L'enfant qui faisait tout à l'envers!

 Par Jeafari Ahmed  (?)  [msg envoyés : 326le 14-06-12 à 17:34  Lu :1777 fois
     
  
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( Pour déstresser un peu ...)
Le jour de la rentrée des classes, la maman prévint le maître d’école : « Mon fils Bruno fait tout à l’envers. Si vous voulez lui faire faire quelque chose, demandez toujours le contraire. Par exemple, si vous voulez qu’il lise, demandez-lui de fermer son livre ; et si vous voulez le faire parler, priez-le de se taire »
« Ça promet ! » pensa le maître d’école.
Il appela ses nouveaux élèves et les fit ranger par deux. Naturellement, Bruno se mit tout seul, hors du rang. Le maître se rappela les recommandations de la maman.
« Bruno ! Reste tout seul à jouer dans la cour ! » Dit-il.
Aussitôt, Bruno se mit en rang. Les élèves riaient.
« C’est un drôle d’élèves ! » Disaient-ils.
« Avancez », ordonna le maître d’école.
Tout le monde avança, mais Bruno se mit à reculer.
« Non ! Reculez ! » S’écria le maître pour corriger l’erreur.
Et Bruno avança, mais les autres reculèrent.
« Arrêtez ! Arrêtez ! » S’écria le maître à la vue de la pagaille qui régnait maintenant dans le couloir.
Tout le monde s’arrêta, sauf Bruno.
« Avance, Bruno ! » s’écria le maître.
Bruno s’arrêta à son tour. Les élèves se regardaient entre eux, puis ils regardaient le maître avec perplexité.
« Qu’est-ce qu’on fait demanda Gabriel ? », un garçon déluré. « On recule ? Ou on avance ? Ou on danse la samba ? »
« Ne bougez pas ! » dit le maître qui réfléchissait, mais l’ordre de ne pas bouger fait gesticuler Bruno.
« Bouge, Bruno ! » Cria le maître.
Bruno, s’immobilisa.
« Bon décida le maître d’un air soucieux, « Vous allez reformer les rangs et Bruno restera seul dehors ! »
Les rangs se reformèrent, et Bruno était aligné avec ses camarades.
« Bien ! approuva le maître. « Maintenant, montez les escaliers ! Toi Bruno, descends-les ! »
Toute la classe monta tranquillement l’escalier qui menait à la salle de classe. Le maître avait le sourire. « C’est parfait ! » pensait-il. « J’ai compris comment m’adresser à Bruno. »
« Arrêtez devant la classe ! » cria-t-il. « Bruno, continue ! »
Tout le monde s’arrêta.
« Entrez ! » dit le maître.
Aïe, il venait d’oublier de dire quelque chose ! Bruno, n’entra pas, il sortit !
« Non ! Non ! » Cria le maître pour se rattraper, « Dehors ! Dehors ! »
Bruno entra, mais tous les élèves ressortirent.
« Non ! Non ! Entrez tous ! Sauf Bruno ! Voilà ! »
Quand tout le monde fut entré en classe, le maître poussa un soupir de soulagement. Les élèves choisissaient leur place.
« Asseyez-vous », leur dit le maître. « Toi, Bruno, reste debout ! »
Tous s’assirent.
« Sortez vos affaires ! Sauf Bruno ! »
Tous sortirent les affaires : trousses, crayons, ardoises, feutres pour dessiner, règles, gommes, etc. Sur chaque table, le maître avait déposé un cahier neuf.
« Ouvrez votre cahier », dit le maître. « Toi, Bruno, ferme-le ! »
Les élèves ouvrirent les cahiers.
« Écrivez votre nom et votre prénom dans la marge ! Toi, Bruno, n’écris rien ! »
Les élèves écrivaient. Le maître s’approcha de Bruno, et jeta un coup d’œil sur ce qu’il écrivait. Il sursauta.
« Quoi ? » fil-il ; » Qu’est ce que tu as écrit ?- Va au tableau ! »
Bruno se leva docilement et alla… tout au fond de la classe près de l’armoire. Les écoliers éclatèrent de rire.
