L'image du migrant dans le roman « il était une fois un vieux couple heureux de mohammed khaïr-eddine

 Par ELHOUSSAINI Lahoussine  (Agrégatif)  [msg envoyés : 77le 13-11-11 à 19:25  Lu :4141 fois
   
  
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L'image du migrant dans le roman « Il était une fois un vieux couple heureux de Mohammed Khaïr-Eddine.
Par Lahoussine EL HOUSSAINI
Professeur de l'enseignement qualifiant
Lycée Abdelkrim Al Khattabi, Agadir
el.houssaini@yahoo.fr
Lui-même émigrant et fils d'émigrant, puisqu'il est né à Tafraout (en 1942) alors qu'il a grandi à Casa auprès d'un père commerçant, en même temps qu'il a vécu l'exil en France, Mohammed Khaïr-Eddine n'a pas échappé aux empreintes de cette migration qui a marqué aussi bien son style amer que son tempérament « aigre ». En effet, il entame le chapitre préliminaire de son œuvre par un tableau de désolation frôlant la mort où la vie sauvage et hostile supplante des maisons de pierres sèches qui plus récemment encore grouillaient de vies humaines. Telle est l'impression générale que, à mon avis, crée l'écrivain. En archéologue au regard contemplatif interrogeant les pierres/ruines, il invite le lecteur-historien à s'interroger sur un passé gravé dans la pierre, indices du temps-espace qu'il faut réinterpréter.
Mais par effet de surprise, la réponse se dévoile lentement entre les lignes et la vérité s'installe. Il s'agit bel et bien d'une émigration presque massive des habitants du village vers ce que l'auteur appelle les villes du Nord. Et pour cause, comme le glissera le texte, des années consécutives de sécheresse aux conséquences chaotiques pour le bétail et pour une culture pour le moindre vivrière lesquels dépendent dans leur totalité de la clémence du ciel : l'eau.
Et pire encore, le départ pour le Nord, non seulement il vide les villages de sa population la plus active, mais crée la fissure. Un nouvel ordre social s'impose. En fait, les plus aisés rejoindront un parent solidaire dans un centre urbain pour exercer le commerce. Ils s'entasseront dans de petites maisons et travailleront très dur pour devenir « les parvenus », comme il convient de les appeler à Khaïr-Eddine. Leurs femmes, par manque d'activité, prendront du poids, contractent des maladies et, suite normale, volatilisent une part du revenu de leurs maris dans l'achat des médicaments. Et pour parer, elles ne portent plus des bijoux en argent, mais plutôt des bijoux en or. Du trompe-l'œil, d'après la Vieille, femme de Bouchaïb, le héros du roman, qui tous deux déclarent être les défenseurs des traditions .Les « parvenus », c'est-à-dire les émigrants ayant fait fortune dans le commerce, ne retournent au bled que pendant les vacances pour passer quelques jours dans des villas et maisons de béton somptueuses qu'ils ont construit, plus bas, dans la vallée. L'eau coule dans les robinets grâce à des pompes à eau, et l'électricité est fournie par des groupes électrogènes. On peut donc voir toutes les chaines de télévision du monde et même des films impudiques. Ma pudeur m'empêche de vous dire autant. Les premières voitures font leur apparition pour lesquelles ils aménagent des pistes. Le transistor aussi résonne pour contrarier l'éternel chant des oiseaux. La musique symphonique de la nature est perturbée aussi par le ronronnement du moteur à gasoil de la minoterie. Les femmes cessent de moudre les céréales dans les petits moulins de grès.
L'écart social se creuse. Ceux qui n'ont pas quitté le village pour le Nord sont les plus pauvres. Ils regardent d'un mauvais œil les émigrants. Ils leur reprochent d'avoir abandonné la terre et d'avoir ramené de mauvaises mœurs. En témoignent les cannettes vides de bière qui jonchent par- ci, par-là.
Quant à Mohammed Khair-Eddine, il prône l'exemple des Touaregs, vivant depuis toujours dans le désert sans jamais avoir quitté la terre. Qu'ont-ils fait ? D'après l'écrivain, ils ont creusé des puits, se sont nourris de dattes et de lait de chamelle, ce que n'ont pas pu faire les « parvenus » partis pour le Nord.
Tel Candide de Voltaire, à la fin de son périple, l'écrivain préconise de cultiver la terre.
Que pensez-vous donc de cette vision de développement ? Mohammed Khaïr-Eddine a-t-il eu vraiment raison ?
Agadir, le 10 novembre 2011

  




 Réponse N°1 15534

Bon travail
  Par   berbara abderrezak  (Profle 08-12-11 à 21:51



Bonsoir Si Houssaini,

c'est un très bon travail que vous avez réalisé ici, il est bien ciblé . il va certainement nous ajouter qq chose.

Merci encore une fois.





 Réponse N°2 18253

Etude de texte et prolongement
  Par   ELHOUSSAINI Lahoussine  (Agrégatif(ive)le 06-03-12 à 01:17



Lycée Abdelkrim Al Khattabi Agadir

Secondaire qualifiant Année scolaire :2011/2012 Professeur : Lahoussine EL HOUSSAINI

el.houssaini@yahoo.fr

Module III- Le roman à thèse : Victor Hugo, Le dernier jour d’un condamné, 1829

Etude de texte :

Extrait n°1 : Le réveil avec la pensée du supplice (Chapitre I)

Objectifs : - Etudier la structure interne du texte

- Etudier quelques procédés de reprise : l’anaphore lexicale et grammaticale au service de la persuasion.

- Etudier les sentiments en rapport avec le registre pathétique.

- Etudier la fonction de temps de la description : le présent et l’imparfait.

