L'écriture féminine: mme de sévigné

 Par Jeafari Ahmed  (?)  [msg envoyés : 326le 13-06-12 à 20:24  Lu :1467 fois
     
  
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Please: corrigez le titre! Mme de Sévigné!
à Mme Aziz,Qui m'inspire le respect d'une femme de lettres!à Mme Yassine qui m'inspire le respect d'une femme qui tient un salon littéraire, à tous les artistes hommes et femmes invités du salon littéraire:
L’œuvre de Mme de Sévigné relève du paradoxe : elle n’a pas été conçue à l’origine comme une œuvre, et son auteur ne fut pas considéré comme un écrivain en son siècle. En effet, contrairement aux lettres précieuses de ses contemporains Voiture ou Guez de Balzac, la correspondance de la marquise présente un caractère essentiellement intime et privé.
La naissance de Mme de Sévigné comme écrivain pourrait se situer le 6 février 1671, quand elle entre, malgré elle, en littérature. Il ne s’agit pas de l’acte conscient d’un écrivain sûr de ses moyens et de ses effets mais d’une nécessité imposée par les circonstances- l’éloignement de sa fille- et dictée par l’amour maternel. Le départ de Mme de Grignan, sa fille, pour la Provence a été vécu, par la marquise, comme un arrachement. Elle vouait à sa fille une véritable passion. Il est à signaler qu’au début, il y avait une rivalité entre les deux femmes, dans les cercles mondains où la comparaison tournait toujours à l’avantage de la marquise. Dans sa jeunesse, Françoise-Marguerite avait été jalouse des qualités qu’on s’accordait à reconnaître à sa mère et qu’elle n’avait pas. Ainsi à la nonchalance de la fille on opposait la vivacité naturelle de la mère, au caractère taciturne de l’une, la conversation brillante de l’autre, à la timidité l’extraversion. Les premiers mois de la correspondance font d’ailleurs état des brouilles passées et rappellent le désarroi de Mme de Sévigné devant ce qu’elle considérait être de l’hostilité de la part de la comtesse à son égard.
Des mille cent cinquante-cinq lettres écrites par la marquise et qui ont subsisté, la très grande majorité est adressée à Mme de Grignan.
L’entente entre la mère et la fille s’est établie sur le temps, à travers une sorte de conversation par écrit, bihebdomadaire en règle générale et fonction des servitudes de l’organisation postale.
L’écriture quasi journalière de la marquise a donné des lettres en forme de relations. Ces narrations développées et détaillées d’événements permettaient aux correspondants retenus en province, comme Mme de Grignan, de connaître des nouvelles de la Cour. Rédigées presque quotidiennement et adressées à la comtesse, les lettres pouvaient aussi tenir lieu de journal intime. Les protestations de tendresse y voisinaient avec les états d’âme d’une conscience déchirée. À partir de 1680, la correspondance change de ton : les confidences et les preuves d’amitié prennent significativement le pas sur les récits plus anecdotiques. La distance prise par rapport au tourbillon mondain implique un retour sur soi ; le nouvel équilibre trouvé par la mère et la fille donne lieu à un regain de la sollicitude maternelle et favorise les épanchements.
Quand on se penche sur les lettres de la marquise, on hésite entre la tentation de considérer sa correspondance comme une simple gazette, et le sentiment d’être devant une œuvre de littérature consciente. Les événements intéressent Mme de Sévigné parce qu’ils lui fournissent la matière d’un récit susceptible de plaire à sa fille Cependant, derrière les lettres adressées à la comtesse, se trouve d’abord le sentiment. L’amour maternel prend les pas sur la recherche formelle et le contenu intellectuel. La lettre, chez Mme de Sévigné, prolonge et approfondit à distance les rapports que les interlocutrices tissent lorsqu’elles sont réunies.
Les lettres de Mme de Sévigné, en apportant un témoignage sur son époque, constituent en quelque sorte des mémoires, autant qu’en parlant d’elle-même, au fil d’une correspondance régulière (2 fois par semaine), son écriture s’inscrit dans la littérature du journal intime. L’idée de création littéraire serait peut-être bien étrangère à l’épistolière. Mais son art involontaire du récit, les trouvailles de son style négligé et la singularité de sa passion, font de ses lettres une œuvre littéraire vouée à la postérité.
Cependant, on peut toujours se demander s’il n’y avait pas eu chez Mme de sévigné, femme de lettres de par ses relations, ses fréquentations et ses lectures, un souci d’écriture, et un désir de s’affirmer en tant qu’écrivain?

