La sacralité du roi.

 Par Idoubiya Rachid  (Prof)  [msg envoyés : 1316le 10-04-11 à 20:36  Lu :2479 fois
     
  
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La sacralité du Roi n’est pas une question de constitution mais de conviction citoyenne.
La révision de la constitution est l’un des sujets les plus débattus par nos concitoyens qui souhaitent des changements dans nôtre société. Tracer une ligne de démarcation entre, un passé qu’on connaît et un avenir qu’on espère meilleur, est un rêve partagé par la plupart des marocains.
Parmi les revendications qu’on écoute ça et là, figure la sacralité du Roi.
La question qui se pose : puisque les revendications considèrent les constants inchangeables, comme la religion de l’Etat, Imarat El mouminine, le système monarchique, pourquoi remettre la sacralité du Roi en question ?
Lorsqu’on dit que le Roi est sacré, il faut penser au respect que chaque citoyen doit à sa personne. Le Roi dans ce sens est sacré car responsable devant Dieu de ses actes. Car le Roi nait et meurt Roi.
Mais le Roi a aussi démontré sa sacralité via son amour pour son peuple. Cela, beaucoup de marocains le reconnaissent.

  




 Réponse N°1 9986

le sacré et le profane
  Par   Bouimi Mohamed  (CSle 10-04-11 à 22:17



Vous savez M. idoubiya quel est le problème de certains Marocains, comme ceux du mouvement du 9 Mars, c'est qu'ils se considèrent plus royalistes que le roi lui-même. Ils croient qu'ils ont le monopole de l'estime du roi. Med VI est le roi de tous les Marocains et peu de personnes contestent son statut, donc, ce n'est pas la peine de défendre le roi comme si les autres le contestaient.

Si aucun marocain ne conteste le respect dû au roi, en tant que représentant de l'unité de l'Etat et de sa souveraineté, la notion de sacralité (clairement soulignée dans le 19ème article de la constitution actuelle) pose cependant un problème politique. Dire que quelque chose ou quelqu'un est sacré, c'est affirmer que le profane (en l'occurrence le peuple, les gouvernés) ne peut jamais lui demander des comptes ou discuter ses décisions, or cet état des choses s'oppose diamétralement avec le concept démocratique qui suppose que chaque responsabilité doit être encadrée par un pouvoir parallèle qui contrôle et exige des comptes pour empêcher tout dérapage ou utilisation abusive du pouvoir. Supprimer ce pouvoir parallèle, et vous aurez le pire pouvoir absolu, la tyrannie.

Remarquez que toute personne, que ce soit le roi, les ministres jusqu'au plus simple des citoyens, d'un point de vue légal et même religieux est une entité sacrée (dans la mesure où l'honneur, le sang et l'argent de chaque citoyen sont sacrés : أيها الناس إن دماءكم وأموالكم عليكم حرام إلى أن تلقوا ربكم كحرمة يومكم هذا ، وكحرمة شهركم هذا

La sacralité qui est contestée est celle qui est liée à l'action politique : Si le roi concentre tous les pouvoir sans que personne puisse lui demander des comptes, on ne peut plus parler de démocratie, et le roi lui-même en est conscient puisque dans son discours du 9 mars s'est explicitement engagé à donner au premier ministre les pouvoirs nécessaires qui lui permettent de prendre des décisions et qui le rendent par conséquent responsable du gouvernement devant le peuple. Le prochain premier ministre, si la nouvelle constitution est adoptée ne peut, comme le faisait ses prédécesseurs, se cacher derrière le roi et rejeter toute responsabilité politique sous prétexte qu'il n'est qu'un exécutant des directives royales. Si le premier ministre est doté des pouvoirs exécutifs réels, ils serait responsable des échecs de son gouvernement, comme il récolterait les bénéfices de ses bonnes décisions, alors qu'aujourd'hui, chaque fois qu'il y a un échec, les ministres allèguent l'absence d'un véritable pouvoir et rejettent par conséquent la responsabilité des échec sur le compte du roi.

Si le discours royal a apporté une chose décisive, à mon avis, c'est le fait de souligner clairement que chaque responsable sera tenu de rendre des comptes, car ce qui pose problème aujourd'hui, c'est justement que trop de responsables volent, dilapident les deniers publics, et mènent les institutions qu'ils gèrent à la faillite et en dernier lieu, ils partent tranquille sans qu'ils soient le moins du monde inquiétés.

Le roi est sacré en tant que personne morale qui a un statut particulier dans la société marocaine, mais la sacralité politique doit disparaître car elle est synonyme d'un pouvoir théocratique qui hisse la parole et la décision humaine au rang de la parole divine. Pharaon n'a pas dit autre chose :

قَالَ فِرْعَوْنُ مَآ أُرِيكُمْ إِلاّ مَآ أَرَىَ وَمَآ أَهْدِيكُمْ إِلاّ سَبِيلَ الرّشَادِ

Le roi Med VI a anticipé tous ces débats, en faisant un pas important vers l'installation d'un vrai gouvernement démocratique et nous, en tant que citoyens, on doit l'assister à aller plus en avant dans cette voie au lieu de se montrer plus royalistes que le roi.





