La réforme de la caisse de compensation.

 Par Idoubiya Rachid  (Prof)  [msg envoyés : 1316le 21-04-11 à 23:27  Lu :9130 fois
     
  
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La réforme de la caisse de compensation.
La caisse de compensation entre le dire et le faire !
0- Prélude:
La caisse de compensation marocaine est une forme de "solidarité sociale". Elle permet d'aider à acheter des biens de consommation de la première nécessite...Nous les marocains, on connait de quoi il s'agit: gaz de butane, farine de blé dure, farine de blé tendre, sucre, thé et huile de table.
Le budget consacré à la caisse de compensation est considérable: + ou - 3% du produit intérieur brut (PIB).
Ces trois dernières années, le montant total des financements alloués aux subventions sur les produits de base a été porté à 100 milliards de dirhams.
Chaque année ce budget augmente considérablement: il est passé de 3 milliards de dirhams en 2002 à 20 milliards en 2008 et à 32 milliards de dirhams cette année de 2011... Le coût actuel de ce programme représente près des deux tiers du budget d'investissement du Maroc. Au lieu de bâtir: écoles, routes, hôpitaux, on encourage le budget de la caisse de compensation...
La caisse de compensation est avant tout destinée au profit des populations les plus pauvres. La caisse de compensation doit avoir donc un impact conséquent sur le pouvoir d’achat des pauvres. C’est un moyen pour cibler les segments pauvres et vulnérables de la société...
1- Le constat:
Mais à qui bénéficie réellement la générosité de cette caisse? A tout le monde! Plutôt les riches que les pauvres! Plutôt à la classe moyenne !
Cette méthode ne fait donc pas de distinction entre les pauvres, les riches et la classe moyenne !
La classe moyenne compte elle aussi sur les subventions des produits alimentaires. Une grande partie des ménages de la classe moyenne, dont les revenus varient entre 3000 et 6000 Dhs, soit 54% de la population marocaine bénéficie de ces subventions. le maintien du système de compensation semble répondre plus au souci de préserver le pouvoir d’achat des riches et de la classe moyenne que celui des pauvres !
2- Le diagnostique :
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Les riches bénéficient de 40% des subventions alimentaires: "les populations les plus pauvres ne reçoivent que 10 % des subventions". Reste 50 % des subventions visent la classe moyenne...
Un exemple concret pour mieux comprendre: les ménages dont le revenu mensuel est supérieur ou égal à 20 000 Dhs, qui représentent moins de 2,5 % de la population marocaine bénéficient de près de 3 milliards de Dhs. Autrement dit, les 27,5 milliards de Dhs qui restent vont aux ménages dont les revenus mensuels sont inférieurs à 20 000 Dhs.
Encore faut-il ajouter que: les restaurants, les pâtisseries, les industriels de l'alimentation bénéficient eux aussi de cette subvention: tout le monde y prend son compte!
3- La prescription :
Il devient fondamentale de reconsidérer - (reconsidérer ne veut pas dire changer...) le système de compensation actuel pour le rendre plus efficace et le doter de mécanismes afin d'apporter une aide directe aux familles pauvres... Une remise à plat des mécanismes de la caisse de compensation devient une urgence pour réduire la fissure sociale entre les riches et les pauvres.
Une série de mesures sont suggérés par le gouvernement :
- la maîtrise de la masse salariale ;
- la diminution des dépenses de l’administration ayant trait au téléphone, au carburant, aux frais de déplacements, aux opérations d’achat de véhicules et de bâtiments ;
- la réduction des subventions des produits pétroliers pour les usagers de la route : professionnels et particuliers ;
- le contrôle, l'organisation de l'intermédiaire ;
- la révision de la structure tarifaire ;
- la prise en considération des expériences internationales tout en les adaptant aux spécificités nationales ;
- le ciblage des couches défavorisées afin d’éviter les dépenses inutiles ;
4- Les solutions déjà envisagées et appliquées:
Deux programmes de la Caisse sont déjà en cours pour aider les familles nécessiteuses :
A- Le programme Tayssir apporte une aide aux familles pour leur permettre de scolariser leurs enfants, et 80 000 enfants ont déjà bénéficié de ce programme. Cette année, 290 000 enfants devraient pouvoir être inscrits grâce à l'aide apportée par ce programme.
B- RAMED, apporte une assurance maladie aux plus défavorisés. Près de 30 000 cartes ont été distribuées dans la région pilote de Tadla-Azilal à quelque 150 000 personnes, qui bénéficient maintenant d'un accès gratuit aux soins de base par le biais de ce programme.
5- Synthèse :
La caisse de compensation vise en réalité et en premier lieu la classe moyenne qui représente à peu près 50% de la population ! Cette tranche de la population doit garder un niveau de vie équilibré pour le bien de la consommation dans notre pays. Des mesures doivent/devraient être prises dans le sens de garder la caisse de compensation telle qu’elle est aujourd’hui, mais de trouver d’autres ressources pour une répartition équilibrée de la richesse du pays.
Ce que je propose comme autres solutions :
Un taux symbolique de 1 % !
* 1 % sur les grandes fortunes : plus de 5 millions de dhs ;
* 1 % sur le revenu des hauts fonctionnaires à partir de hors- échèle;
* 1 % sur les impôts directs des hôtels classés ;
* 1 % sur les impôts directs sur les agréments ;
* 1 % sur les impôts directs sur les importations ;
* 1 % sur les dépenses inutiles de l’administration ;
* 1 % sur les impôts des multinationales qui investissent au Maroc;
* 1 % sur les revenus des produits miniers ;
* 1 % sur les revenus du phosphate ;
* 1 % sur les sociétés pharmaceutiques.
Avec ce taux, qui parait à première vue dérisoire, on pourrait sortir 20 à 30 pourcent de la population de la précarité ! Nous avons déjà un chiffre: 290 000 enfants... Et pour que cette aide de solidarité sociale ne se perde pas seulement sur la consommation, la façon de la distribuer doit Impérativement entraîner un développement sociale : chaque famille bénéficiera d’une aide en fonction des enfants qui y sont scolarisés :
200 dhs/mois pour l’élève au primaire ;
300 dhs/mois pour l’élève au lycée collégial ;
400 dhs/mois pour l’élève au lycée qualifiant ;
500 dhs/mois pour l’étudiant au supérieur ;
600 dhs/mois pour l’étudiant doctorant : jusqu’à ce qu’il ait du travail.
NB- Les élèves qui ont bénéficié de ce programme sont redevables à la société de 1 % de leurs salaires durant toute leur vie.