Lecture et construction du sens

Entrées Indices Interprétation

Observation du début et fin de l’extrait et comparaison avec le titre Condamné à mort !

Condamné à mort ! Anaphore traduisant la pensée obsessionnelle du condamné à mort à l’approche de son exécution.

Elle explique le titre de l’œuvre « Le dernier jour d’un condamné »

Niveau stylistique et grammatical « Voilà cinq semaines…j’étais libre »

Eléments de reprise de l’expression « condamné à mort » :

- Anaphores lexicales : Cette pensée

- Anaphores grammaticales :

elle ; sa (présence) ; son (poids)

Effet recherché par la reprise : Insistance sur l’angoisse obsessionnelle du condamné

Structure interne du texte ▪Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée

▪Autrefois ≠ maintenant ▪Le condamné est privé de deux formes de liberté : la liberté du corps et celle de l’esprit. Mais plus d’insistance sur la douleur psychologique (l’esprit) que sur la douleur physique.

▪Structure antithétique du texte : passé=liberté de l’esprit ≠ présent = emprisonnement de l’esprit

Le système des temps ▪J’habite ; il me semble ; je suis ; est ; je n’ai ; elle est ; je veux ; elle se glisse ; se mêle ; om m’adresse ; se colle ; m’obsède ; épie ; reparaît

▪ J’étais ; avait ; était ; il s’amusait ; c’étaient ; c’était ; je pouvais ; je voulais ; j’étais Valeur assertive et descriptive

Valeur

descriptive ▪Le présent traduit la vérité d’une réalité présente du condamné : emprisonnement de l’esprit et torture psychologique.



▪L’imparfait, temps du passé, renvoie à la liberté perdue

Sentiments du narrateur



Registre pathétique ◄ Solitude Horreur Impuissance Obsession

-seul -une horrible, une sanglante, une implacable idée !

-…elle est toujours là, cette pensée infernale

- comme un spectre de plomb…chassant toute distraction…

- me secouant de ses deux mains

-glacé

- courbé sous son poids

-je suis captif

-mon corps est aux fers…

-mon esprit est en prison… - condamné à mort ! (3fois)

- je plus qu’une pensée, qu’une conviction, qu’une certitude : condamné à mort !

- m’obsède –

se mêle …à toutes les paroles

- m’épie…reparaît dans mes rêves

Fonction du texte = incipit : il répond aux questions : Où ?

Quand ?

Quoi ?

Qui ? ▪Bicêtre

▪Autrefois ;

▪Voilà cinq semaines et maintenant

▪Souvenirs de jeunesse, puis condamnation et enfin souffrance psychologique

▪« Je » ; « me » ; « mon » … sentiments modalité du présent…

▪Espace

▪Temps : avant le crime, avant la condamnation;

▪Après la condamnation

▪Action

▪Point de vue interne traduisant la subjectivité

Synthèse :

- Le texte remplit la fonction d’incipit car il présente le personnage, l’espace, le temps et l’action.

- Les sentiments de solitude, d’impuissance, d’horreur et d’obsession donnent au texte une tonalité pathétique.

- La tonalité pathétique et le lexique de sentiments ont fonction d’arguments psychologiques s’adressant à la sensibilité du lecteur pour le rallier à la thèse de V. Hugo : la peine de mort est une horreur humaine, donc il faut l’abolir car elle ne correspond pas aux valeurs humaines.

- Tel est l’humanisme de Victor Hugo : la défense du droit à la vie.

Prolongement

Techniques d’expression et de communication : Les figures de style

Objectifs : Etudier les figures de style les plus fréquentes chez V.Hugo

Etudier leur effet stylistique et leur force persuasive

Figure de style Enoncés Effet

L’anaphore

La répétition

La répétition Condamné à mort !

Condamné à mort !

Condamné à mort !

Toujours seul…, toujours glacé…toujours courbé…

Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son idée Insistance

L’idée de la mort est une obsession = supplice

Insistance

Rythme ternaire de la phrase

L’idée de la mort a une cadence

Insistance sur l’absence de répit lors de la persécution psychologique effectuée par l’idée de la mort.

Insistance

Insistance sur la richesse de l’esprit au moment de sa liberté

Le parallèle Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée Insistance

Parallèle entre la souffrance physique et la souffrance morale (psychologique)

La gradation (croissante) Une horrible, une sanglante, une implacable idée !

Je n’ai qu’une pensée, qu’une conviction, qu’une certitude…

Quoique je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale. Insistance

Insistance sur l’horreur de l’idée de la mort.

Insistance

Insistance sur l’irrévocabilité de la peine de mort

Insistance

L’accent est mis sur l’idée de la mort.

L’allégorie Cette pensée…seule et jalouse…chassant…me secouant des ses deux mains…se mêle…se colle…épie

…Poursuivi par elle et me disant :

-Ah ! Ce n’est qu’un rêve ! Animation

- La mort (idée abstraite) est représentée sous une forme concrète pour que le lecteur puisse mieux se représenter son horreur. Le but est didactique.

- La mort (idée abstraite) est représentée sous une forme animée. Le lecteur peut la voir ( ou du moins mieux se la représenter)

Les allitérations Voilà cinq semaines que j’habite avec cette pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids. La répétition des sonorités en « s » pour crée une harmonie imitative qui est celle du bruit de la mort qui ressemble à un sifflement qui matraque le condamné.

Synthèse :

Les figures de styles les plus chères à Victor Hugo sont les figures d’insistance notamment l’anaphore et la gradation, et les figures d’animation en particulier l’allégorie à travers laquelle, l’écrivain transfigure le réel.

Ces figures de styles fonctionnent comme des arguments psychologiques visant à démonter l’horreur de la peine capitale pour persuader le lecteur de l’utilité de l’abolir.





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