La liberté de la presse au maroc: réalité et perspective:

 Par Idoubiya Rachid  (Prof)  [msg envoyés : 1316le 02-05-11 à 23:47  Lu :4556 fois
     
  
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La liberté de la presse au Maroc entre réalités et perspectives:
Mon credo: Le trois mai est un autre jour où il faudrait accentuer la réflexion sur la liberté de la presse et celle de la démocratisation du droit à l’accès à l'information.
Problématique:
Le Maroc jouit-il d'une presse libre et indépendante? Cette presse s'affirme-t-elle comme un vrai quatrième pouvoir? N'est-ce pas rêver que de croire que la presse marocaine d'aujourd'hui est à même d'assurer la transition démocratique au Maroc? Quelles sont les forces du champ médiatique marocain- s'ils en existent...- Quelles sont ses empêchements et ses limites? Quelles solutions faudrait-il proposer pour une montée en crescendo de la liberté d'informer, de commenter, mais aussi de critiquer et de dénoncer, dans le vrai sens déontologique du métier!
NB- Le sujet, malgé qu'il soit vaste en apparence, ses contours ainsi que le chemin qu'il parcourt sont bien tracés et très concrets!
La publication de l'article se fera demain (INCHAA LAHH)

  




 Réponse N°1 10404

Allez-y M Idoubiya!
  Par   Samira Yassine  (CSle 02-05-11 à 23:55



Bonsoir M Idoubiya,

je suis heureuse de vous lire régulièrement. Pardonnez mon silence , je vous en ai déjà expliqué les raisons, je suis pas très connaisseuse en politique, même si à vrai dire, on fait de la politique, malgré nous, tout le temps sinon on ne peut se considérer comme des citoyens .

Grace à vous et aux chers collègues qui alimentent le travail par leurs commentaires, vous avez cassé la routine qui faisait de notre site un site d'apprentissange de la langue, de la production écrite etc. Notre site cherche à être parfait, abordant tous les domaines quel qu'en soit le sujet.

Merci M Idoubiya.





 Réponse N°2 10496

La liberté de la presse au Maroc: réalité et perspective:
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 04-05-11 à 23:12



Le Maroc jouit-il d'une presse libre et indépendante? Cette presse s'affirme-t-elle comme un vrai quatrième pouvoir? N'est-ce pas rêver que de croire que la presse marocaine d'aujourd'hui est à même d'assurer la transition démocratique au Maroc? Quelles sont les forces du champ médiatique marocain- s'ils en existent...- Quelles sont ses empêchements et ses limites? Quelles solutions faudrait-il proposer pour une montée en crescendo de la liberté d'informer, de commenter, mais aussi de critiquer et de dénoncer, dans le vrai sens déontologique du métier!

Le Maroc est une exception. Le Maroc est très jeune démocratiquement, mais qui travaille presque pour réformer ses institutions, comme les grandes démocraties dans le monde. Les libertés fondamentales sont assurées, les espaces d’expression existent et le jeu politique est ouvert. Le Maroc est un pays très retardé au niveau de ses acquis relatifs à la liberté d’expression ! Censure, condamnation sont monnaie courante dans le champ de l’expression publique...

On l’a compris, ce sont deux affirmations contradictoires et même opposées. Voilà la conclusion que j’ai eue en lissant les différentes interventions des bloggeurs et des journalistes sur le thème de la liberté d’expression au Maroc.

La jeune démocratie marocaine est là pour rappeler les avancées démocratiques des médias, ses dires, mais aussi ses silences et ses lignes rouges...

Deux tendances opposées, donc : Ou plutôt trois : la voix de ceux qui disent que : Le rythme est lent et les réformes ont traîné !

--- Ceux qui voient d’un œil noir disent :

Sans « être alarmant », on constate, preuves à l’appui, que le Maroc est le pays des contrastes médiatiques. La presse y est un frein à la libéralisation politique.

