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L'evolution de la critique littéraire d'aristote jusqu'à la critique structurale

  Par  hasnawi Meriem (?)  [msg envoyés : 4le 13-06-12 à 19:17   Lu :6146 fois
   

L'Evolution de la critique littéraire d'Aristote jusqu'à la critique structurale


Définition

La critique littéraire est une discipline qui s'intéresse aux genres littéraires et au tous les genres confondus. Il vise à imposer les règles prescrites pour aboutir à une belle oeuvre littéraire. La tendance perspective est issue de la philosophie d'Aristote qui a écrit la Poétique , oeuvre théorique où il impose des règles classiques, qui font l'objet de juger la qualité des productions des écrivains. Un chef-d'oeuvre est l'oeuvre qui respecte la perspective d'Aristote. La Poétique D'Aristote a dominé le champ littéraire de 335 AJC jusqu'aux années 20 du 19 e siècle. Cette persistance est due à la reformulation de La Poétique par d'autres théoriciens parmi eux Boileau qui est devenu le guide, l'ami et le censeur de l'écrivain pour produire des chefs-d'oeuvre.

I) LES REGLES CLASSIQUES IMPOSEES PAR ARISTOTE

Ces règles sont appliquées surtout au niveau du théâtre :
  • l'Unité de temps et de lieu
  • l'usage du même ton dans la bouche de tous les personnages
  • l'usage de l'alexandrin
  • l'usage des héros mythologiques ou prestigieux
  • la catharsis se base sur l'utilité du développement d'une passion pour purifier les âmes du spectateur
  • la séparation des genres : tragique et comique
  • la bienséance et la vraisemblance
  • la forme fixe de 5 actes.
Shakespeare est le précurseur d'un nouveau drame qui s'oppose à l'idéalisme d'Aristote. Racine et Shakespeare de Stendhal montre le génie de Shakespeare par rapport à la création de nouvelles formes et de nouvelles tendances qui se mettent en rupture avec le classicisme d'Aristote.
II) LA RUPTURE AVEC LES REGLES CLASSIQUES : LE DRAME ROMANTIQUE
Cette rupture est caractérisée par le refus des règles classiques. Le D.R refuse les deux unités de lieu, car le lieu est considéré comme un témoin géographique, et unité de temps car chaque action a une durée précise pour son déroulement.
-Le refus de l'usage du même ton dans la bouche de tous les personnages, dont les principaux sont marginaux.
-Le refus de la Catharsis car le théâtre sert à transcrire la réalité sans aucun intérêt pédagogique.
- la rupture avec la règle fixe de 5 actes.
- la rupture avec la bienséance.
- Le refus du théâtre manichéen

