Formation continue : evaluation des apprentissages en langue française (évaluations)

 Par Elmzouri mostafa  (Autre)  [msg envoyés : 145le 10-06-12 à 18:53  Lu :2909 fois
     
  
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DELEGATION DU MINISTERE DE L'EDUCATION NATIONALE / SIDI KACEM



Formation continue


Module 2 : Evaluation des apprentissages en langue française au cycle secondaire qualifiant



TRAVAUX D'ATELIERS : PROPOSITIONS D'EPREUVES POUR L'EXAMEN REGIONAL DU BACCALAUREAT



Animateur : Elmzouri mostafa

Lycées participants :

1. Lycée Khawarizmi

2. Lycée technique Moulay Abdellah

3. Lycée Mohammed V

4. Lycée Ouahda

5. Lycée Zeggouta

6. Lycée Moulay Rachid

7. Lycée 20 Aout

8. Lycée Fârâbî

9. Lycée Mohammed Zerktouni

10.Lycée Jorf El Melh

11.Lycée Almoutnabbi

12.Lycée Agricole

Epreuve 1 :

Texte :

Mon père, rassasié, but une gorgée d'eau, s'essuya la bouche, tira à lui un coussin pour s'accouder et demanda:

- Avec qui t'es-tu encore disputée?

La phrase eut sur ma mère un effet magique. Elle cessa de pleurer, releva la tête et, avec une explosion de fureur, s'adressa à mon père :

- Mais avec la gueuse du premier étage, la femme du fabricant de charrues! Cette dégoûtante créature a souillé mon linge propre avec ses guenilles qui sentent l'étable. Elle ne se lave jamais d'ordinaire, elle garde ses vêtements trois

mois, mais pour provoquer une querelle, elle choisit le lundi, mon jour de lessive, pour sortir ses haillons. Tu connais ma patience, je cherche toujours à

aplanir les difficultés, je ne me départis jamais de ma courtoisie coutumière; je tiens cela de ma famille, nous sommes tous polis. Les gens qui nous provoquent par des paroles grossières perdent leur temps. Nous savons conserver notre calme et garder notre dignité. Il a fallu cette pouilleuse...

La voix de Rahma troua la nuit.

- Pouilleuse! Moi! Entendez-vous, peuple des Musulmans? La journée ne lui a pas suffi, les hommes sont maintenant dans la maison et pourront témoigner

devant Dieu qui de nous deux a dépassé les limites des convenances.

Ce qui se passa après ne peut être décrit par des mots. Ce furent d'abord des cris aigus et prolongés, des vociférations, des sons sans suite et sans

signification. Chacune des antagonistes, penchée hors de sa fenêtre, gesticulait dans le vide, crachait des injures que personne ne comprenait, s'arrachait les cheveux. Possédées du démon de la danse, elles faisaient d'étranges contorsions.

Voisins et voisines sortirent de leurs chambres et mêlèrent leurs cris aux cris des deux furies. Les hommes, de leurs voix graves, les exhortaient au calme, insistaient pour qu'elles maudissent solennellement Satan, mais ces sages conseils les excitaient davantage. Le bruit devint intolérable. C'était une

tempête, un tremblement de terre, le déchaînement des forces obscures, l'écroulement du monde.

Je n'en pouvais plus. Mes oreilles étaient au supplice, mon coeur dans.na poitrine

heurtait avec force les parois de sa cage. Les sanglots m'étouffèrent et je m'écroulai aux pieds de ma mère, sans connaissance.

Pour étudier le texte proposé, répondez aux consignes suivantes en formulant des phrases complètes :

I-Etude de texte :

1 –Dites qui est l'auteur de ce texte.

-Dites de quelle oeuvre il est extrait.

-Le roman est-il :

a-de science fiction ?

b-à thèse ?

c-autobiographique ?

-Justifiez votre choix.

2-Situez l'extrait proposé par rapport aux événements précédents.

3-Complétez le tableau suivant : Qui parle dans le texte ?/

A qui ?/

Les temps verbaux employés

4-Quels sont les temps qui relèvent du discours et quels sont les temps qui relèvent du récit ?

5-Relevez des mots et des expressions appartenant au champ lexical du bruit et

d'autres appartenant au champ lexical de l'insulte.

Bruit

insulte

6-Quel effet ces deux champs lexicaux produisent-ils sur le narrateur ?

