La fable et le conte

 Par tenkoul rachid  (?)  [msg envoyés : 14le 01-07-11 à 01:53  Lu :1028 fois
     
  
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La fable, elle, a une portée moralisatrice, tandis que le conte ne recherche pas fondamentalement ce but. Au contraire, il tend à initier le lecteur ou l’auditeur à la sagesse ancestrale et universelle qui transpose la mythologie première des origines de l'humanité. De là, cet humanisme profond qu’exprime la philosophie exaltée par le conte en tant que genre littéraire le plus proche de l'homme indépendamment de sa culture, de son vécu et de son savoir intrinsèque.
La fable use des animaux comme des personnages imaginaires pour établir la distance entre la réalité et la fiction, toutefois aussi, elle se sert d'animaux comme alibi dans un élan de dérision et d'humour. La fable est une critique sociale. La vérité masquée est souvent une de ses raisons d'être. Le conte est l'exaltation de l'imaginaire social. Dans la fable, on use de l'humour, de la dérision pour mieux dénoncer les erreurs, les incompétences et même les méfaits de gouvernants face au peuple. C'est une satire sociale profonde quoique cachée d’une société où règnent l'hypocrisie, la tyrannie et l'arbitraire du monarque.
Le conte use aussi de l'humour et de la dérision, avec un objectif différent, celui d'amuser et de distraire. Ce sont aussi les buts de la fable. Quant à l'utilisation des animaux dans le conte, ils interviennent comme des personnages réels, dotés de qualités et de défauts, jouissant parfois de mêmes aptitudes que les êtres humains. Ils peuvent dès lors posséder des pouvoirs prodigieux et maléfiques sur la vie de l'homme, sur sa destinée. Rôle qu'ils n'ont pas dans les fables.
Dans le conte, il n'y a pas de moralité plaquée sur le récit. Parfois, il arrive cependant qu'elle se dégage d'elle-même, à l'insu du narrateur. Le décor varie dans un conte oral, mais ne bouge plus dans un conte écrit. Il s'inspire de ce qui est beau, surprenant et exceptionnel pour amplifier et surpasser le réel. Le décor de la nouvelle ou du roman est toujours réaliste, proche du quotidien.
Source : Kama Sywor KAMANDA, « Préface », Contes, Paris, Eben'a, 2004, p. 7-17.

  



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