Image et fiction

 Par marocagreg  (Admin)  [msg envoyés : 2213le 15-04-12 à 12:33  Lu :1786 fois
     
  
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on va corser un peu plus l'exercice. voici les consignes :
1- NE PAS DÉPASSER 15 LIGNES
2- UTILISER OBLIGATOIREMENT CES TROIS MOTS (VENTRE, MONTRE, VOIX)
un seul récit par membre !

  




 Réponse N°1 19906

Au bout du tunnel
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 15-04-12 à 15:51



Le chemin de retour était pénible. Mariam se sentait si épuisée. Les séances de radiothérapie l'avaient vidée de toute son énergie. Elle avait mal à la voix. Les passagers ne l'intéressaient pas: ni ces hommes aux gestes rigides, presque mécaniques, tournant et retournant les pages des journaux dans un perpétuel froissement, ni ces jeunes filles à l'allure insolente. La chaleur était étouffante. Jamila regarda la montre. Que le trajet semblait long! Elle avait hâte de rentrer à la maison et de serrer dans ses bras Hamza. Toucher le corps de son petit garçon lui procurait beaucoup de bien. Elle se sentait presque coupable de le confier à Halima. Une bonne à rien qui ne pensait qu'à son ventre! Mais Jamila n'avait pas le choix. Elle se sentait seule à affronter ces dures épreuves . La vie n'est pas telle qu'on l'envisage! Si Mohammed avait beaucoup changé. Il était loin du jeune homme qu'elle connu à la faculté du Mirail. Dès le premier instant, il l'avait impressionné par son physique, son audace et son accent marrakchi. Il y eut même une véritable guerre entre elle et Wafae la fassie qui avait usé de tous les moyens pour attirer l'attention du jeune étudiant. Les cornes de gazelle , les pots de "khlie" et de "sellou" avaient fait leur effet d'autant plus que le jeune homme n'avait plus sa bourse. L'argent qu'il tirait de son gardiennage lui suffisait à peine à payer ce misérable studio de la rue du Taur. Elle se souvient encore de ce long couloir sinistre.





 Réponse N°2 19909

Cauchemar
  Par   fatih brahim  (Profle 15-04-12 à 18:55

Après tout ce voyage, je suis enfin arrivé à cette tristement célèbre prison qui a marqué les corps et les esprits de toute une génération de mes concitoyens. Journaliste débutant, mon rédacteur en chef m’a chargé de prendre des photos de ce sinistre lieu pour illustrer une enquête sur ses anciens détenus. J’en suis fier. Ce sera le coup d’envoi d’une brillante carrière.

De l’extérieur le bâtiment semble narguer le paysage désolant qui l’entoure. A l’intérieur, l’endroit est désert. Un silence de mort enveloppe le couloir vide et ses portes sombres tels des courants mauvais aspirant au fond d’un gouffre. Le temps semble suspendu. J’essaie de regarder ma montre. Il est dix-huit heures. Je ressens un certain vertige. Je peine à tenir mon appareil photo pour immortaliser cet instant et cet espace qui échappent aux mots, ou même à la mémoire.

A un moment, il me semble voir les silhouettes des prisonniers, entendre leurs voix, leurs gémissements. Puis, je me décide d’avancer pour mieux explorer cet univers carcéral. Je crois distinguer des gardes qui surveillent les lieux avec des yeux perçants. Tels des radars, Ils scrutent le moindre mouvement. Mes pieds commencent à ne plus me supporter ; j’ai failli m’évanouir. Je frotte mes des deux yeux pour mieux voir. L’un des gardes se serrant d’une ceinture noire qui apparait sur son ventre et qui contraste bien avec son uniforme bleu foncé se dirige vers moi en m'enjoignant :

-Et toi là bas ! Barre-toi.

Je pousse un grand cri en m’agitant convulsivement. Et puis, je me réveille ; je déteste les cauchemars.





