La signification sociale de l'argent

 Par Prepas Taupine  (?)  [msg envoyés : 13le 10-08-09 à 13:35  Lu :3862 fois
     
  
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Bonjour !
Note de lecture critique proposée par Thierry Rogel, professeur de sciences économiques et sociales au lycée Descartes de Tours
I) UNE CRITIQUE DES APPROCHES « CLASSIQUES »
Dans ce livre, Viviane Zelizer envisage une approche de la monnaie qui se distinguerait à la fois des approches économiques traditionnelles (pour l’essentiel néoclassiques) et des approches de la sociologie classique (ou du moins la présentation qu’elle en fait).
Pour les économistes, la monnaie est caractérisée par le fait qu’elle est un équivalent général, acceptée par tous dans toutes les sphères de l’échange économique (pouvoir libératoire illimité), parfaitement fongible et divisible. Les néoclassiques considèrent également qu’elle n’est qu’un voile se superposant au troc et qu’elle ne peut avoir d’effets sur l’économie réelle (donc pas d’autres effets que sur les prix). On peut signaler au passage que Zelizer ne retient qu’une version, certes dominante, de l’analyse économique de la monnaie : rappelons que pour des auteurs comme Hayek, la création monétaire aura des effets sur la structure des prix relatifs et que Keynes considère qu’elle peut être désirée pour elle même, ce qui induit des effets sur l’économie réelle. Toutefois ces auteurs approfondissent peu les liens que la monnaie peut entretenir avec les phénomènes sociaux.
Ces liens, on les trouvera chez d’autres auteurs comme Max Weber ou Georg Simmel et constituent, selon Zelizer, l’analyse classique de la sociologie(1).
Selon les sociologues classiques, la monnaie participe à un irrésistible mouvement de rationalisation. Celui ci permet de développer des relations égalitaires fondées sur la raison et le calcul mais également des relations impersonnelles. Principal agent de la liberté, l’argent a également des effets aliénants et nivelateurs et valorise les relations sociétaires au détriment des relations communautaires, laissant place aux « eaux glacées du calcul égoïste » (Marx).
L’argent serait alors, avec l’intellect et le Droit, le principal facteur d’objectivation et d’homogénéisation de la vie sociale, intuition de Georg Simmel, reprise récemment(2). Cela suppose que l’argent est un phénomène homogène, qu’il y a une dichotomie entre l’argent et les valeurs non pécuniaires et que la monétarisation accompagne une marchandisation inéluctable de la vie sociale.
Pour résumer, on peut déduire des écrits de Viviane Zelizer que l’image de la monnaie retenue par les économistes et les sociologues classiques constitue un ideal-type fondé sur les idées d’équivalent général, de fongibilité, de divisibilité et d’objectivité.
Zelizer conteste cette approche et montre que l’essor du phénomène monétaire donne lieu à des réappropriations par les individus et les groupes ; il y a donc, constamment, des phénomènes de subjectivation.
II) LE MARQUAGE SOCIAL DES MONNAIES
A) LA NOTION DE MARQUAGE SOCIAL
De fait, on peut trouver des monnaies non fongibles, utilisables dans des domaines restreints, peu divisibles,…l’argent peut donc être multiple et fortement personnalisé. Il faut pour cela que l’argent ne soit pas perçu comme homogène et neutre (comme le supposent les économistes) mais qu’il soit au contraire perçu comme hétérogène et dépendant des diverses situations sociales : ainsi 10 dollars reçus en salaires n’équivalent pas à 10 dollars perçus comme prime de Noël ou donnés en pourboire. L’argent n’échappe donc pas aux variables socio-culturelles et fera l’objet d’un marquage social.
B) EXEMPLES DE MARQUAGE SOCIAL
Ce marquage social pourra être fait de plusieurs manières : il pourra être physique (on offrira une pièce en or plutôt qu’un billet pour l’anniversaire d’un enfant), spatial, différencié selon l’usage, selon le récipiendaire ou selon sa provenance.
1) L’ARGENT DE L’EPOUSE
Le premier marquage social présenté concerne l’argent qui circule dans la sphère domestique : à la fin du 19 ème siècle, dans les ménages de classes moyennes où le père est le seul actif, se posent les problèmes de la nature et des principes de redistribution en faveur de l’épouse et des enfants.
Ici, l’argent qui doit revenir à l’épouse occupe une place cruciale : doit il être donné régulièrement ou « au coup par coup » ? Doit-il couvrir les seules dépenses domestiques ou, aussi, les dépenses personnelles de la femme ? Doit-il être considéré comme un cadeau ou comme un dû ? Doit-il être considéré comme l’équivalent d’un salaire ? Surtout, comment éviter qu’il soit considéré comme l’équivalent de l’argent de la prostitution ? Dans tous ces cas, il y a une volonté de marquage social car derrière tous ces problèmes de définition de l’argent apparaissent les problèmes des statuts de la femme et du travail domestique et cette définition se situe au centre des relations entre mari et femme.