  




 Réponse N°1 10165

re
  Par   marocagreg  (Adminle 22-04-11 à 08:33



Merci Rachid, c'est très intéressant. J'ai quelques remarques ou quelques ajouts.

- Je suis contre le fait d'ajouter plus d'impôts aux fonctionnaires, même lorsqu'ils sont hors échelle, car la moitié de leur salaire ou presque part déjà en impôts (le taux de 38 % appliqué actuellement est l'un des plus exorbitants au monde), sans oublier leur participation plafonnée à l'assurance maladie (ils paient leur propre assurance et au moins celle de 5 personnes démunies). Ajoutez à cela que le salaire d'un hors échelle au Maroc est équivalent au SMIG en France.

- En ce qui concerne la caisse de compensation, elle doit profiter aux démunis, mais aussi à la classe moyenne, car à défaut de bien payer cette classe moyenne, il faut au moins l'empêcher de dégringoler dans la pauvreté à cause de la chute incessante de son pouvoir d'achat. Pour les pauvres qui se trouvent en dessous du seuil de pauvreté, il faut bien sûr penser à d'autres moyens pour arrêter leur paupérisation et les aider à accéder à la classe moyenne sans pour autant tomber dans un système de rente ou d'assistance artificielle. il faut trouver des moyens structurels et permanents pour aider les pauvres (le travail, les besoins de base, l'habitat, la santé, etc.) au lieu de donner des aides sporadiques qui ne font que pérenniser la fragilité et le statu quo. ce n'est pas avec 400 dH (l'aumône) mois qu'on va arrêter la pauvreté.

- Ce qui est aberrant à mon avis, c'est que des multinationales qui engrangent des milliards de bénéfices profitent elles aussi, sans vergogne, de la compensation. Coca Cola à elle seule engrange une grosse partie du soutien public du sucre. les bombonnes de gaz qui normalement doivent être utilisées par les ménages sont détournées vers un usage industriel ou agricole, etc. Donc, il faut déjà cibler ce qu'il faut compenser et ce qui ne doit pas l'être.

