L’évolution de la vision de tahar ben jelloun sur l'image de la mère

 Par zilaoui mohamed  (Agrégatif)  [msg envoyés : 5le 26-12-10 à 21:13  Lu :2156 fois
     
  
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Entre Le Roman Harrouda et Sur Ma mère plus de 30 ans se sont écoulés, 30 ans dans lesquelles la vision de l’auteur sur la mère s’est nettement modifiée.
Entre 1973 et 2008, le monde a changé, l’auteur a grandit, et la mère a vieillit puis mourut.
En 1973 date de publication de Harrouda l’écriture de Tahar Ben Jelloun était plus virulente, plus rebelle, sur un fond de contestation générale, l’exagération de certain éléments sur l’image de la mère fait jaillir incontestablement ce désir de s’opposer aux principes qui régissent la société marocaine.
Cette exagération est nettement voulue pour accentuer ce caractère d’injustice qui sillonne l’œuvre de Harrouda d’une part à l’autre.
Harrouda se problématise par les descriptions sans ordre des perspectives tranchées. Mais paradoxalement Harrouda en mêlant les tonalités en passant du tragique au fantastique de l’ironie au poétique invitent à porter une réalité un regard plus distancié et plus critique sur la mère. (Son âge à son premier mariage L’âge de son premier mari, etc. des éléments qui contrastent entre les deux romans.)
En revanche, l’écriture de Sur ma mère reste plus nuancé moins cru mais plus profonde elle tente avec réalisme une constante description de la mère, de Son histoire, et ses maux, et à travers elle, la femme marocaine et plus généralement la société maghrébine. L’œuvre cherche à établir une sorte de bilan de l’existence d’une mère.
Tahar Ben Jelloun assure dans Sur ma mère une image cohérente sans masque ni détoure de la femme marocaine, une mère qui s'est révoltée après un long silence, des qu'elle a eu l’occasion, une occasion offerte par son propre fils qui lui donne la parole dans les deux romans oû il retrace dans Harrouda sa soumission pour la société (soumission aux parents: aux maris : aux traditions). L'auteur nous met dans la vraie image de la mère après sa maladie, la maladie d'Alzheimer qui la fera sortir du silence, qui la poussera à dire des choses et des vérités qu'elle ne pouvait pas dire auparavant. Le trouble de mémoire fonctionne chez elle comme un déclencheur qui la aidée à franchir les frontières des traditions, sans qu'elle soit consciente, ce qui donne à son fils l'occasion de partager ses souffrances et ses malheurs et en même temps, il découvre sa vraie mère après sa maladie de mémoire, une mère qu'il ne pouvait pas appréhender avant comme dans Harrouda.
Les réflexions sur cet écart sont sans doute dues à la maturité de l’auteur. En effet, l’auteur a grandit la mère qu’il appréhendait n’est plus cette mère jeune et en bonne santé qu’il a connu, il a en face de lui une mère malade, vieille au crépuscule de sa vie. L’œuvre est tels un miroir qui renvoie l’image d’une mère qui n’est plus la même.
D’autre part le changement de statut de la mère devenu une grande mère, et mère d’enfant adulte, explique quelque peu cette divergence.
Cette variation entre les deux images de la mère, peut aussi trouver son origine dans cette tournure générale qu’on prit les aînés de la littérature maghrébine. En effet, leurs écriture s’est amorce vers un nouveau tournant. Plus individuelle celui là, La mère dans les romans n’est plus ce symbole de mère maghrébine, elle est devenu une personne un être à part entier un être propre. Elle a un nom Lalla Fatma dans sur ma mère.
Tahar Ben Jelloun est passé de porte parole de la mère opprimé de la société maghrébine dans Harrouda, à un simple narrateur qui relate simplement le destin sa mère.

  



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