2) L’ARGENT DES CADEAUX
L’argent entretient également des liens étroits avec la pratique des cadeaux. A priori, il ne peut répondre aux règles contraignantes du cadeau (personnalisation, subjectivité,…) par son caractère impersonnel et objectivant, pourtant Viviane Zelizer montre que dès la fin du 19 ème siècle, de l’argent a pu être donné en telle ou telle circonstance ; mais il a fallu pour cela qu’il fasse l’objet d’un marquage social. Dans le cas d’un don d’une pièce ou d’un billet à un enfant, le marquage est fait de lui même et ce don à un « être inférieur » ne peut avoir le caractère humiliant qu’il aurait dans le cas d’un don à un adulte. Le marquage peut également être physique : on offre des pièces en or ou des pièces neuves, on transforme les pièces en bijoux,… Le marquage peut également être dû à une restriction d’usage : on offre de l’argent pour que le récipiendaire puisse le consacrer à un achat précis et il serait impensable qu’il s’en serve pour ses achats courants (l’invention des « bons de cadeaux » au 19 ème siècle, précurseurs de nos « chèques-cadeaux », relève de ce marquage par leur restriction d’usage). Il est remarquable que dans ce cas, on fasse perdre sciemment à la monnaie une de ses fonctions essentielles qui est son pouvoir libératoire illimité et qu’on l’éloigne de la conception qu’en ont les économistes.
L’argent dépensé dans les pratiques de séduction (les cadeaux ou les invitations faits à une jeune fille qu’on courtise) posait aussi question : quelles étaient les dépenses autorisées lorsqu’on invitait une jeune fille à sortir ? Comment distinguer cet argent dépensé de l’argent domestique et de l’argent de la prostitution ?
3) L’ARGENT DU POURBOIRE ET DES PRIMES
Les primes et les pourboires vont occuper une place incertaine. La prime de Noël versée aux salariés, notamment, fut longtemps perçue comme un cadeau et dut attendre 1950 pour être définitivement intégrée au salaire et considérée comme un dû.
C) L’ARGENT DES PAUVRES
L’essentiel du livre de Viviane Zelizer (soit trois chapitres) est dédié au problème de l’assistance aux pauvres sous ses diverses formes. En effet, derrière le type d’aides sociales accordées, c’est une image spécifique du pauvre qui se dessine selon qu’on le considère comme responsable de sa propre situation – comme ce fut le cas à la fin du 19 ème siècle - ou comme victime du contexte économico-social, image qui se développe notamment après 1929 quand les pauvres sont d’anciens travailleurs bien intégrés. Le type d’aide accordée sera directement dépendant de l’image adoptée : on privilégiera l’aide en nature quand on estime que les pauvres sont incapables de sortir seuls de leur situation et gaspilleraient des aides en espèces dans des dépenses inutiles.
Les prestations en liquide supposent au contraire que les pauvres sont en mesure de se réintégrer dans la société pour peu qu’ils apprennent à gérer leur budget et à consommer correctement et les travailleurs sociaux iront en général en ce sens. La « social security act » de 1935 paracheva cette tendance en déclarant illégale l’obligation pour les prestataires de présenter des reçus des achats qu’ils avaient faits. L’accès à une « monnaie de prestation » semblable à la monnaie légale permit alors aux pauvres d’accéder au statut de consommateur, ainsi qu’à la liberté et à la capacité de gérer rationnellement leur budget.
Cependant, cette tendance était en réalité contrebalancée par le fait que les travailleurs sociaux étaient tentés de contrôler la gestion et les dépenses des ménages et par le fait qu’après le « social security act », on développa de nouveaux marquages de l’argent comme les « paiements de vendeurs » (l’argent est encaissé directement par les fournisseurs) ou les « paiements protecteurs » (l’aide est transmise à un tuteur). Cette tendance à la fourniture de prestations en liquide semble même s’inverser puisque les « paiements protecteurs » passent de 5% des familles américaines dans les années 20 à 20% dans les années 70.
Le financement des funérailles occupe une place particulièrement importante dans la définition sociale de l’argent des pauvres. Alors que les ménages pauvres sont prêts à s’endetter ou à avoir recours à des assurances privées pour échapper à la déchéance de « funérailles financées sur fonds publics », les travailleurs sociaux s’opposent à ce comportement en le présentant comme « irrationnel ». Les conflits de définition seront rudes sur ce plan.
