I : le mal dans la vie de rousseau , « l’homme qui croyait en l’homme »

 Par Sopra Baba  (?)  [msg envoyés : 2le 06-11-10 à 20:48  Lu :2507 fois
     
  
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Travail effectué par un professeur de philosophie de classe préparatoire au Lycée Victor Hugo à Besançon
Rousseau, Profession de foi du vicaire savoyard
A : Introduction
1« Tout est bien sortant des mains de l’Auteur des choses, tout dégénère entre les mains de l’homme. » (Première phrase du Livre I de l’Emile).
I : Le mal dans la vie de Rousseau , « l’homme qui croyait en l’homme »
2 :« Le Genevois tire ses vertus de lui-même, ses vices lui viennent d’ailleurs. Quelque avide qu’il puisse être, on ne le voit guère aller à la fortune par des moyens serviles et bas, il n’aime point s’attacher aux grands et ramper dans les cours. L’esclavage personnel ne lui est pas moins odieux que l’esclavage civil (…) il supporte mal la servitude. » (La Nouvelle Héloïse).
3 :« Je n’ai pas su comment mon père supporta cette perte mais je sais qu’il ne s’en consola jamais. Quand il me disait : Jean-Jacques, parlons de ta mère, je lui disais, hé bien mon père, nous allons donc pleurer, et ce seul mot lui tirait déjà des larmes. Ah, disait-il en gémissant, rends-la moi, console-moi d’elle ; remplis le vide qu’elle a laissé dans mon âme. T’aimerais-je ainsi si tu n’étais que mon fils ? » (Confessions)
4 :« un mélange de sensualité qui m’avait laissé plus de désir que de crainte de l’éprouver derechef par la même main » (Confessions).
4b :« Je sens en écrivant ceci que mon pouls s’élève encore ; ces moments me seront toujours présents quand je vivrais cent mille ans. Ce premier sentiment de la violence et de l’injustice est resté si profondément gravé dans mon âme que toutes les idées qui s’y rapportent me rendent ma première émotion et ce sentiment relatif à moi dans son origine a pris une telle consistance en lui-même, et s’est tellement détaché de tout intérêt personnel, que mon cœur s’enflamme au spectacle ou au récit de toute action injuste. Là fut le terme de ma vie enfantine. Dès ce jour là, je cessai de jouir d’un bonheur pur » (C.)
5a : « Une religion prêchée par de tels missionnaires ne pouvait manquer de mener au paradis » (C.)
5b :« une orgueilleuse misanthropie » (C.)
5c :« Qui sait, à son âge où le découragement de l’innocence avilie a pu la porter ?…Je puis dire que le désir de m’en délivrer en quelque sorte a beaucoup contribué à la résolution que j’ai prise d’écrire mes confessions » (C.)
6 :«Fus-je heureux ? Non, je goûtais le plaisir. Je ne sais quelle invisible tristesse en empoisonnait le charme. J’étais comme si j’avais commis l’inceste » (C.)
7 :« un honnête homme maltraité de la fortune » (1740).
8 :« former le cœur, former le jugement, former l’esprit »
9 :« Je connais trop la triste fatalité qui me poursuit pour compter sur un bien capable de me rendre heureux. »
10 :« Au mitan de son existence, Rousseau a connu toutes les désillusions, la honte et l’amertume qu’un plébéien découvre au contact des nantis de son temps » (Howlett).
11 :« un honnête homme qui agit en tout par la raison et qui joint à un esprit de réflexion et de justesse les mœurs et les qualités sociables »
11b :« Je suis privé du plaisir de les voir et je n’ai jamais savouré la douceur des embrassements paternels. Hélas, je ne vois là que de quoi me plaindre, et je les délivre de la misère à mes dépens. » (Lettre à Mme de Francueil)
12 :« A l’ instant de cette lecture, je vis un autre univers et je devins un autre homme. », plongé « dans un métier pour lequel je n’étais point fait » (« J’ai fait des livres, mais jamais je ne fus un livrier »)
13 :« né mourant »
14a :« Cette nouvelle acheva de mettre en fermentation dans mon cœur ce premier levain d’héroïsme et de vertu que mon père et ma patrie, et Plutarque y avaient mis dans mon enfance. Je ne trouvais rien de grand et de beau que d’être libre et vertueux, au-dessus de la fortune et de l’opinion, et de se suffire à soi-même.».