-En France, il y a un impôt sur la fortune et sur la succession... chez nous pas du tout, car ce sont les fortunés qui gouvernent et ne peuvent pas instaurer des lois contre leurs intérêts. En plus, il est aberrant encore une fois que certains secteurs importants soient complètement dispensés de payer des impôts. Ainsi, par exemple, le fait que l'agriculture soit dispensée d'impôts, c'est bien, car cela a des retombées sur l'ensemble des citoyens, mais, il y a quand même des milliardaires qui investissent dans des cultures qui ne profitent pas du tout au Maroc (l'industrie du vin et des vidanges. Zniber cultive la moitié de la plaine de Saïss de vignes sans payer un centime d'impôts, c'est scandaleux).

-Autre point : je crois, qu'avant d'aller chercher des ressources en augmentant les impôts qui sont déjà insupportables, il faut déjà combattre la mauvaise gestion des ressources existantes, car là que se trouve à mon avis la vraie plaie du Maroc. Dites-moi par exemple, où sont passés les milliards du programme d'urgence dans l'enseignement ? Avez-vous vraiment senti une quelconque amélioration des conditions ? Sans une bonne gestion, et sans un contrôle rigoureux des comptes, on aurait tous les milliards du monde, on ne parviendra à rien : une grosse partie sera perdue en route dans les futilités, une autre part dans les poches privées, et des miettes parviennent à la cible de départ. je vous donne un exemple de très mauvaise gestion des finances chez nous : chaque année à Meknès, juste avant l'organisation du salon de l'agriculture, l'agence urbaine entreprend de changer les pavés et les trottoirs (même lorsqu'ils sont encore en bon état), de restaurer les murs historiques (restauration qui tient au maximum deux mois). Nous sommes un pays pauvre, mais nos responsables dépensent comme les émirs du pétrodollar.

-À propos, je ne suis pas d'accord pour votre dernier point : "Les élèves qui ont bénéficié de ce programme sont redevables à la société de 1 % de leurs salaires durant toute leur vie.". En fait, ces élèves appartenant à des classes sociales fragiles ont un droit inaliénable : l'accès à l'enseignement et à d'autres services. Si la société fait un effort pour assurer ce droit (ce qui est de son devoir), on ne doit pas considérer que ces élèves ont eu un avantage de plus, au contraire, ils n'ont eu que leur droit ou peut-être moins que leur droit. S'ils parviennent déjà à devenir de bons citoyens, capables de subvenir à leurs besoins, c'est déjà un gain immense pour la société.

-En conclusion, il ne suffit pas d'avoir un barrage plein à ras bord pour avoir de l'eau potable, il est nécessaire de traiter cette eau, et surtout d'entretenir le réseau de distribution pour empêcher les fuites et la détérioration du produit.





 Réponse N°2 10166

Une caisse marocaine de solidarité nationale contre la pauvreté.
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 22-04-11 à 10:59



Une caisse marocaine de solidarité nationale contre la pauvreté.

Salut marocagreg,

Je commence là où vous vous êtes arrêté. "Les élèves qui ont bénéficié de ce programme sont redevables à la société de 1 % de leurs salaires durant toute leur vie."

Etre redevable est une question de reconnaissance d'une solidarité sociale. Les enfants apprennent que les efforts fournis sont le fruit d'un altruisme commun, dans lequel l'ensemble de la société s'est investi. Ils sont donc conscient qu’un jour ils devront participer à leur tour à cette solidarité, qui deviendra une culture sociale.

Prenons un exemple: un élève au bord de la déperdition scolaire perçoit du jour au lendemain 300 dhs mensuel. C'est un membre d'une famille composée de 5 enfants scolarisés, dont le père travaillant dans l'informel et n'assurant que 500 dhs mensuellement. Cette famille de 7 personnes dont le père, la mère et les enfants va désormais vivre avec un revenu de 2000 dhs. C'est une somme dérisoire en la comparant avec le salaire d'un hors échelle par exemple...

Mais, cet argent, dans une famille pauvre, est une nouvelle "fortune" qu'il faudrait désormais bien gérer! Car cette fortune est tributaire de la scolarisation des enfants.

La prestation sociale: «ce n'est pas avec 400 dH (l'aumône) mois qu'on va arrêter la pauvreté." n'est pas de l'aumône, mais un vrai défi lancer vers la vraie solidarité sociale.

