La langue française, un grand obstacle dans notre système éducatif

 Par fatima imane  (Prof)  [msg envoyés : 1le 01-01-15 à 15:25  Lu :755 fois
     
  
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La langue française, un grand obstacle dans notre système éducatif
La langue française est la deuxième langue après l’Arabe et la première langue étrangère avant l’Anglais au Maroc. Les enfants l’apprennent dès l’école primaire. Ce qui laisse imaginer qu’ils ont un bon niveau. Mais tout le contraire se laisse ressentir, car le niveau est médiocre et ils n’arrivent pas à construire une phrase simple et cela même au lycée.
Alors quels sont les problèmes qui bloquent les jeunes d’aujourd’hui à communiquer en Français ?
Et quels seraient les solutions à réaliser pour les aider à rehausser leur niveau d’apprentissage dans une langue qu’ils considèrent désormais la bête noire à l’école ?
D’abord, le jeune d’aujourd’hui opte souvent pour la facilité, il ne lit plus, ne cherche plus et n’écoute plus. Et en même temps, il se voit maître de la situation quand il n’achète ni les livres scolaires ni les cahiers de cours ou d’exercices. Tout cela laisse son enseignement dans une impasse.
Ensuite, vu son âge et le niveau scolaire auquel il est arrivé à savoir le lycée, il abandonne son processus scolaire en prétendant qu’il ne peut rien faire et que le programme dépasse ses capacités ; il vient en classe non pour assister aux cours mais seulement pour certifier sa présence. Ce défaitisme intellectuel et cette tendance à lâcher prise le mène naturellement à un nouvel analphabétisme. En effet, l’étudiant arrive seulement à déchiffrer les lettres de l’alphabet et les numéros. Pourtant, il a dû mal à être créatif et inventif. La langue devient pour lui un but et non un moyen d’affirmer sa personnalité, de traduire ses sentiments et ses pensées et même aller plus loin transmettre de façon réfléchie ses valeurs religieuses. Il s’agit là d’un véritable handicap langagier. La langue devient un véritable défi qui l’effraie et l’agace.
Puis, ce qui est devenu grave c’est lorsque l’étudiant parle un très mauvais « français » ou ne le parle pas du tout car il préfère s’exprimer en Arabe dialectal ; situation très alarmante car même l’Arabe soutenu a perdu sa vraie valeur dans son apprentissage.
C’est un nouveau langage qui s’instaure entre les jeunes, un langage de sms !
Mais posons la question différemment, est-ce que cette situation a résulté du fait que le ministère de l’éducation et de l’enseignement national a réduit l’horaire ou est-ce dû à la médiocrité du programme scolaire établi depuis le primaire et au grand nombre d’élèves rassemblés dans une même classe ?
Cela suppose que le niveau médiocre auquel est arrivé l’étudiant marocain n’est pas uniquement sa faute à lui mais aussi au système éducatif dans lequel il a grandi. Donc, il n’est que le produit défaillant d’une grande institution boiteuse et impuissante dans ses réformes ; que ce soit ministère ou enseignants.
Cependant, bien que le professeur soit nourri de bonnes intentions il se trouve finalement coincé devant des notions préconçues que l’élève a adoptés au cours de son processus d’apprentissage et qui le rend vulnérable et impuissant dans son acquisition de savoir, un savoir qui malheureusement représente un grand défi devant lequel il ne peut plus rien (du moins de son point de vue) alors que c’est faux parce qu’il possède des potentiels qu’il ne soupçonne pas et qu’il n’a pas encore découvert.
Enfin, ce qui nous permettra de dépasser cette phase alarmante et la modifier vers le mieux c’est redonner à ces jeunes la passion de lire ou même plus les motiver à ressentir le besoin de lire.
La lecture devra être un moyen pour construire sa personnalité, l’aider à s’exprimer d’où sa maîtrise est indispensable. Il doit aimer apprendre et non être obligé d’apprendre. Et pour arriver à ce stade, il faut qu’il comprenne que l’apprentissage devra être un moyen et non une finalité.
Par ailleurs les enseignants doivent multiplier les moyens pour s’épanouir dans leur univers en s’approchant de plus en plus de ces étudiants en manque souvent de compassion, d’amour et de compréhension. Il faut juste renouer de véritables relations humaines entre élève et professeur, briser la glace qui s’est instaurée entre les deux, motiver ces jeunes par des encouragements même si le niveau est en baisse, ne jamais les insulter ou les démoraliser et leur apprendre l’estime de soi. De plus cela évite au professeur de devenir une sorte de bourreau qui se plaît à maltraiter et punir ses élèves.
C’est un travail de longue haleine et qui demande beaucoup d’efforts de la part de l’enseignant et de l’élève en même temps puisqu’ils sont les deux piliers essentiels d’un système préétabli par le gouvernement et la société.
C’est un travail que je viens d’écrire pour établir une discussion en classe entre mes élèves pour mettre le point sur les difficultés qu’ils rencontrent en Français.
Qu’en pensez-vous ? Y a-t-il d’autres points que je dois ajouter pour enrichir leur discussion.
Merci à vous.
Amicalement vôtre.

