La révolution commence par les partis politiques

 Par Idoubiya Rachid  (Prof)  [msg envoyés : 1316le 10-04-11 à 22:37  Lu :1866 fois
     
  
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La révolution commence par les partis politiques.
La démocratie ne se donne pas. La démocratique ne s’arrache pas. La démocratie s’exerce !
La démocratie est le respect de la volonté de la majorité des citoyens dans un pays. Ce n’est donc pas le choix d’une élite qui est privilégiée mais celui de la quantité votante qui s’exprime.
Or, un système politique vraiment démocratique joue ensemble sur la qualité et la quantité.
Pour revenir à l’Histoire des démocraties dans le monde, un fait surgit : depuis les révolutions jusqu’à la vraie pratique de la démocratie, des siècles peuvent passer ! En France par exemple, leur révolution était en 1789, mais leur premier suffrage universel, avec le vote des femmes n’était qu’en 1944 !
Au Maroc, tout le monde a le droit au vote. Femme et homme, et ce dès l’âge de 18 ans. Le vote est donc un droit.
Maintenant, sur qui voter ? Sur les partis politiques bien sûr pour élire les représentants du peuple. Or beaucoup de marocains accusent ces même partis, qui n’ ont pas su convaincre : ni par leur programme qui reste lettre morte, ni par leur politique de non-proximité.
Comment commencer donc la pratique/exercice de la démocratie au Maroc ?
Je pense qu’avant de penser à changer la constitution, telle qu’elle est présentée dans les orientations de notre Roi, il faut penser à modifier la loi interne qui régit les partis politiques. Il faudrait donc :
1- Ne plus considérer les partis politiques comme des petites monarchies : un parti ne doit pas appartenir à une seule personne et la démocratie interne aux partis doit changer. – je suggère deux ans de vie la période maximale pour siéger comme secrétaire général au sein d’un parti politique.
2- Le choix des représentants au sein d’un parti ne doit pas privilégier l’argent au mérite militant.
3- Les partis de la même tendance politique doivent se regrouper dans un même et seul partis afin de diminuer à huit leur nombre. – Les citoyens peuvent se retrouver au sein de cette masse exceptionnelle que représente notre structure politique représentative.
4- La pratique de la démocratie doit donc commencer au sein des partis politiques pour donner une nouvelle élite, qui a été écartée jusqu’à maintenant par le jeu politique actuel.
Il parait donc patent que le changement de la constitution, qui veut diminuer les prérogatives du Roi pour les porter entre les mains des partis, doit se faire après les réformes que doivent entamer ces même partis.
Car cela va faire maintenant plus d’une dizaine d’année que le Roi a ouvert des chantiers de réformes face à des partis politiques qui n’ont rien entamé. Les marocains ne sont pas dupes et c’est pour cela qu’ils restent dans une grande majorité attachés à leur Roi ?
Comment donner de nouvelles prérogatives à des partis qui n’ont fait qu’enliser la société dans la pauvreté et la crise ? N’est-ce pas les gouvernements qui traitent les dossiers des diplômés chômeurs, des revendications des salariés, des familles qui se trouvent dans des situations précaires ?

  




 Réponse N°1 9989

la constitution actuelle
  Par   Boulahnine Khalid  (CSle 11-04-11 à 00:05



Salut M. Rachid

Si tu es différent de moi, loin de m'en léser tu m'enrichis, dit Montesquieu. Je viens de lire votre texte et je je reconnais que vous avez raison de culpabiliser les partis politiques, mais je désapprouve votre attitude concernant la pratique de la démocratie.

En effet, personne ne peut nier que l'institution gouvernementale actuelle repose sur des propos absurdes. Nous le savions même avant l’avènement du gouvernement de l'alternance. Aussi beaucoup de gens avaient-ils été choqués et déçus par la résolution d'Elyoussefi d'être premier ministre d'un gouvernement qui n'allait pas prendre de décisions et allait plutôt se contenter du "faire semblant" pour ensuite partir se plaindre de la constitution marocaine à l'étranger.