 Réponse N°3 19913

le dernier jour d'un condamné
  Par   marocagreg  (Adminle 15-04-12 à 20:20



Par une minuscule lucarne, un ballet de particules de poussière fine dansait par le mince filet de soleil qui vient se fracasser sur un mur plein de gribouillis obscènes. Dans un coin, Said était recroquevillé. Sa tête entre ses jambes, ses mains enlaçant fortement ses genoux. Son corps entier tremblait comme une feuille. Depuis deux ans, il croupissait dans cette oubliette en attendant son exécution. Il avait balancé sa femme Ghalida par-dessus la terrasse. Depuis trois mois, il habitait seul le long couloir de la mort. Tous les autres ont péri. Il sentait bien que son tour était imminent. Il avait la peur au ventre, mais son angoisse était plus supportable que les âmes damnées qui le dévoraient chaque nuit. Il voulait en finir. Des bruits de verrous, des pas s'approchent, mais au lieu de voir la gamelle de nourriture infecte qu'on lui glissait chaque jour par une fente en bas de la porte, une clef pénétra la lourde porte de sa cellule, un grincement... des silhouettes longues barraient l'embrasure. Un sergent aux traits indéfinis s'avança une cagoule rouge à la main. Sur le mur de la cellule d'en face un cœur saignait depuis des lustres. Il fut menotté et traîné le long d'un corridor infini. Pour lui, c'était déjà le voyage ultime vers l'inconnu, l'engloutissement. Tout à coup, à l'une des bifurcations du grand corridor, le cortège s'arrêta. Dans un enfoncement, trois ampoules produisaient un grésillement agaçant. Au milieu, trônait une corde de chanvre en collet. Une montre accrochée derrière la potence indiquait 11h29. Said marchait toujours dans le même corridor, seul. Aucune voix, aucun bruit ne perturbaient le silence pesant des lieux. Les gardes se sont évanouis, il marchait, marchait... derrière un corridor infini, devant un corridor infini...





 Réponse N°4 19920

Dogma
  Par   Adi Lachgar  (CSle 15-04-12 à 21:10

« Tu vois, fils de p…, ce couloir, c’est comme un gros intestin un peu constipé. Tôt ou tard, avec un peu de glycérine, il finira par vous éjecter tous, droit dans les égouts. » Voilà avec quels mots Saâsaâ, le geôlier, me souhaita la bienvenue. Il avait ma montre au poignet, une jolie montre Dogma que ma jeune épouse m’avait offerte à l’occasion de notre premier anniversaire de mariage. Voyant que je la regardais, il me lança, de cette voix qui, beaucoup plus tard, quand tous les visages se seront estompés, habitera encore tous mes cauchemars « Qu’est-ce t’en a à foutre de toute façon. Ton temps est fini, zam… bouk !. » Je l’entendis rire et je vis son gros ventre vibrer. J’étais assis. Il était debout. Je ne voyais, je ne pouvais ni ne voulais voir que son ventre. Pour plus tard. Le loquet glissa, grinçant. La clef tourna, cliquetant. Ils allaient glisser, cliqueter, tourner, grincer quinze ans. Quinze ans avec , comme unique compagnie, le souvenir de ma dernière promenade avec mon épouse. On avait enfin décidé qu’il était temps de faire un enfant. Elle voulait un garçon qui me ressemblât. Je voulais une fille qui lui ressemblât. « Dieu va peut-être nous donner les deux en même temps.» Elle avait dit cela et elle avait ri. Puis, sans que rien ne l’eut annoncé, elle se mit à pleurer. Je la pris dans mes bras, sans un mot, et la couvris de baisers. Le lendemain, la rafle vint me cueillir au sortir du lycée.




