L’arbre
L’arbre est si grand.
Oh chercheurs affamés!
Que votre aventure est funeste.
Avide, vaine et indolente.
De vos pieds tremblants
De vos mains tremblantes
De votre regard court colmaté,
Vous escaladez l’interdit.
Les fleurs sont si belles.
Oh les éphémères, peintres fous
Vos brosses et vos pinceaux
Sont incapables d’évoquer,
De tracer, de crayonner
Et d’imiter cette beauté.
Oh aventuriers des routes!
Les branches sont si hautes.
Et votre voyage sera long
Et insuffisants, vos bagages sont.
Et vous les gourmands !
Les fruits sont si délicieux.
Le parfum est tendre, doux
Il est de loin attrayant.
Oh créatures aveugles
Reines de la matière
Amblyopes de la raison.
Que votre logique est simple
Que votre monde est petit
Et que vous êtes petites.
Fermez vos yeux et vos cœurs
Ouvrez et dénouez.
Et montez, montez,
Montez si loin,
Et laissez vous
Vous emportez.
Oh chercheurs affamés!
La voie est limpide,
La voix vous accompagnera
Et les mots, des maux
Vous sauveront
Et dans votre obscurité
Vous guideront.
IBN ARABI l'avait dit,
L'avait jadis dit
Et de fou fut qualifié.
L'univers est un arbre.
Choisissez vos branches
Et montez. Sage, savant,
Illuminés vous serez.