III) L'histoire littéraire comme procédé important dans la critique littéraire.
Il faut expliquer l'oeuvre non pas en fonction de son respect aux règles de la poétique. Mais, en fonction des conditions socio-historiques.
  • Mme de Staël : elle s'attaque à l'idéalisme d'Aristote en examinant l'oeuvre à travers trois fonctions : 1) Climat 2) Religion 3) institution idéologique. Elle veut également expliquer l'oeuvre en fonction de la sociopolitique.
  • Saint Beuve : l'auteur est le médiateur entre la société et la littérature. Ses convictions, ses événements qu'il a vécus, ses circonstances participent à la création de son oeuvre. C'est le Biographisme.
  • Hyppolithe Taine : il faut dépasser le biographisme, en se basant sur la « faculté maîtresse » qui est le résultat de trois causes : 1) la race 2) le milieu 3) l'époque.
  • LANSON : il trouve que la démarche de Taine délaisse l'individualité de l'oeuvre. Alors, il suggère une autre théorie basée sur trois étapes :
  • 1) le point de vue philologique : le critique doit examiner les différentes situations du texte (initial, médial, final). C-a-d, il doit repérer toutes les éditions de l'édition prinèpe à l'édition finale
  • 2) le critique doit rassembler ces textes selon leur appartenance aux mouvements, aux écoles et aux genres.
  • 3) le critique doit lier les textes à l'histoire des idées pour savoir comment une pensée se déroule à travers.
  • Par exemple Stendhal considère l'idée de la prison comme une liberté pour l'individu qui permet à ce dernier d'accéder à lui-même.
IV) Les Herméneutiques :
L'Hermès en mythologie grecque est la divinité qui guide les âmes mortes au Salut. Par analogie ; c'est le critique qui guide le lecteur au sens caché de l'oeuvre. Ils apportent trois approches de la critique :
  • l'approche de la sociocritique : le premier initiateur est Goldman . Sa conception est basée sur la vision du monde. L'auteur doit évoquer l'entité idéologique de la sté, il doit évoquer toutes les idéologies dans son oeuvre. Il s'est intéressé à l'étude des oeuvres de Racine et Les Pensées de Pascal. Le 17em siècle est connu par la naissance de l'idéologie des Jansénistes qui sont subdivisés en trois groupes :
  • 1) groupe attaché à la vérité pur
  • 2) groupe attaché à la vérité mais il accepte les imperfections de la sté
  • 3) groupe qui doute de tout, il es septique.
  • Toutes ses idéologies sont évoquées dans les oeuvres étudiées par Goldman.
Deuxième initiateur est Baktine qui distingue l'omniprésence de l'écrivain, sans aucun engagement, dans son oeuvre. Il n'est que l'orchestre qui organise les voix qui viennent de la société.
L'approche psychocritique : Freud qui a découvert l'Inconscient dans le rêve. Il dit « la littérature est comme le rêve ». Le travail du rêve consiste à deux procédés :
  1. la condensation de deux images en une seule, son équivalent en littérature est la métaphore
  2. le déplacement : c'est la focalisation sur un seul détail , son équivalent en littérature est la métonymie.
Le deuxième initiateur : Charles Mauron qui a écrit deux ouvrages majeurs : l'Inconscient dans la vie et l'oeuvre de Racine et Des métaphores obsédantes au mythe personnel. Sa conception est basée sur le mythe personnel qui passe par 4 étapes :
  1. l'hypothèse : l'inconscient se trouve dans la littérature et le rêve est lié à la littérature
  2. la superposition : le critique doit rassembler toutes les oeuvres du même auteur, pour examiner les situations obsédantes de l'écrivain.
  3. Les situations répétées évoquent le mythe personnel de l'auteur.
  4. Le recourt à la biographie pour vérifier et valider le mythe personnel.

La Critique thématique :

Elle considère l'oeuvre comme une totalité qui reflète un paysage intérieur. Elle constitue l'univers imaginaire de l'auteur. Elle se met en rupture avec la psychocritique, la sociocritique et le biographisme car elle ne s'intéresse qu'à l'oeuvre sans se référer à l'histoire littéraire ou à la société.

Comment repérer un thème : l'obsession : l'auteur se trouve obsédé par un thème qui se répète dans toutes ses oeuvres. L'auteur gère et domine son obsession.
La sublimation : l'auteur fait accepter son défaut par la présence d'un autre moi loin du moi social. C'est le moi profond qui fait l'identité de l'écrivain.
Contre Saint Beuve de Proust, marque que le livre est la production d'un autre moi d'où l'importance du style.

Gaston Bachelard : fait revivre le caractère dynamique de l'imagination et sa relation avec la rationalité. L'imagination se passe à travers les quatre éléments feu, air, terre, eau.
Jean Pierre Richard : l'étude du critique doit se passer par trois moments :
  1. l'identification du thème (2) la description des motifs( sous-thèmes) (3) la caractérisation du paysage de l'oeuvre . Sa conception est sensorielle, elle fait appel aux cinq sens, ce qu'il voit, s'entend, se touche, se pénètre et pénètre.
Le but de la thématique est d'atteindre la vision du monde de l'auteur (comment il aperçoit le monde).

La Critique structurale :

Elle est un mouvement lié aux sciences humaines. Elle s'intéresse à repérer les propriétés observables de l'oeuvre, comme la récurrence des signes symétriques entre des sons et des mots Elle s'intéresse à l'origine de l'oeuvre. Par contre, les herméneutiques qui cherchent l'originalité de l'oeuvre hors l'oeuvre, dans la société et dans la vie de l'auteur. Elle est proche de la critique thématique, sauf que cette dernière est liée à l'imaginaire. Le sens de l'oeuvre donc, est intertextuel.
  1. Les fondements esthétiques

La philosophie de l'oeuvre-objet (l'oeuvre est un objet d'étude). Elle est opposée à l'oeuvre-reflet. C'est une oeuvre en tant quantité matérielle et en tant que construction objective ayant ses propriétés internes.