7-Déterminez une figure de style contenue dans l'énoncé suivant :

« C'était une tempête, un tremblement de terre, le déchaînement des forces obscures, l'écroulement du monde »

8-Quelle impression peut –on dégager de l'emploi de cette figure de style ?

9-Selon vous, la cause de la dispute entre la mère du narrateur et sa voisine est- elle suffisante pour créer une telle violence ?

10-Pourquoi, à votre avis, les hommes en présence dans le texte ne participent- ils pas à cette dispute ?

II-Production écrite :

Sujet :

Certains voisins recourent à la violence entre eux en cas de problèmes. Rédigez pour votre journal de classe, un article avec des arguments en vue de convaincre vos lecteurs que la violence n'est pas la solution convenable pour régler les problèmes de voisinage.

Epreuve 2

Texte :

Mon père, rassasié, but une gorgée d'eau, s'essuya la bouche, tira à lui un coussin pour s'accouder et demanda:

- Avec qui t'es-tu encore disputée?

La phrase eut sur ma mère un effet magique. Elle cessa de pleurer, releva la tête et, avec une explosion de fureur, s'adressa à mon père :

- Mais avec la gueuse du premier étage, la femme du fabricant de charrues! Cette dégoûtante créature a souillé mon linge propre avec ses guenilles qui sentent l'étable. Elle ne se lave jamais d'ordinaire, elle garde ses vêtements trois

mois, mais pour provoquer une querelle, elle choisit le lundi, mon jour de lessive, pour sortir ses haillons. Tu connais ma patience, je cherche toujours à

aplanir les difficultés, je ne me départis jamais de ma courtoisie coutumière; je tiens cela de ma famille, nous sommes tous polis. Les gens qui nous provoquent par des paroles grossières perdent leur temps. Nous savons conserver notre calme et garder notre dignité. Il a fallu cette pouilleuse...

La voix de Rahma troua la nuit.

- Pouilleuse! Moi! Entendez-vous, peuple des Musulmans? La journée ne lui a pas suffi, les hommes sont maintenant dans la maison et pourront témoigner

devant Dieu qui de nous deux a dépassé les limites des convenances.

Ce qui se passa après ne peut être décrit par des mots. Ce furent d'abord des cris aigus et prolongés, des vociférations, des sons sans suite et sans

signification. Chacune des antagonistes, penchée hors de sa fenêtre, gesticulait dans le vide, crachait des injures que personne ne comprenait, s'arrachait les cheveux. Possédées du démon de la danse, elles faisaient d'étranges contorsions.

Voisins et voisines sortirent de leurs chambres et mêlèrent leurs cris aux cris des deux furies. Les hommes, de leurs voix graves, les exhortaient au calme, insistaient pour qu'elles maudissent solennellement Satan, mais ces sages conseils les excitaient davantage. Le bruit devint intolérable. C'était une

tempête, un tremblement de terre, le déchaînement des forces obscures, l'écroulement du monde.

Je n'en pouvais plus. Mes oreilles étaient au supplice, mon coeur dans.na poitrine

heurtait avec force les parois de sa cage. Les sanglots m'étouffèrent et je m'écroulai aux pieds de ma mère, sans connaissance.

I-Etude de texte :

Répondez aux questions suivantes en formulant des phrases :

1-Complétez le tableau suivant :

Nom de l'auteur

Siècle

Courant littéraire

Genre de l'oeuvre

2-Situez le passage par rapport à l'oeuvre et par rapport aux événements

précédents.

Q u i p ar l e ?

A q u i ?

A propos d e q u o i ?
1
2
3
4

3-Dans ce passage plusieurs personnages prennent la parole. Complétez le tableau suivant :

4- a- « Mon père, rassasié, but une gorgée d'eau, s'essuya la bouche, tira à lui un coussin pour s'accouder et demanda ».

b-« Elle ne se lave jamais d'ordinaire, elle garde ses vêtements trois mois, mais pour provoquer une querelle, elle choisit le lundi, mon jour de lessive, pour sortir ses haillons. »

Dites quels sont les temps verbaux employés dans chaque énoncé ? Expliquez ce

choix.

5-La mère du narrateur emploie trois périphrases : « la gueuse du premier étage, la femme du fabricant de charrues! Cette dégoûtante créature »

a-De qui parle –t-elle ?

b-Pourquoi ne l'appelle-t-elle pas par son prénom ?