14b :« Barbarus hic ego sum quia non intelligor illis »,Ovide (Tristes), Premier Discours 
14c :« vitam impendere vero » (consacrer sa vie à la vérité)
14d :« Je ne trouve rien de si grand, rien de si beau que de souffrir pour la vérité. J’envie la gloire des martyrs » (Lettre à Saint-Germain).
15 :« J’ai reçu, Monsieur, votre nouveau livre contre le genre humain. On n’a jamais employé tant d’esprit à vouloir nous rendre bêtes. Il prend envie de marcher à quatre pattes quand on lit votre ouvrage », Voltaire.
16 :« Adieu donc Paris, ville célèbre, ville de bruit, de fumée et de boue, où les femmes ne croient plus à l’honneur, ni les hommes à la vertu. Adieu Paris, nous cherchons l’amour, le bonheur, l’innocence, nous ne serons jamais assez loin de toi. ».
17 :« tout est l’ouvrage d’un être puissant, directeur de toutes choses »
18 :« le champion de Dieu »
19 :« Mon grand embarras était la honte de me démentir ainsi moi-même, après les principes sévères que je venais d’établir, pouvait-on rien imaginer de plus inattendu, de plus choquant, que de me voir m’inscrire de ma propre main parmi les auteurs de ces livres que j’avais si durement censurés ? ».
20 :« Il n’y a que le méchant qui soit seul » Diderot, Le Fils naturel 
21 :« flatter les penchants des hommes ».
22 :« méritait mieux le titre de compagnon que la plupart de ceux qui l’ont pris ».
23 :« trouver une forme d’association qui défende et protège de toute la force commune la personne et les biens de chaque associé » (CS)
24 :« Si l’on recherche en quoi consiste le plus grand bien de tous, qui doit être la fin de tout système de législation, on trouvera qu’il se réduit à deux objets principaux : la liberté et l’égalité ; la liberté, parce que toute dépendance particulière est autant de force ôtée au corps de l’état ; l’égalité parce que la liberté ne peut subsister sans elle. ».
25 :« Oh, qu’il est cruel pour un solitaire malade et triste d’avoir une imagination déréglée »
26 :« ce mélange d’honnêteté, d’élévation, et en même temps de  mélancolie et quelquefois de désespoir qui fait le tourment de sa vie mais qui a produit ses ouvrages. ». M. de Malesherbes écrit à propos de lui :
27 :« livres qui sentent si fort le brûlot, voire le fagot » (M. de Malesherbes).
28 :« j’ai rendu gloire à Dieu, et parlé pour le bien des hommes. Pour une si grande cause, je ne refuserai jamais de souffrir » (Lettre à Mme de Créqui).
29 :« Il faut rétrograder vers les temps où rien ne l’empêchait d’être lui-même, ou bien le pénétrer plus intimement, intus et in cute (à l’intérieur et sous la peau), pour y lire immédiatement les véritables dispositions de son âme que tant de malheurs n’ont pu aigrir ».
30 :« qu’on m’apprenne quels sont ces crimes et comment et par qui j’ai été jugé ? ».
31 :« Tout est fini pour moi sur la terre. On ne peut plus m’y faire ni bien, ni mal. Il ne me reste plus rien à espérer ni à craindre en ce monde, et m’y voilà tranquille, au fond de l’abîme, pauvre mortel infortuné, mais impassible comme Dieu même ».
32 :« Dieu est juste ; il veut que je souffre, et il sait que je suis innocent. ».
33 :« Ma chère femme, rendez moi le service d’ouvrir la fenêtre, afin que j’aie le bonheur de voir encore une fois la verdure. Comme elle est belle ! Que ce jour est pur et serein ! O que la nature est grande. Voyez ce soleil dont il semble que l’aspect riant m’appelle. Voyez vous-même cette lumière immense, voilà Dieu, oui Dieu lui-même qui m’ouvre son sein et qui m’invite enfin à aller goûter cette paix éternelle et inaltérable que j’avais tant désirée. ».