III) LA SUBJECTIVATION DE LA MONNAIE
Viviane Zelizer nous montre donc que l’image classique de la monnaie comme étant un bien homogène, neutre et impersonnel n’est finalement qu’un « cas limite » bien différent de ce qu’on peut observer quotidiennement. Bien au contraire, l’argent fait l’objet d’un marquage social selon les situations et, donc, de conflits continuels sur sa définition sociale : les ménages aidés présentaient fréquemment de faux comptes aux travailleurs sociaux, les femmes trouvant là également un élément dans la lutte contre leurs maris ; lorsque l’aide était en nature, les ménagères revendaient leurs coupons d’alimentation pour se procurer de l’argent ; il y avait conflit sur la définition sociale de la pauvreté ou des funérailles,…
Bien qu’il apparaisse de prime abord comme un facteur extra-social de la rationalisation et de l’objectivation, l’argent est en fait largement encastré dans des déterminations culturelles et sociales et constamment le jouet de processus de « subjectivations ».
Les deux mouvements d’objectivation et de subjectivation agissent donc conjointement. De plus, et contrairement à ce qu’on pourrait croire, l’objectivation n’est pas un phénomène naturel mais le résultat d’une construction sociale et, notamment, d’une action étatique. Mais, et Viviane Zelizer insiste sur ce paradoxe, à mesure que la monétarisation s’étend, la monnaie est confrontée à des sphères sociales nouvelles et à des marquages sociaux nouveaux et, par conséquent, s’« hétérogénéise ».
La tendance que la sociologie classique pensait avoir perçue, à savoir une marchandisation « naturelle » de la société accompagnant une globalisation et une homogénéisation sociale, cette tendance n’est alors qu’apparente et masque une complexité et une hétérogénéité croissante du monde.
Zelizer rejoint par là les propos d’anthropologues montrant que l’évolution sociale est autant créatrice de différences que de ressemblances.
IV) SIMMEL S’EST IL TROMPE ?
Viviane Zelizer s’oppose explicitement à Simmel. Pour elle, ce dernier a fait l’erreur d’assimiler la monétarisation de la société à son objectivation, sa rationalisation et son impersonnalisation sans voir que le mouvement de réappropriation et de subjectivation de la monnaie est beaucoup plus important.
A notre sens, il y a là un malentendu et le livre de Zelizer approfondit et complète les travaux de Simmel plus qu’il ne les contredit. Certes, Simmel a bien défendu les idées que Zelizer conteste mais en rester là suppose une lecture rapide de la « philosophie de l’argent » car s’il est un concept qui parcourt ce livre et toute l’œuvre de Simmel, c’est bien l’existence d’un mouvement continuel entre objectivation et subjectivation.
1) LES ERREURS APAPRENTES DE SIMMEL
La tendance générale que Simmel met en évidence est bien celle que conteste Zelizer : l’argent , par sa force propre, entraîne un vaste mouvement d’objectivation, par exemple, dans le cadre de l’échange : celui-ci , en établissant des prix de marché, tend à objectiver la valeur des biens ( il n’y a d’ailleurs nul besoin que l’échange soit monétaire pour cela mais cette tendance sera renforcée par l’utilisation de l’argent notamment parce qu’il favorise la fongibilité et la possibilité de comparaison des biens). En favorisant la comparaison de choses incomparables, l’agent favorise donc le quantitatif au détriment du qualitatif. Par ailleurs, l’argent est facteur de liberté pour l’individu en ce qu’il entraîne un déclin des contraintes personnalisées au profit de contraintes objectives et impersonnelles. On voit là se dessiner un mouvement similaire au passage de la Communauté à la Société chez Tonniës.
Peut être faut il aussi reconnaître avec Zelizer que Georg Simmel, à travers son concept de « tragédie de la culture » a trop mis en avant la tyrannie de l’objectivité sur la culture subjective et n’a probablement pas suffisamment repéré tous les phénomènes de réappropriation des biens qui se dessinent au sein même de la consommation de masse. Peut être faut il aussi reconnaître que ces phénomènes - facilement repérables depuis les années 1980 et déjà en germes au cœur de la consommation de masse – semblaient peu présents au début du 20 ème siècle face aux progrès naissants de la standardisation.
Enfin, on doit reconnaître que Simmel a fait une erreur flagrante en considérant que l’argent devrait à terme développer ses effets homogénéisateurs et mettre fin aux crises spéculatives.
2) LA PRISE EN COMPTE DE LA SUBJECTIVATION CHEZ SIMMEL.
Pourtant, derrière cette vision uniforme des effets de l’argent, Simmel ne cesse de prendre en compte la subjectivation. Ainsi, si la valeur du bien tend à s’objectiver dans l’échange, Simmel rappelle que la subjectivité intervient à trois moments : dans l’évaluation individuelle du bien (la valeur correspondant à ce qu’on est prêt à sacrifier pour l’obtention du bien) ; dans l’usage du bien ; enfin, il rappelle que si un prix de marché s’impose, il faut bien que l’évaluation subjective du bien ne soit pas la même pour chacun des protagonistes pour que l’échange se fasse.