 Réponse N°5 19938

En prison.
  Par   ELMALEK HOUDA  (CSle 16-04-12 à 00:31

Dans cet univers si spécial et que l'on ne peut comprendre que si on y a vécu, Reda essaie de se rouler en boule, de ne rien voir, de ne rien entendre...Il essaie de vivre au jour le jour. .On lui a méme confisqué sa montre, comme tous ses effets personnels.Dans la prison,l'ambiance est celle que l'on devine.Les gardiens, au ventre bedonnant, sont austères et le compagnonnage est pénible comme sa cellule sale et lugubre.Il en sort le moins possible pour ne pas entendre le genre de choses qu'il n'a jamais supporté, pour ne pas arpenter ce couloir obscur et triste.Psychologiquement, c'est dur et Reda sait que cela doit étre dur aussi pour sa famille . Il ne veut pas que ceci les use.Les grandes joies valent bien les grandes peines.Il est entouré de gens qui ont pour la plupart, gaché leur vie pour de l'argent. Peut-étre lui -a-t-on trop bien appris que l'argent n'avait aucune importance par rapport aux vraies valeurs. Toujours est-il que lorsqu'il est serein , une voix lui souffle très fort que ceci, aussi dur soit-il, ne doit pas le marquer parce que c'est un simulacre. Peut-étre qu'on ne voudra jamais le croire- et c'est si souvent qu'il se révolte à l'idée d'étre enfermé pour rien mais l'essentiel est de porter la vérité en soi. Il ne cesse de se demander ce qu'il fait là, pourquoi on le laisse ainsi, peu à peu s'enfoncer dans une prison pire que la prison, celle de l'angoisse, du doute. A force de se heurter contre les murs de l'incompréhension,Reda ne croit plus en rien.




 Réponse N°6 19974

J'ai vu Amnésia!
  Par   Jeafari Ahmed  (CSle 17-04-12 à 11:44

Mon ventre se noue à chaque fois que, malgré moi, partagé entre la joie d’une délivrance proche, et l’effroyable sentiment de doute et d’incertitudes, j’erre dans les méandres de mon histoire à la recherche d’un indice qui puisse m’éclairer, ce long couloir qu’est ma mémoire. Seuls mes efforts pour rappeler, produisent, tels des ions incandescents qui perlent eu bout des mes neurones, une lueur qui projette devant moi, ce long tunnel, dont les deux cotés sont parés d’une rangée de portes, fermées, apparemment, toutes identiques. Et là, je soupçonne derrière chaque porte, une tranche de ma vie, ou plutôt un souvenir-clé, qui couronne tout un chapitre de mon existence. Mais chose étrange, quand j’arpente ce tunnel, j’ai une impression du déjà-vu, quoique, quand je tends ma main droite pour saisir le loquet de telle ou telle porte, c’est vers le côté opposé que ma main gauche va. C’est en quelque sorte, comme si je regardais dans un miroir, mais sans me voir. C’est un peu le même phénomène qui m’arrive quand je rêve de mon enfance : je revois des détails, mais à l’envers, c’est-à-dire, ce qui est à droite se met à gauche, et inversement. Toujours est-il que devant ces portes, j’essaie souvent de pivoter dans les sens des aiguilles d’une montre, pour rectifier, le décor, mais à ce moment-là, tout disparaît. Alors, je me résigne, et j’avance vers une porte entrouverte, d’où semble venir une voix à peine audible. Je pousse la porte, et je me retrouve devant le miroir.





 Réponse N°7 19984

Le couloir de la mort!
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 17-04-12 à 17:05

Je le connais, ce passage, ce couloir de la sagesse et de la folie. C'est la délivrance qui se présume à la fin de son parcours. Chacun des personnes qui s'y sont ajournés peuvent vous dire sa réalité et son climat mi cauchemardesque, mi vampire! C'est que la mort vous y guette de partout! Y' a-t-il un échappatoire! Une voie qui dicte un lieur d'espoir? La voix de l'horreur et le ventre du bourreau sont insatiables! On y aime les âmes pervers et la perfidie des scélérats! C'est aussi un lieu réservé aux hommes! Qui furent hommes... Pas d'enfants donc! Les enfants jouent les jeux de la colombe, ces hommes jouent ceux des corbeaux...Dans ce lieu qui appelle la mort, la ronce et le moisi, les pleures et les rires fous se mélangent et s'entrecroisent... On dirait deux odeurs qui rappellent l'enfer! Les montres et les masques se jouent une partie de massacre où le sang seul apparait comme couleur principale...Le sang n'a pas d'odeur, mais la mort, si! Les témoignages restent incapables de décrire l'indicible, le monstrueux et le hideux: derrière chaque histoire des convives de cet espace qui tremble le crime et invite au repentir, il y' a des cris et des pleures...Les victimes, on ne les fait pas renaitre de la terre qui les abrite, on ne fait que les faire rejoindre par leur assassins!





