Image et fiction

 Par marocagreg  (Admin)  [msg envoyés : 2213le 12-04-12 à 16:57  Lu :1433 fois
     
  
 accueil


On va aborder une autre activité autour de l'image. Il ne s'agit plus de se livrer à un travail d'herméneutes. Regardez bien l'image, ne l'analysez pas, mais donnez-lui vie !
Voilà la consigne pour nous tous : à partir de cette image, imaginez un petit récit fictif de moins de 10 lignes. Vous n'avez droit qu'à un seul essai. D'ici trois jours, les membres décideront du meilleur récit.

  




 Réponse N°1 19804

Un coup de balaie magique!
  Par   Jeafari Ahmed  (CSle 12-04-12 à 23:39

Une petite table carrée et ses trois chaises, comme elle, pliables, trônaient l’espace d’un repas, au beau milieu de la petite kitchenette, dont l’exigüité empêchait déjà deux personnes de se croiser sans se toucher. En période de paix, c’était vivable et même parfois conviviale, mais en temps de guerre, le mari, n’avait pas droit de passage. Il y avait le salon avec sa belle table ronde. Mais fatéma était intraitable. Cependant lors de ses absences, il prenait un plaisir malin à bafouer l’ordre établi. Ce jour-là, assis à même le tapis, il dégustait un sandwich, quand elle sonna à l’interphone. Paniqué, il passa sur le tapis, un rapide coup de balaie, mais elle n’avait qu’un seul étage à monter, il eut le réflexe de soulever le bord du tapis pour y pousser la balayure... un « NON ! » l’arrêta net : c’était fatéma, étrangement troublée. Avant de laisser tomber le coin du tapis, Rachid eut le temps de voir, une collection de balayures qui y gisaient, il éclata de rire, ce que fatéma fit aussi sans plus de retenue.




 Réponse N°2 19808

Le tapis, seule échappatoire
  Par   Samira Yassine  (CSle 13-04-12 à 01:20

Vous me prendrez pour un homme, vu ces mains rugueuses. Excusez-moi, messieurs les hommes. Mais les mains d’une femme devraient être bien plus belles, plus douces au toucher, n’est ce pas ?

Désolée, j’ai oublié de me présenter. Je suis Saida, un prénom qui en dit long sur la misérable vie que je mène depuis que mes parents m’ont mise chez cette femme, Rahima

C’était la veille de mon jour de repos. J’étais heureuse, enfin je pourrai voir ma famille, à la campagne. J’étais très pressée afin de tout finir avant la tombée de la nuit. Je passais devant le beau vase en cristal quand tout à coup il se métamorphosa en miettes. Comment ne l’ai-je pas vu ? Comment aurai-je été si pressée ? Voilà que je risque de ne plus y aller, à cette campagne et cette famille qui me manquent tant ! Que faire ? Le TAPIS!!! Certes ce n’est pas la meilleure idée mais d’ici mon retour, elle aura le temps de se calmer ma maîtresse, l’impitoyable Rahima.





 Réponse N°3 19814

les couches
  Par   marocagreg  (Adminle 13-04-12 à 14:22

Ghalida prit son marmot à deux mains, lui enleva la couche qui pesait une tonne, lui saupoudra du Talk sur les fesses enflammées, lui enfonça un biberon plein d'une mixture verdâtre entre les lèvres. Ses hurlements se calmèrent. Ghalida enroula quelques serviettes sales avec la couche lourde puis balança le tout sans états d'âme du haut la terrasse où elle habitait dans le lot de terrain non construit mitoyen. Des jours et des mois s'écoulèrent. Dans le lot de terrain voisin trônait un monticule de détritus, de Pampers, de Huggies et de Dalaa. Un matin, des sirènes stridentes réveillèrent le quartier. Un troupeau d'hommes encerclait le terrain non construit. En haut du petit monticule de couches trônait le corps disloqué de Ghalida. Sa cervelle visqueuse coulait lentement aux entrailles du tertre, sur ce tapis de détritus qu'elle a elle-même tissé couche après couche. Son mari venait de la balancer par-dessus la terrasse.




 Réponse N°4 19819

Imprudence.
  Par   amina ossoule  (CSle 13-04-12 à 15:52



A l’instar de tous les jours, fatma, recommandait à son mari de ne pas oublier le tagine, repas du soir, sur le brasero et sortit de bonne heure chercher de quoi nourrir cet homme dont la maladie empêchait d’exercer nul métier. Mais, ce matin, elle ne savait pas que le destin allait la priver de cet être qu’elle adorait tant , et sur qui elle veillait comme sur un petit enfant. Car ,elle reconnait, qu’au moment où il était dans tous ses états, il la traitait comme une reine.