2) D'où vient cette conception ?

A partir la deuxième moitié du 19 e siècle, le positivisme est né pour marquer qu'il n'y a qu'une réalité matérielle observable et scientifique. Donc, la vérité scientifique est la seule source de la connaissance crédible.

Dans la première période du 19 e siècle, le style des écrivains est révélé par une force extérieure d'où l'idée du prophétisme romantique. Par contre, les écrivains de la deuxième moitié du 19 e siècle doivent acquérir un pouvoir sur le langage. On passe de l'innée à l'acquis.

Pour la critique structurale, il ne faut pas confondre l'homme et l'artiste. La littérature a été déchue de son statut, sous la montée des positivistes alors, elle s'est repliée sur elle-même d'où l'idée de l'intransitivité de l'oeuvre (on ne peut pas passer de l'oeuvre à la société)

Par exemple : Flaubert nourrit le rêve du « livre sur rien » ce dernier tient à lui-même par la force interne de son style.

Le style n'est pas un exercice, il est une trame savamment élaborée qui assure la cohérence de l'oeuvre. L'écriture est devenue un travail municieux et laborieux. Il faut une maîtrise parfaite de langue.

Exemple : Baudelaire reproche aux critiques de « les fleurs du mal », qui est arrêté, d'avoir mêlé entre le ‘Je' de l'oeuvre avec la personne de l'auteur.

L'écrivain est capable de dire des choses qui ne ressentent pas à travers son style. Ce qu'il maîtrise c'est son influence sur les lecteurs à travers les procédés stylistiques « les Rubriques », il sait les effets sur le lecteur, des sonorités, du vocabulaire, de la rhétorique…Bref, l'écrivain est comme une calculatrice, il est un être de langage.


De cette rupture en oeuvre d'autres théories voient le jour :

La stylistique :

  • Le style : est un fait de parole, un emploi individuel du langage, le critique observe les écarts par rapport à la norme et à l'usage.

  • L'identité vient avec le style, avant il n'y avait d'identité (superficielle et civile)

  • Le fameux moi est actualisé par l'écriture littéraire, concrétisé par le style, personnalisé par l'écriture.

En linguistique : langue parole

Critique structurale : = =

Ensemble des l'oeuvre particulière

Procédés littéraires

Le style et l'écart à la langue linguistique.
Initiateur Spitzer grand lecteur de Racine : l'existence est fréquente de certaines tournures linguistique qui, à force de se répéter dans toutes les pièces de Racine créent un phénomène de généralisation et de désindividualisme de l'auteur (les procédés d'écriture neutre), l'emploi de l'indéfini « un », de la 3 e personne pour parler de soi et l'emploi de pluriel (soupirs, amours…) pour qu'il se retire de la passion.
La lecture de Spitzer dévoile un moi cotemporain de l'oeuvre. Elle envisage le texte littéraire dans sa double réalité de création verbale et de monde sensible.
La poétique :
Elle cherche (les lois de la production) des oeuvres à l'intérieur de la littérature et non dans l'histoire des sociétés ou de la psyché.
La poétique est la grammaire de la littérature, ensemble de règles.
Ses fonctions :
Conative (s'adresse directement au lecteur) =destinataire
Poétique : le message se véhicule par les figures poétiques.
Référentielle : le contexte où il n'y a pas de poétique comme le prospectus
Phatique : entretenir la communication (allo)
Métalinguistique : le code est le discours pédagogique (je parle et j'explique ce que je dis).
La Sémiotique : envisage la littérature comme un système signifiant autonome : le texte littéraire utilise les signes de la langue, mais il les organise en un système formel secondaire greffé sur le système primaire de la communication.
Elle étudie la littérature comme un acte de communication. Son postulat est linguistique, la communication littéraire est en second degré. La littérature reprend le schéma de la communication mais le réinvente autrement (par écrit).

Réalisé par : HASSOUNA Meriem








 Réponse N°1 23607

Merci!
  Par   Jeafari Ahmed  (CSle 13-06-12 à 19:56



Pour le partage!

C'est très utile, recourir à ses notions permet d'être conscient qu'il y a moyen d'adopter des approches plus réfléchies de la littérature!





 Réponse N°2 23625

C'est vrai!
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 13-06-12 à 21:11



Très bon travail.








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