la figure de style est liée au style.

 Par Adi Lachgar  (?)  [msg envoyés : 341le 05-06-12 à 11:17  Lu :1219 fois
     
  
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Comme suite à la question du « couteau triangulaire » de mon ami Abdellatif, je vous propose de prolonger la réflexion sur ce qu’est une figure de style en observant un exemple.
Observons les énoncés suivants :
• Pour lui, elle était sa princesse, son ange, sa déesse.
• Elle était sa princesse, son ange, sa déesse.
• Il pensait à elle ; il l’appelait sa princesse, son ange, sa princesse.
Tout le monde peut identifier une suite de métaphores, disposées en gradation. Cependant, en rapportant ces figures de style au concept de style (qui est le fait de l’auteur), elles n’ont pas la même valeur dans les trois énoncés.
Qu’en pensez-vous ?

  



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 Réponse N°1 22784

pour amorcer le débat,superficiellement,
  Par   Jeafari Ahmed  (CSle 05-06-12 à 11:28



je dirai d'abord que dans l'exemple 1:

C'est lui qui la considère comme telle, qualité qu'elle n'a peut_être pas.

Dans le 2eme: les gens lui reconnaissent ce pouvoir sur lui, et ce n'est toujours pas sûr qu'elle ait ces qualités.

Dans le troisième, il affiche une certaine supériorité, et il daigne, l"appeler comme cela, par amour, tendresse, affection, complaisance., par nostalgie.., et toujours pas de certitude.





 Réponse N°2 22786

Bis,
  Par   Jeafari Ahmed  (CSle 05-06-12 à 12:03



Je sais si Adi, que vous voulez dire qu'une construction qui s'apparente à une figure de style en particulier peut signifier une autre figure si elle est employée autrement ,( le style)

1- ( métaphpores ) une gradation, hyperbole...

2- ....gradation

3- ....périphrases

?????





 Réponse N°3 22789

re
  Par   marocagreg  (Adminle 05-06-12 à 12:12



le style est indissociable de l'énonciation : il faut distinguer le style de l'auteur du style du personnage, du style du narrateur.





 Réponse N°4 22795

Oui,
  Par   Jeafari Ahmed  (CSle 05-06-12 à 12:43



Mais c'est l'auteur qui en gouverne l'effet!





 Réponse N°5 22802

hypothèses
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 05-06-12 à 13:14



L'énoncé 1: le locuteur se démarque du "personnage" et cela suppose que lui ou les autres ne partagent pas cette vision. On peut ajouter une forme d'insistance avec la mise en relief de "pour lui".

L'énoncé 2: contrairement au premier énoncé, la vision du personnage est présentée sans remise en cause du locuteur.

L'énoncé 3: le personnage semble lui attribuer à chaque fois une appellation.

A vrai dire, je donne ma langue au chat parce que je ne suis sûre de rien.





 Réponse N°6 22804

On a la même vision
  Par   Jeafari Ahmed  (CSle 05-06-12 à 13:19



Madame Aziz!





 Réponse N°7 22807

Bonjour M. Jeafari
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 05-06-12 à 13:27



Attendons l'entrée princière, angélique, divine du héros.





 Réponse N°8 22809

Oui,
  Par   Jeafari Ahmed  (CSle 05-06-12 à 13:30



bien bronzé en plus, mais pour un sudiste ça ne fait pas beaucoup de nuances!





 Réponse N°9 22845

L'effet
  Par   ISLI HAMID  (CSle 05-06-12 à 16:15



Certes,la figure est la même mais l'effet ne l'est pas, ni d'ailleurs le sens.





 Réponse N°10 22847

L’énonciation Vs les figures de style...
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 05-06-12 à 16:35



L’énonciation est venue justement en réponse aux questions posées autour des figures de style: les nuances et ce qu'elles renferment en terme d'implicite et de présupposés...

Mais parler de figure de style, la chose est tranchée: j'opte pour la gradation, comme l'a souligné Abdellah.