Vous saviez, peut-être, plus que moi que la constitution actuelle est contrôlée par une main de fer qui a dépourvu l'acte politique de toute crédibilité. Pour être plus explicite, je vous dis: imaginez, on organise des élections parlementaires chez-nous: le peuple fait "son choix"( entre-guillemets). Il y a un parti qui gagne et on désigne le premier ministre à qui on confie la tâche de réunir les membres du gouvernement. Mais par la suite, on s'aperçoit que la présence et des parlementaires et du gouvernement n'est que formelle. Ainsi, aucun de ces représentants de la société ne peut tenir ses promesses d'hier pour le simple fait que les pouvoirs législatif, judiciaire et exécutif sont concentrés dans la main du roi

Ceci dit, je les tiens pour responsables comme vous l'avez signalé et mon texte "les représentants du peuple" montre bien ma position:( http://www.marocagreg.com/forum/sujet-les-representants-du-peuple-9949.html)

Mais je trouve également que le discours du 9 février est une manière de reconnaitre que le système actuel est plein de lacunes et le peuple en est la victime. Ce peuple aujourd'hui a bien compris qu'on l'avait dupé et réclame tout gentiment un changement politique, car en réalité aucune de ces instances dont on a parlé n'a d'existence sans le consentement du peuple.

Mes amitiés et heureux de voir votre plume surgir de nouveau, camarade!





 Réponse N°2 9992

re
  Par   marocagreg  (Adminle 11-04-11 à 10:45



C'est justement ça le problème, quand vous demandez aux partis politiques de justifier leur gestion quelques fois catastrophique de certains domaines, ils vous répondent, on n'a pas eu le pouvoir nécessaire pour exécuter notre programme politique et donc on ne peut pas nous tenir responsables de la pauvreté ni des autres problèmes socio-économiques. Abbas al fassi, lui-même, se déclare aujourd'hui comme non responsable de quoi que ce soit et cela arrive chaque fois et enfin de compte c'est le roi qui devient implicitement la cible des critiques, car il assume l'échec des autres. En plus cela donne au Maroc des premiers ministres inefficaces qui, au lieu de prendre des initiatives courageuses, laissent les choses empirer en attendant les directives alors que leur fonction essentielle consiste à prendre la responsabilité pour se justifier ensuite devant le parlement et le roi.

Le roi Med 6 veut rompre avec cette situation gênante pour tout le monde. Car en dotant le premier ministre d'un pouvoir exécutif réel, ce ministre ne viendra plus à la fin de son mandat dire que s'il a échoué c'est parce qu'il n'avait pas les moyens d'agir. La responsabilisation effective du premier ministre et du gouvernement est l'un points fondamentaux de la prochaine constitution.





 Réponse N°3 10007

le paradoxe!
  Par   Boulahnine Khalid  (CSle 11-04-11 à 19:04



Ce qui est bizarre, c'est que ces mêmes partis qui se plaignaient de l'intervention du roi dans les affaires politiques du pays, auparavant, refusent catégoriquement, aujourd'hui, presque tous l'idée d'une monarchie parlementaire! Pourquoi? De quoi ont-ils peur? Dieu seul le sait! De toute façon, ils n'ont pas peur, à coup sûr, de Abbas car lui, aussi, veut que le roi règne et décide.

Donc, à qui profite une monarchie parlementaire? Sans doute, pas aux partis!

Et à qui profite la situation actuelle? Je dirais: à tout le monde sauf au peuple!

Une situation intermédiaire embrouillera à mon avis les pistes davantage. Elle aurait été valable si elle avait été prononcée avant la mort de Bouazizi.





 Réponse N°4 10008

re
  Par   marocagreg  (Adminle 11-04-11 à 19:18



personnellement, je suis d'avis de ne pas trop brusquer les changements. On ne peut pas passer comme ça d'un clin d'oeil vers une monarchie parlementaire, le pays a besoin d'évoluer d'une manière douce et les réformes annoncées par le roi, à condition qu'elles soient vraiment appliquées, qu'elles ne soient pas détournées et vidées de leur substance, sont de très bonnes réformes. une monarchie constitutionnelle réelle c'est toujours beaucoup mieux qu'une pseudo monarchie parlementaire. Les partis politiques actuels ont eux mêmes besoin d'une véritables réformes internes.