Ce soir, le hasard décida qu’il y’ ait une coupure d’électricité. Et, pour aller chercher une bougie, Ali heurta le brasero et tout se renversa. Il se mit à nettoyer l'endroit avant le retour de fatma. Au moment où il balayait la dernière cendre on frappa à la porte. Alors, sans trop réfléchir, il dissimula tout sous un tapis de « doum » et alla ouvrir la porte. C’était son ami. Le temps de revenir, la maison prit feu et Ali céda l’âme quand il tenta de l’éteindre.





 Réponse N°5 19823

le retour
  Par   LOUMATINE Abderrahim  (Profle 13-04-12 à 16:54

Il la chérira à jamais!Il était debout le regard rivé sur la montagne.De l'autre côté du ravin,la pente raide était habillée de cèdres; de chataigniers et de pin séculaires.Il se retourna.;son front parcouru de sillons profonds ruisselait;les goutelletes suivaient les rides,dévalaient la pente de ses joues creusées,irriguaient le coin de sa bouche et tarissaient sur son menton. Le soleil se couchait et il doit affronter,seul,le chemin du retour,ô combien douloureux! personne ne l'attendait!Se souvient-on encore de lui?Longtemps il avait pensé à ce jour.Mais le jour de sa résurrection était venu.Combien de temps etait-il devenu ce mort vivant cette machine travaillant jour et nuit? La lune! Comme elle est grande à l'est ! Il l'avait oubliée! Sa marche lourde sur la piste caillouteuse le conduisait vers sa rennaissance, vers la vie. La vie! Ses babouches neuves,sa djellaba blanche,son cheval qui dansait au rythme des "bendirs"Il était impatient de la connaitre.Elles disaient toutes qu'elle était la plus belle,des yeux d'amendes, une peau si blanche qu'elle ferait rougir les plus audacieux des "Amrs".Comment aurait-il pu se rappeler tout cela sans le reflet qu'il vit dans le petit miroir qu'il laissa tomber?




 Réponse N°6 19826

le balai
  Par   Adi Lachgar  (CSle 13-04-12 à 17:58



Maintenant, on ne sonnait plus, on frappait. Les coups étaient de plus en plus forts. Et ça résonnait dans sa poitrine comme le tambour gnaoui qui mettait en transe sa grand-mère, autrefois. Un éclat vibrant de terreur et d’impuissance. Les larmes interdites la reprirent à la gorge. Elle savait qui s’était. La veille, elle avait décidé de ne plus se laisser faire. Elle l’affronterait, enfin. Non, elle ne dirait rien. Elle se contenterait de laisser là, bien en vue, au beau milieu du salon de son cher fils, un bon petit tas de poussière. Elle n’aurait pas besoin de passer son hideux petit doigt sur les bords, avec son rictus haineux et méprisant. Voilà comment elle comptait lui dire qu’elle était chez elle ! Cinq grands coups sur la porte qui semblait céder la rappelèrent à l’ordre. Elle comprima une terrible envie de crier, et, une main sur le ventre, courbée et titubante, elle prit le balai et poussa le petit tas de poussière sous le tapis du salon.





 Réponse N°7 19828

Nora sous le tapis.
  Par   ELMALEK HOUDA  (CSle 13-04-12 à 18:23

Nora et Reda forment un couple. Ils sortent ensemble et sont très amoureux l'un de l'autre. Tandis que Reda supplie sa maman de convaincre son papa de le laisser sortir la BMW décapotable, le coeur de sa copine Nora balance entre deux robes à peu près identiques, toutes les deux "style". Apès avoir obtenu l'aval de son papa pour la voiture, Reda court se plaquer les cheveux en arrière avec du gel brillant avant de se crisper dans sa tenue habituelle: chemise classe bien repassée avec zéro pli, pantalon classe et la paire de chaussures classe qui va avec. Il est prét. Nora, elle, a pris un peu de retard à résoudre ses problèmes existentiels: l'ongle qui s'est cassé juste avant la manucure, la mèche droite qui ne boucle pas comme la mèche gauche."Ca n' arrive qu'à moi ce genre de choses!" pleurniche-t-elle.Mais elle ne tarde pas à retrouver le sourire en voyant son Jules arriver dans la belle voiture de papa!