Mais puisque les figures de style sont des images mentales, comme je l'ai déjà dis, la possibilité qu'il ait plusieurs figures dans une seule et même phrase est confirmée. Reste une chose, la possibilité de réussir son commentaire et justifier la figure en question.

Pour l'énonciation, c'est autre chose: c'est le contexte qui détermine et aussi l'instance de l'énonciation.





 Réponse N°11 22950

Re
  Par   OMARI Abdellatif  (Profle 06-06-12 à 12:19



Si je n’ai pas réagi un peu plus tôt, c’est parce que je ne voulais pas hasarder n’importe quelle réponse, cependant, la réponse à laquelle j’avais pensé au moment même est la seule qui reste valable pour moi jusqu’à présent. Ce que je peux dire, c’est que dans leur contexte, les énoncés ne sont pas pris en charge par le locuteur ( auteur ou narrateur), et donc ils ne constituent pas un discours évaluatif en rapport avec le moment de l’énonciation, et puisque c’est le cas, ils ne seront nullement considérés comme des figures. Dans la mesure où ces énoncés sont imputés à une autre entité (lui, sa, il), il faut, pour les analyser, sortir du contexte extradiègétique au contexte intradiégétique et les mettre en rapport avec cette entité qui les prend en charge (personnage, personne...). Pour le personnage, qui use de ces termes dans sa mémoire, ou en appelant sa bien aimée « princesse », « ange », « déesse », les énoncés sont bel et bien des figures (métaphores, gradation), mais en aucun cas ils ne seraient considérés de tel s’ils n’étaient pas pris en charge par le narrateur. Votre question peut être formulée aussi autrement, en demandant dans quel contexte ces énoncés seront analysés comme des figures et dans lequel ils ne le seront pas. Mais à vous le dernier mot, cher ami, nous sommes tous si impatients de connaître la vraie réponse, et si vous le permettez, je vais poster une question à ce propos, uniquement pour le partage, moi aussi j’ai besoin de confirmer ou d’infirmer ce que je pense.





 Réponse N°12 22968

Il n'y a pas de vraie réponse: il n'y a que de vraies questions
  Par   Adi Lachgar  (CSle 06-06-12 à 13:12



Salut à tous

Vous avez tous participé à former une vraie problématique qu'il s'agira de formuler. J'ai posé la question sans avoir de réponse définitive. Si Omari vient d'ailleurs de se lancer dans une entreprise de systématisation théorique. La question mérite d'être creusée. Je compte l'approfondir en travaillant sur un corpus de la littérature arabe. En attendant, voici comment j'analyse les énoncés proposés:


Si je devais classer ces trois énoncés en termes d’engagement tropique de l’auteur, je les disposerais ainsi

1-Elle était sa princesse, son ange, sa déesse.

2-Pour lui, elle était sa princesse, son ange, sa déesse.

3-Il pensait à elle ; il l’appelait sa princesse, son ange, sa princesse.

Dans le premier énoncé, le narrateur omniscient nous transmet la force de la passion du personnage par ce procédé très hugolien qu’est la métaphore liée à la gradation. L’énoncé est le sien, le style également. Il est indéniable que les tropes sont le fait de l’auteur.

Dans le deuxième énoncé, comme vous l’avez souligné, le narrateur modalise son propos grâce au groupe prépositionnel « pour lui.» La focalisation interne permet au narrateur de prendre quelque distance, mais son engagement tropique reste évident. Si les métaphores peuvent être le fait du personnage, la gradation, elle, est le fait de l’auteur.

Dans le dernier énoncé le discours indirect libre rend l’engagement tropique (la fabrication de l'image) de l’auteur un peu plus hypothétique. Il ne fait plus que rapporter l’énoncé du personnage, tournée à la manière (style) de ce dernier. Les métaphores et la gradation ne sont dues qu’au personnage.





 Réponse N°13 22980

convaicant
  Par   OMARI Abdellatif  (Profle 06-06-12 à 14:06



Sans entrer dans des subtilités pour le moment, votre analyse est pertinente et peut être convaincante. Vous venez de déclencher en moi d'autres idées. Merci, cher ami.





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