« l’éditorial : genre journalistique ou position discursive ? », résumé

 Par fatih brahim  (Prof)  [msg envoyés : 288le 31-12-15 à 22:17  Lu :348 fois
     
  
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Edition de référence :Annik DUBIED et Marc LITS 1997 :L’éditorial : genre journalistique ou position discursive ?in Pratiques n°94

 Dans leurs manuels et lexiques, les professionnels de la presse écrite classent les articles en genres journalistiques. Cela présuppose un discours journalistique ayant une composition interne qui le distingue d'autres discours et pose en même temps les problèmes de la cohérence des critères à retenir pour caractériser l’éditorial. 
 On avancera donc comme hypothèse de considérer ce type d’article comme une position éditoriale, de rediscuter la notion de discours et d’élargir le sens des déictiques. 
 Commençons par les critères distinctifs des journalistes. On retient la place de choix de cet article : la une, les circonstances très particulières de son écriture, la prise de position de son auteur (généralement le responsable de la rédaction), son type argumentatif et son style raffiné. 
 Dans la pratique, cependant on remarque que cet article est placé aux pages intérieures que sa signature change et qu'autant sa fréquence augmente autant les réactions vives aux faits particuliers sont de moins en moins vives.
Ces changements nous amènent à soutenir l’idée que ce qui distingue le plus un éditorial d’autres formes discursives médiatiques est la présence subjective de son auteur. Cela rappelle la dichotomie discours/récit établie par Benveniste et les déictiques comme éléments distinctifs du discours. En effet, l’énonciation discursive de l’éditorial est à situer principalement dans l’univers du discours même si l’écrit journalistique est relativement dissocié de la situation énonciation.
 Cela dit, l’analyse de quelques éditoriaux démontre que les déictiques (les mots et expressions renvoyant à l’auteur, interlocuteur, temps et lieu de l’énonciation) sont presque absents ou fonctionnent d’une manière indirecte (présence du logo d’un journal, présence de la photo du rédacteur, prédominance des tournures impersonnelles). Cela implique qu’on doit revoir le fait de considérer les déictiques comme élément crucial dans l’écriture éditoriale.
On constate que dans la presse, les déictiques jouent un rôle différent de ceux du discours au sens de Benveniste étant donné la particularité de la situation d’écrit. Celle-ci est dissociée de l’immédiateté d’une situation d’énonciation réelle. En fait, les déictiques seraient à interpréter suivant le contexte spatio-temporel du texte et du récepteur. 
L’élargissement du sens des déictiques dans les éditoriaux pourrait être expliqué par le contexte historique. Ainsi, les éditoriaux du XIXe siècle et du début du XXe siècle sont caractérisés par une forte implication de leurs auteurs ce qui implique un usage « normal » des déictiques. Cela dit l’engagement personnel des éditorialistes contemporains réapparaît à l’occasion d’événements présentant un intérêt social certain. Cette évolution exige de réexaminer les catégorisations des articles proposés par les professionnels de la presse, de revoir la pertinence des éléments linguistiques caractérisant les écrits dans la communication journalistique en fonction du contexte historique.

  



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