  



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 Réponse N°1 23615

M. Jeafari
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 13-06-12 à 20:42



A chaque occasion, vous ne manquez pas de m'honorer, vous et d'autres collègues. Je vous suis très reconnaissante. Grâce à vous, j'ai appris beaucoup de choses mais ce qui me touche le plus c'est le côté humain présent sur ce forum. C'est comme un petit déclic qui éveille en chacun de nous son côté créatif. Sans les encouragements de chacun, cette créativité aurait pu rester en latence, ce qui aurait généré une espèce de frustration... Merci à vous.





 Réponse N°2 23623

Oui,Madame,
  Par   Jeafari Ahmed  (CSle 13-06-12 à 21:07



Vous avez du génie, qui ne demande qu'à être partagé, généreusement!

Je m'adresse à toutes les collègues femmes ( et demoiselles )!

les hommes, eux,ils n'ont pas besoin d'encouragement, ils se donnent à fond!





 Réponse N°3 23642

Vive la galanterie! Vive M Jaafari !
  Par   Samira Yassine  (CSle 14-06-12 à 00:14



Galant que vous êtes , vous me comblez par vos mots les plus sincères, j'en suis très touchée.

Je ne sais plus comment vous remercier vous, et tous les amis du site. Vous me comblez par vos compliments. Merci.

Vous savez cher ami, depuis que j'ai mis le pieds dans ce site, plutôt la main, ni l'une ni l'autre, l'âme, oui mon âme, depuis, je me rends compte, jour après jour, que j'apprends beaucoup de vous tous, et plus j'apprends et plus je me rends compte que je ne savais rien , je parle de tous les domaines. J'adore ce site, je vous adore tous , mes chers amis.

Mes respects cher ami.





 Réponse N°4 23643

Merci, Madame!
  Par   Jeafari Ahmed  (CSle 14-06-12 à 00:22



J'aurais voulu vous appeler Mme de la Fayette. Cette grande dame écrivaine; et qui a ouvert son salon à tous les penseurs de son époque et a encouragé l'esprit des lettres, Mme de Sévigné elle-même était souvent son invitée!

Mes hommages Madame, vous êtes la doyenne (en ancienneté, en présence,en notoriété, en sociabilité ...du Site!





 Réponse N°5 23656

L'épistolaire
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 14-06-12 à 11:31



La lettre est un écrit intime. L'épistolier fait part d'une expérience particulière. Dans ce sens, la lettre a une dimension humaine. Elle peut revêtir une dimension historique. Son auteur peut témoigner de son époque en évoquant des faits historiques.





 Réponse N°6 23657

Lettre de Madame Sévigné
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 14-06-12 à 11:53



A Livry, ce mardi saint 24 mars

et jeudi saint 26 mars 1671

Je me suis mise à vous écrire au bout de cette petite allée sombre que vous aimez, assise sur ce siège de mousse où je vous ai vue quelquefois couchée. Mais, mon Dieu, où ne vous ai-je point vue ici? et de quelle façon toutes ces pensées me traversent-elles le coeur? Il n'y a point d'endroit, point de lieu, ni dans la maison, ni dans l'église, ni dans le pays, ni dans le jardin, où je ne vous ai vue; il n'y en a point qui ne me fasse souvenir de quelque chose de quelque manière que ce soit; et de quelque façon que ce soit aussi, cela me perce le coeur. Je vous vois, vous m'êtes présente; je pense et repense à tout; ma tête et mon esprit se creusent: mais j'ai beau tourner, j'ai beau chercher; cette chère enfant que j'aime avec tant de passion est à deux cents lieues de moi; je ne l'ai plus. Sur cela je pleure sans pouvoir m'en empêcher; je n'en puis plus, ma chère bonne: voilà qui est bien faible, mais pour moi, je ne sais point être forte contre une tendresse si juste et si naturelle. Je ne sais en quelle disposition vous serez en lisant cette lettre. Le hasard peut faire qu'elle viendra mal à propos, et qu'elle ne sera peut-être pas lue à la manière qu'elle est écrite. A cela je ne sais point de remède; elle sert toujours à me soulager présentement; c'est tout ce que je lui demande. L'état où ce lieu ici m'a mise est une chose incroyable. Je vous prie de ne me point parler de mes faiblesses; mais vous devez les aimer et respecter mes larmes, qui viennent d'un coeur tout à vous.

PS: cette lettre pourrait être un support pédagogique intéressant pour étudier l'énonciation avec les élèves.





 Réponse N°7 23660

Je le savais, madame!
  Par   Jeafari Ahmed  (CSle 14-06-12 à 12:21



Que vous apprécierez Mme De Sévigné!

Vous avez vu cet amour maternel , qui s'est transformé en passion, et comment elle donne libre cour à son lyrisme, face à une amante ( à défaut d'amants, qu'elle a délibérément, poliment et fermement rejetés.même Louis XIV, avait de l'admiration pour elle)





 Réponse N°8 23662

Merci encore une fois
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 14-06-12 à 12:28



d'avoir suscité ma curiosité! Cette lettre est magnifique.





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