Les exemples pullulent dans ce sens : en France, qui est l'un des pays les plus riches dans le monde, on a crée le système de la sécurité sociale: des organes et des institutions se sont structurées pour arbitrer et maintenir la gouvernance d'une "justice" sociale équitable.

Voilà comment cela fonctionne chez les français: Cela s'appelle protection sociale.

Cette forme de solidarité sociale est indépendante de l'Etat! Elle est régie par des mécanismes dirigés par des organismes et des institutions qu'on nomme: administrations publiques.

Autrement dis, les prestations sociales ne sont pas tirées des impôts perçus par l'Etat, mais des prélèvements spécifiques, qui s'appellent cotisations sociales....

Maintenant, à quoi rime tout cela avec notre pays?

La caisse marocaine de solidarité nationale contre la pauvreté - pour appeler un chat un chat- est une caisse qui va établir un équilibre social très bancal!

20% de la population vit dans une situation de précarité insoutenable. Il faut penser à ces personnes qui meurent chaque année par sous alimentation chronique, de ces femmes enceintes qui meurent chaque année à cause de l'indifférence et de l'ignorance, de ces femmes encore divorcée, avec un, deux enfants ou plus, qui n'ont aucune ressource, de ces veuves qui perçoivent 300 dhs à chaque mois et qui sont en charge de toute une famille, de ce jeune qui n’a pas terminé ses études élémentaires ou n’a pas reçu une instruction de base suffisante pour comprendre les différents phénomènes qui l’entourent, et qui finit noyé ou en prison !

Prostitution, drogue, délinquance, immigration, crime sont la conséquence d'une telle situation!

Victor Hugo n’a-t-il pas dit construisez une école pour fermer une prison ? Moi je dis partagez les richesses d’un pays pour participer à son développement !

Malheureusement, les centaines et centaines d'articles que j'ai lus autour de la réforme de la caisse de compensation, l'ensemble des interventions - à quelques exceptions près- considèrent que la caisse de compensation était orientée préalablement vers la classe des pauvres. Or, c'est une erreur monumentale! (le raisonnement est profondément valable si on considère que la classe moyenne est la caste des pauvres !!!)

Cette caisse est un moyen pour rendre les riches encore riches et maintenir le pouvoir d'achat -déjà défectueux- de la classe moyenne!

Pour la classe pauvre, elle est tout à fait hors circuit!

On parle de répartir les 30 milliards de dhs sur la classe pauvre au Maroc, qui constitue 20% de la population! Mais le gaz de butane se multipliera en trois! L’huile de table en trois aussi et tous les produits alimentaires aussi! L'inflation surgira comme un monstre qui finira par achever la classe moyenne, dont la caisse profite réellement !...

Maintenant, je veux tracer la différence entre deux notions au niveau économique et social: la croissance économique et le développement social:

La croissance économique est une donnée économique quantitative. Le développement social est une donnée qualitative, en fonction de l’augmentation du taux d'analphabétisme, des transformations profondes au niveau culturel, social et technique.

Le développement est donc le signe patent d'une justice sociale.

Loin de parler ni du niveau de vie des pauvres du Maroc, ni de leur qualité de vie, ni de leur mode de vie! Cette classe vit dans le dénouement total. Mais c’est à partir d’elle que commence le vrai développement social.

Oui, la justice sociale est un gain, non une nouvelle charge ! Car qui confond croissance économique, qui ne bénéficie qu’à une minorité de familles déjà riches, se rendra compte, mais plus tard, que ses propres intérêts n'étaient pas seulement avec cette couche de la société...

Donner le minimum pour cette catégorie sociale ne peut que participer pleinement au développement de notre pays. Cela, les français lui donnent des noms: allocations familiales,indemnisation du chômage, allocations de solidarité: le RMI (revenu minimum d'insertion), sécurité médicale: couverture maladie universelle... Pour le Maroc, je lui donne une autre et seule appellation: SMDH (salaire minimum de dignité humaine).