 Réponse N°2 9988

L’alternative...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 10-04-11 à 22:57



Je pense que le vrai débat n'est pas la sacralité ou non du Roi mais bien sa place dans la société. Quelle place occupe le Roi aux yeux des marocains?

Depuis son accès au trône, Mohammed VI a fait quatre choses, à mon sens, essentielles:

1- La réconciliation sociale couronnée par les recommandations de l'instance de l'équité et de la réconciliation; Pour reconnaître qu'il y'avait des exactions au niveau des droits de l'Homme.

2- L'initiative nationale de développement humain; Pour aider et accompagner les marocaines et les marocains les plus démunies dans le cadre de la politique de proximité.

3- Le nouveau concept de l'autorité; Pour empêcher l'utilisation démesurée du pouvoir entre les mains des responsables de l'Etat.

4- Le départ volontaire; Pour effacer toute trace de l'ancien régime.

Maintenant, de quoi ont peur les personnes qui veulent plus de pouvoir entre les mains du Roi?

Ceux-ci voient que les partis politiques ne sont pas encore prêt pour garder le pouvoir exécutif et agir en conséquence.

Les partis politiques sont-ils au mesure de changer le Maroc?





 Réponse N°3 9990

Plus royaliste que le Roi ?
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 11-04-11 à 10:01



Plus royaliste que le Roi ?

Nôtre Roi n'est pas royaliste. C'est une insulte en Sa Personne. Nôtre Roi est le Prince des pauvres. Le mouvement du 20 février n'arrive pas à comprendre cette vérité. Ce mouvement qui veut une monarchie parlementaire veut prendre les prérogatives du Lion pour les donner aux loups. Ce que ne peut accepter le bon SENS.





 Réponse N°4 9991

re
  Par   marocagreg  (Adminle 11-04-11 à 10:14



Permettez-moi d'intervenir dans ce débat,

Je crois que la question posée par M. Idoubiya : est-ce que les partis sont prêts à assumer pleinement le pouvoir exécutif et donc la responsabilité de leurs décisions devant le peuple doit être posée autrement.

Il est vrai que les principales figures politiques qui dirigent les partis marocains aujourd'hui ont perdu toute virginité politique et la plupart d'entre elles sont vieilles et n'inspirent pas confiance, mais que faire :

- rejeter les partis politiques et dire comme Gaddafi من تحزب خان

ou

- prendre cette prétendue immaturité des partis politiques comme un prétexte pour garder indéfiniment le pouvoir exécutif (éternel mineur) sous le contrôle exclusif et la tutelle du roi. (remarquez que c'est le souhait des partis politiques actuels qui trouvent en cette situation de minorité leur compte puisqu'ils gouvernent sans assumer les conséquences de leur gouvernance comme dit M. Bouimi.)

Je crois que sa majesté Med 6 a tranché dans son dernier discours en s'engageant devant le peuple à donner au premier ministre un pouvoir réel même limité (pour peu que ce premier ministre en veuille, car le roi restera quand même un acteur majeur de l'action politique).

La vraie question à mon avis serait donc : Est-ce qu'on laissera enfin les partis politiques marocains accéder à l'âge de majorité et apprendre à assumer un rôle réel qui les rend responsables entièrement devant le parlement ?

Pour y arriver, il ne suffit pas que le roi concède une partie de ses prérogatives au premier ministre, il faut aussi assurer des élections libres, empêcher le ministère de l'intérieur de truquer la carte électorale, empêcher le ministre des affaires islamiques d'enrôler les imams pour endoctriner le peuple et lui faire peur de la Fitna (rengaine qui revient sans cesse dans les prêches du Vendredi depuis 2 mois), empêcher des partis monstrueux de naître et de devenir majoritaire au parlement en un seul mois, et surtout forcer la réforme de la justice pour qu'elle joue son rôle pleinement dans le combat de la corruption qui gangrène notre pays.





 Réponse N°5 9993

il ne vous reste qu'à prononcer la sentence.
  Par   Bouimi Mohamed  (CSle 11-04-11 à 11:06



Vous m'avez accusé d'insulter le roi, et il ne vous reste qu'à me jeter à Tazmamart pour lèse-majesté !