 Réponse N°8 19986

re
  Par   marocagreg  (Adminle 17-04-12 à 17:10



merci à vous tous !





 Réponse N°9 20027

A bout de souffle!
  Par   LAKHDER Kenza  (Profle 18-04-12 à 13:30



Aujourd'hui ,il n'a plus de doute cette voix qui lui murmurait à l'oreille pendant plus d'une année était là encore lui rappelant qu'il était réduit au néant qu 'il n'avait plus rien à faire dans cette vie .Il n'avait fait que courir comme un damné ,elle était là comme le tic tac infernal d'une montre qui ne s’arrête jamais .Cette lueur au bout du tunnel n'était qu'illusion .IL avait marché ,toutes les portes se ressemblaient ,laquelle ouvrir ?seraient -elles salvatrices ?Il en doutait beaucoup .

Il avait peur ,un frisson lui parcourait le dos et un mal atroce lui tordait le ventre .IL savait d’emblée que la moindre erreur lui serait fatale .Écrasé par le poids qu'il trainait depuis des années tel un Sisyphe il connaissait sa sentence et sa destinée ,la moindre erreur lui serait mortelle .Accablé,broyé il continue à avancer lentement ,il savait qu'il était inutile de courir .Aujourd'hui il n'avait qu'une conviction ,il était à bout de souffle ,au bout de cette traversée douloureuse et obscure.





 Réponse N°10 20179

Internat
  Par   Hassoun Oumaima  (Profle 22-04-12 à 21:19



Ces images dansaient dans sa tête. La musique du silence se jouait et elle se sentait comme bizarrement tirée vers l’abysse qui ne cessait de se creuser. Elle se souvient : C’est la première fois où elle entre dans un pareil endroit. Pourtant, cela ne lui semblait pas très étrange. Elle prenait toujours la voie la plus difficile, la plus épineuse. Celle qui constituait sa destinée. Le chemin qui menait au sommet a toujours été son pari. Elle misait dessus car elle n’avait rien à perdre. A mesure qu’elle avançait pour atteindre sa chambre, le couloir se prolongeait. Une dizaine de portes se trouvaient à gauche, à droite ; Aucune devant elle. Au fond, une odeur puante jaillissait. C’était l’expression des ventres affamés. Le silence régnait, l’unique bruit de ses valises donnait vie à cet espace si obscure et si fermé. Elle avait peur, mais de quoi ? De l’inconnu ? Du temps ? Les idées commençaient petit à petit à se bousculer dans sa tête ; Elle n’avait jamais pensé auparavant qu’un tel lieu pourrait réellement exister, tant il faisait partie d’elle, de ses rêveries. Elle avait toujours imaginé qu’elle était la seule à pouvoir concevoir l’architecture d’un univers semblable à celui-là, hélas ! Elle avait tort. Ce fut la première leçon que cette photographie –encore fraîche dans sa mémoire- lui avait apprise. Cette fille qui croyait vivre isolée dans sa bulle n’était qu’une petite parcelle d’un monde où beaucoup de gens se ressemblent, pensent de la même manière, ont une même voix de devoir et font le même choix. Ces gens avec qui elle allait partager ce corridor, cet immeuble qui leur servirait d’internat, eux aussi, aiment les paris.

Saisissant cela, la joueuse entra dans sa chambre, ferma la porte et attendit le signe de départ.





 Réponse N°11 20198

re
  Par   marocagreg  (Adminle 23-04-12 à 08:50



Bienvenue à Alkatraz !





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