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La crise de l'enseignement: chute fatale ou programme officiel? Par Esdiri Fethi (Prof) [msg envoyés : 211] le 20-06-10 à 06:20 Lu :838 fois Partagez ce message sur : |
Parfois j'ai l'impression que ce qui se passe dans l'enseignement est béni par les dirigeants surtout lorsqu'on ne réagit pas face aux inquiétudes des enseignants.Dans ce monde matériel où nous vivons, le capitalisme sévit et le pragmatisme est la nouvelle loi qui se cache dans l'ombre d'une devise brillante: la science en faveur du progrès. L'enseignement, notamment celui des sciences humaines, est classé comme un secteur stérile, non producteur. La culture dégringole devant l'euro et le dollar. L'Etat en a marre apparemment de dépenser de l'argent pour enseigner des gens auxquels elle ne trouvera pas des métiers. Que le niveau des élèves baisse, ceci arrange bien l'Etat. S'il y a trois ou quatre bons élèves dans chaque classe c'est bien, elle ne trouvera pas de difficulté à leur trouver des métiers. On peut par-là comprendre le sens et la visée de ce qu'on appelle "la pédagogie de la réussite"- conception mal comprise et mal appliquée d'ailleurs- car l'essentiel c'est d'avoir un diplôme et peu importe s'il va servir à quelque chose ou non. Les inspecteurs, les directeurs (victimes eux-mêmes des pressions) exercent des pressions sur l'enseignant, le pauvre enseignant, pour que ceci donne de bonnes notes aux élèves abstraction faite de leurs niveaux sous prétexte qu'il ne faut pas nager contre le courant. Si on veut améliorer l'enseignement on le fera sans difficulté sûrement. Les recettes sont prêtes et la solution est connue: au moment de crise on revient en arrière vers la période brillante et on reproduit les causes de la réussite en tenant compte de l'évolution de la société bien entendu. Mais malheureusement on peut pas faire ça doublement hantés que nous sommes par le mythe du progrès et le complexe du retour en arrière de crainte d'être qualifié de retardateurs ou de passéistes. Deux étapes fondamentales s'imposent, à mon sens, pour améliorer le niveau de l'enseignement : fournir à l'élève une matière scientifique consistante où il sera un récepteur (enseignement primaire et les premières années du collège), puis le mener d'une manière souple vers l'exploitation de cette matière requise et le développement d'un esprit critique qui lui permettra de l'utiliser dans le bon sens, en faveur de la société où il vit et par extension en faveur de l'Humanité. Loin de là, l'enseignement qu'il soit de la langue française ou autre, semble perdre la tramontane dans le flux de pédagogies dictées par ceux qui le sponsorisent. Les écoles deviennent un véritable labo et les élèves en sont des cobayes. L'expérience a montré que généralement, les bonnes conditions d'enseignement ne font pas toujours les bons élèves. L'essentiel c'est d'être sincère dans la quête des solutions. Ainsi, avec des moyens simples mais qui sont les nôtres, nous pouvons aller plus loin que les autres.
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Réponse N°1 5053 Point de vue foncièrement partagé! Par Idoubiya Rachid (Prof) le 20-06-10 à 09:42
Salut M. Esdiri Fethi,
Je partage votre façon de voir les choses et je suis complétement/foncièrement d'accord avec ce que vous avancez. Votre analyse n'est que pertinente, et à plus d'un titre.
Vous savez pourquoi on est arrivé à ce stade de la dégringolade?
Je vais vous dire pourquoi? Au plutôt notre cher sociologue Pierre Bourdieu nous a dit déjà pourquoi:
Mais avant tout, j'aimerai vous raconter une petite histoire, comme guise d'introduction à la besogne...
Dans notre établissement, lors des préparatifs pour les EXAMENS, nous avons passé presque deux heures à parler des dispositions pour contrer toutes les manières imaginaires et "imaginables" de la tricherie!
Chose en elle très logique, vu que nous vivons dans un monde où la tricherie - de tout genre- règne en maître absolu!
Pourquoi je parle de la tricherie, M. Esdiri Fethi, mais parce que d'après ma modeste expérience de l'école et de la vie, c'est exactement de cela qu'il s'agit!
Voyons la chose de plus près: de quoi s'agit-il au juste?
Vous allez me dire de crise de l'enseignement et des difficultés à trouver des solutions...Nous sommes, cher collègue, devant une situations-problème qui demande des solutions de plus haut niveau!