 Réponse N°5 10009

les 'partis pris' marocains
  Par   Rhaoulati Chouaib  (CSle 11-04-11 à 20:31



Je rejoins M idoubya qui dit que la démocratie s’exerce .Mais où doit-elle s’exercer ??? C’est cela la question shakespearienne…Non pas à la télé surement ni au cours des festivals prétendument culturels… la démocratie, disons – le, doit naitre d’abord dans les foyers puis dans ces partis politiques eux même… Avez-vous déjà vu le dirigeant d’un parti politique anglais dépasser 6 à 8 ans à la tête de son parti ?? Quand Ahrdan et les autres siègent éternellement dans « les partis pris » marocains…Un parti ne sert pas à encadrer ou à manipuler la population, il doit abriter sa voix et l’amplifier pour qu’elle puisse avoir un effet. Pour cela je crois que la présidence d’un parti doit être le lieu de la démocratie réelle. On peut souhaiter des partis qui élisent leurs chefs pour des mandats déterminés et des programmes concrets...On peut rêver aussi de dirigeants qui rendent compte de leurs réalisations et de leurs échecs à terme de leurs mandats et qui sont récompensés ou jugés en publics ( en fait Modawala qui passe sur notre chaine nationale ne pense qu’aux homicides ,jamais aux démocraticides …) ...





 Réponse N°6 10010

re
  Par   Boulahnine Khalid  (CSle 11-04-11 à 20:38



Ne peut-on pas regretter ce grand moment de l'histoire et retourner à la case de départ du fait que la situation ne paraît pas claire dans le cadre d'une monarchie constitutionnelle où l'autorité du souverain reste incontestable et peut même influer négativement sur l'acte politique.

Rousseau, le fondateur du mythe de l'humanité, parle dans ce cadre de la souveraineté du peuple.Son principe est considéré comme le pilier de l'idée moderne de la démocratie. Gouverner pour lui repose sur un pacte social unissant celui qui s'attribue le rôle du chef et les membres qu'il compte gouverner pour lutter ensemble contre la soif de pouvoir, de paraître et de richesse: "Trouver une forme d'association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé, et par laquelle chacun s'unissant à tous n'obéisse pourtant qu'à lui même et reste aussi libre qu'auparavant". Du contrat social.

Pensez-vous que nos fameux rédacteurs de la constitution vont prendre en considération les propos de Rousseau?





 Réponse N°7 10113

Une révolution douce...Mais quant même une révolution!
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 17-04-11 à 22:39



Une révolution douce...Mais quant même une révolution!

Je viens de relire toutes les interventions de mes chers collègues. - J'espère qu'il ait d'autres intervenants: femmes dans ce débat...

Je dis que la question de la démocratie au Maroc est de l'ordre du structurel plus que du conjoncturel. Comme c'est le cas de la question de l'éducation, de la santé, de la justice sociale, économique, etc.

Les solutions loin d'être sectorielles, il est indispensable qu'elles soient globales. D'où la solution de la révolution!

La plaie est profonde et la maladie est à son état terminal. Chaque fois qu'on soigne un organe, d'autres tombent malades et ainsi de suite: le cercle infernal n'en finira jamais!

Parmi les définitions que j'ai déjà avancées précédemment dans un autre article consacré à cette même problématique, je cite:

"Une révolution est par définition un changement important, brusque et en profondeur dans la structure politique et sociale d'un pays. Sur le plan culturel, une révolution est le changement de manière très significative et irréversible des mentalités. L'ampleur et la rapidité des changements sont très marquées."

Pourquoi je parle donc maintenant de révolution?

Je prône une révolution douce, pacifique, sereine, consciente de ses objectifs et ses attentes.

En tant qu'enseignant et de didacticien de formation, je donne à mes chers enseignants et aux lecteurs la comparaison suivante:

La constitution= curricula;

La législation/loi = les programmes;

La démocratie= les manuels scolaires.

On passe donc de la philosophie du comportement politique, vers la programmation d'une stratégie en terme de planification, et on finit par appliquer la philosophie et la planification au niveau des urnes pour élire l'élite qui sera à même de nous représenter dans les deux pouvoirs: législatifs (au sein du parlement) et exécutif ( au sein du gouvernement)

Tout cela est claire en théorie! Mais la chose n'est pas du tout évidente en pratique. Beaucoup de paramètres viennent interférer entre la constitution, la loi et la pratique sur le terrain.