 Réponse N°3 10167

re
  Par   marocagreg  (Adminle 22-04-11 à 11:44



je suis contre le fait de conditionner ces aides qu'on donne aux pauvres dans le milieu rural à la scolarité des enfants. Cette scolarité doit être normalement imposée par la loi qui stipule que tous les enfants qui ont moins de 15 ans doivent aller à l'école au lieu de travailler dans les champs ou remplacer les bêtes de somme pour apporter l'eau ou le bois. Données de cette façon, ces aides cachent les faiblesses de l'Etat qui n'assure pas le service minimum dans ces régions et qui cherche à travers cette aumône à apaiser sa conscience. Il ne faut pas faire croire à ces gens que les enfants sont un autre moyen de rentabilité, qu'il suffit de pondre des enfants pour avoir 400 dh par mois, un salaire qui tombe du ciel. Ils doivent quand même sentir qu'un enfant est une responsabilité et ne pas faire comme ces sahraouis qui menacent : donnez-nous du travail ou on rejoint l'Algérie : donnez-nous de l'argent ou on exploite nos enfants dans les travaux champêtres.

Cela dit, il est du devoir de l'Etat d'aider ces gens en assurant les services de base (eau, électricité, route, santé, enseignement, etc.), en assurant du travail, en organisant les populations, en rentabilisant leurs produits, en donnant des aides financières et économiques rentables, en s'inscrivant tout simplement dans la logique du développement durable et non dans la logique de la rente qui transforme les enfants en bons de commandes.

Je crois qu'il y a un autre moyen pour financer tout ça que l'Etat ne veut pas mettre en place : le haut conseil de la Zakat. Imaginez que si chaque personne qui a les moyens de donner la zakat le fait, on aura plus de problèmes de financement (à moins que quelqu'un dévore encore ces fonds). beaucoup de gens pour l'instant donnent leurs zakat à des mendiants professionnels qui ne la méritent pas du tout. Mais le refus d'instaurer une telle caisse va dans le même sens du refus des vraies banques islamiques : il y a des gens de chez nous qui ont une vraie phobie de tout ce qui est islamique et le combattent avec toute leur force. A propos, on ne doit obliger personne de contribuer à cette caisse au cas où elle serait instaurée, car on ne veut pas avoir un impôt parallèle, chacun doit donner cette zakat de son plein gré, sinon elle n'aurait aucun sens comme cela a été le cas par le passé en obligeant les gens à acheter des maisons au paradis (les indulgences) pour assembler les sommes nécessaires au financement de la construction de la mosquée Hassan II, et encore aujourd'hui pour y entrer en dehors des heures de prières il faut payer 50 dh !





 Réponse N°4 10168

Les prestations sociales ne sont pas de l'aumône!
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 22-04-11 à 12:33



Les prestations sociales ne sont pas de l'aumône!

"en donnant des aides financières et économiques rentables", ce que j'appelle: SMDH (salaire minimum de dignité humaine), l'Etat contribue au développement durable!

"Cette scolarité doit être normalement imposée par la loi qui stipule que tous les enfants qui ont moins de 15 ans doivent aller à l'école au lieu de travailler dans les champs ou remplacer les bêtes de somme pour apporter l'eau ou le bois." Mais la scolarité obligation est seconde face à la pauvreté chronique de la population! Un père et une mère dans une famille pauvre, dont les ressources sont quasi nulles ne vont-ils pas considérer leurs enfants comme "un moyen de rentabilité", qui servira dans les champs et dans le circuit mafieux de la mendicité?

Nous vivons un vrai dilemme de société: soit on considère que c'est à l'Etat de trouver une solution structurelle et durable contre l’exclusion et la vulnérabilité sociale; soit on commence par doter une classe hors circuit, de moyen de substance afin de vaincre ses handicaps et sa marginalité.

Personnellement, je suis pour le deuxième pari: "Il ne faut pas faire croire à ces gens que les enfants sont un autre moyen de rentabilité, qu'il suffit de pondre des enfants pour avoir 400 dh par mois, un salaire qui tombe du ciel. " Les prestations sociales ne sont pas/ ne doivent pas être considérées comme de l'aumône et ne doivent pas être perçues comme telle.

Ce qui revient à dire que cet argent est un prêt à moyen terme pour faire sortir une génération de jeunes instruits capables de contribuer au développement durable. A mon sens, dire que la pauvreté est le seul problème de l'Etat et des gouvernements est erreur. Car, ce ne sont pas les moyens, comme vous venez de dire, qui manquent mais une question d'éducation à la solidarité et au sens de la responsabilité.

Un dh donné pour encourager la scolarisation, le développement de l'instruction et la performance de cette instruction contribuera au développement social, garant de la vraie croissance économique.

Une chose est certaine: le système de sécurité sociale instauré par le président François Mitterrand, était un défi réussi: la répartition équitable de la richesse d'un pays...

