L'enseignant et la question du goût

 Par OMARI Abdellatif  (Prof)  [msg envoyés : 176le 02-04-12 à 14:15  Lu :810 fois
     
  
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OMARI Abdellatif (prof)
A Propos de l’Art
On peut s’interroger dans quelle mesure un enseignant peut transmettre des valeurs s’il manque de valeurs et dans quelle mesure peut éduquer les sens s’il manque d’une certaine philosophie de l’art, cette esthétique qui a pour objet l'essence et la perception du beau et qui se rapporte aux douces et tendres émotions provoquées par devant une œuvre d'art. N’est-il pas vrai que le monde ne sera meilleur que lorsque les philosophes seront des rois et les rois des philosophes ? Et pour un enseignement, celui qui peut effectivement éduquer les goûts et les couleurs et transmettre des valeurs, l’enseignant ne devrait-il pas devenir un philosophe ? Et qu’est-ce qu’un philosophe si ce n’est, avant tout, cette horreur du domestique et du fonctionnel et la possession de cette perception sensorielle du beau ? Mais il semble que le métier d’enseignant n’est plus qu’une besogne et les enseignants des ouvriers et des mécaniciens. Dans la salle des enseignants, de conférence, dans d’autres espaces, vous n’êtes entourés que de personnes grossières et prosaïques, vulgaires aussi bien dans leurs goûts et passions que dans leurs idées. Et quand vous parlez vous vous sentez de plus loin, d’un autre royaume. De quoi parlent-ils, que désirent-ils, qu’aiment-ils, qu’espèrent-ils et à quoi aspirent-ils ? On dirait de misérables commerçants ou des cuisiniers qui parlent de la mort comme vous parlez d’un fruit et qui regardent la mer comme vous regardez un puits, une petite affaire par ci ; un morceau de terrain, une chaumière ou un teuf-teuf par là, un crédit qui leur tord le cou, un échelon piteux tant attendu, une promotion pitoyable tant souhaitée…, une petite jalousie, une petite rancune, des petites médisances dont ils excellent, la vie ne leur ajoutera, inéluctablement, que ventre et graisse. Ils sont plus de deux mille et on ne voit que deux, ces deux là sont trop maigres pour être malhonnêtes. Et quand cet avilissement aura passé des hommes aux femmes, que deviendra l’enseignement ?
Mais la misère tenace ne s’arrête pas là. Insensibles, indifférents, voire frigides, à la beauté d’une vraie œuvre d’art, ils considèrent comme un chef-d’œuvre la voirie de nos pseudo-chanteurs, de nos pseudo-acteurs, de nos pseudo-drames, de nos pseudo-émissions, de nos pseudo-chaînes de télévision, et comme nos pauvres grand-mères, ils discutent avec exaltation « oujaâ trab » ou rendent hommage à tel ou à tel pseudo-artiste à la gomme. Que seraient alors les valses des quatre saisons, les opéras des rossignols, la ballerine de la mort du cygne, les couleurs des lilas, le parfum de la réminiscence du délice de la madeleine, les larmes de la pathétique ; que deviendraient les mondes de l’alchimiste et de Sophie ? Quel élixir boiraient nos enfants et nos apprenants si ce n’est du venin et de l’arsenic?
C’est étrange que ni nos dirigeants, ni nos concepteurs, ni même nos éducateurs n'aient une idée du pouvoir suprême de l'art dans la civilisation et l'émancipation des individus et des peuples. Mais à quoi bon de s’étonner, lorsque l’idéal de certains nos doctes même est un certain D…, un certain K… ou un certain N … ! Que dire alors de nos médecins, de nos ingénieurs, de nos juges au moment où ceux qui devaient être les guides sont abrutis à force d'assister, eux aussi, et avidement, à ce qu’ils appellent « comedia show » ou « studio 2M » ? Quelle bassesse d’esprit ! Depuis un demi-siècle et plus, le peuple fut victime, en chant et en représentation, des crimes les plus crapuleux, commis par ces bouffons soi-disant artistes et que la justice n'en punit aux cours d’assises. Exhibés comme des créateurs, par nos médias dirigés par des petits esprits, ces bouffons ont condamné ce peuple, irrémédiablement, à la dégradation absolue. Habitués à ne regarder et à n’écouter que le beau, nos enfants seraient des anges, mais traqués à ne voir et à n’entendre que des ordures, ils ne seraient plus que des abrutis comme les abrutis qui les ont sécrétés et comme ceux qui croient pouvoir les instruire et les façonner pour les sauver.

  



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  Bac - examen régional de français-2012 -grand casablanca
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 Réponse N°1 19299

Une petite citation : Le besoin de l’art.
  Par   fatih brahim  (Profle 02-04-12 à 21:17

« Le besoin général de l’art est donc le besoin rationnel qui pousse l’homme à prendre conscience du monde intérieur et extérieur et en faire un objet dans lequel il se reconnaisse lui-même. »Friedrich HEGEL, Esthétique, Textes choisis, p.22, © PUF ,1998.




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