6-« La voix de Rahma troua la nuit »

a-Quelle figure de style est utilisée dans cette phrase ?

b-Quelle indication cela donne –t-il sur le personnage ?

7 « Il a fallu cette pouilleuse... »Dans cette phrase les points de suspension signifient que :

A -la maman est interrompue. B -la maman ne sait quoi dire.

C -la maman a peur de continuer à parler.

Choisissez la bonne réponse et justifiez-la en vous basant sur le texte.

8-Dans l'extrait suivant : « - Mais avec la gueuse du premier étage, la femme du fabricant de charrues! Cette dégoûtante créature a souillé mon linge propre avec ses guenilles qui sentent l'étable. Elle ne se lave jamais d'ordinaire, elle garde ses vêtements trois mois, mais pour provoquer une querelle, elle choisit le lundi, mon jour de lessive, pour sortir ses haillons. Tu connais ma patience, je cherche toujours à aplanir les difficultés, je ne me départis jamais de ma courtoisie coutumière; je tiens cela de ma famille, nous sommes tous polis. Les gens qui nous provoquent par des paroles grossières perdent leur temps. Nous

savons conserver notre calme et garder notre dignité. Il a fallu cette

pouilleuse... » .Relevez deux termes appartenant au champ lexical de l'insulte et

deux autres relatifs au champ lexical de la courtoisie.

9-Que révèlent-ils sur le la personnalité de Zoubida la mère du narrateur ?

10-Quelle attitude les hommes adoptent-ils face aux disputes des femmes ?Dites pourquoi ?

II-Production écrite : Sujet :

Beaucoup de parents se disputent en présence de leurs enfants.

Rédigez un texte où vous présenterez des arguments contre cette pratique

(comportement).

Epreuve 3 :

Texte :

Installé sur les genoux de mon père, je lui racontais les événements qui avaient meublé notre vie pendant son absence. Je les racontais à ma façon, sans ordre, sans cette obéissance aveugle à la stricte vérité des faits qui rend les récits des grandes personnes dépourvus de saveur et de poésie. Je sautais d'une scène à une autre, je déformais les détails, j'en inventais au besoin. A chaque instant, ma mère essayait de rectifier ce que j'avançais; mon père la priait de nous laisser en paix.

Les voisines faisaient à haute voix des voeux pour que notre bonheur soit

durable et notre santé prospère.

Des you-you éclatèrent sur la terrasse. Des femmes venues des maisons mitoyennes manifestaient ainsi, bruyamment, la part qu'elles prenaient à notre joie. Ma mère ne cessait de remercier les unes et les autres.

Driss El Aouad arriva de son atelier. Sa femme le mit au courant du retour de mon père. Il appela :

- Maâlem Abdeslem! Nous sommes très heureux de te voir de retour parmi les tiens.

- Monte un instant, Driss.

Driss, le fabricant de charrues, avait le même âge que mon père. Tous les deux frisaient la quarantaine. Ils se connaissaient depuis longtemps et s'estimaient beaucoup. Driss El Aouad monta chez nous.

Les deux hommes, après les salutations d'usage, discutèrent familièrement. Ils parièrent de la qualité des récoltes, des prix des denrées, des amis communs.

Driss dit à mon père :

- Tu viens d'arriver et peut-être même les gens de ta maison ne le savent-ils pas encore. Le divorce entre Moulay Larbi et la fille du coiffeur a été prononcé

hier devant notaire.

- Louange à Dieu 1Moulay Larbi va pouvoir enfin retrouver la tranquillité de l'âme, la paix des hommes bénis. Je savais que la folie de Moulay Larbi serait passagère. N'est-ce pas folie de vouloir conduire plusieurs attelages à la fois? Il est déjà si difficile de s'entendre avec une seule femme, de vivre en harmonie

avec les enfants de sa chair. Moulay Larbi a goûté au fruit amer de l'expérience, le voici de nouveau parmi les hommes normaux, il convient d'en louer le

Seigneur.

Ma mère m'appela à voix basse:

- Sidi Mohammed! Viens chercher le plateau.

J'allai la retrouver à la cuisine. Le plateau pesait lourd à mes bras d'enfant. Je m'acquittai de cette fonction avec un certain orgueil. Mon père versa le thé.

La conversation des deux hommes reprit. Elle se transforma peu à peu en ronronnement. La fatigue envahit mes membres. Je me sentis triste et seul. Non!

