La boîte à merveilles :test corrigé

 Par azougagh hamza  (?)  [msg envoyés : 4le 18-05-10 à 21:49  Lu :8638 fois
     
  
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La Boîte à Merveilles : Compréhension/test 3 avec corrigé
Ma mère se leva pour se préparer. Elle changea de chemise et de mansouria, chercha au fond du coffre une vieille ceinture brodée d'un vert passé, trouva un morceau de cotonnade blanche qui lui servait de voile, se drapa dignement dans son haïk fraîchement lavé. C'était, en vérité, un grand jour. J'eus droit à ma djellaba blanche et je dus quitter celle de tous les jours, une djellaba grise, d'un gris indéfinissable, constellée de taches d'encre et de ronds de graisse. Lalla Aïcha éprouva toutes sortes de difficultés à s'arracher du matelas où elle gisait. J'ai gardé un vif souvenir de cette femme, plus large que haute, avec une tête qui reposait directement sur le tronc, des bras courts qui s'agitaient constamment. Son visage lisse et rond m'inspirait un certain dégoût. Je n'aimais pas qu'elle m'embrassât. Quand elle venait chez nous, ma mère m'obligeait à lui baiser la main parce qu'elle était Cherifa, fille du Prophète, parce qu'elle avait connu la fortune et qu'elle était restée digne malgré les revers du sort. Une relation comme Lalla Aïcha flattait l'orgueil de ma mère. Enfin, tout le monde s'engagea dans l'escalier. Nous nous trouvâmes bientôt dans la rue. Les deux femmes marchaient à tout petits pas, se penchant parfois l'une sur l'autre pour se communiquer leurs impressions dans un chuchotement. A la maison, elles faisaient trembler les murs en racontant les moindres futilités, tellement leurs cordes vocales étaient à toute épreuve; elles devenaient, dans la rue, aphones et gentiment minaudières. Parfois je les devançais, mais elles me rattrapaient tous les trois pas pour me prodiguer des conseils de prudence et des recommandations. Je ne devais pas me frotter aux murs: les murs étaient si sales et j'avais ma superbe djellaba blanche, je devais me moucher souvent avec le beau mouchoir brodé pendu à mon cou, je devais de même m'écarter des ânes, ne jamais être derrière eux car ils pouvaient ruer et jamais devant car ils prenaient un malin plaisir à mordre les petits enfants. - Donne-moi la main, me disait ma mère. Et cinq pas après: - Va devant, tu as la main toute moite Je reprenais ma liberté mais pour un temps très court. Lalla Aïcha se proposait de me guider dans la cohue. Elle marchait lentement et tenait beaucoup de volume. Un embouteillage ne tardait pas à se former. Les passants nous lançaient toutes sortes de remarques déplaisantes mais finissaient par se porter à notre secours. Des bras inconnus me soulevaient du sol, me faisaient passer par-dessus les têtes et je me trouvais finalement dans un espace libre. J'attendais un bon moment avant de voir surgir de la foule les deux haïks immaculés. La scène se renouvela plusieurs fois durant ce voyage. Nous traversâmes des rues sans nom ni visage particuliers. J'étais attentif aux conseils de mes deux guides, je m'appliquais à me garer des ânes, butais inévitablement dans les genoux des passants. Chaque fois que j'évitais un obstacle, il s'en présentait un autre. Nous arrivâmes enfin au cimetière qui s'étend aux abords de Sidi Ali Boughaleb. J'esquissai un timide pas d'allégresse.
1) Présentez brièvement l'auteur et son roman.
2) Situez le passage dans l'oeuvre.
3) « C'était, en vérité un grand jour». Pourquoi le narrateur parle-t-il d'un grand jour ?
4) Le narrateur et sa mère éprouvent-ils le même sentiment à l'égard de Lalla Aïcha ?
Justifiez votre réponse par des expressions tirées du texte.
5) La mère du narrateur et son amie Lalla Aïcha ne se parlent pas de la même façon à l'intérieur de la maison et dans la rue. Illustrez mieux cette constatation en complétant le tableau:
à l'intérieur de la maison
dans la rue
6) La description de Lalla Aïcha faite par le narrateur est-elle valorisante ou dévalorisante ?
Justifiez votre réponse par des expressions tirées du texte.
7) Pourquoi certains termes sont-ils écrits en gras?
8) Relevez les termes relatifs au champ lexical de la foule.
9) Complétez le tableau suivant :
Phrase Figure de style
J'esquissai un timide pas d'allégresse.
A la maison, elles faisaient trembler les murs…
Corrigé: Compréhension
1) C'est Ahmed Sefrioui, un écrivain marocain d'expression française. Il est né à Fès en 1915 de parents berbères. Il est mort en 2004. « La boîte à merveilles» est son roman autobiographique dans lequel il retrace le parcours d'une vie simple d'un enfant né dans la médina de Fès.
2) Ce passage est situé juste après le retour du petit enfant Sidi Mohammed du Msid. C'était un mardi. A la maison, il a trouvé sa maman malade, elle soufrait d'une migraine. Son amie Lalla Aïcha est venue lui rendre visite.
3) Le narrateur parle d'un «grand jour », car, d'abord il n'irait pas à l'école coranique, et ensuite, il devait mettre sa djellaba blanche et partir visiter le sanctuaire de Sidi Ali Boughaleb.
4) Le narrateur et sa mère n'éprouvent pas le même sentiment à l'égard de Lalla Aïcha.
Au narrateur, elle inspire un certain dégoût« son visage lisse et rond m'inspirait un certain dégoût. Je n'aimais pas qu'elle m'embrassât ». Quant à sa mère, elle aime bien Lalla Aïcha : « une relation comme Lalla Aïcha flattait l'orgueil de ma mère »
5)
A l'intérieur de la maison :
Dans la rue : elles faisaient trembler les murs. leurs cordes vocales étaient à toute épreuve. Les deux femmes marchaient à tout petits pas, se penchant l'une sur l'autre pour se communiquer leurs Impressions dans un chuchotement elles devenaient aphones et gentiment minaudières.
6) La description de Lalla Aïcha faite par le narrateur est dévalorisante :
« Cette femme plus large que haute, avec une tête reposait directement sur le tronc, des bras courts qui s'agitaient constamment. Son visage m'inspirait un certain dégoût ».
7) Certains termes sont écrits en gras comme djellaba, haïk, mansouria, car ils sont d'origine arabe.
8) Le champ lexical de la foule : la cohue, un embouteillage, les passants, la foule,
9) Tableau :
Phrase
Figure de style
J'esquissai un timide pas d'allégresse.
La personnification
A la maison, elles faisaient trembler les murs…
L’hyperbole

  



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