Mais puisque les premiers systèmes éducatifs ont engendré des tricheurs de tout genre et non des compétents, ces même tricheurs jouent et continuer de jouer à leur TRICHERIE!
Qu'est-ce qu'ils font: au lieu de chercher des solutions authentiques: problèmes locaux, situation personnelles/ solutions personnelle, ils ont copie les expériences des autres et ils essaient de les calquer sur les nôtres, sans aucun effort ni d'assimilation des dites expériences ni d'adaptation, croyant que par miracle que cela allait marcher!!!
D'ailleurs, la pédagogie de l'intégration - je vais y revenir largement- et je sais parfaitement de quoi je parle est l'exemple criant de ce que j'avance...
Comme d'habitude, un système inefficace ne poura engendrer qu'un système inefficace: cela s'appelle de la propre appellation de notre sociologue: la reproduction. CAR un système basé sur la transmission de SAVOIRS qui ne font pas SENS ne peut que donner des têtes bien pleines..., et de surcroît portées par des tricheurs...
Donc, au lieu de trouver des personnes qui prennent les bonnes décisions ICI et MAINTENANT pour sauver une système qui souffre de sclérose, ces même personnes - on les voit courir ça et là à la recherche de recettes miracles dignes des plus grands des charlatants!
NB- L'analyse que je suis entrain d'avancer n'est pas un discours poétique qu'il faut lire comme un roman, mais j'invite le lecteur à la grande modestie d'une lecture très attentive...Sinon le message n'aura pas lieu!!!!
Donc M.Esdiri Fethi, toutes les méthodes sont bonnes ou presque, mais si ces méthodes viennent de NOUS et non des AUTRES! Qu'elle viennent de nous! De nos préoccupations, de nos insuffisances, de nos faiblesses, de nos lacunes. Mais pas des performances des AUTRES, de leur succès car aucune réforme qui ne tiennne pas compte de nos propres besoins, de nos propres réalités ne pourra aboutir à quelque chose de positive!!!
NB- Je ne veux pas de lecteurs qui lisent pour chercher comment DISCUTER/CRITIQUER ce que j'avance- Mais d'essayer de voir avec moi/nous comment faire pour améliorer/faire sortir notre système de la crise où il se trouve, avec modestie et amour de nôtre pays!
Voilà donc M.Esdiri Fethi, une réponse à votre article que je trouve profondément Et sincère Et logique forme et fond!
Cordialement cher collègue.
NB- Que pensez-vous de tout cela madame Kerzazi Fatiha: vous qui a des années et des années de pratique en tant qu'enseignante et qui aimez corps et âme votre/notre métier?
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Réponse N°2 5058 J'accuse! Par Samira Yassine (Prof) le 20-06-10 à 12:17
Salut M Idoubiya, M Es diri,
Avant nous, d’autres n’ont pas cessé de répéter :« Nous sommes tous concernés et c’est à chacun de faire le maximum pour trouver les remèdes requis qui sauveront notre avenir du naufrage qui le menace. J’estime qu’il faut lancer un dialogue national afin que toutes les composantes de la société puissent participer au débat qui se fixera comme objectif la détection des lacunes de notre système éducatif et la proposition de remèdes requis. »
Mais qui les a écoutés ? Qui a essayé de donner la parole aux premiers concernés par ces réformes afin de dire leur mot ?
On passe de réforme en réforme, nous exécutons sans avoir à dire notre mot là-dessus, si on écrit, on donne notre avis, quelle démocratie ! Mais on n’en prend pas compte. Ça me rappelle un proverbe de chez nous, grand signe du RESPECT pour la femme :« اسمع اللمرا او مديرش برايها » » écoute la femme mais ne fais pas de son avis »’ traduction littérale’. C’est ce qu’on nous fait
« Envoyez vos demandes, dites ce qui ne va pas » et après rien. C’est une façon de nous calmer, de nous permettre de nous défouler. Ils sont gentils non ?
Des fois ils sont très généreux ! ils organisent des réunions dont leur représentant est le pauvre inspecteur qui reçoit mille et une questions , protestations auxquelles il se débrouille tant bien que mal à trouver des réponses qui restent toujours loin d’être convaincantes pour les forçats que nous sommes, nous les enseignants.
Oui nous sommes les forçats condamnés à enseigner un programme qu’on n’accepte pas, la peine dépend de notre âge et de l’âge fixé pour le départ à la retraite, parce que le comble, on parle de 65ans comme âge légal pour avoir le droit de partir à la retraite !!!
