La censure

 Par abdeslam slimani  (Prof)  [msg envoyés : 365le 14-02-12 à 10:47  Lu :1133 fois
     
  
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Dernièrement, certains qui se déclarent comme des « libres penseurs » ou des « intellectuels engagés » ont dénoncé ce qu’ils appellent la censure dont a été victime au Maroc selon eux une œuvre de Mohamed Leftah : le dernier combat du captain Ni’mat œuvre sulfureuse certes, mais doit-on interdire des œuvres littéraires ou artistiques en général ? Ne leur rend-on pas au contraire un grand service en les interdisant ?
En tant qu’enseignants de littérature, il vous arrive sans doute de vous retrouver dans des situations embarrassantes : évoquer ou enseigner Baudelaire, Lautréamont, le marquis de Sade ou non loin de nous Abdellah Taïa ou Khaïr-eddine dans certaines de ces œuvres nous vous pose-t-il pas problème ? Vous arrive-t-il de vous autocensurer ou même de mettre fin à des propos de vos élèves que vous jugez « exagérés »ou « outrés » surtout quand il s’agit de religion ou de politique ?
Le dernier combat du captain Ni’mat: Dans ce roman court, captivant de bout en bout, nous sommes au Caire. Au début des années 2000. L’histoire commence dans une piscine du quartier chic Ma’adi. Le héros sexagénaire, le captain Ni’mat, ancien réserviste de l’armée égyptienne vaincue par les Israéliens en 1967, est sur le point de vivre une grande révélation : celle de la beauté. Rien que cela ! Cela aurait pu être ridicule ailleurs, chez d’autres écrivains arabes qui se prennent trop au sérieux. Leftah, et on sent sa sincérité réelle, fait de cette révélation un moment littéraire magique, surprenant, déroutant, bouleversant. Le captain Ni’mat est marié, ses enfants sont partis en Europe poursuivre leurs études. Au bord de la piscine, s’ennuyant avec ses copains de toujours, il est surpris par son regard qui s’attarde longuement sur les corps d’un groupe de jeunes hommes qui envahissent bruyamment le bassin. Colère ? Nostalgie ? Désir secret ? La nuit qui suit ce premier moment nous donne la réponse. Le captain voit, dans ses rêves, la beauté : elle a les traits de son domestique nubien (il s’appelle Islam). Ce rêve va tout changer dans la vie, le cœur et le corps de notre captain.
A partir de ce songe érotique et essentiel, le captain Ni’mat est soudain confronté à quelque chose d’inédit : lui-même, son propre corps. A sa grande surprise il va, au fil des pages et des jours, se rendre compte qu’il ne se connaît pas vraiment bien, que le monde arabe, dans lequel il a toujours vécu, l’a empêché de se rencontrer avec lui-même, avec son corps, avec ses désirs réels.(extrait de Tel Quel Online N 457)

  



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