« Va au fond de la classe ! » dit le maître en se reprenant. Du coup, Bruno alla au tableau.
« Ne prends pas la craie! »
Bruno prit la craie.
« N’écris pas ton prénom au tableau ! »
Alors, Bruno tira la langue avec application, et il écrivit « Onurb » au tableau .
« Tu te prénommes « Onurb » ? » demanda le maître.
Bruno secoua la tête pour dire non. (Quand il voulait dire non, il secouait la tête comme nous faisons pour dire oui, et quand il voulait dire oui, il secouait la tête comme nous faisons pour dire non. Cela ne simplifiait pas les choses !)
« Mais ? » dit le maître. « Où donc es-tu né ?- N’écris pas le nom du pays où tu es né ! »
Et Bruno écrivit : Ecnarf. Les élèves le dévisageaient curieusement. Mais le maître poussa une exclamation : « J’ai compris ! Ce sont deux mots à l’envers ! Onurb, c’est Bruno. Et Ecnarf, c’est la France ! »
Puis, il se prit la tête à deux mains. « Qu’est-ce que je vais pouvoir apprendre à cet élève-là ? » pensait-il. « Je n’arriverai jamais à corriger ses fautes ! Et les nombres ! J’espère qu’il ne les écrit pas aussi à l’envers ! »
« Si ça se trouve », dit Gabriel, « il fait ses additions comme des soustractions ! »
« Et les multiplications comme des divisions ! » renchérit Raphaël son voisin.
Le maître était anxieux :
« Bruno ! » demanda –t-il. « N’écris pas 473 578 ! Ne fais pas cette opération au tableau ! »
Consciencieusement, Bruno écrivit 374 – 875. Puis il la barra puisqu’il ne pouvait ôter 875 de 374. Le maître s’effondra sur sa chaise. Les élèves, impressionnés, se taisaient. On aurait entendu une mouche tomber par terre à 100 mètres.Puis, le maître soupira profondément. Il demanda :
« Bruno ! Ne me réponds pas ! es-tu comme ça depuis longtemps ? »
« Puis-de ma ce-san-nais », répondit Bruno.
Personne ne comprit ce qu’il disait.
« Ce n’est pas français ? » murmura Julie d’un air de doute.
« Peut-être qu’il parle à l’envers ? » dit Sandrine.
Le maître hocha la tête ; il faisait semblant de s’arracher les cheveux comme un personnage de bande dessinée.
« Oui », il. « Il parle en verlan. Il dit : depuis ma naissance.- C’est ça Bruno ? »
Bruno r »répondit en souriant que oui, en faisant non de la tête.
« Qu’est-ce que c’est le merlan ? », demanda Julie. « Un poisson ? »Elle confondait « merlan » et « verlan ». Le maître sourit :
« Verlan », expliqua-t-il, « veut dire l’envers. Parler verlan consiste à placer la dernière syllabe en premier ; ainsi, au lieu de dire Julie, on dira « Lie-ju »
Les élèves comprenaient ! Ils s’amusaient à dire leurs prénoms en « verlan ».
« Ce serait amusant », dit Sandrine, « de raconter une histoire en verlan ! Celle des trois petites cochons par exemple ! »
Et pour rire, elle essaya de la raconter :
« Il tait-é une fois trois tits-pe cons-co.. » mais le maître l’arrêta. Il reconduisit Bruno à sa place :
« Je ne sais pas comment je vais pouvoir t’apprendre quelque chose ! » dit-il. « Tu écris à l’envers. Tu parles à l’envers. Tu fais le contraire de ce qu’on te demande. Encore heureux que tu ne marches pas la tête en bas ! »
Il se retourna pour s’adresser à Julie qui venait de lever le doigt timidement.
« Oui ? » dit le maître.
« Il fait peut-être les choses à l’endroit quand il a la tête en bas », dit Julie.
Le maître rit ; c’est rigoureusement impossible.
« On devrait essayer ! » dit Gabriel.
« Oui ! Oui ! disaient les élèves. « Essayons ! »
