 1/2.

  3. Le défunt a laissé une femme et plusieurs enfants: la mère hérite le 1/8 et le reste sera pour les enfants qui plus le nombre est important plus la part est réduite.

  4. Le défunt (Kalalah)3 a laissé une mère et plusieurs frères(6): la mère hérite le 1/6 et le reste pour les frères, à 6 la part de chacun s'en trouvera inférieure à celle de la mère.

  5. La défunte a laissé un mari et une fille: la fille hérite plus que son père.et que son grand-père maternel.

Conclusion

Après lecture de ces données, la conclusion qui s'impose d'elle-même, est que la femme, ou plutôt, les femmes peuvent finalement empocher la part du lion dans un héritage, donné. En effet, on peut imaginer, une situation où seront réunies toutes les conditions favorables à la femme, et dés lors, s'il y a le même nombre de femmes que d'hommes, tous héritiers et héritières d'un défunt ou une défunte, à différents degré de parenté, il est fort probable que les femmes repartent avec la plus grosse part de l'héritage.




1 Quatrième sourate du sixième Hizb du Coran, versets ( ayat) 11 et 12.An nissa:trad.les femmes

2 Le défunt ne laisse ni parents, ni enfants.

3 Ce terme est défini en faisant appel à l exégèse (ijtihad):3 acceptions



  



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