Un exemple concret pour mieux comprendre:

Nôtre ROI Mohammed VI a tranché: une réforme structurelle de la constitution, qui changera de fond en comble la philosophie politique de la monarchie.

Les partis politiques ainsi que les forces vives de ce pays sont invitées à intervenir et à participer à son élaboration (la constitution).

Nous sommes en 2011. La constitution sera votée par référendum en septembre prochain. Les élections législatives vont avoir lieu en 2012!

Conséquence 1

- Qui va opérationnaliser les articles de la constitution au niveau des lois? Le passage du curricula vers les programmes?!

- Est-ce par les parlementaires déjà dans le siège du parlement que nous connaissons?

- Quelles garantis sont-elles données pour que les nouvelles lois en questions répondent exactement à la philosophie de la nouvelle constitution?

* Les mouvements du changement demandent une grande rapidité dans les réformes et parmi les revendications qu'ils prônent: la démission du gouvernement en présence et la dissolution du parlement.

Conséquence 2

Puisqu'il s'agit d'une révolution= changements irréversibles dans les structures de l'Etat, les Hommes qui seront amenés à agir en conséquence doivent refléter, dans la réalité, la volonté du peuple. Cela via une vraie représentativité.

Cela ne pourra jamais se faire en agissant comme si...

Cela se fera en respectant intégralement et profondément toutes les règles de la pratique démocratique:

1- Une démocratisation effective des partis politiques : associations qui jouent le rôle de la gestion du bien public ainsi que celui de la représentativité au sein du parlement comme pouvoir législatif et de contrôle et de suivi du pouvoir exécutif, incarné par le gouvernement;

2- Une communication réelle au sein des dits partis pour que leurs bureaux exécutifs écoutent les revendications de ses adhérents et militants et sa jeunesse, en terme de démocratie et de transparence, dans le choix des futurs représentants: sur la base non du clientélisme mais du mérite: substituer l'argent par les compétences;

3- Un exercice réel de la démocratie en éliminant toutes formes de leadership au sein des partis: les partis ne doivent être la propriété de personne! Les partis doivent être ce qu'ils sont réellement: des structures pour mieux organiser la vie démocratique dans la citée!

4- L'Etat dans ce sens doit jouer un double rôle:

* Celui de subvention et de soutien financiers des partis, pour contrer l'ingérence des lobbies dans la vie des partis;

* Que cette subvention soit au niveau des compagnes électorales ( qui coûtent très cher au niveau législatif) et au niveau de la gestion interne du parti, en terme de formation et d'encadrement des adhérents.

Conséquence 3

Quel que soit donc le résultat du vote, l'exercice et l'apprentissage de la démocratie ne peuvent jamais réussir automatiquement et en une seule expérience. L'essentiel, c'est que le train de la bonne gouvernance politique est installé et que les choses vont en bon train: tout le monde dans ce sens sait et assume ses responsabilités: le citoyen en exerçant son droit/devoir au vote, les partis en présentant leurs élites, l'Etat/l'administration en veillant à la neutralité et à la transparence lors de l'arbitrage du scrutin, le parlement en légiférant et contrôlant l'action gouvernementale, le gouvernement en exécutant le/les programmes de ses alliances politiques.

Synthèse:

La révolution doit donc se faire mais en douceur. Réponse civilisée aux différentes réformes entretenues par nôtre Roi aimé Mohammed VI, depuis son succession au trône. Une révolution qui doit guérir de façon structurelle/fondamentale et irréversible tout ce qui a un rapport avec la gouvernante politique au Maroc.

La démocratisation des partis politiques est donc le vrai point de départ; la dissolution du parlement et la démission du gouvernement pour accélérer les réformes; les élections libres et transparentes pour une vraie représentativité; une constitution opérationnalisée sous forme de lois par les vrais représentants de la nation;

Le prix de la démocratie a été payé cher par nos voisins européens. Nous avons ( NOUS les marocains) une chance historique de réussir la nôtre dans la paix: nous ne devons pas rater notre rendez-vous avec l'Histoire...





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