Le couple se pointe finalement au café et Nora est aux anges. la clique des amis est au grand complet.Ils ont pu donc admirer l'arrivée très people du couple dans la décapotable. Bien en vue, Nora enlève de temps en temps ses lunettes noires pour laisser apparaitre ses lentilles bleu turquoise. Les discussions commencent, les débats aussi, sur la boite de nuit qui ne sélectionne pas assez à l'entrée...Reda est à la hauteur. Bientot, il décide de rentrer pour terminer la soirée à la maison puisque papa et maman sont déjà partis en voyage.

Nora est euphorique. Elle rit aux éclats, trébuche, manque une marche,et tombe raide.Reda, bien que désorienté, prend vite la décision. Il se munit des outils du jardinage dans le garage, enlève les carreaux du jardinet face à la piscine, creuse et fait disparaitre la très, très chère et élégante Nora avant de remettre les carreaux à leur place, de balayer la poussière restante,et la pousser sous le tapis.




 Réponse N°8 19847

La vie en noir et blanc
  Par   fatih brahim  (Profle 14-04-12 à 01:05

Depuis quelques jours, Adil est inspecteur de salubrité.Quel soulagement! Enfin le jeune diplômé a intégré la fonction publique après tant d'années d'études couronnées par un Master en mathématiques .Certes, la nouvelle fonction ne correspond nullement à ses attentes et aux ambitions de l'étudiant brillant qu'il a toujours été, mais il s'estime chanceux de pouvoir se libérer des affres de ses deux années de chômage infernal. Désormais, il n'éprouvera plus la honte de mendier l'aide de ses parents. Et pour se le prouver ,il décide de changer de cybercafé:au lieu d'aller à celui de son quartier misérable qui va lui donner le sentiment de retourner en  arrière ,il se rend à  celui d'un quartier chic.Comme d'habitude il se connecte sur son compte Facebook,pour discuter avec ses anciens amis et causer avec eux  à propos de tout et de rien. Aujourd’hui, pour les informer de son nouveau boulot,notre héros a eu l'idée génialement insensée de changer sa vraie photo d'identité par la photo proposée ci-dessus.




 Réponse N°9 19873

De la poussière...
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 14-04-12 à 15:58



Mariam n'était plus la même. Son enthousiasme s'était étiolé avec le temps, laissant place à une espèce de lassitude moribonde. Le spectacle ne l'excitait plus. A peine regardait-elle cette marée humaine déferlant sur les quais: ces pieds tantôt pressés, tantôt nonchalants, les discrets, les écrasés, les arrogants. On se croisait puis on s'effaçait dans la foule frénétique, indisciplinée. La gare revêtait à chacune de leurs visites un aspect insolite et familier à la fois, imprimé par les ombres qui la peuplait et dépeuplait.

Au début, l'idée de voyager, de prendre le train pour traverser des lieux, avait le goût de l'aventure. Elle ignorait dans quelle aventure on l'embarquait, celle qui fait perdre l'illusion même à l'enfance. Les examens incessants commençaient à l'intriguer. L'inquiétude se lisant sur le visage de Jamila, ses larmes mal dissimulées laissaient présager quelque chose de singulier. Les salles froides où elles passaient des heures à attendre, la mère à prier en silence, guettant un regard rassurant, la fille à observer les murs impénétrables et silencieux enfermant des verdicts insondables, donnaient une autre dimension à la vie. Mariam ne supportait plus d'être enfermée avec ce tas de machines grinçantes, furieuses. Ce corps étrangement minuscule qu'on déshabillait pour toucher, allonger, observer, lui semblait partagé sans son consentement. L'instant d'un examen devenait une éternité. Une foule de questions se précipitait dans sa petite tête. Des questions sans réponse! On ne disait rien. D'ailleurs, les médecins ressemblaient à ces machines. Ils étaient là, froids et muets. Quand ils parlaient, c'était une langue qu'elle ne connaissait pas.

Etait-ce grave? Allait-elle mourir? Non, on ne meurt pas à sept ans! La mort lui fait peur: cet enfermement dans un espace qui n'est même pas espace car il n'a pas de dimension. Non! Evidemment, Dieu ne peut pas lui faire cela! Elle est comme la chrysalide.Elle va devenir papillon. Elle va voler.

Elle ne voulait pas devenir poussière. Oui, cette poussière que Halima cachait souvent d'un coup de brosse sous le paillasson.





 Réponse N°10 19901

re
  Par   marocagreg  (Adminle 15-04-12 à 12:25



On a eu droit à de beaux récits, bravo à tous, mais vous n'avez pas tous respecté la consigne de la longueur et le rapport avec le support iconique.





InfoIdentification nécessaire
Identification bloquée par
adblock plus
   Identifiant :
   Passe :
   Inscription
Connexion avec Facebook
                   Mot de passe oublié


confidentialite Google +