Encore une fois, la scolarisation de nos enfants n'est pas tributaire d'une loi: "Cette scolarité doit être normalement imposée par la loi qui stipule que tous les enfants qui ont moins de 15 ans doivent aller à l'école au lieu de travailler dans les champs...", mais une question de moyen: "SMDH (salaire minimum de dignité humaine)" et d'une volonté politique.

Les prestations sociales, dans ce sens, vont être un moyen pour contrer la déperdition scolaire imposée par la pauvreté et la manque.

Les "400 dh par mois, un salaire qui tombe du ciel." est un investissement à long terme sur l'humain. Un vrai investissement pour rehausser le niveau culturel d'une catégorie sociale de nécessiteuses et de nécessiteux, qui baignent dans l'analphabétisme et l'ignorance.

François Mitterrand avait raison lorsqu'il disait après son premier mandats ( son premier septennat) : " Je veux donner de l'argent aux pauvres, mais il y'a pas de pauvres en France!"

La déperdition sociale n'est pas une volonté des familles pauvres, mais une réalité imposée par notre absence structurée de culture de solidarité et de notre mauvaise gestion de la chose publique!





 Réponse N°5 10169

re
  Par   marocagreg  (Adminle 22-04-11 à 13:28



je crois que je ne me suis pas fait comprendre : je ne suis pas contre l'aide aux pauvres, mais je conteste la manière. quand vous donnez 400 dh à une famille pour envoyer son enfant à l'école, qu'est-ce qui se passe dans la tête de cette famille. D'abord, on encourage la multiplication des naissances dans le milieu rural où la précarité est aussi liée à un taux de natalité important. Ces familles ne comprennent pas que l'enfant à un droit (celui d'aller à l'école), il comprennent tout simplement que l'enfant est comme, une vache ou une brebis, quelque chose qui peut rapporter de l'argent. ce que je veux dire, que ce programme tayssir est peut-être un programme qui est valable à court terme, mais, il ne l'est pas du tout à long terme, car l'Etat doit faire son travail et permettre à ses familles d'accéder à une vie plus aisée et par là même changer les mentalités qui considèrent encore l'enfant comme une garantie de revenu, ainsi le père reste chez lui à ne rien faire en attendant la fin du mois. il y a d'autres moyens qui ont prouvé leur efficacité dans d'autres pays du tiers monde et même au Maroc comme les micro-crédits qui permettent aux familles d'améliorer leur quotidien, tout en leur apprenant les vertus du travail, de l'effort et de l'initiative personnelle.





 Réponse N°6 10170

L'expérience des allocations familiales...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 22-04-11 à 15:38



Cette expérience des allocations familiales a été déjà critiquée par les tenants d'une équité de la distribution des prestations sociales.

D'un côté, il y'avaient ceux qui considéraient que l'argent octroyé pour les familles nombreuses va approfondir le fossé et engendrer des familles, qui deviennent des usines à procréation.

D'un autre côté, il y'avait ceux qui considèrent que la chose n'est pas automatique, qu'il faudrait donner à chaque enfant sa chance d'instruction, en subvenant à ses propres besoins, abstraction faites de la pauvreté de sa famille, que le phénomène de la procréation est tributaire du niveau économique et social: donner de quoi assurer, au niveau financier, un suivi des études des enfants démunis, en contrôlant l'argent utilisé dans ce sens, c'est pouvoir lutter efficacement contre la déperdition scolaire, et par la nature des choses, sociale.

Déjà au Maroc, la chose a réussi dans les années soixante-dix , lorsque l'Etat encourageait la scolarisation des enfants, via les cantines. Beaucoup de familles pauvres avaient ainsi eu l'occasion de laisser leur enfants poursuivre leurs études: des ingénieurs, des médecins, des hauts responsables de l'armée, des enseignants et j'en passe, ont eu la chance de s'en sortir, grâce à cette politique.

Moi, je ne dis pas que la subvention de la scolarité des enfants démunis est la seule et l'unique solution pour contribuer au développement économique, social et culturel de notre pays. Il y'a d'autres chemins à parcourir et d'autres actions à mener. Mais l'aide direct - une aide conséquente et non la modique somme donnée par le programme tayssi...- peut rendre un très grand service à des familles qui n'ont aucune ressource et vivent seulement de l'air et du vent!





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