La subjectivité ira également se loger dans les usages possibles de l’argent. Simmel distingue d’abord les avantages inhérents à l’argent (qu’il appelle « superadditum ») – puissance, capacité à s’endetter, plaisir du « mépris aristocratique de l’argent », sachant que l’argent est toujours lié à une volonté d’en imposer aux autres (rappelons sa thèse des origines de la monnaie comme provenant d’un désir de comparaison).
Il développe également son analyse des traits psychologiques liés à l’argent (analyse dite de la « chaîne téléologique ») – avarice, prodigalité, blasé, cynisme – en favorisant, il est vrai – l’image du blasé et du cynique, les plus propres à s’accorder à la rationalisation du monde. Enfin, il consacre quelques pages à l’analyse des caractères objectifs et subjectifs des cadeaux, de la prostitution et de la corruption.
Par ailleurs, Viviane Zelizer assimile, dans sa présentation, les travaux des économistes à ceux des sociologues classiques, faisant apparaître la monnaie comme un phénomène autonome et indépendant des contraintes sociales et culturelles. Or, cela revient à biaiser l’analyse qu’en fait Simmel où il y a constamment un va-et-vient entre l’argent et la société, dans une perspective qui n’est d’ailleurs pas toujours très claire. Il indique notamment que pour assumer ses fonctions économiques, l’argent a besoin de garder une valeur substance à moins d’être soutenu par des Institutions (État). Nous ne sommes pas si loin de Viviane Zelizer lorsqu’elle montre que la création d’une monnaie homogène est le fait de l’État américain.
3) LA COMPLEMENTARITE DES TRAVAUX
Zelizer consacre les dernières pages de son livre à montrer que le mouvement de subjectivation de l’argent est bien la tendance essentielle et non un phénomène mineur au regard d’une rationalisation et d’une objectivation irréversibles et, en cela, elle s’oppose explicitement à Simmel.
Il y a là aussi un certain malentendu car si Simmel insiste bien sur les tendances à l’objectivation de l’argent, l’ensemble de son œuvre montre qu’il ne fait pas partie des sociologues qui cherchent à tout prix à établir un sens de l’évolution sociale. En effet, quand il recourt à des évolutions, c’est toujours dans une optique méthodologique et non dans la prétention de dégager des tendances réelles et inéluctables. Ce qui marque le plus son travail, c’est bien au contraire la prise en compte de tendances multiples et contradictoires, allant même jusqu’à affirmer qu’une évolution sans contre tendances aboutirait à sa propre négation (cela apparaît nettement dans son article sur la mode mais on retrouve cette idée dans l’ensemble de ses travaux).
Il semble donc que les travaux de Simmel et ceux de Zelizer ne sont pas contradictoires mais se situent dans des contextes différents car, malgré son caractère abstrait et ses multiples emprunts à l’histoire, l’analyse de la « Philosophie de l’argent » est insérée dans son contexte historique, celui de l’Allemagne Wilhelminienne. On peut cependant reprocher à Simmel d’utiliser des exemples « ad-hoc » en fonction des besoins de sa démarche développée « a-priori » et le travail de Zelizer, beaucoup plus axé sur l’exploitation de données concrètes, permet de combler ces lacunes. Elle montre notamment comment se mettent en place des « conflits de définition », opposant les travailleurs sociaux, les personnes secourues, l’État, les femmes, les maris,…les uns et les autres penchant tour à tour pour une « monnaie homogène » ou au contraire pour une monnaie « réappropriée ».
Finalement, la monnaie des économistes (au sens large) correspond à une définition particulière de la monnaie, différente de celle des sociologues classiques ou de celle qui est « redéfinie » par les différents groupes en lutte pour son « marquage social ». Le travail le plus intéressant ne consiste pas à opposer ces définitions et ces approches mais à comprendre comment elles peuvent être articulées.
(1) Précisons tout de suite que la présentation que Zelizer fait de Simmel, si elle est exacte, laisse dans l’ombre un certain nombre de points importants et en donne une image partielle. En cela, cet article se distingue des propos de Viviane Zelizer et de ses préfaciers français, J. Bourdieu et J. Heilbron, qui supposent que le travail de Zelizer contredit celui de Simmel. On préfèrera ici suivre l’avis de Cusin et Benamouzig qui considèrent qu’il n’y a pas opposition mais complémentarité entre le travail de Simmel et celui de Zelizer. Cf. Cusin – Benamouzig : « Economie et société » - PUF – 2004.
(2) B. Perret : « Les nouvelles frontières de l’argent » - Seuil – 1999.

  



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