En souriant le maître alla chercher un gros coussin au fond de l’armoire et le déposa sur le carrelage. Et comme Bruno ne savait pas faire le poirier tout seul, Victor et Jean-Christophe, les costauds de la classe, vinrent l’aider. Ils lui tinrent les pieds en l’air.
« Et maintenant », demanda le maître à Bruno, « raconte-moi l’histoire des trois petits cochons ! »
La classe attendait anxieusement. Le maître venait de donner un ordre normal à Bruno, au lieu de lui demander le contraire ! Bruno le comprendrait-il ? Bruno répondrait-il ?
Soudain l’enfant parla !
« Il était une fois trois petits cochons. Ils avaient bâti chacun une maison. La maison du premier petit cochon était en paille. La maison du… »
Les élèves poussèrent une exclamation de triomphe, car Bruno parlait comme tout le monde ! Ils applaudissaient ! Comme Victor et Jean Christophe l’avaient lâché pour applaudir, Bruno retomba sur le sol, et se releva. Il n’avait pas cessé de parler : « …cond-se tit-pe chon-co tit-é en bois. La son-mai… »
« Arrête ! Heu ! Non ! Continue ! » Cria le maître. Et Bruno s’arrêta net.
Les élèves descendirent en gymnastique apprendre à Bruno à faire le poirier , et même à marcher sur les mains. Et lorsqu’on remonta en classe, Bruno s’exprimait à l’endroit. Écrire fut plus difficile que parler. Mais Bruno y parvint en faisant des acrobaties. Un jour, même, il resta assis normalement à sa place, et le maître fut bien étonné , car l’enfant avait appris tout seul à se servir d’un miroir de poche pour ne plus faire le contraire de ce qu’on attendait de lui.
« Je né plu bezoin de faire le poirié » , écrivit Bruno sur son cahier, « car jé pri labitude de travaillé à lendroit comme tout le monde. Je me sui entréné ché moi. Tan pi por lé fote dotograf »
Il apprit à ne plus en faire. Il apprit aussi à ne plus poursuivre ses camarades en courant à reculons dans la cour de récréation, ni à shooter dans le ballon contre son propre camp. Le dernier jour de classe pourtant, il se trompa encore en allant dire au revoir au maître d’école, car il déclara tout ému :
« Au revoir et à l’année dernière ! »
Mais c’était une petite erreur ; et comme l’enfant agitait la main en même temps avec le sourire, le maître n’avait pas besoin de lui faire faire le poirier pour comprendre.
Extrait de « Impossible » de YaK Rivais !

  



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 Réponse N°1 23688

Merci
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 14-06-12 à 18:38



c'est une histoire drôlement amusante!

Maintenant, je suis nez pour la soirée. Je veux dire zen!





 Réponse N°2 23697

vous imaginez,
  Par   Jeafari Ahmed  (CSle 14-06-12 à 19:49



Un manuel -guide de l'utilisateur pour les élèves?!

E puis, j'ai aimé la dernière erreur! Que je trouve logique en quelque sorte! parce que quand on dit à quelqu'un ( éléves ou prof, ou autres...) à l'année prochaine ( semaine, ou mois...)à quoi nous pensons, en réalité: à rien, sauf à une image, de l'année même: avec ses bons moments, et on ne peut imaginer comment sera l'année prochaine, une fois, qu' on y est , si elle est sympa , on dira chouette, c'est comme l'année dernière, donc;ce serait logique d'anticiper et de dire à l'année dernière ! fin-en, je bloque-dé!?





 Réponse N°3 23700

Ah!
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 14-06-12 à 20:00



Nos maitres d'école qui sont également nos maitres des colles!





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