Je ne voulais pas dormir, je ne voulais pas pleurer. Moi aussi, j'avais des amis. Ils sauraient partager ma joie. Je tirai de dessous le lit ma Boîte à Merveilles.

Je l'ouvris religieusement. Toutes les figures de mes rêves m'y attendaient.

Fès, 1952.

I-Etude de texte :

Lisez le passage et répondez aux questiosn par des phrases complètes.

1-Recopiez et complétez le tableau suivant :

Auteur de l'oeuvre

Titre de l'oeuvre

Genre de l'oeuvre

Date de parution

de l'oeuvre

2- Situez le passage par rapport à l'événement important qui le précède.

3- Ce texte est-il à dominante

A-narrative

B-descriptive

C-Dialogique

Pourquoi le narrateur utilise –t-il cette dominante ?

4-Quels sont les personnages du texte? Où se trouvent-ils ?

5- De quoi parlent –ils ?

6- Quel sentiment éprouve Sidi Mohammed ? Relevez deux mots qui le montrent.

7-« Je l'ouvris religieusement. ».De quelle figure de style s'agit-il ? Quel

sentiment exprime-t-elle ?

8-Que pense Maalam Abdeslem du remariage de Moulay Larbi ? Relevez dans le texte une phrase qui le montre.

9-Partagez-vous le point de vue de Maalam Abdeslam ? Pourquoi ?

10- Donnez un titre à ce texte.

II-Production écrite : Sujet :

Dans votre famille, une personne veut épouser une deuxième femme ; approuvez-vous son comportement ? Justifiez votre point de vue

par des arguments.

Epreuve 4 : Texte :

Installé sur les genoux de mon père, je lui racontais les événements qui

avaient meublé notre vie pendant son absence. Je les racontais à ma façon, sans ordre, sans cette obéissance aveugle à la stricte vérité des faits qui rend les récits des grandes personnes dépourvus de saveur et de poésie. Je sautais d'une scène à une autre, je déformais les détails, j'en inventais au besoin. A chaque instant, ma

mère essayait de rectifier ce que j'avançais; mon père la priait de nous laisser en paix.

Les voisines faisaient à haute voix des voeux pour que notre bonheur soit

durable et notre santé prospère.

Des you-you éclatèrent sur la terrasse. Des femmes venues des maisons mitoyennes manifestaient ainsi, bruyamment, la part qu'elles prenaient à notre

joie. Ma mère ne cessait de remercier les unes et les autres.

Driss El Aouad arriva de son atelier. Sa femme le mit au courant du retour de mon père. Il appela :

- Maâlem Abdeslem! Nous sommes très heureux de te voir de retour parmi les tiens.

- Monte un instant, Driss.

Driss, le fabricant de charrues, avait le même âge que mon père. Tous les deux frisaient la quarantaine. Ils se connaissaient depuis longtemps et

s'estimaient beaucoup. Driss El Aouad monta chez nous.

Les deux hommes, après les salutations d'usage, discutèrent familièrement. Ils parièrent de la qualité des récoltes, des prix des denrées, des amis communs.

Driss dit à mon père :

- Tu viens d'arriver et peut-être même les gens de ta maison ne le savent-ils pas encore. Le divorce entre Moulay Larbi et la fille du coiffeur a été prononcé

hier devant notaire.

- Louange à Dieu 1Moulay Larbi va pouvoir enfin retrouver la tranquillité de l'âme, la paix des hommes bénis. Je savais que la folie de Moulay Larbi serait passagère. N'est-ce pas folie de vouloir conduire plusieurs attelages à la fois? Il est déjà si difficile de s'entendre avec une seule femme, de vivre en harmonie avec les enfants de sa chair. Moulay Larbi a goûté au fruit amer de l'expérience,

le voici de nouveau parmi les hommes normaux, il convient d'en louer le

Seigneur.

Ma mère m'appela à voix basse:

- Sidi Mohammed! Viens chercher le plateau.

J'allai la retrouver à la cuisine. Le plateau pesait lourd à mes bras d'enfant. Je m'acquittai de cette fonction avec un certain orgueil. Mon père versa le thé.