(...)Moi je respecte pleinement le roi et vous pouvez revenir à mon message pour voir qu' à aucun moment je n'ai rien dit qui porte atteinte à la personne du roi qui est le roi de tous les Marocains et non le roi d'un groupe de fanatiques qui croient à tort qu'ils aiment plus le roi alors que ce sont eux qui lui portent atteinte par leur hypocrisie.

déjà, est-ce que vous comprenez la phrase "être plus royaliste que le roi", car sinon, vous devez faire des recherches pour compléter votre culture ! je n'ai pas dis que le roi est royaliste (même si cela est évident), mais j'ai dis que certains personnes comme vous sont plus royalistes que le roi, c'est-à-dire qu'ils sont plus attachées aux prérogatives de la royauté que le roi lui-même : c'est surprenant, Med VI, en tant que roi moderne, veut bien faire des concessions et moderniser l'Etat, mais certaines personnes refusent cette modernisation, car cela nuira à leurs intérêts.

donc je reprends ce que j'ai dit avant : le roi est par définition royaliste, ce serait comique de dire que le roi est républicain. Vous dites que le roi Med IV n'est pas royaliste, mais le prince des pauvres. Si on laisse de côté les slogans, je vous dis que le roi Med IV n'est pas le prince des pauvres, mais il est le roi de tous les Marocains, les pauvres et les riches à la fois, et des slogans comme "le prince des pauvres" lui portent plus de tort que de bien. Le roi Med IV est très proche de son peuple, personne ne le conteste, donc ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit.

Lorsque le roi a demandé au peuple d'ouvrir un débat autour de la constitution, ce n'est certainement pas pour se perdre dans des débats oiseux comme celui-ci, car je vous le dis encore une fois. Med VI est le roi de tous les marocains et lui porte tort véritablement celui qui croit qu'il l'aime et l'estime plus que tous les autres.





 Réponse N°6 9996

remarque
  Par   marocagreg  (Adminle 11-04-11 à 11:24



je rappelle à tous les intervenants que la parole est une responsabilité... donc ne dites pas n'importe quoi quand vous vous adressez aux autres, et surtout quand vous discutez des sujets aussi sensibles. le respect mutuel doit régner entre les intervenants tout comme le respect des personnes évoquées.

merci de garder en tête ces règles de bienséance et du dialogue.





 Réponse N°7 9997

Re
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 11-04-11 à 11:35



Salut M.Bouimi Mohamed,

Lorsque j'ai évoqué l'expression: "Plus royaliste que le Roi", je savais parfaitement ce que l'expression veut dire! Et lorsque j'ai choisi d'intervenir dans ce sens, votre personne, M.Bouimi Mohamed, était respectée et exclue de toute critique! Il suffit de relire ce que je viens d'écrire pour vous rendre compte!

Pour moi, je sais ce que font les partis politiques au Maroc et ce qu'ils pourront faire déjà le pouvoir entre les mains!

Donc avec un peu de patience les choses vont s’éclaircir. (je suis entrain de préparer une série d'articles allant dans ce sens pour assumer pleinement mon rôle de citoyen engagé...)

Pour le moment, le débat ne fait que commencer et je crois qu'on finira par se compléter avec les autres collègues, car notre objectif est honnête. Donc pas de jugements précipités.

Mes sincères respects M.Bouimi Mohamed .





 Réponse N°8 10004

le pouvoir entre les mains!
  Par   Boulahnine Khalid  (CSle 11-04-11 à 16:08



Bonjour M. Rachid,

Permettez-moi de vous dire que ce pouvoir dont vous parlez doit être à mon avis entre les mains de la constitution elle-même. Le premier ministre ne sera pas libre de faire ce qu'il veut comme vous le pensez. la constitution doit avoir le premier et le dernier mot. Ainsi, quiconque ose violer les propos contenus dans la constitution est considéré coupable. Un comité représentant la société civile, fait de personnes jugées honnêtes et appartenant aux différents secteurs, doit servir de garant pour la survie de la nouvelle constitution. Donc, notre vrai problème n'est pas le prochain gouvernement, mais surtout les lois embrouillant toutes les cartes dont on se sert, malheureusement, pour gouverner.

Force donc est de reconnaître qu'on vit une véritable crise à tous les niveaux et vos remarques habituelles sur notre système éducatif, les milliards gaspillés dans les festivals pour éloigner les jeunes de la politique et donner une fausse image à l'occident, les coups de fouet donnés aux diplômés chômeurs, la programmation de studio 2M quand la période des examens approche...en sont la preuve.

Ce type de constat nous amène à conclure que le fait d'accuser une partie sans tenir-compte du reste serait une aberration! Et le peuple a le droit d'exiger aujourd'hui un changement total de la constitution.





 Réponse N°9 10048

ok
  Par   Bouimi Mohamed  (CSle 13-04-11 à 08:54



Ok M. Idoubiya, évitons juste de formuler des jugements trop catégoriques et réflichissons ensemble sans accusations de part et d'autre... Je'estime le débat que vous avez lancé sur ce site

merci





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