33b :« J’espérais peu, j’obtins moins », « état d’épreuves », « tourbillon », « torrent du monde » « horrible destinée » (3e Promenade) 
II : Emile et Profession de foi du vicaire savoyard
1 : Emile : « Le traité de la bonté originelle »
34 :« Si j’avais jamais pu écrire le quart de ce que j’ai vu et senti sous cet arbre, avec quelle clarté j’aurais fait voir toutes les contradictions du système social ; avec quelle force j’aurais exposé tous les abus de nos institutions ; avec quelle simplicité j’aurais démontré que l’homme est bon naturellement, et que c’est par ces institutions seules que les hommes deviennent méchants ! Tout ce que j’ai pu retenir de ces foules de grandes vérités, qui, dans un quart d’heure, m’illuminèrent sous cet arbre, a été bien faiblement épars dans les trois principaux de mes écrits ; savoir, ce premier discours, celui sur l’inégalité, et le traité de l’éducation, lesquels trois ouvrages sont inséparables et forment ensemble un même tout. » (Lettre à M. de Malesherbes).
35 :« L’Emile, ce livre tant lu, si peu entendu, et si mal apprécié, n’est qu’un traité de la bonté originelle de l’homme, destiné à montrer comment le vice et l’erreur, étrangers à sa constitution, s’y introduisent du dehors, et l’altèrent insensiblement » (Troisième Dialogue).
36 :« On croira moins lire un traité d’éducation que les rêveries d’un visionnaire sur l’éducation ».
37 :« Si l’homme est bon par sa nature, comme je crois l’avoir démontré, il s’ensuit qu’il demeure tel tant que rien d’étranger à lui ne l’altère ; et si les hommes sont méchants, comme ils ont pris peine à me l’apprendre, il s’ensuit que leur méchanceté leur vient d’ailleurs : fermez donc l’entrée au vice, et le cœur humain sera toujours bon. Sur ce principe, j’établis l’éducation négative comme la meilleure ou plutôt la seule bonne. » (Lettre à Christophe de Beaumont).
38 :« Les hommes en général ne sont point ceci ou cela, ils sont ce qu’on les fait être » (La Nouvelle Héloïse).
39 :« La seule partie utile de la médecine est l’hygiène » (Emile)
40 :« Un gouverneur ! O quelle âme sublime, ce rare mortel est-il introuvable ? Je l’ignore ».
41 :« Je sais que toutes ces vertus par imitation sont des vertus de singe, et que nulle bonne action n’est moralement bonne que quand on la fait comme telle, et non parce que d’autres la font. Mais dans un âge où le cœur ne sent rien encore, il faut bien faire imiter aux enfants les actes dont on veut leur donner l’habitude, en attendant qu’ils puissent les faire par discernement et par amour du bien. ».
2 : Autonomie et intégration de la Profession de foi du vicaire savoyard
a : Autonomie
42 :« Au lieu de vous dire ici de mon chef ce que je pense, je vous dirai ce que pensait un homme qui valait mieux que moi. Je garantis la vérité des faits qui vont être rapportés, ils sont réellement arrivés à l’auteur du papier que je vais transcrire : c’est à vous de voir si l’on peut en tirer des réflexions utiles sur le sujet dont il s’agit. Je ne vous propose point le sentiment d’un autre ou le mien pour règle, je vous l’offre à examiner. » (Emile, IV).
43 :« Je me lasse de parler en tierce personne et c’est un soin fort superflu ; car vous sentez bien, cher concitoyen, que ce malheureux fugitif, c’est moi-même »(48)
44 :« Le résultat de mes pénibles recherches fut tel à peu près que je l’ai consigné depuis dans la Profession de foi du vicaire savoyard, ouvrage indignement prostitué et profané dans la génération présente, mais qui peut faire un jour révolution parmi les hommes si jamais il y renaît du bon sens et de la bonne foi. » (3e Rêverie).
45 :« J’ai cru dans mon enfance par autorité, dans ma jeunesse par sentiment, dans mon âge mûr par raison. Maintenant je crois parce que j’ai toujours cru. Tandis que ma mémoire éteinte ne me remet plus sur la trace de mes raisonnements, tandis que ma judiciaire affaiblie ne me permet plus de les recommencer, les opinions qui en ont résulté me restent dans toute leur force ; et sans que j’aie la volonté ni le courage de les mettre derechef en délibération, je m’y tiens en confiance et en conscience, certain d’avoir apporté dans la vigueur de mon jugement à leurs discussions toute l’attention et la bonne foi dont j’étais capable. » (Lettre à M. de Franquières, 1769).
b : Intégration de la Profession de foi
« La PFVS est-elle une œuvre de JJ Rousseau ? ». « Au même moment donc, Rousseau considère la Profession de foi comme une œuvre distincte et la traite comme une partie de l’Emile. » (B. Bernardi).

  



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