En vérité, je ne sais plus par où commencer.
Au cours des examens de fin d’années, on découvre, lors de la surveillance de ces pauvres élèves, qu’ils sont nuls en tout, qu’ils cherchent à tricher dans toutes les matières, qu’ils ne maitrisent aucune langue, ni le français ni l’anglais ni même leur langue maternelle l’arabe, ils écrivent en arabe dialectal.
Pour ne parler que de leur problème en français, personnellement, j’accuse l’Arabisation. Ma carrière professionnelle débute avec l’arabisation. Avant, le professeur ne trouvait pas beaucoup de problèmes à communiquer avec ses élèves. Au cours de nos études certaines connaissances acquises dans d’autres matières étaient monnaie courante dans notre communication en français par exemple « hypothèse / parallélisme/ Inclusion / transitivité/ cellule/ réaction chimique….)la liste est infinie. Lors de mes premières années d’enseignement, j’ai été surprise de devoir expliquer le mot hypothèse, je ne l’acceptais pas, une fois le terme dit en arabe, tout le monde comprend et fait l’exercice. Avec le temps, les élèves ont surmontés certains de ces problèmes grâce au cours de traduction. Je ne comprends pas pourquoi arabiser un programme que l’élève devra suivre en français au cours de ses études supérieures, et pourquoi arabiser puis créer un cours de traduction.
Vous devez remarquer mes chers collègues que je trouve du mal à être cohérente dans mes propos. Comment être cohérent en parlant de l’incohérence même.
Je suis plutôt mélancolique en abordant ce sujet, parce que lorsque M Esdiri a abordé ce sujet, il fait preuve d’un grand souci de voir s’améliorer cet enseignement. Lorsque M Idoubiya partage son avis, c’est parce que c’est quelqu’un qui fait preuve de grand dévouement pour le domaine de l’enseignement. Mais tel n’est pas le cas pour nous tous. Il ya des collègues, dont je respecte la position, qui sont déjà partis en vacances et rient de nous qui sommes là à se faire tant de soucis pour le domaine. Vous ne direz pas le contraire. L’enseignement est un don. Nous agissons par amour pour notre métier. Mais certains n’ayant pas eu la chance d’exercer le métier de leur rêve, ce sont trouvés tout d’un coup jeté au sommet d’une montagne, devant enseigner différents niveaux avec différents programmes et dans la même salle, d’autres doivent enseigner un programme de communication à une classe dont l’effectif dépasse les 46 élèves . Le problème est tellement compliqué qu’on ne sait plus par où commencer ni comment y remédier.
Vous me direz « donner la parole à l’enseignant » mais il y a des enseignants qui ne se donnent pas tant de mal, qui ne veulent pas un programme dont l’élève profitera mais veulent le moins fatiguant des programmes que l’élève en tire profit ou non peu importe !
Bref, pour que notre enseignement s’améliore on doit tous se serrer les coudes, cherchant avant tout l’intérêt de cet élève qui peut être mon fils ou le vôtre.
Je vous remercie M Idoubiya de demander mon avis mais c’est un sujet tellement vaste que je trouve du mal à être cohérente.
Cordialement/
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Réponse N°3 5061 Une "incohérence" éloquente Par Esdiri Fethi (Prof) le 20-06-10 à 13:29
Mes chers collègues, quand les soucis sont partagés, ils sont plus légers. Mme Kerzazi votre incohérence est très éloquente. D'abord elle prouve votre sincérité ensuite elle reflète la réalité car dans de tels circonstances l'anarchie est de règle et on ne peut être qu'incohérent, déconcerté, tiraillé entre la voix de notre conscience agonisante et les élucubrations de nos grands pédagogues. Qu'en pensez-vous Mr Marocagreg ?
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Réponse N°4 5065 Tricherie oui, mais problème de compétence aussi Par Esdiri Fethi (Prof) le 20-06-10 à 14:01
En attendant l'intervention de Mr Marocagreg et des autres collègues, Mr Idoubiya , oui les tricheurs sont innombrables. Ça coule dans les veines apparemment. Mais il y a un autre point très important à mon sens c'est le problème de compétence. On change les ministres comme des pions. Ces ministres sont terriblement interchangeables. Celui de l'éducation ne doit-il pas quand même être un bon connaisseur de ce domaine, quelqu'un qui a été éclaboussé par la poussière de la craie, agacé par les bêtises des élèves et de l'administration. Bref, quelqu'un qui est proche des enseignants, qui connait bien la réalité de l'enseignement, les vraies lacunes pour pouvoir prendre les solutions convenables ?
