L'image de la femme dans le spleen de paris de charles baudelaires

 Par ElfFallaqi Jaouad  (Prof)  [msg envoyés : 1le 13-09-16 à 11:09  Lu :221 fois
     
  
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Le rapport de la poésie à la femme apparait comme évidentiel à tel point qu’on ne peut évoquer l’une sans l’autre, sur ce, on ose définir la poésie comme la parole qui s’est fait femme. Poètes, troubadours et trouvères la chantent avec délicatesse, certes la femme jouit tout au long de l’histoire de la poésie d’un statut glorieux, c’est la bien aimée, la femme inaccessible et certainement l’inspiratrice.
Cependant la représentation de la femme courant symboliste est loin d’être idéal, elle est connotée négativement tour à tour, autoritaire, conspiratrice, dévoreuse, d’homme ou suppôt de Satan. Peut-on parler de misogynie chez les poètes symbolistes à l’instar du chantre du courant Charles Baudelaire ?
C’est un jugement simpliste de résumer la vision d’un poète aussi moderniste que Baudelaire, il ne s’agit pas d’une diabolisation gratuite mais plutôt une aspiration à un idéal féminin rarement trouvé. D’ailleurs, dans son recueil de prose poétique Le Spleen de Paris ainsi que Les fleurs de Mal – on peut constater une vision mitigée de la femme. Pour Baudelaire la femme peut aussi bien dispenser les douceurs du paradis que les affres de l’enfer. Ce regard du poète qui oscille entre sublimation et abaissement, s’explique par une espace d’attraction /répulsion. Entre ces deux exterminés Baudelaire voue une compassion à l’égard de certaines femmes marginalisées. Donc notre travail épousera ces trois facettes de femme.
1- La femme diabolisée :
Dans ce siècle de raffinement de mœurs où les femmes jouissent relativement d’une considération sans précédent Baudelaire allait dans le sens inverse et fustige certaines d’entre elles dans le recueil en question par une série de qualificatifs négatifs notamment dans le poème intitulé La femme sauvage et la maîtresse : « Ce monstre est un de ces animaux qu'on appelle généralement " mon ange ! " c'est-à-dire une femme » . Baudelaire décrit celle-ci sur un ton à la fois ironique et dépréciatif. Comme une « bête féroce » en ces termes :
" Faites bien attention ! Voyez avec quelle voracité (non simulée peut-être!) elle déchire des lapins vivants et des volailles piailliantes que lui jette son cornac» .
La bestialité de la scène décrit nous surprend dans un texte censé être poétique. C’est justement là, le regard subversif de l’auteur des fleurs du mal. Dans le même poème, Baudelaire critique la femme mondaine et artificielle de ce XIXe siècle par le biais de cette interrogation rhétorique :
« Et que peuvent signifier pour moi tous ces petits soupirs qui gonflent votre poitrine parfumée, robuste coquette ? Et toutes ces affectations apprises dans les livres, et cette infatigable mélancolie, faite pour inspirer au spectateur un tout autre sentiment que la pitié ?» .
Sur ce ton acerbe Baudelaire critique aussi la femme dans sa spontanéité qui se ment en carnassière que la femme non-naturelle qui s’enveloppe d’artifice et de maquillages qui la rend aussi dure que la touche, sucre, le poète écrit : « Observez cette poupée, là-bas, à droite, qui porte le nez en l’air et qui a la mine si hautaine» .
Ce coté vaniteux est utilisé à maintes reprises notamment dans le poème qui s’intitule les yeux des pauvres où le poète exprime son indignation à l’égard de sa compagne impitoyable et imperméable à toute compassion envers des démunis :
« Ah ! Vous voulez savoir pourquoi je vous hais aujourd’hui […], car vous êtes, je crois, le plus bel exemple d’imperméabilité féminine qui se puisse rencontrer.» .
En effet, cette femme exprime sa gêne de deux pauvres qui demande l’aumône en ces termes : « Ces gens-là me sont insupportables avec leurs yeux ouverts comme des portes cochères ! » . L’insensibilité de la femme en question s’ajoute aux vices déjà relevés pour former un portrait infâme qui suscite le ressentiment du lecteur.
2- La femme marginalisée :
Au-delà de cette image négative, Baudelaire, avec son regard fin de poète évoque un autre type de femme, celle qui est misérable, et qui vit une situation déplorable. C’est la vielle mise à l’écart par sa famille comme un meuble gênant et repoussé même par le plus petit des enfants. Quand elle se rapproche de lui :
« Mais l’enfant épouvanté se débattait sous les caresses de la bonne femme décrépite […] Alors la bonne vieille se retira dans sa solitude éternelle, et elle pleurait dans un coin, se disant :
– « Ah ! pour nous, malheureuses vieilles femelles, l’âge est passé de plaire, même aux innocents ; et nous faisons horreur aux petits enfants que nous voulons aimer ! » .
Cette scène pathétique on la retrouve également dans le poème les veuves, où la femme quoique dominé garde grande mère une certaine grandeur cette : « Une vieille affligée de cette espèce […] roide, droite, sous un petit châle usé, portait dans tout son être une fierté de stoïcienne » . A travers ce portrait qui quitte le pathétique vers une admiration explicite, le poète passe de la femme marginalisée, à une autre idéalisée, dans le même poème il décrit :
« C’était une femme grande, majestueuse, et si noble dans tout son air, que je n’ai pas souvenir d’avoir vu sa pareille dans les collections des aristocratiques beautés du passé. Un parfum de hautaine vertu émanait de toute sa personne.» .
3- La femme idéalisée :
En contraste, totale avec le premier portrait qui déroule une diabolisation de la femme, Baudelaire brosse un autre élogieux dont nous allons essayer de relever les bribes. Nous avons intitulé cette partie « la femme idéalisée » en ayant l’intention d’insister sur l’idéal féminin que recherchait le poète, la femme constitue un exemple de perfection insaisissable auquel il voue un vrais culte, dans le fou et la venus , le poète l’implore en ces termes : « Ah ! Déesse ! ayez pitié de ma tristesse et de mon délire ! » .

  



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