La conversation des deux hommes reprit. Elle se transforma peu à peu en

ronronnement. La fatigue envahit mes membres. Je me sentis triste et seul. Non! Je ne voulais pas dormir, je ne voulais pas pleurer. Moi aussi, j'avais des amis. Ils sauraient partager ma joie. Je tirai de dessous le lit ma Boîte à Merveilles.

Je l'ouvris religieusement. Toutes les figures de mes rêves m'y attendaient.

I-Etude de texte :

1-Complétez :

Nom de l'auteur : Titre de l'oeuvre : Genre de l'oeuvre :

Type de l'extrait :

2-Situez le passage par rapport aux événements précédant le texte.

3-Quel sentiment suscite le retour du père ?

-Illustrez ce sentiment par deux termes du texte.

4-Le dénouement d'une autre histoire est rapporté dans ce texte ; de quelle

histoire s'agit-il ?

5-Comment ce dénouement est il rapporté ? Quel est l'effet recherché ?

6-Comment le père qualifie-t-il le remariage de Moulay Larbi ?

7-Sur quel trait de caractère du père cela nous informe-t-il ?

8-Identifiez la figure de style contenue dans cet énoncé : « Non! Je ne voulais pas dormir, je ne voulais pas pleurer. »

-Justifiez son emploi.

II-Production écrite : Sujet :

A l'instar de Moulay Larbi, certains hommes préfèrent se marier à plus

d'une femme.

Dans un texte argumentatif destiné au journal scolaire, exprimez votre point de vue à-propos de la polygamie.

Epreuve 5 : Texte :

LE MESSAGER

Une terrible nouvelle. On venait de jeter Antigone dans son trou. On n'avait pas

encore fini de rouler les derniers blocs de pierre lorsque Créon et tous ceux qui

l'entourent entendent des plaintes qui sortent soudain du tombeau. Chacun se

tait et écoute, car ce n'est pas la voix d'Antigone. C'est une plainte nouvelle qui sort des profondeurs du trou… Tous regardent Créon, et lui, qui a deviné le premier, lui qui sait déjà avant tous les autres, hurle soudain comme un fou:

«Enlevez les pierres! Enlevez les pierres!» Les esclaves se jettent sur les blocs entassés et, parmi eux, le roi suant, dont les mains saignent. Les pierres bougent

enfin et le plus mince se glisse dans l'ouverture. Antigone est au fond de la tombe pendue aux fils de sa ceinture, des fils bleus, des fils verts, des fils rouges qui lui font comme un collier d'enfant, et Hémon à genoux qui la tient dans ses bras et gémit, le visage enfoui dans sa robe. On bouge un bloc encore et Créon peut enfin descendre. On voit ses cheveux blancs dans l'ombre, au fond du trou. Il essaie de relever Hémon, il le supplie. Hémon ne l'entend pas. Puis soudain il

se dresse, les yeux noirs, et il n'a jamais tant ressemblé au petit garçon d'autrefois, il regarde son père sans rien dire, une minute, et, tout à coup, il lui crache au visage, et tire son épée. Créon a bondi hors de portée. Alors Hémon le

regarde avec ses yeux d'enfant, lourds de mépris, et Créon ne peut pas éviter ce regard comme la lame. Hémon regarde ce vieil homme tremblant à l'autre bout de la caverne, et, sans rien dire, il se plonge l'épée dans le ventre et il s'étend contre Antigone, l'embrassant dans une immense flaque rouge.

I-Etude de texte :

1-Recopiez et complétez le tableau suivant :

Auteur

Titre de l'oeuvre

Genre de l'oeuvre

Mythe à l'origine

de l'oeuvre

2-A quel moment de la pièce correspond ce passage ? Pourquoi les personnages

sont-ils si nombreux ?

3-Quelle nouvelle le messager annonce-t-il ?

4-Quelle voix Créon a-t-il reconnue ?

5-Mettez au discours indirect l'ordre que Créon donne aux gardes.

6-Qu'espère-t-il donc en donnant cet ordre ?

7- Lorsque les pierres sont dégagées ,que découvrent Créon et les spectateurs ?

8-Qu'exprime le regard de Créon en crachant sur son père ?

9-Relevez et identifiez la figure de style employée pour décrire ce regard.

10-Quel sentiment provoque le suicide d'Hémon chez le lecteur spectateur ?

II-Production écrite : Sujet :

Dans ce texte, Hémon se suicide en public. A-t-il raison de le faire ? Rédigez un texte argumentatif dans le quel vous vous condamnez

l'acte de se donner volontairement la mort.

