Géopolitique grammaticale.

 Par Adi Lachgar  (?)  [msg envoyés : 341le 11-05-12 à 20:35  Lu :1064 fois
     
  
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Comment les propositions sont elles liées et quelles relations politiques et diplomatiques entretiennent-elles ?


I- Relations de bon voisinage :


Cas grammatical : la juxtaposition.

Dans ce cas, les propositions sont des phrases à part entière, avec pour chacune des frontières nettes, marquées par une ponctuation forte.

Exemple :
Il fait beau. Je sors me promener. 
                  Sors te promener: il fait beau.
Attention ! Si, formellement il n’y a aucune relation exprimée, à part le bon voisinage, entre les deux phrases, il peut y avoir, pour l’observateur une certaine continuité sémantique entre les deux. Le voyageur n’est pas complètement dépaysé en traversant la frontière maroco-algérienne ou franco-belge, surtout en tant de paix.

II- Relations de partenariat politico économique


Cas grammatical : la coordination

La frontière intérieure disparaît. Les deux Etats grammaticaux (les phrases, zaama) ne font plus qu’un (Etat,rezaama) et deviennent des propositions à l’intérieur d’une phrase. La relation est un peu plus serrée et affichée.

Exemple
: Il fait beau et je sors me promener.
Tu sors ou tu restes avec moi.
Je ne sors ni ne reste avec toi.
Tu peux sortir, mais reviens vite.
Je ne sors plus car je ne peux revenir vite.
Tu ne sors pas, donc je sors.
Tu sors maintenant que je reste, or tu voulais rester quand je voulais
sortir.
L’observateur remarquera, par ailleurs que la coordination entre les Etats grammaticaux n’est pas à l’avantage égal des deux Etats, même si certains géogrammairiens parlent de conjonctions pures (ou, et, ni) et de conjonction exprimant une relation logique. En politique grammaticale, il n’y a pas de relation logique, il n’y a que des relations stratégiques.

III- Relations de sujétion


Cas grammatical : la subordination

Dans ce cas là, un Etat dominant assujettit et subordonne à on pouvoir central des petits Etats dont la dépendance par rapport à la métropole peut être plus ou moins grande. Ce type de relations est incarné par des régimes divers comme l’empire, le fédéralisme, le gouvernement autonome…

Exemple :
Je ne sors pas puisque tu sors.
Je reste quand bien même tu resteras.
Je reste si tu sors.
Reste afin que je sorte.
Je sortirai dès que tu seras sorti.

(NB :mettez un « e » au participes passés de votre choix)

La subordination comme l’étymologie l’indique (sub : sous ) implique une relation d’hégémonie. L’Etat dominant est la proposition principale qui impose à la subordonnée un rôle circonstanciel (temps, cause, conséquence…)sans lequel elle n’aurait plus aucune existence géopolitique. C’est comme la Pologne qui apparaissait et disparaissait selon les intérêts de ses grands voisins. Le jeu politique consiste à faire comprendre à l’Etat- proposition-subordonné (e) que l’Etat-proposition-principal(e) n’a pas besoin de lui pour exister. Cela semble fonctionner même dans des cas ou la relation de sujétion est compètement absurde.

Exemple :
Tu dis que tu restes si je sors.
Dans cet exemple, il y a bien un Etat formellement dominant « Tu dis « et deux Etats subordonnés « que tu estes » « si je sors.» L’absurde, c’est que l’Etat « Que je restes » complète l’Etat apparemment dominant. Ce dernier « Tu dis » est condamné à disparaître si « que tu restes » disparaît. C’est une véritable arnaque que de considérer une complétive, COD, donc complément essentiel comme une subordonnée. D’autant plus que dans l’exemple, l’Etat-proposition-sub. « si je sors » ne dépend pas de l’Etat « tu dis » mais de l’Etat apparemment sub. « que tu restes .»
Vous savez pourquoi l’Etat « Tu dis » est le plus fort malgré son insignifiance ? C’est à cause de la majuscule ! Comme quoi, tout n'est qu'une affaire d'image et de propagande.
Si vous avez mal à la tête, prenez un « cétamil » et dormez tout de suite.

  



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 Réponse N°1 21166

re
  Par   fatih brahim  (Profle 11-05-12 à 21:38



Un vrai pédagogue est quelqu’un qui innove et qui sort des sentiers battus pour intéresser ses apprenants. Les règles de la grammaire en tant que notions abstraites ne peuvent être appréhendées par un public non averti que si elles sont concrétisées, transposées dans d’autres domaines. Bravo





 Réponse N°2 21172

Je tire mon chapeau!
  Par   Jeafari Ahmed  (CSle 11-05-12 à 22:56



Un vrai délire politico- tortico-linguistique, qui tient la route.

Non, je plaisante, c'est bien vu et bien dit. cela dénote une profonde observation, et un dépassement, qui a aboutit à cette logique des choses!





 Réponse N°3 21178

J` avais raison
  Par   Samira Yassine  (CSle 11-05-12 à 23:26



Oui ! j` ai toujours souhaité revoir de nouveau M Lagare illuminer le site par ses remarquables contributions depuis ses écrits d` autrefois passant par les spaghettis arrivant au projet d` installer un bureau dans l`un des lieux favoris d`inspiration pour écrire.

J`ai beaucoup aimé la méthode d` aborder la leçon.

Sincères remerciements.





 Réponse N°4 21193

Qui dit leçon?
  Par   Jeafari Ahmed  (CSle 12-05-12 à 10:22



Attention à ne pas politiser la grammaire! des conflits d'intérêts éclateront au grand jour!

et bonjour les dégâts! conflits d'intérêts obligent , même les nullards défendront leurs droits à la propriété!





 Réponse N°5 21206

Bravo
  Par   Dounia Azouz  (Autrele 12-05-12 à 13:18



Voilà les féministes qui vous diront:

nous ne voulons pas de propositions.

L'égalité dans le discours, la parité dans la phrase. Assez de l'hégémonie du masculin.

Les circonstances actuelles ne le permettent pas?

Nous ne ferons plus de concession et nous rejetons les conditions.

La cause de notre colère?

On ne sait plus si on est sujet actif ou passif ou attribut du sujet ou complément.

Vous dites que tout cela est relatif à un système où le discours était...?

Rien à faire des discours, nous voulons une révision des règles qui régissent la constitution de la phrase... Attention, si vous n'envisagez pas de réforme, les conséquences seront désastreuses: nous passerons du verbe à l'acte. Certains noms vont tomber. Nous connaissons toutes les exceptions faites à leur famille, à leurs amis. Ces noms qui semblent si propres ne sont pas si propres qu'on veut le faire croire...

Merci M. Adi. La grammaire par le jeu est une bonne idée.





 Réponse N°6 21231

re bravo
  Par   bouhali mohammed  (Profle 12-05-12 à 17:54



voilà de quoi motiver les élèves!





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