Journée d'études : mythe, utopie et littérature (fac-fès-sais)

 Par marocagreg  (Admin)  [msg envoyés : 2213le 11-01-14 à 09:33  Lu :1017 fois
     
  
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Deux concepts distincts, Mythe et Utopie, entretiennent en principe une certaine relation de complémentarité relative à la conservation de l'humanité et son héritage et à son essor civilisationnel, le mythe par le recours au passé et l'utopie par l'interrogation du futur. Ils échappent au joug du concret et du sensible et s'inscrivent plutôt dans l'abstrait et l'idéal.
Mythe du grec « mûthos » signifie récit, légende, fable imaginaires ; et Utopie, mot forgé par Thomas More à partir du préfixe privatif grec « u » et du substantif « topos », signifie lieu. Ainsi utopie veut bien dire : non-lieu ou ce qui n'est d'aucun lieu, tandis que mythe renvoie à une crise du vraisemblable, à un non-temps du récit. Le mythe et l'utopie engagent l'humain dans une expérience de non-existence, autrement dit dans un univers atemporel où les indices du réel ne constituait plus des références au niveau de la connaissance.
Luc Brisson écrit dais son article intitulé « le mythe, l'identité par le plaisir » publié in Le Point Références, Juillet-Août 2012 : « si le mythe a un effet aussi puissant, c'est qu'il donne du plaisir. Celui de se projeter hors des contraintes de l'existence ».
Ainsi, le secret du mythe n'est-il pas de se projeter, de se créer des horizons libres et féconds ? M ais si le mythe suppose une projection quelconque, se trouvera-t-il curieusement synonyme d'utopie ? Bien sûr que non ! Il est vrai qu'ils sont presque analogues au niveau de leur relation au réel, leur symbolique consiste à se défaire des traces du réel, il n'en demeure pas moins vrai qu'ils se différencient par quelques traits : au niveau du bonheur, le mythe en représente le mode de fonctionnement, le moyen, tandis que l'utopie est sa parfaite manifestation, sa fin. C'est alors ce qui justifie la multiplicité des dieux et des héros, et l'unicité des attentes, désirs et aspirations humains. Par ailleurs, si l'utopie fait évoluer l'histoire par son essence dialectique, le mythe, quant à lui, fait progresser la mémoire par son essence cyclique. Autrement dit, au moment où l'utopie fonctionne selon le choc d'idéologies, selon une logique de thèse (l'ordre réel établi) et d'antithèse (la révolte contre cet ordre), le mythe s'avère l'expression d'un trajet existentiel circulaire qui repose sur le retour constant à la célébration de la grandeur de la valeur représentée (Orphée symbolise éternellement le poète et la puissance du verbe poétique).
Nonobstant ces distinctions qui semblent séparer mythe et utopie, la rhétorique humaine parvient à les transformer en affinités, en motifs de complémentarité. Et ce à travers dives discours dont nous citons le religieux et le politique. Le discours religieux semble être l'expression accomplie de l'association mythe et utopie. L'originalité de la religion, en tant que rhétorique indépendante, consiste à procéder doublement : avoir des récits fondateurs (mythe) et une métaphysique fondée sur la promesse d'une vie meilleure d'un bonheur pur et éternel (paradis). Le discours politique repose à son tour sur la jonction de ces deux concepts, du moment qu'il n'est efficace et fort que lorsqu'il parvient à se créer des figures d'héroïsme aptes à impressionner une société et à la guider par la suite. La guider où ? À la réalisation d'une certaine somme de promesses et de prévisions.
Or le discours littéraire ne se limite pas uniquement à joindre mythe et utopie, il demeure incontournablement le champ de composition et de compréhension des différentes dimensions discursives de la faculté créatrice chez l'humain.

  



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