Epreuve 6 : Texte :

LE MESSAGER

Une terrible nouvelle. On venait de jeter Antigone dans son trou. On n'avait pas encore fini de rouler les derniers blocs de pierre lorsque Créon et tous ceux qui l'entourent entendent des plaintes qui sortent soudain du tombeau. Chacun se

tait et écoute, car ce n'est pas la voix d'Antigone. C'est une plainte nouvelle qui sort des profondeurs du trou… Tous regardent Créon, et lui, qui a deviné le

premier, lui qui sait déjà avant tous les autres, hurle soudain comme un fou:

«Enlevez les pierres! Enlevez les pierres!» Les esclaves se jettent sur les blocs entassés et, parmi eux, le roi suant, dont les mains saignent. Les pierres bougent

enfin et le plus mince se glisse dans l'ouverture. Antigone est au fond de la tombe pendue aux fils de sa ceinture, des fils bleus, des fils verts, des fils rouges qui lui font comme un collier d'enfant, et Hémon à genoux qui la tient dans ses bras et gémit, le visage enfoui dans sa robe. On bouge un bloc encore et Créon

peut enfin descendre. On voit ses cheveux blancs dans l'ombre, au fond du trou. Il essaie de relever Hémon, il le supplie. Hémon ne l'entend pas. Puis soudain il se dresse, les yeux noirs, et il n'a jamais tant ressemblé au petit garçon d'autrefois, il regarde son père sans rien dire, une minute, et, tout à coup, il lui crache au visage, et tire son épée. Créon a bondi hors de portée. Alors Hémon le regarde avec ses yeux d'enfant, lourds de mépris, et Créon ne peut pas éviter ce

regard comme la lame. Hémon regarde ce vieil homme tremblant à l'autre bout de la caverne, et, sans rien dire, il se plonge l'épée dans le ventre et il s'étend

contre Antigone, l'embrassant dans une immense flaque rouge.

I-Etude de texte :

1- Recopiez et complétez le tableau suivant :

Titre de

l'oeuvre

Auteur

Genre de

l'oeuvre

Siècle

Deux

personnages

principaux

2-Situez le passage par rapport aux événements précédents.

3-Qui parle dans cet extrait ? Quel est son rôle dans l'histoire ?

4-Quelle image donne-t-on du roi Créon dans cet extrait ? Justifiez votre réponse en dégageant du texte deux indices qui le montrent.

5-Relevez dans le texte quatre termes appartenant au champ lexical de la mort .

6-Quelle est alors la tonalité du texte ?

7-Identifiez la figure de style contenue dans cet énoncé : « dans une immense flaque rouge ».Justifiez son emploi.

8-Pourquoi Hémon se suicide-t-il ?

9-D'après votre lecture de l'oeuvre, êtes-vous d'accord avec la réaction d'Hémon face à son père ?

II-Production écrite : Sujet :

Certains parents interviennent trop dans la vie des enfants .Etes-

vous pour ou contre ce comportement ?

Développez votre point de vue dans un texte argumentatif.

Epreuve 7 : Texte :

Il est dix heures.

Ô ma pauvre petite fille! Encore six heures, et je serai mort! Je serai quelque chose d'immonde qui traînera sur la table froide des amphithéâtres; une tête qu'on moulera d'un côté, un tronc qu'on disséquera de l'autre; puis de ce qui

restera, on en mettra plein une bière, et le tout ira à Clamart.

Voilà ce qu'ils vont faire de ton père, ces hommes dont aucun ne me hait, qui tous me plaignent et tous pourraient me sauver. Ils vont me tuer. Comprends-tu

cela, Marie? Me tuer de sang-froid, en cérémonie, pour le bien de la chose! Ah!

grand Dieu!

Pauvre petite! ton père qui t'aimait tant, ton père qui baisait ton petit cou blanc et parfumé, qui passait la main sans cesse dans les boucles de tes cheveux

comme sur de la soie, qui prenait ton joli visage rond dans sa main, qui te faisait

sauter sur ses genoux, et le soir joignait tes deux petites mains pour prier Dieu!

Qui est-ce qui te fera tout cela maintenant? Qui est-ce qui t'aimera? Tous les enfants de ton âge auront des pères, excepté toi. Comment te déshabitueras-tu,

mon enfant, du Jour de l'An, des étrennes, des beaux joujoux, des bonbons et des baisers? Comment te déshabitueras-tu, malheureuse orpheline, de boire et de manger?