En effet, la liberté d'investigation et la création d'un espace d'expression inédit a très vite dérangé. La bonne gouvernance au niveau des affaires de communication est caduque. Personne ne pourrait nier que les entreprises de presse sont sous-capitalisées et sous-équipées, que notre pays a dégringolé dans le classement de Reporter sans frontière, que des particuliers posent régulièrement plainte et gagnent très souvent leur procès avec des dommages et intérêts très importants contre les journalistes, que les juges maîtrisent mal le code de la presse.

De plus, Le Maroc est classé systématiquement en bas des tableaux de la liberté de la presse dans le monde. La preuve : plusieurs journalistes sont régulièrement traînés en justice pour des motifs politiques : prison (Ali Lmrabet, Mostapha Alaoui et Mohamed Lhourd ) ; exil ( Aboubakr Jamaï), amende (Benchemsi, Koukas, Rachid Niny…)

Ceci s’explique par le fait que le Code de la presse en vigueur au Maroc reste liberticide du moment où le système juridique n’est pas souvent pourvu de moyens pour trancher efficacement sur des affaires de presse et d’opinion.

En outre, l’opinion internationale dénonce le recule de la liberté de presse au Maroc : Le Groupe de Travail sur la Liberté d’Expression en Afrique du nord « WGFENA », ainsi que Reporters Sans Frontières « RSF » ont critiqué la grave atteinte à liberté de la presse au Maroc. Cela est d’autant vrai que même les élèves n’échappent pas à de lourds condamnations, même par simple ignorance !

L’affaire Yassine Bessal, ce lycéen marocain qui a été condamné à 18 mois de prison pour avoir produit un graffiti en modifiant la devise du royaume, « Dieu, la patrie, le roi » en « Dieu, la patrie et le FC Barcelone », du nom de son équipe de football préférée...

--- Les célèbres journalistes condamnés pour la liberté d’expression : journalistes progressistes...

Aboubakr Jamaï,

Le 13 avril 2006 Aboubakr Jamaï et un de ses confrères, Fahd Iraqi, sont condamnés à payer la somme record de 3 millions de Dhs (290 000 Euros environ) pour diffamation. Aboubakr Jamaï démissionne de ses fonctions au Journal Hebdomadaire et quitte la publication.

Ali Lamrabet,

Directeur des publications de deux hebdomadaires satiriques indépendants, Demain Magazine et Doumane, sa version arabe, était détenu depuis le 21 mai 2003 dans la prison de Salé, située près de la capitale marocaine, Rabat. Ali Lamrabet a été condamné de verser une amende de 50.000 dirhams et à une interdiction d’exercer le journalisme pendant 10 ans,

Driss Chahtane,

Directeur d’Al Michaal a été condamné à un an de prison ferme et incarcéré .

Rachid Mahamid et Mustapha Hayrane,

journalistes dans la même publication ont été condamnés

à trois mois de prison ferme chacun

Ali Anouzla,

Directeur du quotidien Al-Jarida Al-Oula a été condamné à un an de prison avec sursis .

Bouchra Eddou,

Journaliste dans la même publication a été condamnée à trois mois de prison avec sursis.

L'éditorialiste Taoufik Bouachrine et le caricaturiste Khalid Gueddar,

Chacun des deux journalistes a été condamné à un an de prison et à une amende de 100 000 dirhams, et à la fermeture du quotidien...

Rachid Niny,

Condamné à payer des dommages et intérêts de six millions de dirhams au profit de quatre substituts du procureur du roi à Ksar El Kbir et a été également condamné à payer une amende de 120.000 DH à la trésorerie générale du royaume.. .

Ahmed Benchemsi,

Condamné à la saisie de deux numéros de ses publications et à verser une très grande somme d’argent pour amende.

--- Du côté chiffres :

Le Maroc compte 21 quotidiens, 226 hebdomadaires, 226 mensuels et de nouvelles radios privées, avec une diffusion de 400 000 exemplaires par jour... Pas plus de 350 000 personnes achètent un journal chaque jour – c’est-à-dire à peine un peu plus que 1% des Marocains…

le Maroc dispose de 27 stations de radio AM, 25 FM, 6 en ondes courtes et 5 stations de télévision dont 2M.