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Réponse N°5 5074 Cohérence... Par Idoubiya Rachid (Prof) le 20-06-10 à 14:58
Salut madame Kerzazi Fatiha,
Je salue en vous votre aimable amour pour notre pays. C'est vrai! Si notre système est arrivé au stade qui est le sien aujourd'hui, c'est à cause d'un amas de comportements d'indifférence et d'insouciance partagé par tout le monde!
Pour certains responsables qui se sont plus dans leur responsabilité et qui ont oublié de continuer leur formation continue jusqu'à la limite de l'ignorance!
Pour certains enseignants qui font du métier d'enseignant une fonction comme n'importe quelle fonction banale et de routine: exécution de la tâche sans conviction ni vraie conviction! - Apprendre quelque chose, à part " le minimum nécessaire- pour enseigner les quelque éléments élémentaires du métier, est leur dernier souci: avec le temps ils deviennent aussi ignorants que les premiers.
Nb- Ne nous a-t-on pas appris qu'on vient à l'école pour chercher du travail?! Maintenant, puisqu'on a eu ce qu'on cherchait et qu'on n'est pas au chômage, pourquoi continuer à apprendre à se former et pourquoi se casser la tête à réfléchir le métier? Pourquoi préparer des séquences d'apprentissage alors que d'autres les font à notre place? Pourquoi connaître les différentes pédagogies alors qu'il suffit d'écrire la date du jour et se lancer dans "l'explication de la leçon?"
Pour l'élève - diront ceux que le système scolaire était dans leur faveur: les chanceux qui ont eu leurs diplômes et qui ont "réussi"-: il ne travaille pas, il ne fait pas des efforts, il est un paresseux et un tricheur...
Ceux-là même oublient qu'énormes sont les élèves qui sont devenus adules, sans avoir leur "diplômes" car ils n'ont jamais compris ni le SENS ni eu le besoin d'apprendre ce qu'on leur présentait comme apprentissage! Et les cas se comptent par des centaines de milliers d'individus qu'on rencontre dans les marchés entrains de vendre des petites affaires pour subsister! Alors que le niveau d'intelligence de ces personnes qui luttent pour survivre est parfois bien plus élevé que celui des médecins, des avocats ou des ingénieurs qui passent l'air hautain devant eux!
Chose étrange: on parle d'égalité de chance : PAR PRINCIPE!
Maintenant, vous savez madame Kerzazi Fatiha la différence entre un enseignant-fonctionnaire et un commerçant? Le premier, qu'il travaille avec ferveur et dévouement ou avec une indifférence totale, le résultat est le même! Il va toucher son salaire de la fin du mois! Mais pour le commençant, s'il ne connaît pas les besoins du marchais, s'il ne se "documente" pas sur les produits demandés par les clients, s'il n'apprend pas l'art de la communication et de la négociation, v' a-t-il subvenir à ses besoins et aux besoins de sa famille?
Par expérience et je sais ce que je dis car moi-même j'ai fais du commerce et j'en fais toujours que s'il y a un commerçant qui réussit et un autre qui reste à sa place/ échoue, c'est que le premier travaille, se perfectionne, se développe, alors que d'autres ne font que imiter ce qu'il fait! Mais entre temps, bien qu'on veut réussir en l'imitant/trichant, celui qui cherche et qui "invente" a toujours un pas d'avance sur les autres au point que dès qu'il fait son affaire, les autres se trouvent devant une marchandise qui n'a aucune valeur dans le marcher: se trouvant oubliger de solder les tas de chiffons à bas prix! Alors que le marchant compétent est là avec de nouvelles affaires dont la valeur est appréciée et recherchée...
Quant est-il du professeur compétence et celui qui fonctionne? Les deux sont sur le même terrain, avec les mêmes promotions et les même possibilités! Voir parfois les incompétents réussissent aux dépens des compétents!
Pourtant connaître son métier n'a jamais été une question de promotion - pourtant très importante- mais une façon d'exister! Puisque notre passage sur terre est limitée dans le temps, et que malgré tous les projets qu'on fasse, un jour viendra- et inévitablement et très vite- où nous serons obligés de tout laisser, de tout abandonner! Alors pourquoi on fait tout pour vivre une vie de tricheur?
Cordialement.
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