Aujourd'hui, dans les débats télévisés, dans les journaux, il y a une vraie mode : accuser l'enseignant de tous les maux. Pas moins qu'hier sur Medi1Sat un membre du parti de l'Istiqlal (Lkihel ou quelque chose comme ça) accuse les enseignants de faire la grève juste pour avoir des vacances supplémentaires.
L'enseignant est perçu désormais comme :
- un fainéant sans aucune conscience professionnelle qui cherche n'importe quel moyen pour ne pas travailler (grève, certificat médical,etc.) qui ferait la grève, même lorsque cette grève est annoncée par le syndicat des professeurs du pays des waqwaq
- un être avide qui ne cesse de réclamer, qui veut toujours plus en travaillant toujours moins, qui bâcle son travail officiel et qui travaille bien mieux dans les écoles privées où il ne fait jamais de grève.
- un être hypocrite et égoïste qui ne pense qu'à ses intérêts et qui ne tient pas compte des intérêts des élèves de ce pays.
Bref un être parasite qui n'est pas conscient de son rôle, un paresseux qui réclame beaucoup de choses sans donner de bonnes choses.
-l'enseignant est décrit comme un anti-citoyen pour tout dire !
- Remarquez ; on n'accuse jamais les inspecteurs, les directeurs (tous niveaux), les délégués, les parents d'élèves de ne pas faire leur travail, seul cet enseignant qui occupe le bas de la chaîne alimentaire est responsable de tous les maux de l'enseignement au Maroc.
Bien sûr, à côté de toutes ces accusations, on prend chaque fois la prudence langagière (feinte) de dire qu'il ne faut pas mettre tous les enseignants dans le même panier, comme ça chaque enseignant à l'illusion qu'on ne parle pas de lui, mais seulement des autres.
Les questions sont les suivantes :
- est-ce que ces accusations fréquentes proférées sur les médias publics et par le ministre lui-même, sont fondées ? Si oui, qui est responsable de cette situation ?
- est-ce que les enseignants font la grève pour des raisons futiles, juste pour se reposer ?
- est-ce que l'enseignant marocain travaille mieux dans les écoles privées même lorsqu'il est mal payé et bâcle son travail dans l'école publique ?
- On commence même à les accuser de corruption et d'injustice, notamment dans les écoles privées, donnant les plus hautes notes au plus offrant !
Croyez-vous que l'enseignant marocain doit rester les bras croisés devant cette vraie compagne de dénigrement qui le cible, à tel point qu'il est transformé en une marionnette de vaudou, n'importe quel apprenti sorcier qui apprend à critiquer, à se faire un nom en politique ou autre, prend le corps enseignant et y pique son dard ?
Les enseignants ont-ils la possibilité de renverser cette dangereuse tendance qui vise au bout l'enseignement public ?
Les enseignants peuvent-ils constituer une force politique capable d'affronter leurs dénigreurs ? Que faire lorsque des enseignants qui, en passant de l'autre côté du miroir, commencent eux aussi à accuser l'enseignant d'être à l'origine du problème ?
Y-a-t-il des moyens pour améliorer l'image de marque de ces enseignants ou doit-on faire la sourde oreille indéfiniment ?
Pourquoi les enseignants sont dispersés de la sorte ; des dizaines de syndicats, des dizaines de partis...?
Enfin à qui profite ce dénigrement systématique de l'enseignant dans les médias ?