Oh! si ces jurés l'avaient vue, au moins, ma jolie petite Marie! ils auraient compris qu'il ne faut pas tuer le père d'un enfant de trois ans. Et quand elle sera grande, si elle va jusque-là, que deviendra-t-elle? Son père sera un des souvenirs du peuple de Paris. Elle rougira de moi et de mon nom; elle sera méprisée,

repoussée, vile à cause de moi, de moi qui l'aime de toutes les tendresses de mon coeur ô ma petite Marie bien-aimée! Est-il bien vrai que tu auras honte et horreur de moi?

Misérable! quel crime j'ai commis, et quel crime je fais commettre à la société!

Oh! est-il bien vrai que je vais mourir avant la fin du jour? Est-il bien vrai que c'est moi? Ce bruit sourd de cris que j'entends au-dehors, ce flot de peuple

joyeux qui déjà se hâte sur les quais, ces gendarmes qui s'apprêtent dans leurs casernes, ce prêtre en robe noire, cet autre homme aux mains rouges, c'est pour moi! c'est moi qui vais mourir!, le même qui est ici, qui vit, qui se meut, qui respire, qui est assis à cette table, laquelle ressemble à une autre table, et pourrait aussi bien être ailleurs; moi, enfin, ce moi que je touche et que je sens, et dont le vêtement fait les plis que voilà!

I-Etude de texte :

1- Recopiez et complétez le tableau suivant :

Titre de l'oeuvre

Nom de l'auteur

Thèse défendue

par l'auteur

Titre d'une autre

oeuvre du même auteur

2-Situez le passage par rapport aux événements qui le précédent.

3-A qui s'adresse le narrateur dans ce texte ?

4-Quelle est son intention à travers ce passage ?(choisissez la bonne réponse) A-chercher la compassion du grand public.

B-inciter les jeunes au crime. C-Défendre les criminels.

5-Quelle est la tonalité dominante dans ce texte ? Pourquoi ?

6-Quelle est la fonction de l'utilisation des phrases interrogatives et exclamatives dans le texte ?

7-« ce flot de peuple joyeux »

a-identifiez la figure de style employée dans cet énoncé.

b-quel sentiment traduit –elle chez le narrateur ?

8-« qui est-ce qui t'aimera ? »

Quel discours est utilisé dans cet énoncé ? Justifiez son emploi ?

9-Relevez dans le texte deux termes appartenant au champ lexical de la mort. Justifiez son emploi

10-D'après votre lecture de l'oeuvre, dites pourquoi la fille du condamné à mort

subira une injustice ?

II-Production écrite : Sujet :

Certains estiment que le maintien de la peine de mort contribuera à faire diminuer le taux de criminalité.

Rédigez un texte argumentatif pour le journal de votre lycée ,dans lequel vous défendez votre opinion à ce sujet.

Epreuve 8 : Texte :

Il est dix heures.

Ô ma pauvre petite fille! Encore six heures, et je serai mort! Je serai quelque chose d'immonde qui traînera sur la table froide des amphithéâtres; une tête qu'on moulera d'un côté, un tronc qu'on disséquera de l'autre; puis de ce qui

restera, on en mettra plein une bière, et le tout ira à Clamart.

Voilà ce qu'ils vont faire de ton père, ces hommes dont aucun ne me hait, qui tous me plaignent et tous pourraient me sauver. Ils vont me tuer. Comprends-tu cela, Marie? Me tuer de sang-froid, en cérémonie, pour le bien de la chose! Ah! grand Dieu!

Pauvre petite! ton père qui t'aimait tant, ton père qui baisait ton petit cou blanc et parfumé, qui passait la main sans cesse dans les boucles de tes cheveux

comme sur de la soie, qui prenait ton joli visage rond dans sa main, qui te faisait sauter sur ses genoux, et le soir joignait tes deux petites mains pour prier Dieu!

Qui est-ce qui te fera tout cela maintenant? Qui est-ce qui t'aimera? Tous les enfants de ton âge auront des pères, excepté toi. Comment te déshabitueras-tu, mon enfant, du Jour de l'An, des étrennes, des beaux joujoux, des bonbons et des baisers? Comment te déshabitueras-tu, malheureuse orpheline, de boire et de

manger?