  



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 Réponse N°1 34987

La démotivation s'enclenche à l'école primaire
  Par   AitBaaya Mohamed  (Profle 02-01-15 à 18:09



Je participe à ce débat, parce qu'il est toujours d'actualité, parce qu'il nous fait mal au cœur, parce qu'il nous donne l'impression qu'on est physiquement présent dans notre classe, juste pour faire plaisir à notre inspecteur, à notre directeur ou à ces pauvres parents qui ont tout espoir et tout œil sur nous... Tous les professeurs de français se plaignent du niveau actuel de leurs élèves. Ces derniers n'arrivent pas, quoiqu'on fasse, à exprimer correctement ce qu'ils ressentent ou ce qu'ils pensent, ni oralement ni par écrit, en bon français. Ils ne comprennent pas nos questions, nous ne comprenons pas leurs réponses: un véritable quiproquo, entre gens qui, malgré tout, veulent faire quelque chose...

(Un jour, lorsque je travaillais dans un CM2, j'avais invité dans ma classe un groupe de professeurs stagiaires français, en vacances dans notre ville, question de glaner quelques suggestions susceptibles d'améliorer ma méthode pédagogique, mes façons de gérer mes leçons de langue...

Leurs remarques n'étaient pas flatteuses: - Vous perdez votre temps avec ces programmes indigestes, ce texte de lecture sur lequel vous travaillez maintenant dépasse de loin le niveau réel des petits français natifs. Personnellement, m'avoue un visiteur, j'ai trouvé des difficultés à comprendre certaines expressions, j'ai demandé de l'aide à mes collègues, j'avais honte, et d'ailleurs je ne vois pas l'utilité de ce texte-os par rapport à ces pauvres arabophones... Je les plains.)

Honnêtement, ce que nous endurons, ce que souffrons au quotidien dans nos classes, ne vient ni de nous ni de nos élèves. Les seuls responsables de nos malheurs sont ceux qui concoctent pour nous ces programmes-os indigestes. Ils paieront un jour tout ce calvaire qu'ils nous font vivre dans nos classes. Pour se remplir les poches, ils nous massacrent, ils nous mettent dans des situations indicibles. Ils paieront un jour...





 Réponse N°2 35058

je suis deprimée
  Par   aitlefkih yossra  (Profle 15-01-15 à 22:22



vraiment je n'ai plus le gout d'aller en classe, ou d'enseigner cette langue ,mes élèves en 1BAC et TC sont très faibles malgré mes effort de semer en eux au moins le plaisir d'apprendre ou de lire ce qui me décourage tout en regrettant de choisir cette langue et ce métier ; aidez-moi s'il vous plait!!! comment dépasserai_je cette difficulté qui m’empêche de continuer normalement mon parcours professionnel?





 Réponse N°3 35128

Potion magique: simplification
  Par   Hayatti Youssef  (Profle 04-02-15 à 11:11



Bonjour à tous

C'est ma première année d'enseignement, j'ai été affecté dans un village lointain et j'en doute si le niveau de mes élèves dépasse celui des vôtres.

Bref, je suis confronté à des difficultés de compréhension de la part de mes élèves. Certains ne participent jamais, n'osent même pas lire, ni me regarder. Ce blocage est du non seulement aux programmes incompatibles aux niveaux locales mais aussi au zèle de certains professeurs de français, qui n'hésitent point d'étaler leur savoir et d'améliorer leur niveau au détriment de celui des élèves. Ils s'aventurent dans l'usage d'un langage soutenu dans l'espoir de parler comme un prof universitaire français. Mais enfin, dans quel but? Transmettre? Loin de la, plutôt se vanter devant ses victimes.

C'est un appel pour la simplification, la simplification et encore la simplification. Certains termes sont à bannir en classe, Des cours à éviter et des axes de lecture à revoir. Je pense que l'essentiel n'est le contenu, mais plutôt les compétences à atteindre. Et merci pour votre lecture.





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