Le Maroc compte 1,5 million d'accès internet (Adsl et 3G ) et près de 10,2 millions d'internautes (janvier 2010). Ces chiffres situent le Maroc en tête des pays de la région. C'est le pays arabe avec le plus de pages Web référencées par Google dans son domaine .

Plus de 95% de la bande passante internet du Royaume est consommé par les internautes pour visiter les sites étrangers à défaut de contenu local innovant et créatif.

Selon le classement 2007 de Reporters sans frontières sur la liberté de la presse, le Maroc est au 106me rang sur 169 pays évalués.

--- Ceux qui voient d’un œil blanc :

Ils dénoncent le fait de préférer le scandale qui fait vendre à la recherche de la vérité. La diffamation, les sujets qui font vendre le papier sont une règle dans la presse marocaine. C’est pourquoi, les journalistes n’ont pas une bonne image auprès de l’opinion.

De plus, durant les dix dernières années, le champ de la liberté de s’exprimer s’est largement développé. Plusieurs tabous sont tombés : monarchie, Sahara, sexe, religion… peu de sujets sont encore réellement interdits.

C’est cet excès de liberté qui a poussé des journalistes comme Lambrabet a blessé les marocains dans leur amour propre à la patrie, tout en collaborant, voire intégrant la droite espagnole fasciste.

Le bon sens dit oui à l’expression, mais non aux méthodes diffamatoires suivies !

La démocratie marocaine n’est pas la démocratie suisse ! Les réformes sont en cour et les brusquer risque de les entraver ! S’il y’a des carences au niveau du système juridique, qui reste incapable d’assurer une pleine équité aux journalistes accusés, le ministre de la Justice a envoyé huit magistrats à Paris pour suivre un stage à la 17e chambre, spécialisée dans le droit de la presse.

Témoignage : « C’est vrai que nous sommes loin d’être irréprochables, reconnaît un confrère. Il y a de vrais problèmes de déontologie : le sensationnalisme, les fausses informations, les attaques contre les personnes ou les atteintes à la vie privée sont devenus monnaie courante. »

--- Ceux qui voient d’un œil mi-noir mi-blanc :

La liberté de la presse est un acquis que ni les journalistes ni l’opinion publique ne sont aujourd’hui prêts à abandonner. Mais son usage et sa défense requièrent de chaque partie, médias, pouvoirs publics et justice, qu’elle assume pleinement ses responsabilités. Encore immature, mal structuré, fragile financièrement, le secteur de la presse doit se réformer en profondeur s’il veut pouvoir jouir au mieux de ce droit.

Malgré l’existence de pistes réelles de changement, il n’en demeure pas moins que la conviction d’une grande frange de l’opinion publique est la nécessité de l’accélération du processus de libéralisation du champ audio-visuelle et de la presse écrite.

Le défi de réforme et d’investissement ne se limite pas à l’audiovisuel, il doit couvrir un périmètre plus large qui intègre la presse écrite et l’internet.

Le respect du droit à l'information pour toutes les composantes de la société marocaine, l'arrêt immédiat de la manipulation médiatique menée par les télévisions publiques doivent guider ce besoin de communiquer et de réformer, la nécessité d’établir une ligne de démarcation entre une masse médias citoyenne et militante et une masse médias populiste et sensationnaliste doivent concourir à la hausse du taux de démocratisation au Maroc !

D’ailleurs un brème de 0 à 100% devrait être perfectionné pour jauger le degré de démocratisation de chaque pays !

--- La grâce royale :

Nôtre roi gracie la plupart des journalistes condamnés. Ce qui alimente un peu plus la confusion au niveau juridique. Cela est un très bon signe.

De plus, le discours royal du 9 Mars évoque : la consolidation de l’Etat de droit et des institutions, l’élargissement des libertés individuelles et collectifs et la garantie de leur exercice... Cela est aussi un très bon signe.





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