Oh! si ces jurés l'avaient vue, au moins, ma jolie petite Marie! ils auraient compris qu'il ne faut pas tuer le père d'un enfant de trois ans. Et quand elle sera

grande, si elle va jusque-là, que deviendra-t-elle? Son père sera un des souvenirs du peuple de Paris. Elle rougira de moi et de mon nom; elle sera méprisée, repoussée, vile à cause de moi, de moi qui l'aime de toutes les tendresses de mon coeur ô ma petite Marie bien-aimée! Est-il bien vrai que tu auras honte et horreur

de moi?

Misérable! quel crime j'ai commis, et quel crime je fais commettre à la société!

Oh! est-il bien vrai que je vais mourir avant la fin du jour? Est-il bien vrai que c'est moi? Ce bruit sourd de cris que j'entends au-dehors, ce flot de peuple joyeux qui déjà se hâte sur les quais, ces gendarmes qui s'apprêtent dans leurs

casernes, ce prêtre en robe noire, cet autre homme aux mains rouges, c'est pour moi! c'est moi qui vais mourir!, le même qui est ici, qui vit, qui se meut, qui

respire, qui est assis à cette table, laquelle ressemble à une autre table, et pourrait aussi bien être ailleurs; moi, enfin, ce moi que je touche et que je sens, et dont le vêtement fait les plis que voilà!

I-Etude de texte :

1-Complétez le tableau suivant :

Titre de l'oeuvre

Date de parution

Genre de l'oeuvre

Une autre oeuvre

du même auteur

2-Situez le passage par rapport aux événements précédents.

3-Ce texte est un :

a-monologue b-dialogue c-récit. Justifiez votre choix en relevant un indice du texte.

4-Qui sont les interlocuteurs supposés du narrateur ?

5-Quels sont les types de phrases dominants dans ce texte ? Dites pourquoi ?

6-Comment le narrateur se décrit-il au début du texte ? Quel effet cherche-t-il à produire ?

7-Quel est le registre dominant dans le texte ? Pourquoi ?

8-A quels temps sont conjugués les verbes soulignés ? Justifiez ce choix.

9-Identifiez la figure de style contenue dans cet énoncé : « elle sera méprisée, repoussée, vile à cause de moi »

-Quel est l'effet recherché par cette figure ?

10-A votre avis, quelle conséquence dramatique a la peine de mort sur la famille et les proches du condamné ?

II-Production écrite : Sujet :

Vous êtes l'avocat du condamné, rédigez une plaidoirie dans laquelle vous essayerez de persuader les juges de lui accorder la grâce en vous basant sur des arguments rationnels et émotionnels.



  




 Réponse N°1 23432

Merci
  Par   Idoubiya Rachid  (Profle 10-06-12 à 19:24



Le travail semble colossale et digne d'intérêt. Merci pour le partage, cher ami.

NB- Si javais un peu de temps, j'aurais pu donner des versions de corrigés, mais je n'ai malheureusement pas de temps.

J'espère que les collègues fassent le nécessaire...

Merci.





 Réponse N°2 23444

Quel bonheur !
  Par   Samira Yassine  (CSle 11-06-12 à 00:16



Cher ami, je viens de rentrer du voyage. j'ai lu votre sujet en route et je n'ai pu le lire(caractères du portables trop petits et pas pratiques à la réponse)

Tout d'abord, je suis ravie de vous voir publier vos contributions sur le site. C'est le meilleur signe de votre rétablissement. Allez-y cher ami, courage, vous êtes et vous êtes très compétent, votre travaille en témoigne largement.

Merci, j'y reviendrai bien sûr.

Mes remerciements.





 Réponse N°3 23445

Travail d'atelier
  Par   Samira Yassine  (CSle 11-06-12 à 00:21



Je remarque qu'on est voisin, de délégation différente certes mais sidi slimane et sidi kacem sont tellement proches. Pourtant , je trouve qu'on travaille chez vous, qu'on organise des réunions, avec ou sans inspecteur, je ne sais pas, mais on travaille.

On remarque que le même travail est abordé par deux ateliers.

ce genre de travail manque chez nous, à sidi slimane, malheureusement.

Merci cher ami.





 Réponse N°4 23725

Beau travail
  Par   ELHOUSSAINI Lahoussine  (Profle 15-06-12 à 05:41



Mes encouragements. je le partage sur Facebook.





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